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jeudi 10 août 2017 - Team Horns Up

Brutal Assault 2017 - Jour 2

Josefov Fortress - Jaroměř

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Nostalmaniac : Place au deuxième jour et le soleil est encore généreux au-dessus de la forteresse de Josevof. On est loin de ma météo belge capricieuse...

Bien avant de revenir sur le site du festival, j'ai pu découvrir les douches et .. leur grosse file d'attente à 10h. Il fallait être assez patient et endurer la chaleur pour conserver un peu d'hygiène. Un système de jetons (1 jeton à 30 CZK = 5 minutes d'eau chaude) est en place. C'est plutôt bien fait et pratique ... si on a de la patience (se doucher en soirée est recommandé pour éviter la file mais ...). Des éviers et des toilettes sont également à disposition. On sent l'organisation bien rôdée qui ne néglige pas cet aspect-là.


© Tomáš Rozkovec

Pour la traditionnelle fouille à l'entrée, on remarque que la sécu tchèque se fout un peu de la séparation homme/femme ... et des anglophones. Quelques incompréhensions ci et là.

Durant la journée, j'ai pu visiter les catacombes de la forteresse (45 CZK l'entrée si je me souviens bien). Parfait pour se mettre un peu au frais. On y retrouve pas mal d'œuvres d'art et des bougies sont disposées tout au long du parcours.

Ceci étant dit, voici nos récits du deuxième jour !


© Tomáš Rozkovec

Fallujah
Jägermeister
13:30

Nostalmaniac : Comme je l'ai dit en introduction, il fait encore chaud en ce début d'après-midi mais les organisateurs ont eu la bonne idée de faire venir un camion de pompiers près des main stage et d'utiliser abondamment la lance juste avant que Fallujah démarre son set. Un rafraîchissement évidemment salvateur avant d'entamer la journée.

Alors, le Deathcore américain ce n'est pas vraiment ce qui m'excite le plus, mais bien souvent, il faut reconnaître les qualités et aptitudes des (jeunes) musiciens de ces formations qui sortent du lot et Fallujah en fait assurément partie depuis des années. Ma curiosité fut récompensée par un concert très prenant qui aurait bien pu ne pas avoir lieu après le départ du vocaliste canadien Alex Hofmann en juillet dernier. Il est remplacé par Monte Barnard (The Kennedy Veil, ex-Alterbeast) qui tient son rôle de frontman à la perfection. Vocalement, le bougre a du coffre et il n'hésite pas à faire bouger le public. Toujours difficile comme remplacement, mais on remarque à peine qu'il vient de débarquer tant il déborde de motivation et d'envie. Leur Deathcore à la fois technique et atmosphérique est plutôt efficace surtout avec ces nappes de claviers. Mention spéciale au sublime "Sapphire" captivant d'un bout à l'autre avec quelques breakdowns bien sentis. Comme quoi je ne suis pas du tout fermé à des choses plus modernes, surtout quand c'est aussi bien foutu. Fallujah a régalé.

Cryptopsy
Jägermeister
14:55

Sleap : Cette seconde journée sera pour ma part quasi-entièrement consacrée au Brutal Death. Et cela commence avec mon second show « full None so Vile » de l’année par les Québécois de Cryptopsy. Celui-ci va d’ailleurs se révéler encore meilleur que celui du Hellfest pour une seule et unique raison : le son. Contrairement à Gorguts la veille, toutes les parties de guitare sont parfaitement perceptibles durant le set. Je continue de penser qu’un second guitariste ne serait pas de trop, mais ce n’est absolument pas un problème aujourd’hui. Impossible d’élire un moment préféré tant j’apprécie la totalité de l’album. De Slit your Guts à Benedictine Convulsions, en passant par Graves of the Fathers et son break monumental, tout est restitué à la perfection ! La foule est très réceptive, en particulier lorsqu’arrive le tube Phobophile, mais les deux derniers titres – extrêmement rares en live – récoltent aussi leur lot d’applaudissements.

Bien que mon attention soit toujours portée sur le batteur Flo Mounier, les quatre membres ont toujours autant de prestance sur scène. Et malgré les vocaux du « nouveau » chanteur dont je ne suis pas très friand, son charisme et son énergie compensent largement sur scène. La setlist joue beaucoup, mais il s’agit finalement d’un de mes meilleurs concerts de Cryptopsy !

Florent: Si pour tout ce qui concerne l'analyse purement technique, je me vois forcé de laisser la main à Sleap qui connait nettement mieux ce genre musical que moi, une chose peut être dite en ce qui concerne le death metal technique : bordel, ça bute en live. Après Gorguts la veille qui m'a fait forte impression, Cryptopsy va tout bonnement me retourner la tête. Quels musiciens! Quelle puissance! De me dire que ce None So Vile a plus de vingt ans me sidère. Encore surpuissant en 2017, quelle claque a dû être cet album à l'époque de sa sortie. Et pourtant, Dieu sait que ce n'est pas forcément le genre de musique que je me cale dans les oreilles quand je suis bien au chaud chez moi. 

Havok
Jägermeister
16:25

Florent : Le thrash metal n'est pas forcément ma tasse de thé, mais il faut reconnaître que les groupes à l'affiche de ce Brutal Assault font clairement partie du haut du panier. C'est le cas de Havok qui fait partie de cette nouvelle vague plébiscitée de groupes américains de thrash (vague qui m'a d'ailleurs l'air de s'essouffler tout doucement mais qui aura eu le mérite de nous offrir quelques groupes de qualité). Sans surprises, le set des gars de Denver s'avérera très efficace et asséné avec une énergie sans faille. Techniquement au-dessus du lot, Havok parviendra à ne pas me lasser grâce à quelques pépites comme Hang'em High. Une bonne surprise. 

Terror
Sea Shepherd
17:15

Di Sab : Les problèmes de dos de Scott Vogel ont eu raison de la participation de Terror à l’édition 2016 et c’est particulièrement remonté que le groupe déboule sur la doublette Your Enemies Are Mine/Stick Tight et c’est parti pour 40 minutes de Hardcore de stade. Par hardcore de stade j’entends : groupe de Hardcore dont tu te fous éperdument de la discographie studio mais dont, par je ne sais quel mécanisme cabalistique, tu te retrouves à connaître tous les refrains lorsqu’ils jouent live parce qu’il suffit de les entendre une fois pour les mémoriser à vie. Du coup, gros déroulage pendant 45 minutes, gros panorama de ce qu’ils ont sorti de plus efficace à travers toutes les époques : de Live by the Code à Always the Hard Way (!) en passant par les classiques One with the Under Dogs, Keep Your Mouth Shut, Return to Strenght y’a de quoi faire.

Visuellement, tu fais pas plus classique : section rythmique à base de ray ban, de casquettes à l’envers et de marcel Power Trip pendant que Vogel et son physique de pilier fait tranquille ses allers/retours, en pointant son index devant lui quand il s’agit de souligner un mot important (du type ALWAYS/NOTHING ou un truc de deux syllabes quoi), le tout derrière un backdrop avec un aigle, la date de création du groupe et sa provenance (L.A en l’occurrence). A l’inverse de Jasta, il  reste du coffre à Vogel. Tout comme Jasta, il ne connait que le mot Move (qu’il customise en move it up dans ses moments de grandes inspirations) entre les chansons. Très très bon concert, le seul (très léger) bémol est le public tchèque, assez timoré pour le coup alors que d’habitude ils sont tout de même assez déters. 


 


© Tomáš Rozkovec
Le temple dédié à Lemmy Kilmister.

Avenger
Metalgate
17:30

Nostalmaniac : Avenger fait partie de mes découvertes d'ado quand j'allais après les cours chez un petit disquaire bruxellois dépenser mon argent de poche pour UN album. Leur réputation n'a jamais dépassé les frontières de la République Tchèque, mais ça ne les a pas empêchés de mener une carrière très respectable. En plus de se targuer d'une discographie très intéressante (six albums depuis 1997) avec un « Feast of Anger / Joy of Despair » paru en 2009 que je recommande particulièrement aux amateurs de Death/Black inspiré et dantesque. Le combo bohémien joue bien sûr à domicile sous la Metalgate et le public à répondu présent. Ils livreront un set convaincant même si je regrette le manque de tambours sur l'excellent "Radost z beznaděje", un de leurs morceaux-phares. L'atmosphère qui se dégage des morceaux me fait souvent penser à du bon vieux Hypocrisy période Masse Broberg. Définitivement, la République Tchèque n'a pas à rougir de sa scène extrême et les organisateurs le savent...

Arkona
Jägermeister
18:05

Florent : C'est un vrai plaisir pour moi qu'Arkona soit à l'affiche de ce 22ème Brutal Assault car les Russes étaient une des formations que j'attendais de voir avec impatience au... Ragnard Rock Festival. Voilà donc pour moi l'occasion de découvrir la bande à Masha en live. Dès le tube Goi Rode Goi, je suis saisi par l'incroyable énergie de ce bout de femme qui vit ses morceaux à 100% et se convulse sur scène en assurant ses parties vocales hurlées comme claires avec une précision impressionnante. Et surtout, je vis avec Zov Pustikh Dereven un de mes grands moments du festival : ce morceau solennel issu du magnifique album Yav est retranscrit à la perfection et me colle les poils comme rarement. Malheureusement, conditions de festival obligent peut-être (et pas de festival "orienté pagan" comme le RRF), Arkona semble privilégier ses titres les plus festifs pour ce concert - soit les moins intéressants, comme ce final pouet-pouet à souhait sur Yarilo, pas forcément indispensable. C'est cependant rassurant d'entendre que le nouveau morceau joué semble annoncer un album continuant dans la même veine que Yav, soit une espèce de Nokturnal Mortum en plus mélodique, loin de toute velléité de folk dansant. Un groupe que j'apprécierais de revoir dans d'autres conditions. 

Nostalmaniac : Ca fait quasi dix ans que je n'ai plus revu Arkona en live. Tout au plus croisé dans certains festivals (comme au Motocultor programmé en même temps que l'immonde set de Batushka). Il faut bien reconnaître que j'avais été enthousiasmé par leurs débuts avant d'être refroidi par « Goi, Rode, Goi! » (2009). Mais quel chemin parcouru depuis par la bande à Masha "Scream" ! Alors que le succès aurait pu les conduire à choisir la facilité du schéma folk/pagan pouet-pouet et fourrures de bêtes, l'ambitieux et orageux « Jav » en 2014 avait réveillé mon intérêt pour le groupe slave qui a osé complexifier son Folk Metal avec des structures et des éléments progressifs. Une véritable réussite à mes yeux qui déstabilisera bien sûr de nombreux fans. J'espérais donc que cet album serait mis à l'honneur, mais il faut attendre quelques morceaux pour avoir droit à "Zov Pustikh Dereven" très bien restitué avec une Masha ensorcelée qui fait corps avec son pied de micro mais ... rien ne se passe. Même constat pour le morceau inédit qui figurera sur leur prochain album et qui semble suivre la même direction "Dark Progressive Pagan/Folk" de « Jav ». Je ne ressens absolument rien. Serait-ce la lumière du jour alors que la grisaille s'invite peu à peu ? Le public folkeux autour ? Je ne sais pas, mais la prestation me laisse de marbre et je préfère abandonner avant qu'un "Wall of Death" ne se forme pour voir une partie du concert de The Great Old Ones déjà entamé à la Metalgate... 

The Great Old Ones
Metalgate
18:30

Nostalmaniac : Après avoir quitté abruptement le concert de Arkona, j'avais besoin de quelque chose de plus intimiste et sombre et je me retrouve donc vite plongé dans les abysses du groupe Post-Black bordelais. Les cinq membres encapuchonnés devant la figure H. P. Lovecraft créent un mur sonore implacable et je regrette de ne pas avoir vu le début du concert (surtout en voyant la doublette "When the Stars Align"/"The Ritual" sur la setlist...) mais ce que propose The Great Old Ones est aussi immersif sur album qu'en live. Je n'aurai qu'un court aperçu, dommage, mais à revoir absolument !

Nile
Sea Shepherd
19:00

Sleap : Après avoir campé pendant une heure au premier rang – et accessoirement enduré le show de la scène d’à coté – il est temps de revoir l’un de mes groupes préférés de tous les temps. Je suis tout de même légèrement inquiet de voir ce que va donner un show de Nile sans le second chanteur-guitariste Dallas. Mais dès le début du concert, mes craintes vont définitivement disparaitre. En plus d’un jeu irréprochable, les vocaux du nouveau venu se rapprochent assez de ceux de Dallas pour mon plus grand plaisir. L’alternance avec ceux de Sanders est donc toujours aussi bien restituée. Et pour couronner le tout, les passages à trois vocalistes sont absolument dantesques – mention spéciale à l’intro d’In the Name of Amun qui me colle la chair de poule !

Lorsqu’on connait par cœur les titres joués, ce n’est pas un problème, mais j’avoue que le son aurait gagné à être un peu plus clair par instants. D’autre part, les cinquante petites minutes de set ne permettent pas au combo californien de jouer beaucoup de titres. Cela est heureusement compensé par l’interprétation du grandiose Unas, Slayer of the Gods en fin de set. Cette splendide pièce de près de douze minutes est restituée dans son intégralité, et je m’aperçois que je ne suis pas le seul à « chanter » les paroles au premier rang. Les Indiens à mes cotés qui assistent à un show de Nile pour la première fois contribuent grandement à l’ambiance du concert, je le reconnais.

George Kollias – mon batteur préféré – est une nouvelle fois impérial. Et la hauteur de la Main Stage lui permet cette fois de faire des lancers de baguette des plus impressionnants, et le tout pendant des passages extrêmement rapides. Meilleur batteur du monde. Meilleur groupe du monde. Meilleur concert du monde. Bon, peut-être pas le meilleur concert, mais c’est sans surprise l’un de mes highlights du festival. Revenez vite !

Swans
Metalgate
19:40

Sleap : Malgré le caractère exclusif que peut avoir un show de Swans, et en plus de la dimension encore plus particulière de celui-ci – dernier show européen avec le line up actuel –, je ne vais pas autant apprécier le show que prévu. En effet, ce concert souffre de la comparaison avec mon précédent du groupe – en salle pendant près de trois heures – et le cadre s’y prête beaucoup moins, on ne va pas se le cacher. Même sous la tente, le coté « open air » en fin d’après-midi avec un public de festival n’est pas vraiment adéquat. De plus, le micro de Gira ne cesse de faire du feedback pendant la quasi-totalité du concert. D’ailleurs, je n’aimerais pas être à la place de l’ingé son au vu des regards que lui lance le frontman durant le show… Je me pose à l’arrière de la tente pendant une bonne partie du set avant de me diriger vers les Main Stages. À mon sens, Swans n’est définitivement pas un groupe adapté aux festivals open air.

Nostalmaniac : N'ayant jamais vu auparavant le groupe américain, j'apprends que c'est leur tournée d'adieu et même leur dernier concert ! Bon, ça commence très bien (*sourire ironique*). Avant que le concert ne démarre, le vocaliste/guitariste Michael Gira balance au micro : "Je n'ai jamais fait ça de ma putain de vie, mais.." et il dégaine un fuck qui semble adressé à l'ingé son devant. Ambiance ! Alors je ne sais pas comment décrire vraiment mon expérience de Swans en live. Peut-être comme quelque chose de rude et punitif. La longue cacophonie introductive laisse place à quelques passages déstructurés complétement fous. Beaucoup trop fou et bizarre si on a pas les clés en ayant absorbé ... quelques albums du groupe. En fait, avec Swans, il faut tout oublier des codes et des conventions. TOUT. Ici, tout semble réinventé dans un brasier expérimental fascinant. Fascinant, aussi bien musicalement que visuellement (cette batterie...), mais assez inaccessible à moins de se prendre les deux heures de show dans la gueule mais malheureusement, c'est Emperor qui va doucement s'installer sur scène et les bonnes places seront chères. En tout cas, ça m'a donné envie de me plonger dans leur discographie tant je ressors groggy d'une bonne heure de show.




© Tomáš Rozkovec

Hatebreed
Sea Shepherd
20:50

Florent : Aaah, un moment bien régressif comme on les aime (parfois). Hatebreed en live, c'est généralement l'assurance de passer un bon moment (et un moment défouloir pour ceux qui veulent aller dans le pit, ce qui n'est pas mon cas) tant le groupe a envoyé depuis le début de sa carrière une ribambelle de tubes hardcore aux influences modernes - ce qui en fait probablement le plus apprécié des groupes du style car le moins "typé". J'en veux pour preuve ce A.D. d'ouverture qui fait plus que lorgner sur Slayer, ce qui permet directement de tout casser... y compris nos pauvres oreilles, car le son s'avérera être le plus ignoble que j'ai pu entendre de tout le festival. La gratte de Frank Novinec, côté cour de la scène, domine en effet le mix et dégueule de turbulences très désagréables à l'avant, ce qui nous force à reculer pour la sécurité de notre audition. C'est donc d'un peu plus loin que j'assisterai à un concert en forme de best-of et au final très old-school : pas moins de quatre titres de Satisfaction is the death of desire étant balancés par la bande à Jamey Jasta ! Un Jasta très en verve, y compris lorsqu'il s'agit de la jouer nounours en demandant aux mosheurs de faire attention à leur prochain, histoire que ce concert reste le plus familial possible. C'est pas du powerslam, bordel. 

L'ambiance est d'ailleurs au beau fixe et si les vieilleries font plaisir (Tear it Down et Perseverance font du bien par où elles passent), difficile de nier l'efficacité des tubes: Everyone Bleeds Now et son break ravageur, To the Threshold, l'immense In Ashes They Shall Reap et son déjà culte "Born to bleed, fighting to succeed, built to endure what this world throws at me" et surtout, SURTOUT, LE moment teubé du Brutal Assault: Destroy Everything. C'est du vu, entendu, revu et réentendu, bien sûr, mais a-t-on fait plus efficace depuis? Dès le "A new life begins!" de Jasta et la ligne de basse qui suit, je me retrouve comme un ahuri à beugler la moindre parole. Même I Will Be Heard (que je beugle tout autant) qui conclut le concert ne fait pas aussi fort, et c'est dire tant l'intégralité du public a l'air de connaître ce dernier titre, ponctuation idéale d'un concert qui me laisse l'impression que Hatebreed a donné la meilleure prestation que j'ai pu voir d'eux... mais avec le pire son possible. Un poil frustrant. 



© Tomáš Rozkovec

Emperor
Jägermeister
21:55

Sleap : Tout comme pour Cryptopsy, je vais tenter de ne pas vous refaire un live report d’Emperor identique à celui du Hellfest. Les sets spéciaux de ces deux groupes étant les mêmes lors de ce Brutal Assault 2017, je tacherai de faire court. Sachez seulement que, comme pour le groupe susnommé, le principal point qui fait aujourd’hui toute la différence est le son. Bien plus clair que celui du Temple à Clisson, il n’en reste pas moins dense et puissant. Ainsi, on discerne absolument toutes les subtilités des deux guitares tout en appréciant les nombreuses parties de claviers. En plus du fameux Entrancemperium en ouverture (cette batterie !!!), c’est l’enchainement Acclamation of Bonds / With Strengh I Burn qui me colle des frissons. Le public est tout aussi passionné que lors de mon précédent concert du groupe, même les fans tout au fond chantent les paroles. En arrivant dans les premiers rangs vers la fin du concert – afin de me placer pour le groupe suivant – je remarque tout de même un pit en effervescence, même sur les passages plus solennels… Les gens moshent vraiment sur tout et n’importe quoi. Mais en dehors de ça, c’est une nouvelle réussite pour les Norvégiens. J’entends même les nombreux « woooooh » du public lors des riffs principaux de Black Wizards et Inno a Satana joués en rappel. Même si j’ai préféré les shows Nightside Eclipse en 2014, je reconnais que celui de ce soir figure parmi les meilleurs du groupe auxquels j’aie pu assister !

Nostalmaniac : Après avoir célébré en 2014 les vingt-ans de leur premier chef d'œuvre « In the Nightside Eclipse », les légendes du Black Metal norvégien ne pouvaient pas passer à côté des 20 ans de « Anthems to the Welkin at Dusk » paru en juillet 1997, autre pièce maitresse de leur discographie. La nuit est tombée et on s'agglutine une bonne heure avant que le show démarre. On peut d'ailleurs voir le concert de Hatebreed sur l'écran central dans une ambiance beaucoup moins solennelle ! En tout cas, les remparts de la forteresse de Josevof sont propices à ce show spécial d'Emperor et dès que résonne l'intro "Alsvartr (The Oath)" avec les trompettes, des frissons me parcourent. Si j'ai un côté plus affectif pour leur premier opus, « Anthems ...» est musicalement mon préféré. Moins naïf, plus sophistiqué et mieux produit. D'ailleurs ce qui me faisait peur, c'est que le clavier soit trop en retrait, mais la balance a été bien faite et le son est vraiment puissant. Le côté sobre sur scène (la fameuse gravure de Gustave Doré, "Le quatrième cavalier, celui de la Mort, sur le cheval pâle" en guise de backdrop) ne me dérange pas du tout. Je n'ai pas besoin qu'Emperor se parodie sur scène avec des oripeaux Trve Black Metal pour être captivé. Ce somptueux "Thus Spake the Nightspirit" sur lequel la voix d'Ihsahn se greffe toujours à merveille avec ce passage au chant clair d'anthologie : "Nightspirit - Spirit - Embrace my sooouuuuuuuuul". Waow. J'ai l'impression de redécouvrir l'album comme quand j'étais ado. Samoth est toujours aussi austère sur scène, pas le moindre rictus pendant tout le concert. Les flammes jaillissent sur scène pendant le show et ça prend tout son sens avec "With Strength I Burn". À part abuser de superlatifs, je ne peux que parler de ma joie. Un set parfaitement maîtrisé sans mauvaise surprise. Surtout qu'en plus de jouer « Anthems ...», Emperor va offrir un titre de « IX Equilibrium » et deux de « In the Nightside Eclipse » et pas des moindres : "Curse You All Men!", "I Am the Black Wizards" pour conclure avec un "Inno a Satana" aussi intense qu'émouvant pour les "nostalmaniaques" que nous sommes. Emperor a embrassé mon âme et m'a ensorcelé sans mercy et sans compassion. Un concert ... impérial au-delà de mes attentes.

Uada
Oriental
22:50

Florent : Les quelques retards horaires en cette deuxième journée font que les Américains de Uada, qui devaient normalement commencer leur set un peu avant la fin d'Emperor, se sont retrouvés avec un créneau... encore pire: à cheval total sur le set des Norvégiens et celui d'Opeth, soit de quoi décourager pas mal de monde de se faufiler jusqu'à l'Oriental Stage. Pourtant, il faut croire que malgré des fanbases qui se croisent au final probablement en grande partie, certains ont déjà pu voir Emperor lors de leurs assez nombreux concerts de ces derniers mois car la cour intérieure où va se produire Uada est particulièrement bien remplie. Preuve donc du succès de leur premier album, Devoid Of Light, vraie perle que j'attendais avec impatience de découvrir en live. Le groupe prendra son temps pour régler ses balances, probablement encouragé par le fait que depuis cet après-midi, les horaires ne veulent plus dire grand chose au Brutal Assault. 

Grand bien leur en a pris, car le son est de ce fait parfait quand commence Natus Eclipsim, qui lance un album joué en intégralité (il faut dire qu'il ne dure qu'un peu plus d'une demi-heure). L'ombre de Mgla plane sacrément autour de la musique de Uada, dans la mise en scène (les capuches) comme la musique (ces riffs - surtout le morceau-titre Devoid of Light - et cette voix sépulcrale, qui a toutefois pour originalité quelques hurlements un peu plus "bestiaux" distillés avec soin), mais le combo de l'Oregon a juste ce qu'il faut de personnalité pour qu'on soit impatients de découvrir la suite. Le final Black Autumn, White Spring a ainsi un côté plus rock'n roll, avec un solo bien senti. Le set, commencé en retard, se terminera... un peu en avance, preuve que le groupe pouvait prendre le temps d'affiner ses balances... et qu'un second album va devoir rapidement suivre pour battre le fer tant qu'il est chaud. Le vrai défi pour Uada, auteur d'un excellent concert, sera surtout de se défaire de l'ombre de leurs influences, Mgla en tête, mais le potentiel est clairement présent.

Opeth
Sea Shepherd
23:05

Florent : Normalement, le créneau horaire alloué à Uada devait me permettre d'assister à une bonne moitié du set d'Opeth, ce qui me suffisait largement étant donné le peu d'intérêt à mes yeux de leur discographie récente (j'ai totalement décroché après un Heritage épuré et inspiré suivi de deux opus que j'ai trouvés insipides à souhait). D'autant que le groupe est omniprésent en festival comme en salle (du moins en Belgique: Akerfeldt et sa bande squattent l'Ancienne Belgique comme peu de groupes) et m'avait franchement fait chier la dernière fois que je l'ai vu (soit en 2015).

Les chamboulements horaires ont fini par me faire arriver devant Opeth pour l'avant-dernier morceau, soit le merveilleux The Drapery Falls, peut-être le meilleur titre du groupe, issu du béni Blackwater Park. La magie opère, c'est clair, car Mikael Akerfeldt a conservé cette superbe voix claire (et est toujours un excellent guitariste). Dès qu'il faut taper un peu, par contre... Le final Deliverance, dévastateur à une certaine époque, s'avère aujourd'hui à peine douloureux pour la nuque. La faute à un son d'une faiblesse honteuse (et le Brutal, comme il s'en est expliqué par commentaires, n'y est pour rien : les gros groupes ont leur propre ingé son) et à un growl anémique. Quelle tristesse, Akerfeldt ayant été à une époque un des meilleurs dans le domaine. On ne boude pas (totalement) son plaisir toutefois, le riff final de Deliverance étant une des meilleures choses jamais créées dans le death metal. Pour le reste, Opeth en live, plus pour moi, merci. 





© Tomáš Rozkovec

Suffocation
Jägermeister
00:15

Sleap : Place maintenant à mon autre groupe préféré de cette édition 2017. Tout comme pour Nile, je me place plus d’une heure à l’avance au premier rang, mais cette fois-ci je peux apprécier le show d’Opeth qui se déroule sur la scène d’à coté en attendant. Là encore, je ne sais absolument pas qui va remplacer Frank Mullen lors de cette tournée, et je dois dire que je n’en ai toujours pas la moindre idée en voyant le groupe arriver sur scène.

Quoiqu’il en soit, le carnage commence sur la doublette Thrones of Blood / Pierced from Within et, pour coller avec l’ambiance, un orage se déclenche dès le début de set. C’est donc aux barrières, sous une pluie battante, que j’assiste à un de mes meilleurs concerts du festival ! En effet, le nouveau – jeune – vocaliste se débrouille extrêmement bien. C’est même un de ceux, avec le batteur de Disgorge, dont les vocaux collent le plus à ceux de Mullen en live. Comme quoi, ce ne sont pas forcément les vocalistes les plus « prestigieux » qui sont les meilleurs choix. Et bien qu’il soit encore un peu timide sur scène, ses qualités de frontman sont indéniables. Le nouveau batteur, lui, souffre un peu plus de la comparaison avec ses illustres prédécesseurs, mais son jeu reste tout de même impressionnant en live. Mais globalement, cette nouvelle mouture de Suffocation me convient totalement. Je trouve le dernier album un peu trop représenté par rapport au reste de la courte setlist de ce soir, mais c’est du chipotage. La triplette infernale Liege of Inveracity / Catatonia / Infecting the Crypts jouée en final me fait tout oublier.Malgré leur nouvel album qui est loin de faire l’unanimité en studio, Suffocation ont encore de très beaux jours devant eux en live. J’ai déjà hâte d’en reprendre une dose !

Mourning Beloveth
Metalgate
01:55

Nostalmaniac : Une deuxième journée qui se termine pour ma part sous la Metalgate. Fatigué, mais l'appel du Doom/Death celtisant des Irlandais de Mourning Beloveth est bien plus fort. Surtout, que je n'ai jamais eu l'occasion de les voir auparavant. Et bien, malgré l'heure tardive et leurs longs morceaux, je suis très vite happé par leur son lourd et massif dont se dégage de magnifiques acoustiques et harmoniques. Les titres issus de leur dernier album, « Rust & Bone » (2016), "Godether" et "A Terrible Beauty is Born" prennent une autre dimension en live. La monotonie ne s'installe jamais grâce à de belles envolées guitaristes sans rompre avec l'atmosphère de désolation. Sur de nombreux passages, la voix claire de Frank Brennan est incroyable. Quelle voix ! Un atout de poids tout au long du show qui contraste avec la voix gutturale de Darren Moore tout aussi maîtrisé. Les Irlandais ont livré un set mémorable, idéal pour finir la journée, et j'espère les revoir en salle très bientôt. La pluie et les éclairs ont fait leur apparition ce soir. J'ai encore en tête Sakis de Rotting Christ qui s'émerveille devant les gros éclairs qui déchirent le ciel alors que des gars tentent d'éponger les retours. Un concert difficile à suivre pour cette raison, malheureusement.

Souvent, en Tchéquie, c'est la canicule puis l'apocalypse. En attendant la réponse le lendemain, on a déjà noté à notre programme les concerts de Crowbar, Rotten Sound, Possessed, Swallow the Sun, Incantation, Electric Wizard ou encore Carcass. On vous parlera également du cinéma et de l'Ambient Lodge avec le set du projet français Treha Sektori.

Pour lire ou relire le J1, cliquez ici.

 

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Crédits :
Textes par l'équipe Horns Up.
Crédits photos : Tom Jajo Rozkovec - https://www.facebook.com/TomJajoRozkovec/ -http://musicserver.cz/autori/tomas-rozkovec/ / Guillaume Q.