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Album

09/12/14 - U-Zine

Atheist

Unquestionable Presence

LabelActive Records / Metal blade
styleTechnical Death - Jazz
formatAlbum
paysUSA
sortiedécembre 1991
La note de
U-Zine
9.5/10


U-Zine

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Atheist, après avoir sorti un premier album réussi (Piece of time) a côtoyé l’épique et le tragique :

D’un côté, le groupe a su tirer la quintessence du death technique avec Unquestionable presence, aussi bien en composition qu’en exécution.
D’un autre côté, humain cette fois, ils ont perdu beaucoup (Roger Patterson, leur bassiste, est décédé dans un accident de van, sur le retour d’une tournée le 12 février 1991).
Tout le monde pleure les disparitions d’un Cliff Burton, d’un Chuck Schuldiner, d’un Darrell Dimebag. Patterson est à mettre aux côtés de ces grands hommes tellement il était virtuose, visionnaire et unique. C’est Tony Choy (Cynic à l’époque) qui a très bien pris le relais ensuite pour enregistrer les parties de basse composées par Patterson pour Unquestionable presence.

Comment décrire cet opus d’Atheist ?

On peut dire que c’est un album atemporel, d’une extrême complexité inégalée. On peut ajouter qu’il est comme une équation chimique aux multiples composants (death, jazz, progressif, funk, thrash). Chaque musicien y est à son summum, que ce soit au chant, aux guitares, à la basse ou à la batterie, et alterne brutalité, rapidité et mélodie.
Enfin, on peut s’amuser à imager l’album comme un rubik’s cube musical : A son écoute, la diversité des structures et des compositions (semblables aux innombrables configurations du jeu aux carrés) dans chaque chanson donne l’impression qu’on est en train de tourner un rubik’s cube à une vitesse grand V, jusqu’à ce qu’on ait tout compris et trouvé la solution (ou qu’on ait abandonné avant la fin… malheureusement).

Oui, beaucoup de gens ont dû abandonner avant la fin, du fait des enchaînements déboussolants, des breaks incessants, des changements de riff dans le riff, etc. Pourtant, Unquestionable presence n’en est pas moins dansant avec ses nombreux passages d’influences funk (début d’ « Enthralled in essence », récurrence sur « Mother man », « Unquestionable presence » après l’intro, etc.).
Aussi, il est planant avec ses parties progressives (début d’ « An incarnation’s dream », « Mother man » à plusieurs reprises, l’intro d’ « Unquestionable presence », etc.). Puis, il devient obnibulant grâce aux nombreux passages jazzy (sur la totalité des 8 morceaux de l’album).
Concernant « Mother man », on peut sans conteste consacrer cette chanson comme l’une des plus techniques jamais écrites sur terre. La chanson numéro 5 (« An incarnation’s dream ») renferme une curiosité durant ses 60 premières secondes : sur le passage progressif, ont été rajoutées des pistes sonores d’hôpital et d’ambulance. On pourrait peut-être penser que c’est un hommage au tragique accident de Patterson, puisque sur la démo d’août 90 (avec Patterson encore vivant donc), ces pistes n’existaient pas.

Cet album aurait-il des défauts ?

Oui, il en a. Tout d’abord, la production de Scott Burns, bien que de bonne qualité (surtout pour l’époque), est inégale d’un morceau à l’autre. On le constate surtout sur la version originale. Aussi, certains reprocheront à Kelly Shaefer (chant – guitare) d’opter pour une voix « Schuldineresque », ou encore diront que les parties progressives sont « copiées » sur Cynic. Il y a effectivement du vrai, mais pas totalement. Puis, l’album est court (moins de 33 minutes pour 8 titres), mais on ne s’en rend pas tellement compte à cause de l’intensité de chaque morceau, et de la perte de tout repère (temporel, structurel). De plus, ceux qui possèdent la version remasterisée de 2005 ont le privilège d’avoir 9 pistes supplémentaires ! (Démos, drum, bass track, etc.).
Enfin, comme je l’ai dit précédemment, Atheist pratique une musique si complexe, qu’elle est difficile d’accès et fait se sauver les auditeurs non avertis.

Finalement, après un nombre important d’écoutes, on se rend compte à quel point Unquestionable presence est un monument du death metal technique, et ce n’est pas près de changer. C’est ce que semble dire le gong aux ultimes secondes de « And the psychic saw ».
Lorsqu’on voit la « facilité » déconcertante avec laquelle le groupe a joué ses morceaux au Hellfest 2007, on ne peut que regretter que la vie d’Atheist prenne fin. Ceci pour permettre à chaque membre de se consacrer à d’autres projets (Gnostic, C-187, Pestilence, etc.).
Espérons qu’après un DVD à paraître connaissant du succès, ils reviendront sur scène pour faire plein de R.A.V.A.G.E. !!!

1. Mother Man
2. Unquestionable Presence
3. Your Life's Retribution
4. Enthralled in Essence
5. An Incarnation's Dream
6. The Formative Years
7. Brains
8. And the Psychic Saw

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