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Album

09/12/14 - U-Zine

Alchemist

Tripsis

LabelRelapse Records
styleSpace Death
formatAlbum
paysAustralie
sortieoctobre 2007
La note de
U-Zine
7/10


U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Il faut bien l'avouer, on m'a mis dans une drôle de situation quand cet album a atterri entre mes mains afin qu'il y soit chroniqué. Alors je me lance, dans toute la partialité de mon opinion, et advienne que pourra. Je vais surtout tenter de rester le plus objectif possible dans mes descriptions et vous faire passer ce que j'ai ressenti devant cet album aux teintes particulières.

Le premier détail marquant sera la provenance du groupe, puisqu'ils nous viennent de l'autre bout de la planète: l'Australie. Ils sortent là leur sixième album et sont tournés vers l'expérimentation musicale et le thème de l'espace, le tout mélangé dans une musique que l'on qualifiera de death ou d'indus ou de métal psyché. Quelque part j'ai l'impression de retrouver à travers ces thèmes et cet esprit d'innovation l'esprit des premiers Nocturnus en version plus contemporaine. Sur la partie promo du cd, ils sont comparés de manière hâtive à des groupes type Opeth. Là, je ne comprends pas vraiment la ressemblance. Ils revendiquent eux-mêmes d'autres types d'influences qui se situent dans la mouvance psychérock des 70s, en gros ça sent le délire musical!

Leur présence au Progpower Europe m'échappe aussi quelque peu; mais si l'on se penche plus vers la musique on trouvera peut-être quelque raison... La première chose marquante sera le son, du genre un peu flottant avec un max de réverbération sur les guitares pour mettre un peu plus d'emphase au côté spatial et irréel du concept. On a l'impression que le groupe joue dans un grand hall (d'une station spatiale?) ce qui n'est pas forcément désagréable, mais par ailleurs pas des plus clean. Tout prend des dimensions quelques peu grandiloquentes avec ce groupe, les compositions sont variées et le tout est relayé par un son très épais. Un de leurs gimmicks favoris est la répétition de riff, ils tentent d'une certaine manière de faire monter la sauce en répétant un certain nombre de fois une partie précise, en y rajoutant un détail (souvent quelques cris, du très aigu au très death caverneux) comme dans la partie centrale de Tongues and Knives. Ce qui nous amène à un écueil assez prévisible: quelques refrains répétitifs qui deviennent assez pénibles après la dixième répétition, on a bien compris, il faut arrêter la chanson!

L'album n'est globalement pas simple d'accès car il faut un grand nombre d'écoutes pour se familiariser avec ce mélange de brutalité et de création alambiquée. Si je parle de brutalité, c'est que malgré l'aspect space expérimental du cd, l'ambiance est globalement assez rentre-dedans et la disto est à fond, tout comme la voix qui a un rendu death indus. Ceci me donne l'occasion de présenter les ambiances qui nous donnent parfois l'impression d'être dans une foule scandant un leitmotiv appuyé par les coups de boutoir du batteur, qui à défaut d'être très technique possède un jeu puissant qui soutient le travail des guitares comme on peut l'entendre dans les première et dernière parties de Anticipation of a high. Tous ces points font qu'une comparaison avec les travaux du canadien fou, Devin Townsend n'est pas impossible, et elle me semble suffisamment flatteuse pour révéler la nature de cet album.

L'unité de son est évidente entre les chansons, et l'unité de composition est de mise aussi, ce qui n'empêche pas les musiciens de jouer sur tous les fronts pour varier les plaisirs : plutôt ambiance sur grasp at air avec ses grooves et sa voix qui résonne et ils sortent les breaks assez aériens dans God Shaped Hole qui finit de manière bordélique et grandiloquente. L'unité de composition restera aussi ce que je retiendrai comme un des points négatifs de l'album, on n'a pas l'impression de trop de variations, et malgré les touches d'originalité saupoudrées ça et là, on reste un peu sur notre faim. Bien dommage, mais j'ai la franche impression de tourner en rond sans que l'on soit accroché par un détail particulier. Mais je dois modérer cet avis en vous renvoyant au début de cette chronique. Je retiendrai une œuvre aux accents particuliers, voire extra-terrestres (au premier sens du terme) et je vous recommande vivement de poser une oreille dessus, ça vaut le trip ne serait-ce qu'une seule fois.

1. Wrapped In Guilt
2. Tongues And Knives
3. Nothing In No Time
4. Anticipation Of A High
5. Grasp At Air
6. CommunicHate
7. Substance For Shadow
8. God Shaped Hole
9. Degenerative Breeding