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vendredi 22 juillet 2016 - Team Horns Up

Ragnard Rock Festival 2016 - Jour 1

DANS LES PRÉS - SIMANDRE-SUR-SURAN

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

C'est aujourd'hui que commence véritablement cette nouvelle édition du Ragnard Rock Festival. Alors oui, comme vous l'aurez lu, le concert de Nokturnal Mortum de la veille, qui s'annoncait sous les meilleurs auspices, n'a pas servi de meilleure introduction au festival. Une déception pour le public évidemment, mais aussi pour les organisateurs. Ne remuons pas le couteau dans la plaie et intéressons-nous plutôt à ce premier jour où nous pourrons vraiment découvrir le village viking et la Heim Stage, nouveauté très attendue de cette édition 2016. Dolorès nous en parle justement en préambule à nos récits du Jour 1.

Dolorès : C’est après 9h de route le jeudi qu’on se dit que c’est bon, on est arrivé, plus qu’à planter sa tente et savourer la première bière. Eh non, billetterie foireuse à cause d’un mauvais réseau, avec seulement cinq personnes à ce poste dans les bénévoles. Des gens ont réellement attendu 3 heures pour avoir leur bracelet, et même la file VIP / Presse était plus lente que la file « normale »…

Cela s’enchaîne car certains bénévoles ou membres de la sécu étaient très peu au courant de leur job parfois ou de la disposition du site, surtout le premier jour : on m’affirme avec certitude, dès que j’ai mon bracelet, une direction pour le camping VIP, il se trouve que c’était le parking artistes/PMR et que j’étais complètement perdue avec pas grand monde aux alentours pour me renseigner. De manière générale, il était un peu compliqué de s’y retrouver entre les différents campings (deux campings dont un ouvert tardivement et à l’opposé du site, un camping bénévoles et un camping VIP paumés au milieu des deux en sandwich, sans trop d'indications).

Je suppose que de manière générale, l’orga et les bénévoles ont eu de grandes difficultés à gérer l’affluence alors que le sold out était prévisible. Cela s’est vu avec l’ouverture du camping 2 qui n’avait pas de point d’eau ou de toilettes, le camping VIP/bénévoles qui ne disposait que d’un minuscule « point d’eau », un genre de petit tuyau qui acheminait de l’eau une fois sur 40, rendant difficile l’accès à de l’eau de ce côté-là, ajouté à pas mal de difficultés pour avoir de l’eau pour les douches aussi, ce qui a surtout été un gros frein pour les bénévoles en premier lieu. Et n’oublions pas le gros manque de stock au niveau nourriture et boissons sur les stands du festival qui laisse transparaître la même idée. On avait clairement pas de soucis au bar VIP avec une équipe accueillante (coucou les copains), mais j’ai beaucoup entendu parler de manque pour tout ce qui est hypocras, moretum et chouchen sur les bars côté festivaliers.


C’est peut-être un peu ma faute de ne pas avoir fait tout le tour des stands avant mais j’étais très déçue qu’il n’y ait que deux stands de nourriture qui prennent les « runes » (jetons) car j’avais mis la moitié de mon budget là-dedans alors que je n’ai quasiment pas pu les utiliser. Le stand ukrainien était souvent fermé tôt (plus de stock ?) et ne proposait que 2 options (une sucrée et une salée assez chère), celui Vegan (3 options dont un gaspacho et 2 wraps) était souvent en rupture aussi ou avec une attente énorme. Celui-ci était vraiment très bon mais cher (5 euros le wrap qui ne cale pas du tout, dommage parce que vu le goût on avait envie d’en acheter).

Obligée de se rabattre sur les stands indépendants, avec des prix à peu près corrects mais ça m’a vraiment énervée sur le coup d’avoir prévu des runes pour manger et de ne pas pouvoir m’en servir, de devoir dépenser du cash en plus… Bon par contre il y avait un choix varié dans les stands, des habituels crêpes ou kebabs, bonbons, en passant par les burgers simples, les burgers un peu « gastronomiques », et alternatives végé/vegan sympathiques (la « corne viking » végé, un délice et qui cale bien). Certains se plaignaient que ce ne soit « pas très viking » tous ces kebabs et burgers, je ne pense pas que ce soit vraiment important sérieusement… Tu t’arrêtes là 10 minutes dans ta journée pour manger, certes côté esthétique ce n’est pas joli à côté du village viking mais ce n’est clairement pas un point primordial à modifier pour l’année prochaine.

Côté festivalier, il y avait quand même peu de choix dans les boissons (Kro, ou Skoll hors de prix à 10€ la pinte + l’achat préalable du gobelet à 2€ pour la pinte, c’est clairement abusé). Je pense que c’est une des principales remarques à faire concernant tout ce qui est achat par runes, le souci étant d’avoir fait des jetons de 2,50€, qui ne permettent pas de prix intermédiaires plus adaptés à ce qui est vendu (passer à des jetons de 2€ l’an prochain pour avoir des prix plus proches de ceux d’un bar ou d’un stand de nourriture habituel ?). Il y avait un choix de bières plus large au bar VIP avec plus de stocks niveau hypocras/moretum/chouchen, mais pas côté festivalier, et aucune bière locale proposée dans les deux cas, ou plus sympa que la Skoll (qui semble un peu une solution de facilité quand on fait un fest « viking »).

Pour parler du site en lui-même, je l’ai trouvé assez propre, les toilettes souvent nettoyées, des poubelles un peu partout. La sécu était clairement sympathique sur le site, elle discutait avec tout le monde, avait l’air contente d’être là, et de bien faire son taff. Rien que le fait d’avoir des individus avec qui on peut avoir des contacts amicaux, qui n’instaurent pas un genre de barrière « je suis de la sécu, t’es festivalier, on ne se parle pas, on ne se sourit pas », ça apporte une réelle différence par rapport à d’autres festivals.


Au niveau des concerts, de manière générale, le plus embêtant restait les gros retards de tous les côtés, pour diverses raisons. Par exemple, Nokturnal Mortum a joué avec une heure de retard et a donc vu son « show special » devenir un concert normal, sans entrain et conviction de la part du groupe, et surtout sans tout ce qui devait en faire un show exceptionnel. On peut aussi citer Daemonia Nymphe ayant eu des soucis d’avion pour eux et leurs instruments, qui ont joué avec plus de 2h de retard et ont dû écourter leur set… On obtient un running order qui, globalement, ne tient plus du tout la route sauf le dimanche sur les grandes scènes où on compte peu de retard. Cela devient difficile de réellement faire les concerts qu’on a prévus à l’avance avec un programme aussi chamboulé.

Notons un son pas toujours terrible sur les grandes scènes, avec des coupures, des larsens constants (sur la Heim Stage également), parfois trop fort, trop aigu et grinçant…Tout ça en alternance avec des concerts où le son était si bon et à un volume juste correct pour pouvoir s’éloigner de quelques mètres de la scène et entendre parfaitement sans bouchons d’oreille, et sans avoir à s’éloigner à l’autre bout du site. Il y avait aussi la possibilité de s’asseoir (mais assez loin) et de voir les concerts, avec un site un peu en pente.

Si on ne parle pas des campings, le site du festival en lui-même était vraiment spacieux, on pouvait circuler sans difficultés, et l’énorme point positif pour moi était le village viking qui réussit à très bien compléter le site du festival Metal. A force de faire des festivals, une des choses qui revient souvent dans mon ressenti est que je n’ai pas forcément envie de voir des concerts à la chaîne toute la journée et que j’ai appris à vraiment sélectionner plutôt que de tout aller voir. Là, plutôt que d’aller se poser dans l’herbe, forcé d’écouter un concert de loin, ou d’aller chercher une bière ou de retourner à sa tente, on peut se poser autour de la Lice de combat ou dans le village viking et profiter visuellement, faire fonctionner les yeux et reposer les oreilles pour quelque chose de plus « léger ». Ça donne vraiment l’impression d’un festival plus complet au niveau de la programmation générale, avec différentes choses à faire dans le sens d’un thème commun pour créer une aura originale pour le festival, avec du divertissement pas uniquement musical et/ou lié au milieu metal. Cf. mon pavé à suivre sur le village viking !

Shawn : Bien que Dolorès ait très bien résumé l’essentiel des éléments hors-musicaux, j’y apporterai néanmoins quelques légères nuances. Le bar tout d’abord : si la pinte de Kronenbourg à 5€ est encore un tarif relativement courant en festival, la pinte de Skoll (dont le choix, un peu facile, est déjà discutable en soit) à 10€ est clairement abusif. Quel dommage quand on sait que la France redevient depuis une dizaine d’année un terreau fertile aux brasseries artisanales dont le nombre est passé de 700 à 800 en moins d’un an ! A ce titre, je glisse le nom de la Brasserie Ouroboros, tenue par Gus, brasseur et fan de black metal, dont les bières sont non seulement délicieuses mais aussi totalement dans le thème (la Ragnagnarok en est d’ailleurs un bel exemple). Car si payer 10€ la pinte de Skoll peut faire grincer des dents, payer le même prix pour une bière artisanale de haute qualité, c’est tout de suite plus facilement envisageable.

Les stands restauration ensuite. Pour le coup, la déception fût totale. Commençons déjà par l’incohérence totale de certains stands : un kebab … des burgers … un stand Haribo (?!) sur un campement viking ?! … Non, non et non. Définitivement non. Avoir délégué la restauration à des prestataires est clairement une idée financièrement risquée mais qualitativement viable (le Motocultor, si tu nous lis …). Mais ici, le rapport qualité/prix n’y est pas. Entre le stand qui sert des crêpes trop salées et le kebab insipide, le choix est rude. On se penche donc sur les stands ukrainiens et végans, dont le festival avait beaucoup parlé en amont. Semi-déception cette fois car le rapport qualité/prix est excellent, mais le choix est vite limité. Beaucoup s’étaient imaginés un stand ukrainien foisonnant de plats locaux mijotant toute la journée, le choix sera en réalité bien plus restreint… Quant au stand végan, comme dit plus haut : bon mais peu copieux. Les poubelles, enfin, absentes du site le jeudi soir. Ce point sera heureusement vite corrigé, et fort heureusement, tout le monde semble avoir joué le jeu et le site restera propre jusqu'au dimanche. Bref, plusieurs efforts seront à fournir : des bars mieux approvisionnés, de la bière artisanale (et idéalement locale), des stands de restauration plus dans le thème et avec un rapport qualité/prix bien meilleur. Et là, la perfection sera proche !

Le Village Viking

Dolorès : Pendant les trois jours, la programmation était quasiment identique sur le village viking. En plus des artisans plus ou moins connus et plus ou moins originaux ou habituels (Les Cuirs de Belfeuil, Cornibus, une tireuse de runes, ou d’autres stands d’artisans du cuir, de vente de bijoux faits mains), il y avait donc les campements des troupes présentes. Plusieurs françaises : Les Loups de Fenrir, les Managarm Vikingar, Les Ours d’Alfadir, Korvland, Les Temps Anciens, Les Héritiers de Ragnar, Les Loups du Mesnil... La plupart proposaient un aperçu de la vie quotidienne en camp de raid viking (avec en bonus, en live : des forges, des jeux d’époque, de l’activité de tissage ou de tatouage traditionnel à l’aiguille…). Normalement, l’idée est aussi de les voir « manger comme à l’époque » avec les aliments et le matériel adéquat (pas présent sur ce village de reconstitution), mais on y voit bien sûr les tentes où les troupes dorment réellement la nuit, etc. S’il y avait beaucoup de « vikings français », l’Ukraine était la terre à l’honneur cette année, il y avait donc une troupe viking ukrainienne (Varuforos), accompagnée de son stand artisanal (et de sa très bonne humeur !), mais aussi à d’autres moments et endroits pour compléter la chose, le stand de spécialités culinaires ukrainiennes, et la compagnie de spectacle de feu ukrainienne, sans oublier la présence de Nokturnal Mortum en tête d’affiche de Warm Up, de Khors, ou encore de Kroda sur le plan musical.

Bon, l’affiche spécifique au village viking était un peu exagérée. « Plus de 150 combattants » : je pense que pour les mêlées regroupant toutes les troupes, on devait atteindre les 100. « Plus grand village de reconstitution historique scandinave de France », certes pour un festival Metal c’est une grande partie qui leur est attribuée, certes on n’a que des troupes vikings et pas d’autres périodes représentées (pas de béhourd par exemple, contrairement à certaines fêtes médiévales), mais on est vraiment très loin d’avoir « le plus grand » ici.

Concernant la programmation, elle était variée. Tous les jours (ou presque, selon le temps et les combattants disponibles, avec quelques variations dans les horaires et selon l’affluence du public), on avait différentes animations dans la Lice de combat. Le matin, c’était plutôt Glima (lutte traditionnelle islandaise) et Bridge Fight (tournoi par petites équipes de combattants des différentes troupes). Le but du Bridge Fight : passer de l’autre côté du « pont » soit en « tuant » toute l’équipe adverse, soit en touchant un bouclier placé de chaque côté avant d’être tué, en gros entre le combat matinal bien brutal pour passer en force, et le jeu d’agilité un peu plus fun.

Avant les combats « Eastern Style » (une des branches du combat viking parmi d’autres, que les Ukrainiens pratiquent principalement, ainsi que des combattants d’autres pays comme ici) qui concentraient toutes les troupes présentes, le soir vers 20h, on avait différentes démonstrations avec participation du public dans l’après-midi. Selon les troupes qui animaient, on pouvait tester les différentes formations de défense avec les boucliers, ainsi que les ordres pour comprendre comment fonctionne le véritable combat à partir de ces bases, ou encore apprendre quelques premiers pas dans le combat à l’aide de fausses armes (adultes et enfants). On pouvait aussi avoir une présentation de duel judiciaire, ou en plus simple, la manière dont on pouvait régler les soucis de société à l’époque, chaque famille choisit son champion et allons-y : FIGHT.

Le soir donc, grosses mêlées au programme, on rassemble tout le monde pour du combat de ligne « Eastern Style ». Pour résumer la chose, les combattants sont en armure mais assez peu protégés (principalement du cuir, quelques pièces métalliques autres que le casque mais plus rare, et certains y vont même pieds nus…), en combat de ligne avec deux équipes qui s’affrontent. Il y a des règles, ils n’ont pas le droit aux coups d’estoc au visage par exemple, et tombent lorsqu’ils sont touchés (sur une zone caractéristique du Eastern Style : en gros tête, buste et cuisses). Niveau équipement, on trouve de nombreux combattants à l’épée et au bouclier, mais aussi scramasaxe ou hache, d’autres armes qui ont peu de portée, épaulés à l’arrière par les combattants à l’arme longue : lances et danaxes (un genre de hache à longue portée) qui se manient donc à deux mains. Ceux qui les manient profitent des boucliers de la première ligne pour se protéger car ils n’en portent pas (ou rarement). Contrairement à d’autres combats liés à la reconstitution historique, rien n’est chorégraphié, c’est du véritable combat. Donc il faut une grande maîtrise de ses coups, de ses réflexes, et un véritable respect des règles, et de ses adversaires, pour que tout se passe bien (ce qui est le plus souvent le cas malgré quelques bleus fréquents).

Seul reproche pour l’espace réservé au combat, bien qu’il ait été prévu pour être assez grand, et délimité par des barrières, il en aurait fallu une seconde à 1m ou plus, car le public non-averti n’a pas l’air de comprendre que « reculez d’1m pour votre sécurité » n’était pas une blague. Certes c’est du spectacle et ils font un minimum attention aux personnes autour, mais dans le vif de l’action et même avec des armes émoussées (pour ne pas se faire trop mal entre eux, normalement), il y a toujours des risques et j’ai pu expérimenter la rapidité de mes réflexes pour ne pas me prendre des lances ou des boucliers dans le crâne.

En plus des concerts de la Heim Stage (juste à côté de la lice de combat), et des troupes viking, le village était aussi animé par les conférences de Grégory H. Moigne sur « paganisme et metal » tous les jours dans l’après-midi, loin d’être désertées car reposantes et proposant quelque chose de très différent des festivals de musique lambda.

La tombée de la nuit était, elle, célébrée par le spectacle de feu d’une troupe ukrainienne, loin de la culture viking (costumes modernes, musiques de tous styles), assez tape-à-l’œil et habituelle dans le divertissement proposé (bâtons, mains, éventails, épées ou bolas de feu, devenant feu d’artifices pour le final), mais très sympathique à voir ! Mention spéciale à leur danseuse tribale (très bonne technique, une impro aussi maîtrisée que le feu qui s’ajoute aux ondulations du corps), et au mec de la sécu qui est venu cracher du feu avec eux !

 


Kaunan
Heim Stage
13:00

S. : Comme à mon habitude, j’ai fui la foule la veille au soir pour m’en aller faire un bivouac solitaire à quelques kilomètres d’ici, afin de récupérer pleinement et éviter d’avoir à subir les « apérooooos » et autres débilités éthyliques du même acabit dans le camping des festivaliers. Alors que quelques gouttes sont tombées au petit matin, je retrouve le site à 13 heures sous de belles éclaircies mais avec un climat assez lourd. Je ne me presse pas, connaissant la ponctualité hasardeuse qui règne par ici. Pourtant, le premier groupe vient juste de commencer lorsque j’arrive devant la scène Heim. Les têtes d’affiche, ici, jouent en ouverture, afin qu’un maximum de personnes puissent en profiter (le reste du temps, il faut choisir entre les scènes principales -Odin et Thor- et la Heim). Cet espace scénique au sein du village viking est dédié aux musiques folkloriques, ce qui m’intéresse fortement…

C’est donc les Allemands de Kaunan qui inaugurent ce deuxième jour. Il s’agit d’un trio comportant notamment un des membres de Faun, développant une musique traditionnelle, entrainante et respirant l’authenticité. Les trois individus sont chacun assis sur leur chaise, vêtus de costumes d’époque, aux personnalités attachantes. La majeure partie des morceaux sont instrumentaux, même si le bonhomme à la vielle s’adonne à quelques chants, réussis. Un groupe qui m’a vraiment envoûté par ses qualités et ses compositions !

 

 


Boisson Divine
Thor Stage
15:00

S. : Voici venu le moment pour Boisson Divine de monter sur les planches de la Thor. D’après leurs dires, il s’agit de leur premier concert dans un festival metal. Le début fut tout de même laborieux avec quelques couacs techniques, mais estompés par l’excellente humeur et répartie du vocaliste Baptiste, qui échange beaucoup avec le public, maniant habilement le sarcasme et la dérision. Les individus eux-mêmes qualifient leur musique de folk metal gascon, terme non usurpé puisque les paroles sont en langue locale, même l’accent du leader se fait sentir. Moi qui n’aime pourtant pas trop le folk metal, leur prestation m’a tout de même bien convaincu, avec des titres entraînants, dynamiques et positifs. Une bien bonne surprise !

 

Setlist Boisson Divine :
Intro (Joan petit que dança) 
Que me'n tornarei 
Los tilholèrs 
Que de melhor 
Coquin de pire 
Quin Braguèr 
Saumon (Nadau Cover) 
Rondèu 
Dauna de Brassempoi

Acus Vacuum
Heim Stage
15:00

Shawn : Second groupe de la journée à se produire sur la Heim Stage, Acus Vacuum présente la subtilité de se produire à deux reprises au long du week-end. Une première fois lors d’un show folk, et une seconde lors d’un concert plus orienté metal. Place donc à un retour aux temps anciens avec des sonorités festives médiévales. Deux tambours, deux cornemuses. Et pas de chant. Les influences sont clairement à chercher du côté des allemands de Corvus Corax. Une ambiance à la fois sombre, percutante et festive quoi qu’un peu intimiste, totalement le genre de musique que l’on se voit écouter en plein air, lors de grands banquets à la lueur d’un bûcher incandescent. L’animation scénique sera assurée par une ravissante danseuse aux cornes de jeune cerf. Quelques titres (In Taberna notamment) seront dédiés à ceux qui fréquentent les tavernes, aux amateurs de vin et d’hypocras. Malgré l’absence de chant, le groupe ne manque pas de mettre l’ambiance offrant même le premier wall of death du festival. Notons enfin l’excellente reprise du générique de Game of Thrones.

Dolorès : Je n’ai vu Kaunan que de loin, ma journée commence donc véritablement avec Acus Vacuum. Bon, faut dire, je croyais que c’était Kauan qui était programmé, encore quelques jours avant le festival, rien à voir du coup. Acus Vacuum, c’est le genre de groupe qui peut très vite s’apprécier en live, à condition de ne pas être allergique aux cornemuses. Fans de Corvus Corax, foncez ! On y retrouve cette constante de titres très binaires, au rythme mid-tempo peu changeant, percussions simples mais marquées, permettant simplement aux cornemuses de s’intercaler et de proposer mélodies en chœur ou en question-réponse… Quelque chose de très simple en réalité, mais de très efficace aussi. Pour compenser le manque de dynamisme du groupe sur scène, l’absence de chant, ou encore le choix de rester dans des schémas bien connus de ce style musical, une danseuse vient donner des étoiles à nos yeux. Il s’agissait de la merveilleuse Azora, professeure et danseuse de tribal fusion pour l’école et la compagnie Adivassi, en Belgique. Ondulations de corps, fanveils (éventails de voile) et jeux de jupe ont donc été acclamés par le public, pour avoir donné vie et joie sur scène à la musique d’Acus Vacuum, qui s’y prête tout à fait.
 

Setlist Acus Vacuum :
Intro
Draconis
Sansonette
Bransle de Michaut
GOT
Barbraton
Ordene Oro
In Taberna
Dulcima
Platterspiel
Rota Infernalis


Malepeste
Odin Stage
15:35

Hugo : La météo ne laissait pas présager les meilleures conditions de live pour les Français de Malepeste. Mais, contre toute attente, le concert fut dantesque ! L'installation d'abord, assez remarquable, qui nous plonge directement dans l'ambiance. Ensuite, la prestation était tout simplement intense et cohérente, tant sur la mise en scène que sur le plan musical. Pas de kitsch au programme, mais une véritable "messe noire" qui ne s'arrêtera pas plus de quarante minute durant, pour peu qu'on se laisse emporter. Le chanteur s'imposera vraiment comme un prêcheur totalement possédé par sa tâche, enchaînant "spoken words" face à la foule et hurlements déchirés, à genoux sur la scène. Et, comble du bonheur, j'ai eu l'impression que le vent soufflait plus fort quand le rythme s'intensifiait.
Je n'en attendais rien, et Malepeste fut la première de mes (nombreuses) vraies bonnes surprises de ce festival. J'ai donc plus que jamais hâte de revoir le groupe en salle ! 

Dolorès : Changement d’ambiance avec Malepeste, rangez les cornemuses et ressortez votre noirceur. Le pauvre groupe de chez nous s’était fait entraîner dans les polémiques récentes contre toute attente et sans autre raison que l’ignorance pure, mais ça ne les a pas empêchés de nous en mettre plein les oreilles avec un set plus que pro, sortant leurs tripes sur scène. Puisque j’ai suivi leurs actualités un bon moment, je dois avouer que ça fait plaisir de les voir fouler cette scène, sans aucune honte ou prétention à avoir. Malepeste est devenu grand ! Moi qui les avais vus à la Scène Michelet à Nantes, petite salle remplie par quelques curieux au milieu de l’encens, on peut dire qu’une étape a été franchie.
Niveau prestation, je dois avouer que j’ai été clairement absorbée. Ne connaissant pas les titres de leur sortie la plus récente, je n’ai pas forcément tout reconnu, mais le point fort était indéniablement la qualité du son à ce moment-là. Selon moi (c’est-à-dire que je ne peux juger que ce que j’ai été voir sur ces trois jours et en fonction de mes placements dans la foule), elle n’a pas été égalée une seule fois dans le weekend pour un groupe de Black. A peine éloignée des premiers rangs, pas de bouchons d’oreilles nécessaires, je dis oui. En plus de cela, le groupe ne manque pas de charisme et de dynamisme (au niveau d’un groupe de Black du genre, hein), ce qui en a fait une prestation sans faute, bien que je n’aie pu assister qu’aux ¾ du concert.

Schifeul : On commence le vendredi avec les français de Malepeste qui entament leur set par une cérémonie ritualisée avec diffuseur à encens, rythmique au tambour donnée par des musiciens dissimulés sous de larges capuches. Bon, par contre, le coup de la loop pour le chant sur cette intro me remémore un peu trop quelques soirées à la con. Mais une fois la messe terminée, on a le droit à un pur concert de black metal froid et captivant, délivré par un chanteur possédé. on se laisse facilement engouffrer dans la musique de Malepeste, malgré le soleil qui tape. On a clairement ici un groupe à voir dans l’intimité d’une salle obscure. A voir dans des conditions adéquates, sachant que même dans ces conditions, nous avons eu un des nombreux très bons concerts du fest.

S. : Changement brutal d’ambiance avec l’enchaînement quasi immédiat de Malepeste à côté. Au Folk Metal entraînant et jovial se succède le Black Metal occulte des Lyonnais, que j’ai vu d’innombrables fois ces dernières années, mais toujours sur de petites scènes. J’étais curieux de voir ce que pouvait donner les morceaux du quintet sur un festival, en plein milieu d’après-midi qui plus est. Malepeste est en effet une formation typiquement taillée pour des rituels dans de petites salles comme la Clé de Voûte de Saint-Etienne, afin que tout le côté occulte se développe. Habituellement composé de quatre personnes (plus un guest, Herjan, prêtant main forte de temps en temps sur quelques morceaux), Malepeste va jouer à 5 ici, le guest en question restant sur l’ensemble du set pour apporter de la consistance aux compositions. Si le côté festival open-air, la chaleur et le soleil estompent sacrément l’ambiance ritualistique habituellement développée par les musiciens, il faut tout de même reconnaître que Malepeste s’en est plutôt bien tiré, grâce à un son très correct et à un bon équilibre des balances.

 

Setlist Malepeste :
Intro (ritual of negation) 
Waiting For 
Cosmic Crypt 
Serpent's Glory 
Disciples of the Sun 
Metaphysical Delirium

 


Naer Mataron
Thor Stage
16:20

Hugo : On enchaîne directement avec le concert des Grecs de Naer Mataron, dont je ne connais que très peu la discographie. Ce qui est sûr, c'est que le groupe délaissera totalement son côté BM froid contre un Black/Death typé qui ne me ravit que très peu. Le chanteur growle sur des morceaux de 4 minutes, certes intenses, mais très répétitifs qui auront raison de moi. Les titres sont assez formatés, et ont quasiment tous la même rythmique et le même solo, faisant apparaître très rapidement une lassitude grandissante. Tant pis ! Je pars donc m'acheter le dernier album de Varsovie au Metalmarket, ce qui me ravit beaucoup plus. 

Nostalmaniac : Comme vous avez pu le lire dans notre sélection, le combo grec fait partie de mes grosses attentes du festival. D'une part pour les premiers albums que j'adore et d'autre part pour la rareté de leurs concerts. Sauf que... je suis perplexe quand le lineup s'affiche au complet sur scène et qu'on aperçoit que le sulfureux frontman Kaiadas n'est pas là. J'apprendrai plus tard qu'il est resté au pays, mais j'avoue que pendant les premiers morceaux, j'ai sérieusement eu un doute par rapport au groupe devant moi. C'est donc Dimitris "Talos" Christopoulos - qui n'a pas du tout la même carrure et les cheveux longs - qui le remplace derrière le micro (il officiait déjà comme guitariste). Alors si j'ai eu du mal à reconnaître aussi, c'est que leur setlist va - malheureusement pour moi - piocher dans les derniers albums, surtout Ζήτω ο θάνατος (2012) que je connais très peu. Je dois dire qu'à l'écoute du set je n'ai pas vraiment envie de m'y intéresser plus. Les racines Black sont toujours omniprésentes, mais on retrouve également un fort côté Death Metal sur les rythmiques. Quelques passages font mouche, mais la lassitude me gagne assez vite. Ce n'est pas mauvais, mais scéniquement très plat. Il ne se passe rien. Il y a bien les morceaux de Praetorians (2008) - surtout "Death cast a shadow over you" - qui me font bouger la nuque mais sans plus. J'aurais tellement voulu des vieux titres comme "Faethon" ou "Iketis" mais ce ne sera pas cette après-midi. Les Grecs ont délivré un set correct sans fioritures, mais sans éclat non plus. Dommage.

Schifeul : Bouh ! Encore un groupe de vilains pas beaux parce que le bassiste appartient au parti politique Aube Dorée ! Perso, j’avais hâte de voir le bonhomme car vu comment il te met les journalistes au garde à vous en conférence de presse, y avait grave moyen qu’il mette une chaude ambiance sur scène, genre s’il demande de faire “hey hey” avec les poings, ça ne sera suivi que par seulement 5 pèlerins dans les premiers rangs pendant 10 secondes. Bha première déception, le gazier n’est pas présent sur scène. Deuxième déception, bah c’est pas ouf non plus. Les passages black sont généralement rondement menés, mais quand ça commence à rouler sur le death, le résultat devient rapidement un peu plus pénible et on commence facilement à s’ennuyer. Dommage.

 



Setlist Naer Mataron:
Apocalypse of the ancient one
Sleepless beings
I am lucifer, messenger of your death
Goat Worship
Faceless wrath of oblivion
Parade into centuries
Sol invictus
Death cast a shadow over you
The cult of doom and dagger


Stille Volk
Odin Stage
17:10

Shawn : Fer de lance du genre en France, un festival pagan sans Stille Volk était inconcevable. Et force est de constater que 22 ans après la création du groupe, les Tarbais n’ont jamais été aussi bons. Leurs titres mêlant vieux français et occitan ont toujours eu un côté minéral, profondément tellurique. Car c’est bien aux forces de la nature que semble adressé chaque hymne. L’ambiance de sabbat est permanente tel autant d’hommages à la terre. Les morceaux « Banquet » et « Danse de la Corne » en sont par ailleurs de très bons exemples, offrant un cadre festif et intimiste à cette célébration.

S. : Après la furie destructrice de Naer Mataron, on change radicalement de sujet avec les Français de Stille Volk. Le quatuor propose une musique folk assez détachée de ce qu’on a l’habitude d’entendre, dans le sens où il n’est pas question de mélodies joyeuses et faciles. Leurs compositions s’avèrent en effet très intimistes et spirituelles, avec un côté ritualistique et rustique assez prononcé. C’est beau et envoûtant. Très intéressant.

 

 


Belenos
Thor Stage
18:00

Hugo : Tout comme Himinbjorg la veille, Belenos est un groupe vétéran de notre scène Black Metal, en témoigne le nombre non négligeable d'adeptes du combo dans la foule. Aucun habillage scénique, ce qui n'empêchera pas aux Français de donner une prestation intense et guerrière, et ce malgré un son imparfait. Là aussi, l'alternance entre moments contemplatifs et plus brutes s'adapte très bien au live. Le groupe nous gratifiera même d'un extrait de son prochain album (qu'ils jouent en fait depuis quelques temps), et force est de constater que ce fut sûrement le meilleur morceau du set. De mon côté, je ne pouvais espérer meilleure mise en bouche pour Ereb Altor...

Schifeul : Je me presse devant la Thor Stage pour aller pousser des hooohooo devant Belenos qui va nous sortir un très bon concert sous le soleil de Ragnard. La bande à Loîc se met rapidos le public dans sa poche avec des titres tels que Fureur Celtique qui va faire remuer un pit, plutôt calme jusque là durant le fest. Il va même un peu trop le secouer car alors que l’intro de Morfondu retentit, on voit encore quelques mariolles s’adonner au pogo… attendez au moins 30 secondes que le morceau parte les mecs! Comme depuis quelques temps, Belenos va nous jouer un titre de son album à venir en septembre, toujours chanté en breton, avant de terminer son set sur un Terre de Brume toujours aussi puissant.

 

Setlist Belenos:
Aspedenn
Hollved hirisus
Terre de brume
Fureur celtique 
An usved (?)
Morfondu+Intro
L'antre noir 

 

 


Les Compagnons du Gras Jambon
Heim Stage
18:00

Shawn : Retour sur la Heim Stage pour Les Compagnons du Gras Jambon, grands habitués des évènements du genre (Cernunnos Pagan Fest, …). Comme de coutume sur cette scène, du pur folk sans la moindre trace de metal. Contrairement à Acus Vacuum, le groupe est très porté sur le chant. En effet, la joyeuse compagnie concentre l’essentiel ses titres sur un jeu de questions-réponses entre le groupe et le public, comme souvent dans les morceaux folk. Le groupe mène la danse, et le public répond dans la foulée tel un écho. Très scénique et discutant beaucoup entre les titres, le combo ne tarde pas à s’attirer la sympathie du public qui se prête rapidement au jeu. Ainsi, le point d’orgue de leur set sera sans nul doute Ræven, Rotten & Grisen, titre inspiré du folklore danois et parlant d’une balade entre un renard, un rat et un cochon dans les bois. La chorégraphie qui l’accompagne, exécutée par la quasi-totalité du public vaut son pesant d’or (c’est par ici !). Enfin, la reprise de J’aime la Galette, Savez-vous Comment finira de convaincre les derniers récalcitrants en narrant une histoire de chevalier parti à la cueillette de champignons pour l’omelette du soir et tombant sur des trolls ! 

Dolorès : Sans parler de prestation scénique ou de musique, ce concert était une belle preuve qu’on n’avait pas uniquement un public habitué des festivals Metal présent, mais aussi une bonne partie de gens plutôt habitués des fêtes médiévales et affiliées. En effet, des gens qui connaissaient les paroles du groupe, ce n’est pas ce qui manquait ! Ce qui n’était pas pour déplaire au groupe qui semblait rempli de joie d’avoir un public si réactif et connaisseur, dominant en majorité les simples curieux. Comme à leur habitude, les musiciens mêlent instruments traditionnels (nyckelharpa, bouzouki…), chants, gestuelles, humour et blabla sans temps mort. On retrouve les tubes présents sur leur dernier album (« Bonsoir Maître de Maison », « Ecce Mundi Gaudium », les fameuses « In Taberna » ou « Herr Mannelig »…) ainsi que d’autres morceaux plus anecdotiques. Ils n’étaient, cette fois-ci, pas accompagnés de leur danseuse, moi qui avais hâte de revoir les belles ondulations presque magiques de la jongle de Buggen sur « Poc Vecem ». Ce morceau, mon favori, m’a d’ailleurs été un peu gâché par le public, dont une bonne partie a passé l’intégralité du set à se comporter comme en concert de metal (headbang, pogo, hurlements de mecs bourrés qui ne savent même pas « danser » en rythme…). Le groupe proposant principalement de la chanson grivoise, on peut leur pardonner, mais sur un titre comme « Poc Vecem » ou d’autres beaucoup plus portés sur les émotions et les sentiments, difficile de faire abstraction de ces comportements.

 

 


Ereb Altor
Odin Stage
18:50

Dolorès : Pas une énorme fan du groupe mais je dois avouer que je leur ai toujours trouvé une bonne crédibilité en tant que groupe presque-Black, presque-épique, presque-viking. J’étais donc curieuse voir ça sur scène, et sans avoir été transportée, il est indéniable que leurs riffs prennent une belle puissance en live. Je ne connaissais pas leur reprise de Bathory (« A Fine Day To Die ») que j’ai trouvé très agréable sans être incroyablement originale. Bon, c’est pas difficile d’en faire un truc bien rentre-dedans vu le morceau de base aussi. C’est un sentiment que j’ai eu sur l’ensemble de leur performance : ça tient la route, c’est bon, mais pas transcendant.

Nostalmaniac : L'ingé son strikes again ! Et oui, malheureusement, il faut déjà se rappeler que ce problème persiste et il va cette fois entacher la performance des Suédois de Ereb Altor qui ne sont pas pour autant déstabilisés et démontrent une belle énergie sur scène tout au long des neufs morceaux proposés ce soir. Rayon setlist justement, elle est plutôt équilibrée (vieilles et nouvelles compositions s'alternent plutôt bien) avec en plus une bonne reprise du "A fine day to die" de Bathory. Inévitable... Par contre, est-ce un bon jour pour apprécier le Black Viking biberonné à Bathory du combo, clairement non. Un concert pas non plus désagréable mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Hugo : Le groupe fait clairement partie de ceux découverts sur le tard, et étant assez fan de l'œuvre de Bathory, je ne pouvais que me rendre avec entrain devant l'Odin Stage pour assister à ce concert. Au niveau du jeu de scène, rien à redire. Les trois guitaristes ont tous une présence assez excellente, comme s'ils ne déléguaient aucunement le rôle de frontman à un seul membre. Je pense notamment à ces passages où des chœurs majestueux seront interprétés par tous trois, et ce avec une justesse assez incroyable. Mais là ou ça pêche, c'est bien dans ce son absolument négligé pour les premiers rangs ! Les leads guitare sont sacrifiés, boules quies ou pas, et les voix très injustement perdues dans le mix ! Ne connaissant aucun des morceaux par cœur, il devient très difficile de me plonger dans la musique, tant la basse et la batterie boufferont la totalité des titres. Et ne parlons pas de la reprise de Bathory ! Elle qui avait le pouvoir de rendre le public fou devient au final méconnaissable... Tout était réunit pour que ça marche, mais non. Espérons dorénavant que le groupe repassera en France prochainement, et dans de meilleures conditions...

S. : Ah Ereb Altor, voici probablement l’un des groupes que j’attends le plus durant ce fest’, tant leurs compositions me parlent, un Viking Black aux influences Doom par moment. Les Suédois sont pour moi les plus dignes héritiers de Bathory, dont ils ont d’ailleurs fait un tribute album (Blot · Ilt · Taut), sorti en début d’année. Mais quelle désillusion dès les premières secondes, non pas à cause des musiciens, mais de l’ingé’ son qui a littéralement massacré le set des Scandinaves, du fait d’un niveau sonore bien trop fort, surtout au niveau des basses complétement exagérées dans la saturation. L’équilibre des balances laissait également à désirer, parfois on n’entendait même pas la voix du leader…
Je me suis donc assis sur le confort d’écoute en essayant de faire abstraction de tout cela pour me focaliser sur les titres. Et sur ce point, le quatuor ne m’a pas déçu, en sortant les classiques, joués avec passion et conviction. Cerise sur le gâteau, mon morceau favori a été interprété, « By honour », issu du premier album qui m’avait fait découvrir Ereb Altor à l’époque et que je ne lâche plus depuis. Tellement d’émotions…
Malgré tout, j’en ressors avec un sentiment mi-figue mi-raisin, celui de s’être fait flouer par ce sabotage en régie. Vous n’imaginez même pas ma mine déconfite et mon écœurement à la sortie du set…

 

Setlist Ereb Altor:
The Son of Vindsvalr
Midsommarblot
Nattramn 
Fire meets Ice  
Gathering of Witches
By Honour
A fine day to die (Bathory cover)
Nifelheim 
Myrding

 


Skyforger
Thor Stage
19:55

S. : N’ayant pu résister à l’appel du ventre et de m’enfiler un délicieux sandwich au diot du stand « spécialités savoyardes » (d’une entreprise bordelaise, soit-dit en passant), je rate le début de Skyforger. La fatigue et la digestion aidant, j’avoue avoir eu besoin de déconnecter le cerveau pour ne me concentrer que sur les prises de photos. Les quelques instants où j’ai porté une oreille attentive à la musique des Lettons, j’en suis venu à la conclusion du fameux « bien mais sans plus » (propos d’une grande utilité vous en conviendrez).

 

 


Celtibeerian
Heim Stage
20:30

Shawn : Exception à la règle, voici sur la Heim Stage un groupe de folk … metal ! Celtibeerian nous vient tout droit de Castille au centre de l’Espagne. Issu de la scène folk metal des années 2010, le groupe n'a, comme beaucoup de groupes de cette époque, rien de bien novateur. Trois albums à son actif, dont le dernier opus sorti en janvier, certes, mais rien de foncièrement nouveau. Ainsi, on retrouve quelques influences d’un Eluveitie qui n’aurait pas encore pris son tournant death-melo ou du Korpik’ des débuts. La fougue est là, et les musiciens qui s’expriment à la fois en espagnol, en français et en anglais donnent de leur personne pour faire bouger le public, qui leur mangera dans la main. Notons la bonne prestance et l’aisance scénique de Maria, la toute nouvelle guitariste du groupe. En bref, Celtibeerian, ça n’était pas original pour un sou, mais bien exécuté. Du moins mieux qu’une chiée de groupes de la même vague.

 

Setlist Celtibeerian :
Keltorevolution 
Unbury the horn
Praise to the Vineyard
Fields of Celtiberia
Under Lug's sight
Kladimoi
An dro
Win another battle
This simple life
Blood of a Guiltless Town
The Great feast
The boobs song
Rock out (Motörhead Cover)

 


Cruachan
Odin Stage
21:00

S. : Cruachan…hmm, ce nom me disait vaguement quelque chose, peut-être avais-je posé une oreille sur leurs travaux par le passé, mais manifestement je n’avais pas accroché. Ce soir, l’histoire va se répéter et me donner raison. Déjà, le son est toujours trop fort sur la Odin (ça devient pénible à force), cela n’aide pas. Ensuite, leurs compositions sont passées par une oreille et sont aussitôt ressorties par l’autre, dans le sens où je n’ai strictement rien retenu de leur set, si ce n’est le kilt des musiciens. Une sorte de Primordial avec des violons (amis de la caricature bonjour), mais en beaucoup moins bien. Du coup, je patiente jusqu’à ce que tout cela se termine.

 

Setlist Cruachan :
The Sea Queen of Connaught
Pagan Hate / Brian Boru
Born for War (The Rise of Brian Boru)
To Invoke the Horned God
Prophecy
Marching song of Feach MacHugh
Pagan
Blood for the Blood God
Ride On
The Morrigan's Call / I Am Warrior

 


Belphegor
Thor Stage
22:05

Shawn : Ouh que j’ai mal … Où est passé le Belphegor que j’ai connu … On ne va pas y aller par quatre chemins ni se perdre en métaphore. Belphegor nous a livré un show à la fois cliché et mou. Le fait n’est pas nouveau et tout concorde à affirmer que la lourde opération chirurgicale de Helmuth (chant/guitare) n’a pas été sans séquelles. En effet, depuis, sa voix n’a plus aucune puissance. Sur album, ce point s’était clairement ressenti sur Conjuring The Dead en 2014, mais sur scène, c’est de pire en pire. Entre les pieds de micro faussement macabres à base de crânes en plastique qui tiennent avec du vieux scotch, et la voix d’Helmuth complètement à la ramasse, le choc est violent. Le bougre semble essoufflé dès le deuxième titre et c’est surtout entre les titres que la faiblesse de sa voix se révèle. Belphegor se meurt à petit feu, et c’est bien triste. Il serait d’une grande noblesse qu’Helmuth reconnaisse sa propre déchéance et laisse le micro à quelqu’un d’autre, quitte à continuer de garder la main sur la composition et les lignes de guitare. Idée à creuser …

Hugo : Skyforger et Cruachan ne m'intéressant pas, j'essaye de me motiver à aller voir Belphegor dont je ne suis pas spécialement fan. Mais, première surprise, c'est cet habillage qui recouvre absolument toute la scène ! Tout le monde s'attend donc à un show ultra-millimétré, et on ne sera pas déçus. Le jeu des musiciens comme des lumières ont été assez remarquables ! Alors certes, Helmuth a une voix très monochrome (depuis qu'il aurait chopé le typhus ?) et les morceaux sont assez "typés", mais le tout reste super pro. De plus, les quelques interludes permettent vraiment de tisser une ambiance plaisante et prenante. L'heure et quart de concert passe au final très rapidement, et malgré mes craintes, le groupe ne fait aucunement tache au milieu de l'affiche. Ce "break Black Metal" est même carrément le bienvenu car finalement, c'était un peu le concert dont on avait besoin pour se replonger dans l'ambiance.

Schifeul : Retour sur du black bien vénère avec Belphegor qui va nous délivrer un set assez moyen. Je n’ai jamais été un gros fan des Autrichiens, mais ils avaient l’avantage d’avoir sorti quelques titres à même de nous flageller la gueule comme il se doit. Seulement la prestation de ce soir, sans être totalement moue du genou, manque d’un petit truc et le concert tourne rapidement en rond ! Dommage, surtout que je ne pense pas que l’on puisse totalement accuser la santé d’Helmuth, j’avais pu voir le groupe à Lille bien après son machin choppé au poumon. Du coup au bout de quelques titres on s’ennuie et on se rabat vite sur l’attraction du concert : un intermittent en toile de bure en train de galérer à ouvrir et fermer son encensoir.

S. : Voilà un groupe que je n’écoute pas spécialement sur album, à part quelques titres ci et là. Mais j’étais curieux de les voir, bien que ce ne soit pas spécialement viking. Sans doute une volonté des organisateurs de faire se produire un grand nom de la scène metal extrême pour attirer un public plus large, et pas seulement pour les amateurs de pagan/folk. En tout état de cause, je m’attendais à me faire violer sauvagement les oreilles, mais pas à ce point ! Les Autrichiens ont littéralement mis le feu sur la Thor, grâce notamment à un batteur transformé en artilleur de la seconde guerre mondiale, affligeant des assauts sans discontinuer sur ses fûts. Les musiciens devant lui ne sont pas en reste, avec une présence et un jeu de scène bien rodés. Le vocaliste Helmuth dispose d’un charisme hallucinant, avec son regard possédé et son phrasé qui pue le soufre. Au niveau des décors, on n’est pas déçu du voyage : backdrop XXL, fumigènes « volcaniques », ossements…L’atmosphère est ultra malsaine et pesante. Niveau composition, les individus ont fait une démonstration d’une violence sauvage, mais millimétrée. Juste impressionnant.

S 

 


Faun
Odin Stage
23:20

Dolorès : Que dire, si ce n’est qu’il s’agissait de la plus belle prestation du weekend ? Tête d'affiche un peu oubliée de la programmation, car non-Metal, Faun est tout de même un pilier dans le monde du Pagan / Folk, avec presque 20 ans d'existence. On ne peut pas dire que mon avis soit biaisé, j’ai beau connaître par cœur les quatre premiers albums, j’ai lâché ensuite après « Eden », trouvant que le groupe s’était tout simplement mis à la Pop Folk bien commerciale après le départ de la chanteuse Lisa Pawelke et leur signature avec de très gros labels. C’est avec plein d’a priori et de doutes que je me retrouve devant la scène, en sachant pertinemment qu’ils joueront quelques vieux classiques, vite rattrapés par les tubes récents du groupe. A ma plus grande surprise, Faun est véritablement un grand groupe de live. Olivier et Fiona mènent la danse avec une virtuosité et une maîtrise que je leur pensais désertée depuis longtemps. Les titres récents passent très bien l’épreuve du live, entraînants, faisant chanter le public (« Iduna », « Hymn To Pan », ou « Walpurgisnacht » que je déteste pourtant en studio).

Ce sont les vieux titres qui m’ont réellement transportée. Je ne m’attendais pas à tous ces arrangements sur « Iyansa », un titre qui ne m’a jamais vraiment retournée et qui prend vraiment une autre envergure à travers les effets de crescendo, et ces intensités mises en scène, donnant une idée de transe et de quelque chose d’irréel. « Andro » reste un indémodable dansant, une bonne entrée en matière, il aurait suffi d’un petit « Egil Saga » dans la setlist pour revenir aux sources. J’ai aussi espéré qu’ils jouent « Ne Aludj El », sans doute mon titre favori, présent sur quelques setlists de ces dernières années, mais malheureusement non. Ils jouent néanmoins « Wind & Geige » et l’ultra-dynamique « Rhiannon » en clôture, sans doute plus faciles à placer dans la setlist que d’autres titres anciens, car on n’en remarque aucun du premier album ou de Totem ce soir. Là où j’ai été encore plus surprise, cela a été sur « Pearl », un morceau merveilleux (un des rares encore présents après le quatrième album), où la chanteuse lyrique est mise en valeur. Moi qui n’apprécie pas forcément sa voix tant que ça, les arrangements du titre pour le live et son chant plus que parfait s’élevant sur les percussions et les arpèges, çà et là, ont créé un moment de sincère et pure beauté.

Je m’attendais à être déçue pour ne pas trop l’être finalement, et j’ai vécu un moment très fort. J’aurais quand même dû me déplacer trois fois dans le public pour trouver un coin où les gens comprennent qu’un groupe qui ne joue pas du Metal et qui n’a donc pas le même volume n’autorise pas à discuter (ou beugler, plutôt) avec tous tes potes, gâchant le concert aux fans à tes côtés. Merci Faun et merci le RRF, peut-être dix ans que j’attendais de voir le groupe de mon adolescence en concert, et je m’en souviendrai. Je prends vos paroles finales pour des promesses, et espérons qu’on vous revoie en France bientôt.

Hugo : Comment finir la soirée sur un meilleur concert que celui de Faun ? Les mots me manquent, tant la magie était présente. En bref, une transe où le temps n'existe plus, où nous évoluons dans un monde imaginaire et magique, en ne faisant qu'un avec la musique. Les musiciens apparaissent incroyablement généreux, et (presque) tout le monde danse et chante sans s'arrêter un instant. Que dire de plus ? Une véritable expérience live, fantastique. C'est guidé par les notes du dernier morceau que je me rends au camping, le sourire aux lèvres. Bravo.

S. : Changement radical d’ambiance. On laisse la violence de Belphegor et on pénètre dans l’univers féérique et plein de douceur des Allemands de Faun, qui vont nous jouer un pagan folk assez intimiste, chaleureux et prenant. Les six musiciens font état de tout leur talent en proposant une grande variété dans les instruments joués ce soir. Un show frais et dépaysant qui me rappelle beaucoup l’esprit et l’atmosphère du set de Wardruna l’année dernière…hors du temps. Une très belle conclusion pour cette journée de vendredi.

 

Setlist Faun :
Andro
Wind & Geige
Alba
Iyansa
Walpurgisnacht
Pearl
Drehleier Intro
Blaue Stunde
Zeitgeist
Rhiannon
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Hymn to Pan

Nostalmaniac : Faun a clos brillamment une fort belle journée où le site de Simandre-sur-Suran a été plutôt bien arrosé de soleil alors que Météo France nous annonçait des orages parfois violents. Peut-être était-ce pour nous prévenir de la déferlante autrichienne Belphegor à la précision millimétrée ? En tout cas, nous avons hâte d'être au deuxième jour avec l'espoir naïf que l'ingé son (les ?) maitrise enfin les choses. Je regretterai aussi le fait que le site du fest se vide très vite et qu'il n'y ai pas vraiment d'alternative si on ne veut pas se coucher tout de suite (un after sous tente ?). Mais bon, on pense au programme du jour suivant avec Graveland, Forteresse, Moonsorrow, Khors et The Moon & the Nightspirit...

Lire le report du warm-up ici.

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Crédits :
Textes par l'équipe Horns Up.
Photos par Sylvain Clapot et Baptistin Pradeau, équipe Horns Up.

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