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lundi 18 avril 2016 - S.

Korpiklaani + Moonsorrow @Lyon

CCO - Lyon

S.

Un souffle du Nord s’abat sur la contrée rhodanienne ce lundi soir, avec la venue des Finlandais de Moonsorrow et Korpiklaani dans la capitale des Gaules, dans le cadre de leur tournée européenne durant tout le mois d’avril. Pas moins de huit dates françaises sont programmées, à Sélestat, Paris, Bordeaux, Limoges, Brest, Rennes, Metz et donc Lyon, l’avant-dernière d’entre elles. L’affluence en ce premier jour de la semaine est au rendez-vous, puisque c’est à guichets fermés que les portes s’ouvrent, avec une longue file d’attente remontant jusque dans la rue Georges Courteline.

Il faut dire que pour ma part, l’affiche proposée est très, très contrastée avec un groupe que j’admire et le second que j’exècre. Et quand j’apprends que ma formation fétiche tient le rôle de première partie seulement, j’ai comme un vieux goût d’amertume. Bref, profitons.

Moonsorrow

Je me souviens avoir raté l’occasion de voir les Finlandais il y a…neuf ans (!) à Annecy, du coup c’est la première fois que je les vois se produire, et d’ailleurs pas la dernière puisqu’en juillet ils seront au Ragnard Rock. Depuis leur premier album « Suden Uni » en 2001 je suis leur parcours musical, qui n’a que rarement montré des signes de faiblesse, avec leur Viking Black Metal unique, aux longs morceaux dépassant souvent les dix minutes. Ils viennent d’ailleurs de sortir leur nouvel opus « Jumalten aika » qui, bien que non indispensable, fait le job comme on dit. Le quintet est venu nous interpréter ce soir huit titres, dont trois extraits de leur dernière cuvée.

Dès les premières secondes, leur style fait mouche avec les mélodies épiques de Jumalten Aika et son atmosphère scandinave qui va perdurer tout au long des quatre-vingt-dix minutes qui leur sont accordées. Le choix de la setlist est particulièrement intéressant, en allant piocher ci et là ce qu’ils ont fait de meilleur dans leur répertoire comme l’atmosphérique « Jotunheim », le conquérant « Sankaritarina », ou leurs plus anciens titres comme « Ukkosenjumalan poika », davantage rentre-dedans avec ces quelques passages de blast. Mis à part le batteur et le claviériste, statiques de par leur poste, les trois individus au-devant de la scène assurent le spectacle en occupant bien l’espace, avec un charisme serein et affichent manifestement leur plaisir d’être là ce soir. Plaisir partagé par l’assemblée qui, à la différence de moi, semble surtout être venue pour le groupe suivant. Alors quand Jonne Järvelä, vocaliste de Korpiklaani, vient pousser la chansonnette quelques secondes avec Moonsorrow, forcément c’est l’effervescence. L’ambiance guerrière délivrée par les scandinaves va susciter quelques pogos dans le public, mais sans commune mesure avec ce qu’il se passera par la suite.

Quoiqu’il en soit, Moonsorrow m’a foutu une sacrée claque ce soir, envoûté par leurs compositions percutantes et captivantes, le tout souligné par un beau jeu de lumière et une bonne qualité sonore, comme bien souvent dans cette salle. Vivement juillet prochain !

 

Setlist :
Jumalten aika
Raunioilla
Suden tunti
Jotunheim
Ruttolehto incl. Päivättömän päivän kansa
Ukkosenjumalan poika
Ihmisen aika (Kumarrus pimeyteen)
Sankaritarina

 

Korpiklaani

Voici venu le moment de me faire détester par toute la fan-base qui s’apprête à lire ces quelques lignes. Korpiklaani est, en compagnie d’Eluveitie, probablement le groupe mainstream que je déteste le plus dans la scène folk, la faute à leur musique de fête du village et de chansons à boire version metal, mon négativisme chronique m’empêche d’être réceptif à tout ce genre de musique festive. « Subir » est alors bien le mot approprié pour décrire ma sensation tout au long du show. C’est donc à grand coup de pouet-pouet tagada tsouin-tsouin que les six musiciens vont envoyer la sauce, avec des morceaux assez courts, mais nombreux, devant un public complètement survolté. En cela, je reconnais volontiers le professionnalisme et le talent que ces Finlandais ont pour agiter la foule et susciter l’euphorie de l’assemblée. D’ailleurs, j’avoue avoir eu quelques difficultés à me stabiliser au premier rang pour shooter les premiers titres, tellement il y avait du mouvement dans la fosse, c’est la règle du jeu cela dit. Mais une fois sorti de la région tourmentée, j’assiste avec une certaine lassitude à leur représentation, c’est fade, convenu, répétitif et au final profondément chiant.

Hornsup c tro D intolérents :((

Bah non désolé, je ne suis résolument pas ici pour faire dans la complaisance et l’objectivité. Je me suis ennuyé pendant ces 4 heures de set (ah, non, on me signale que c’était juste 1h30, bah vindieu que ce fut interminable). Néanmoins on ne pourra pas dire que je fus déçu, puisque je n'en attendais rien ! M’en vais retourner écouter les Temnozor, Windir et autres vieux Finntroll.

 

Setlist :
Viinamäen mies
Journey Man
Pilli on pajusta tehty
Kantaiso
Lempo
Ämmänhauta
Erämaan Ärjyt
Ruumiinmultaa
Petoeläimen kuola
Sumussa hämärän aamun
Vaarinpolkka
Rauta
Kipumylly
Metsämies
Kultanainen
Minä näin vedessä neidon
Palovana
Sahti
Karhunkaatolaulu
Kylästä keväinen kehto
Vodka
Wooden Pints
Beer Beer

 

Revivez le concert avec 7 vidéos enregistrées, à découvrir ci-dessous :

Comme si le calvaire n’était pas suffisant, voilà qu’une fois le concert terminé, le public est curieusement confiné dans le hall d’accueil. Apparemment, des fouilles sont mises en place à la sortie, des vols de nombreux téléphones portables ont été signalés aux organisateurs, qui ne sont manifestement pas décidés à laisser passer cela. Je prends mon mal en patience, tandis que certain(e)s professionnel(les) de l’indignation commencent à taper leur scandale. Au bout d’un moment, le filtrage cesse. Les organisateurs nous apprendront plus tard que 6 objets ont mystérieusement été déposés sur les escaliers menant à l’étage et restitués à leur propriétaire. Chacun peut désormais rentrer chez soi.

Merci à Sounds Like Hell pour cet événement. Pour ma part, Moonsorrow a fait ma soirée.

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