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lundi 30 novembre 2015 - Michael

Wolfheart + Swallow The Sun

Glazart - Paris

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

En ce 30 novembre 2015, le Glazart, salle haute en couleur du Nord parisien, accueillait une soirée placée sous le signe du death mélodique à tendance doom. Au programme, les italiens d’Adimiron, puis les finlandais de Wolfheart et de Swallow The Sun. Retour sur la soirée en textes et en images.

Adimiron :

C’est tout juste arrivé sur les lieux qu’Adimiron débute son set. Le groupe italien officie dans un genre proche du death progressif, avec ce qu'il faut de violence et de passages un peu rentre-dedans, régulièrement aérés de passages plus atmosphériques, progressifs. Les guitares demeurent assez mélodiques avec des leads venant créer un subtil équilibre avec la double pédale très présente et la voix agressive d'Andrea Spinelli.

En dépit de ces ingrédients qui semblent créer un cocktail intéressant, la prestation m’a plutôt laissé de marbre. Je n’ai pas retrouvé sur scène le plaisir à écouter les subtilités de certaines compositions du groupe, il est vrai non aidé par un son plutôt médiocre et un frontman tout sauf charismatique et dont la voix sans variations paraît limitée. On retiendra cependant des lignes de basse et de batterie plutôt agréables pour une première partie très rythmée.

Wolfheart :

La raison de ma venue ce soir. Le groupe mené de main de maître par l’impressionnant Tuomas Saukkonen ne cesse de nous enchanter avec sa musique froide, puissante, tantôt violente, tantôt lancinante. Winterborn, le premier album du groupe, m’avait laissé une excellente impression avec des titres fouillés et musicalement convaincants, prenant le meilleur du genre sans sombrer dans les lenteurs inhérentes au doom, qui ne me siéent guère, et sans suivre le chemin tracé par ses précédents groupes qui ne m’ont pas toujours convaincus. J’avais donc hâte de revoir le groupe (après le Summer Breeze 2014) pour également apprécier des titres du nouvel album sorti cet été. Et autant dire que je n’ai pas été déçu.

Malgré un son moyen qui aura mis du temps à s’installer correctement et à s’éclaircir, le public aura pu ce soir prendre la mesure de la puissance et de la justesse de ce groupe, qui oscille parfaitement entre des lignes mélodiques très efficaces et une atmosphère pesante. La musique est froide, sans concession, tout comme Tuomas qui, après près de 45 minutes de show sans relâchement et sans presque un mot pour le public parisien, quitte la semaine après les dernières notes de Routa pt. 2. Plus par pudeur que par effet de style, le groupe est finlandais par essence : froid, puissant, humble. Tout juste aurons-nous droit à un semi-sourire, lorsque le public pourtant présent en petit nombre, se fera attendre pour acclamer le groupe sur Routa Pt.2.

Le groupe nous aura offert les meilleurs titres de son premier opus (The Hunt, Routa pt.2 ou bien encore I), ainsi que quelques titres du nouvel album dont le « single » Aeon of Cold qui passe haut la main l’épreuve du live, ou bien encore Zero Gravity. Un son mieux défini aurait surement permis à la petite centaine de gens présents ce soir de mieux apprécier les subtilités de la musique du groupe, mais l'on demeure heureux d'avoir pu retrouver le groupe sur scène.

Tracklist :
The Hunt
Strength and Valour
Aeron of Cold
Karelia
I
Zero Gravity
Veri
Routa Pt. II

Swallow The Sun :

Après des balances relativement courtes, les finlandais de Swallow The Sun entrent sur scène. Fer-de-lance d’un mélodeath aux relents doom, le groupe va nous offrir plus d’une heure 30 d’un show froid, carré et donnant l’impression remarquable d’une immense distance avec son public tout en demeurant accessible. Mikko Kotamäki n’étant pas étranger à une telle sensation, lui qui se contente de quelques mots d’une voix grave et posée entre chaque morceau, sans même balayer la foule d’un regard.

Les musiciens quant à eux se donnent à fond. Le premier étant très sobre et efficace, le second étant beaucoup plus expressif, y allant de son petit headbanging et de petits déhanchés chaloupés. Le claviériste et le bassiste ne sont pas en reste, donnant du mouvement sur une scène pourtant très étroite pour 6 personnes, venant ainsi compenser l’immobilité de Mikko.

Musicalement, le groupe aura offert un show largement destiné à faire la promotion de son dernier album, Songs From The North I, II & III, avec pas moins de huit titres qui en sont extraits. N’étant ni un fervent du groupe, et encore moins un amoureux des tempos lancinants voire lents du doom metal, j’ai toutefois apprécié la prestation du groupe, parvenant à me faire entrer dans son univers glacial et mélancolique. Surtout, l’atmosphère que dégage le groupe vaut le détour, même si je n'ai pas toujours été convaincu par les mélodies ou par la voix claire un tantinet mielleuse par moments. Et l'on rejoint là le mal premier de la soirée, à savoir un son pas terrible qui n'aura pas permis d'apprécier les subtilités de la musique des groupes ce soir. Plutot ennuyeux quant on sait le soin que les groupes du genre apportent à leurs compositions.

Tracklist :
The Womb Of Winter
10 Silver Bullets
Rooms and Shadows
Hate, Lead the Way!
Cathedral Walls
Hope
Don't Fall Asleep (Horror Pt. 2)
Lost & Catatonic
Abandoned By The Light
Encore:
The Heart Of A Cold White Land
Pray For The Winds To Come
Autumn Fire
Descending Winters
Swallow (Horror Pt. 1).

Merci au Glazart et à Garmonbozia.

Photos