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Album

05/04/16 - Cook

Deftones

Gore

LabelWarner Bros. Records
styleDeftones
formatAlbum
paysEtats-Unis
sortieavril 2016
La note de
Cook
8/10


Cook

Hardcore // Sludge // Doom // Stoner // Crossover // Black Breath.

Un nouvel album de Deftones c'est encore mieux que Noël, que Pâques, que toutes les fêtes religieuses et païennes réunies, c'est le retour du groupe qui prouve depuis une vingtaine d'années que le numetal n'est pas qu'un effet de mode passager.

Gore, c'est ainsi que se nomme cet étrange album, doté d'un artwork pour le moins atypique, même si les gars de Sacramento ne sont pas connus pour leurs magnifiques pochettes, celle-ci remporte pour moi la palme de la cover la plus moche de 2016.

Après tout, ce n'est pas les visuels qui nous intéressent ici, bien que certaines cover soient suffisamment bien travaillées et représentatives d'un album pour s'y attarder quelque peu, faisons fi des flamants roses bien groupés et faisons tourner cette galette tant attendue.

Quatre longues années après un Koi No Yokan des plus réussi, le jugement en était encore plus critique, l'écoute encore plus hallucinée et je dois dire que j'ai pris un immense plaisir à m'enfiler les onze titres que constituent cet album.



Tout au long des cinquante minutes une atmosphère suit son cours, véritable fil rouge pour l'auditeur, les titres s’enchaînant à merveille et se répondant presque les uns les autres toujours avec la voix majestueuse de Chino Moreno, on pourrait penser à la première écoute que nous avons à faire ici à une sortie classique de ce groupe, pouvant être une suite logique à leur précédents efforts. Et pourtant.

Oui, et pourtant, sur Gore, les compositions ont d'autres intentions, dégagent des émotions nouvelles, nous transportant dans d'autres horizons, encore jamais explorés par Deftones. Cet album nous propose une montée constante d'adrénaline, dopée par des riffs cataclysmiques, comme par exemple ce très lourd Doomed User ou encore le final du titre éponyme Gore, véritable déclaration d'amour au doom contemporain, avant de revenir à un calme éphémère. 

Les minutes défilent et encore une fois, la magie opère, nous offrant des titres fabuleux. Cette fois-ci, les musiciens ont réellement cherché à se renouveler, à composer différemment et cela se ressent à l'écoute, tant au niveau de la prod, très léchée, que des différentes lignes instrumentales.

On ressent bien qu'ils sont enfin arrivés à l'âge de raison, que la tragédie ayant marqué le groupe les a fait s'assagir, proposant des titres très mélancoliques, pleins de nostalgie, on pourrait penser à un cri du cœur de cette bande bien connue, se débarrassant de ses anciens démons de façon plus poétique encore que sur Koi No Yokan.

Le point d'orgue de cet album viendra à la fin, avec ce qui sont pour moi les deux meilleurs titres de l'album, Phantom Bride et Rubicon qui se font suite de la plus parfaite des façons pour cloturer à la perfection Gore.

Ici, les guitares se font mélancoliques, la ligne de basse nous enveloppe et la voix encore une fois, touche juste, m'ayant fait avoir mes premiers frissons depuis un bon moment. Cette chanson est également un pari osé, puisque pour la première fois en 8 albums, c'est un solo de guitare, composé par Jerry Cantrell que vous connaissez pour son travail au sein d'Alice in Chains, qui vient sublimer la fin d'un morceau absolument magique, prenant par surprise, ce solo accompagné d'un riff lourd à souhait m'a bluffé. Clairement si vous avez aimé ce groupe depuis le début, et surtout depuis le virage mélo entamé depuis quasiment dix ans, vous adorerez ces deux morceaux.

Néanmoins, ce n'est pas un album parfait, beaucoup de titres défilent sans que l'on s'y attarde, je pense notamment à Geometric Headdress ou encore Xenon, Pittura Infamante... constituant pour moi une légère déception, ayant été habitué à ne jeter aucun titre sur les précédents albums.

En conclusion donc, ne vous attendez pas à écouter un équivalent au chef d'oeuvre White Pony, mais plutôt à un renouveau de Deftones, un nouveau pari osé et réussi qui promet des moments absolument dantesques en live, et qui accompagnera à merveille n'importe lequel de vos trajets. Si vous devez donc retenir les essentiels, foncez écouter Phantom Bride, Hearts/Wire et Doomed User qui sont pour moi les meilleures trouvailles de ce disque.

Tracklist:
Prayers/Triangles
Acid Hologram
Doomed User
Geometric Headdress
Hearts/Wires
Pittura Infamante
Xenon
(L)mirl
Gore
Phantom Bride
Rubicon

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