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samedi 16 avril 2016 - Panzerbrume

Thundering Brest #1 - Korpiklaani / Moonsorrow / Belenos

La Carène - Brest

Panzerbrume

Du War Black Atmosphérique ? C'est possible

Hier soir, à La Carène de Brest, se tenait la première édition du « Thundering Brest », organisé par l'association Echoes of West Horns.

Au programme, la cinquième date française de la tournée Finnish Folk Metal Mafia. Après un passage par l'est et le sud de la France, ainsi qu'une excursion par Paris, les Finlandais de Moonsorrow et de Korpiklaani s'aventurent en terre bretonne. Et c'est en compagnie des Bretons de Belenos que les Nordiques viennent nous présenter leurs derniers titres en date !

   

 

Le concert à Brest est la seule date de la tournée incluant une première partie, et pas des moindres ! S'il y a un groupe Français de Black / Pagan à retenir, c'est bien Belenos ! Après trois démos et cinq full-lengths produits ces vingt dernières années, le groupe annonce un sixième opus (allez, septième, la nouvelle version de Errances Oniriques mérite de compter) pour la rentrée 2016 : Kornôg.

C'est le tout premier passage du groupe à Brest, pourtant basé aux alentours de Tréguier. J'ai déjà eu par trois fois l'occasion de les voir rater (conflit en festival, bloqué dans la file d'attente…), c'est donc avec joie que je vais enfin assister à mon premier concert complet, bien que court (première partie oblige) de Belenos !

Quatre morceaux seulement, donc, pour les Bretons. Le groupe ouvre le concert avec Tal Infern, et son intro tranquille qui laisse soudainement place à toute la puissance que peut offrir Belenos. La scène est déjà préparée pour Moonsorrow, avec un gigantesque backdrop et des bois de cerf ornant le micro central. En son centre, on trouve donc le frontman et compositeur de Belenos, Loïc Cellier, accompagné d'autres têtes connues, maintenant membres fixes du groupe. En particulier, Yohann Mahé, que j'ai pu connaître à l'époque où il jouait avec Anticorpse, et Marc Le Gall, batteur pour Vindland, excellent groupe de Paimpol aux relents assumés de Windir, qui reprend enfin du service en 2016 !

Mais je m'égare, revenons-en au concert. Le frontman annonce Terre de Brume, morceau lui aussi tiré de Spicilège. De ce que je vois / entends, pas mal de gens autour de moi découvrent Belenos avec ce concert, et il semble que l'avis soit unanimement favorable ! Il faut dire que les musiciens sont vraiment carrés, et les compos ultra bien travaillées. Le son de La Carène est aussi assez propre, malgré une batterie bien trop amplifiée qui couvre un peu trop les guitares à mon goût.

Après un timide bonjour à mi-set, le tapping d'intro de Morfondu se fait entendre, et c'est sur ce morceau que s'achève la partie connue du show. En effet, avant de partir, le groupe tient à nous présenter une des nouvelles compos à paraître sur le prochain album, Vers l'Au-Delà (enfin, en Breton, mais c'est au delà – no pun intended – de ma compréhension). Du coup, que vaut cet aperçu du prochain album ? Visiblement, il laisse toujours la part belle aux chœurs et aux riffs épiques, notamment le riff de fin qui déboîte absolument ! Quelques transitions assez louches entre les riffs par contre, qui font un peu perdre le fil du morceau, mais dans l'ensemble, le Belenos nouveau s'annonce tout aussi excellent que les précédents !

Bon, comme je m'apprête à râler, et que je ne veux pas que vous pensiez que c'est gratuit, je vais d'abord vous parler de mon amour pour Moonsorrow. Clairement, c'est l'un des groupes que j'adulais le plus dans mes premières années au sein de la scène Metal en général. Kivenkantaja était (et est toujours) un album magique, Voimasta Ja Kunniasta me laisse encore sur le cul à chaque écoute, Verisäkeet contient entre autres Jotunheim, mon morceau préféré du groupe, et je pense de la scène Pagan toute entière, et lorsque un an ou deux plus tard V: Hävitetty est arrivé, je n'ai écouté que ça pendant des mois !

Ma première expérience live était au Hellfest 2012. Enorme branlée. Juste parfait. Setlist au poil, super présence sur scène, et un final sur le Jotunheim que j'aime tant ! Rebelotte l'année suivante au Vagos Open Air, avec une setlist différente mais vraiment sympa (Sankatarina, Kuolleiden Maa…). Pas au niveau du Hellfest, mais bien cool quand même. Encore un an plus tard, au Metaldays, c'est le drame… Les compos me semblent molles, comme ralenties. Cette espèce de folie, de passion dans le chant, si présente sur album et lors des concerts précédents, semble avoir disparu.

C'est donc dans un état d'esprit assez particulier que je m'approche de la scène pour revoir les cinq Finlandais, tiraillé entre mon amour pour cette atmosphère si puissante et sombre sur album, et ma dernière expérience en live, qui m'a laissé un goût un peu trop amer. Enfin bon, le dernier album du groupe, Jumalten Aika, sorti ce 1er avril 2016, est une véritable tuerie ! Ça devrait bien se passer !

C'est donc sur l'intro de Jumalten Aika, morceau d'ouverture de l'album éponyme, que les musiciens arrivent sur scène. Hélas, toujours des problèmes de son comme pour Belenos. La batterie couvre absolument tout pendant les quelques premières minutes du morceau. Ça s'améliore un peu par la suite et, sans arriver à un son parfait non plus, c'est suffisant pour distinguer tous les instruments. En tous cas, le riff principal du morceau et les chœurs qui s'y greffent sont vraiment bien foutus ! Les musiciens semblent bien motivés : Mitja Harvilahti monte sur l'estrade à l'arrière pour jouer, alors que Janne Perttilä vient nous montrer son jeu en avant de la scène.

Au delà du jeu de scène, les musiciens sont vraiment carrés (ceux de Korpiklaani sont plutôt ronds, haha !). Pas une seule note à côté, ça fait plaisir à entendre ! Par contre, le son de batterie, beaucoup trop artificiel à mon goût, ramollit un peu l'ensemble.

Bon ben ça semble globalement bien tout ça, alors pourquoi j'ai dit que je râlerais ? Un seul nom : Ville Sorvali, bassiste et frontman du groupe. Niveau basse, pas grand-chose à redire, le gars fait bien son boulot. Par contre, niveau chant… bordel, mais comment on peut faire des trucs aussi bons sur album et être aussi plat en live ??? Elle est où la variété de chant ? Ils sont où les cris complètement fous si caractéristiques de Moonsorrow ? Et n'allez pas me faire croire qu'il n'y arrive plus, il y a tout ce qu'il faut sur le dernier album ! J'ai honnêtement cru que c'était un chanteur de session à un moment, tellement j'ai trouvé ça aberrant… Je suis vraiment désolé (plutôt attristé) d'insister autant sur un point qui est peut-être un détail du concert pour d'autres, mais ça m'a honnêtement gâché une bonne partie du show :/

Enfin bon, revenons-en au show. La setlist est vraiment cool par contre. Bien évidemment, le dernier album est très représenté, avec entre autres Ruttolehto incl. Päivättömän Päivän Kansa, sur lequel s'invite Jonne Järvelä (chanteur de Korpiklaani), Ihmisen Aika (Kumarrus Pimeyteen) et bien évidemment Suden Tunti, morceau pour lequel le groupe a récemment réalisé une vidéo. Mais aussi plein de classiques, avec entre autres le retour de Jotunheim dans la setlist (hélas d'une platitude désespérante, pour 19 minutes de purge) et une fin de set conviviale sur Sankatarina ! A noter aussi Ukkosenjumalan Poika, tout premier morceau du tout premier album. J'ai beau insister sur le côté mou de la prestation des Finlandais, ils étaient clairement contents de la rejouer, et la seconde partie de set était globalement meilleure que la première !

Au final, je suis assez déçu par le concert. Non pas que c'était réellement mauvais, la setlist était vraiment bonne, les guitaristes particulièrement impliqués, les parties chœurs très propres (mention spéciale pour Janne Perttilä) et les musiciens carrés, mais j'attends plus de Moonsorrow. L'absence de ces élans au chant m'a vraiment fait mal au cœur, et les applaudissements continuels du public pas calés sur le rythme à chaque transition calme, ainsi que les « A poil ! » à répétition, je n'ai même pas besoin de vous expliquer ce que j'en pense… Bref, pas le pire concert de Moonsorrow non plus, mais le groupe est capable de bien meilleur que ça !

Je préfère être honnête, Korpiklaani n'est pas vraiment ma tasse de thé (ou plutôt de café, le thé n'étant pas non plus ma tasse de thé). J'y vais donc un peu à reculons, mais tout de même empli d'une certaine curiosité. Après tout, le public était amusant à regarder pour Trollfest au Motocultor, donc avec des titres comme Tequila, Vodka, Beer Beer ou Let's Drink, ça peut donner lieu à des situations cocasses (comme un chanteur qui disparaît pendant deux morceaux pour d'obscures raisons éthyliques #Trabendo).

Trop occupé à débriefer le concert de Moonsorrow à l'extérieur de la salle, je rate le début du concert et arrive après une dizaine minutes de show, pour trouver un public bien différent des concerts précédents. Si pour Belenos et Moonsorrow, les gens étaient relativement statiques, ou headbanguaient (ça se conjugue, ce mot ?) dans leurs coins, là c'est plutôt la foire dans la fosse. Ça se bouscule gentiment au rythme des compos, sous l’œil avisé d'un Jarkko Aaltonen aux airs de Gimli en kilt avec une seule chaussette.

Visiblement, Jonne Järvelä n'a pas recommencé ses conneries de la date parisienne, et bouge partout en faisant de nombreux mouvements des bras et en tournant dans tous les sens. Pas de guitare pour lui, par contre. Kalle Savijärvi est donc seul guitariste sur une scène relativement peuplée. En effet, six musiciens, ça commence à faire du monde. Une septième personne (inconnue au bataillon) s'invite aussi sur Beer Beer en fin de set pour jouer du tom basse.

Les morceaux s'enchaînent assez vite, pour que l'ambiance ne retombe pas, mais je trouve que ça s'essouffle un peu quand même. Après pas loin d'une heure de set, les morceaux attendus par le public (Wooden Pints, Vodka, Beer Beer…) n'arrivent pas, et quelques personnes autour de moi commencent à se lasser. D'autant qu'un morceau assez typé Stoner (wut ?), plus lent, arrive en milieu de set, et que le violoniste se voit contraint de disparaître tout un morceau pour réparer son archet dont des crins ont sauté.

Bien évidemment, les compos connues finissent par arriver, mais je pense que les répartir un peu plus aurait été plus sympa que de toutes les tasser en fin de set. Le groupe enchaîne donc A Man With a Plan et Wooden Pints, avant de quitter la scène sans dire quoi que ce soit. Allez, c'est bon, arrêtez de faire vos rock stars avec vos rappels programmés à l'avance. Merde quoi, si le concert a plu, les gens vous rappelleront, pas besoin de scénariser le truc ! Un peu d'authenticité ! Oh tiens, ils reviennent… Surprise ! Oh, mais c'est Vodka et Beer Beer en plus ! Wow, la chance !

Bon, Korpiklaani, ce n'est pas mon truc en live non plus. La répartition des morceaux phares du groupe aurait pu être un peu meilleure à mon avis (prenez exemple sur Moonsorrow !) et je n'aime pas du tout les faux rappels. Par contre, c'est un groupe pour faire la fête, et les gens ont fait la fête. Du coup, ça fait bien son boulot !

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Même si j'ai un peu râlé sur Moonsorrow (je vous aime quand même) c'était quand même un concert bien cool ! Pour une première date, l'asso Echoes of West Horns a vraiment bien géré son coup, en proposant une affiche homogène assez grosse, et en réussissant à y greffer Belenos en bonus vraiment sympathique !

Pour la suite, la tournée (sans Belenos) passe ce soir à Rennes. Resteront ensuite deux dates françaises : le 18 à Lyon, et le 19 à Metz !