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lundi 16 octobre 2017 - S.

Belphegor + Enthroned + Hate + NervoChaos

L'Ilyade - Grenoble

S.

Ce lundi 16 octobre, se tenait dans la cité alpine un rendez-vous placé sous le signe du Death et du Black Metal, organisé par Metallian. Il s’agit d’accueillir les Autrichiens de Belphegor, qui effectuent une vingtaine de dates à travers l’Europe pour promouvoir leur nouvel album « Totenritual ». D’autres formations tournent avec la bande à Helmuth, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a eu pas mal de remue-ménage ces dernières semaines. Initialement, devaient accompagner la tête d’affiche Destroyer 666, Enthroned, Nordjevel et NervoChaos. Les Norvégiens de Nordjevel ont dû déclarer forfait à la mi-septembre, deux de leurs membres n’ont pu se libérer pour des raisons personnelles. Plus rocambolesque, une semaine avant la date grenobloise, c’est Destroyer 666 qui annonce, par un court communiqué sur sa page, que leur concert de Londres serait leur dernier. Des bruits circulent comme quoi les Australiens d’origine se seraient embrouillés avec The Flaming Arts, agence qui gère la tournée.

L’affiche se voit donc amputée d’un poids lourd et d’un groupe que j’attendais beaucoup de voir sur scène. Finalement, une autre formation vient se greffer en urgence sur les prochaines dates : les Polonais de Hate. Ce sont donc quatre groupes qui joueront ce lundi soir.

Les hostilités se déroulent dans une salle où je n’ai jamais mis les pieds, l’Ilyade à Seyssinet-Pariset, dans la banlieue ouest de Grenoble. Contrairement à l’Ampérage ou à la Belle Electrique, où c’est une galère sans nom pour se garer, ici ce n’est pas la place qui manque. Me voilà devant la salle peu avant l’ouverture des portes. Je m’étonne du peu de monde, même si les raisons évoquées en introduction ont dû refroidir pas mal de gens. Mais plus vraisemblablement, c’est sûrement le prix des billets qui a été prohibitif : 30€ à l’origine, puis 25€ suite aux annulations (ceux qui avaient pris leur place avant toutes ces péripéties se voyaient offrir un CD à l’entrée).

Devant une assemblée quelque peu clairsemée (quel euphémisme !), les Brésiliens de NervoChaos entrent sur scène, avec un quart d’heure d’avance sur le programme. Dès les premières notes, la très faible affluence va se traduire dans l’acoustique, puisque la musique créée par le quatuor va se diluer dans un écho fort désagréable. Pour autant, la bande à Lauro Nightrealm ne va pas se laisser démonter et va envoyer un Death Metal bien percutant et assez traditionnel dans l’exécution. Malgré tout, le groupe fait face à quelques soucis techniques. C’est la guitariste qui en fait les frais. Que de mésaventures pour elle, puisqu’un peu plus tôt dans la journée, durant le trajet, elle n’a pas informé le chauffeur qu’elle allait aux toilettes durant un arrêt… tout le monde est reparti, sans elle, l’obligeant à venir à Grenoble en train. Bref, au bout de quelques minutes, tout rentre dans l’ordre et le combo continue d’envoyer la sauce. Malgré leurs vingt années d’existence, NervoChaos va essentiellement proposer des morceaux issus de leur discographie récente, notamment le dernier-né « Nyctophilia », paru au printemps dernier. Sans véritablement me transcender (le Death n’est pas mon style de prédilection), les Sud-Américains vont apporter un peu de chaleur dans cette enceinte bien déserte. Ceci dit le son me fait terriblement peur pour la suite…

Setlist :
Infernal Words
Shadows of Destruction
Ad Maiorem Satanae Gloriam
Moloch Rise
For Passion Not Fashion
From Above Not Below + Bewitched (Candlemass cover)
Total Satan
Pazuzu is Here
Pure Hemp

 

 

C’est ensuite au tour des Polonais de Hate de fouler les planches de l’Ilyade. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je ne connais pas du tout cette formation, qui affiche pourtant 25 ans au compteur. Soit. On m’informe peu avant qu’ils officient dans le même registre que Behemoth. Il y a des chances que cela me plaise alors. Dès les premiers riffs, le quatuor va me scotcher, puisqu’un mur sonore aux relents blasphématoires s’abat sur moi. Le rythme est épileptique et on n’est pas si éloigné du Black Metal, surtout que les individus ont le visage grimé. La suite va me paraître plutôt contrastée dans les compositions, le combo alternant entre des morceaux plus mid-tempo avec d’autres plus rapides. J’accroche davantage aux seconds qu’aux premiers. La lourdeur est toutefois le fil rouge du set, sans oublier les mélodies et la voix bien grasse…cette façon de jouer rappelle effectivement la bande à Nergal, mais aussi leurs compatriotes de Vader.
Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais je ressors de leur set avec un sentiment globalement positif. Une bonne surprise.

Setlist :
Asuric Being
Into Burning Gehenna
Erebos
Valley Of Darkness
Sea Of Rubble
Walk Through Fire
Hearts Of Steel
Hex

 

De cette affiche remaniée, c’est finalement Enthroned que j’attends le plus. J’avais eu l’occasion de les voir au Throne Fest en 2014, sur leurs terres à Bruxelles. J’en garde encore un excellent souvenir. Je sais donc à quoi m’attendre avec les Belges. Lorsque le vocaliste Nornagest entre sur scène, on ressent toute l’aura qui se dégage de lui. Le bonhomme en impose, tant par sa corpulence que par l’énergie qu’il dégage. Durant un intermède, il a beau lâcher l’information comme quoi la grippe traîne parmi eux, cela ne va pas se ressentir sur scène. Les Belges nous assènent pendant trois quarts d’heure un Black Metal véhément, à la gloire du Grand Cornu. Les neuf morceaux proposés sont piochés dans leurs anciennes productions, mais surtout dans leurs récentes, notamment « Sovereigns », paru il y a trois ans déjà. La mayonnaise prend bien, c’est un déferlement de violence pure qui émane des amplis et vient résonner sur les quatre coins de la salle. Là encore l’acoustique fait défaut. Devant la scène ce n’est pas très gênant, mais au fond, au niveau de l’ingé son, c’est loin d’être limpide. C’est simple, d’ici on jurerait que le groupe fait ses balances, quand la salle est encore vide. Malgré tout, le quintet fait le taf et c’est tout ce qu’on attendait de lui.

Setlist :
Of Shrines and Sovereigns
Baal al-Maut
Through the Cortex
Ha Shaitan
Behemiron
Obsidium
Tellvm Scorpionis
The Ultimate Horde Fights
Of Feathers and Flames

 

 

Je pensais qu’un groupe de cette envergure allait rendre la date sold out, j’étais loin du compte. A vue de nez, environ 120 à 130 personnes sont massées devant la tête d’affiche, soit le tiers de la capacité de la salle. Je me suis déjà étendu sur les raisons un peu plus haut, on ne va pas enfoncer davantage le couteau dans la plaie.

Durant l’entracte, on assiste à l’installation de tout le décor qui accompagnera les Autrichiens durant leur set. La batterie, jusqu’alors dissimulée sous une bâche, est dévoilée. Deux croix inversées sont positionnées de part et d’autre de la scène, le micro est orné d’une ferronnerie, des ossements de bouc viennent l’encadrer, de même que des machines à fumée. Au fond, un immense et impressionnant backdrop orne le mur. Tout est prêt, le show peut commencer.

Lorsqu’Helmuth entre sur l’estrade, on sent bien que le bonhomme est une icône, son nom est scandé par la foule. Il est vrai que le charisme de l’individu n’est plus à débattre, cela va encore se vérifier ce soir. Le visage grimé de sang, le leader, dans un registre certes théâtral mais assumé, montre toute son antipathie et son caractère possédé, surtout par ses grimaces et son regard au bleu perçant. Belphegor est parti pour une heure de set, avec dans son escarcelle douze titres, dont près de la moitié consacrée à leur dernier opus « Totenritual » paru en septembre dernier.

En véritables professionnels, les quatre musiciens vont délivrer une performance sans fausse note, où tout est calibré au millimètre, que ce soit dans l’exécution ou dans le jeu de scène. C’est carré et propre du début à la fin. Entre chaque titre, le vocaliste lance quelques phrases, au ton démoniaque. L’effet est toujours réussi, entretenant cette atmosphère de blasphème propre à Belphegor.

Les artilleurs d’Autriche effectuent un rappel en toute fin de set, qui vient conclure cette soirée. Comme on dit, le quatuor a fait le job.

Setlist :
Sanctus Diaboli Confidimus
Bleeding Salvation
The Devil's Son
Belphegor - Hell's Ambassador
Swinefever - Regent of Pigs
Totenbeschwörer
Conjuring The Dead / Pactum in Aeternum
Stigma Diabolicum
Totenkult - Exegesis of Deterioration
Lucifer Incestus
Baphomet
Diaboli Virtus in Lumbar Est (rappel)

 

C’est peu avant minuit que les lumières de l’Ilyade se rallument. Si les groupes ont donné de belles performances, on retiendra surtout ce raté en termes d’affluence, qui a eu une conséquence sur l’acoustique, assez moyenne durant l’ensemble des sets.
Merci à tous les acteurs pour cette soirée.

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