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mardi 6 octobre 2015

Annihilator + Harlott + Archer (Divan du Monde)

Divan du Monde - Paris

Lactance

M'est avis que les mois d'octobre et de novembre risquent de faire très mal au portefeuille des fans de Thrash parisiens avec au programme Slayer, Annihilator, Anthrax, Harlott, Dew Scented, Angelus Apatrida et Vektor entre autres. Et c'est en ce mardi 6 octobre que Annihilator accompagné de Harlott et Archer ouvrent le bal, débarquant le temps d'une soirée au Divan du Monde.

Entre nous j'avais pas pris une claque monumentale au Hellfest 2014 lorsque Waters et ses sbires étaient passés sur la Mainstage. D'ailleurs ça m'a tellement pas marqué que mes souvenirs restent assez vagues sur le sujet. Ça plus un nouvel album beaucoup moins marquant que Feast, autant dire que j'arrive un peu comme une fleur au Divan du Monde sans vraiment savoir à quoi m'attendre, mais en espérant sincèrement passer une bonne soirée quand même. Après tout, ça reste Annihilator...

Archer

Et ce sont les Californiens d'Archer qui mettent les premiers la main à la pâte. La batterie d'Annihilator a beau dévorer un bon morceau de la scène, rien ne semble pourtant arrêter le guitariste et frontman qui, sous ses airs hyper chill, se déplace à gauche à droite pour motiver un public déjà bien agglutiné en ce début de soirée. En un rien de temps les morceaux font leur petit effet grâce à un Heavy des familles vraiment pas avare en influences Hard Rock (petit côté Thin Lizzy, Uriah Heep et Budgie hyper cool et totalement la bienvenue). Rien de mieux finalement pour rentrer dans le bain.

Malgré quelques coupures de son sur la guitare au début du set, les passages plus mélodiques sont maniés avec grand soin tout comme ces full-beats bien fracasses sur les refrains du dernier opus (Culling The Weak). Mais il est déjà presque l'heure de quitter la scène lorsque Archer décide de rendre hommage aux padrés de la Thrash Bay Area, en bons Californiens qui se respectent. Ce soir c'est Megadeth qui est mis à l'honneur avec un cover de Tornado Of Souls du légendaire Rust In Peace, cover qui mettra un point d'honneur à un show vraiment agréable pour ma part, d'autant plus qu'aucune coupure de son ne sera fera entendre sur le solo (loué soit Friedman).

Harlott

Place ensuite à ceux qui risquent d'être les seuls Australiens de toute la soirée, enfin je me trompe peut-être. C'est que la salle commence à être méchamment blindée en tout cas lorsque débarquent les quatre mecs d'Harlott déjà bien motivés lors de leurs balances (quelques riffs d'Anthrax et un mini-Angel Of Deathlancés pour le fun). Venus défendre eux aussi leur nouvel album Proliferation sorti récemment (qui m'a un peu moins marqué que Origin perso), le set débute dans une atmosphère plus slayerienne, grosses lumières couleur rouge-sang à la clé laissant présager le pire. Mais bon curieusement il y a beau avoir plus de peuple, l'ambiance n'en est pas plus décuplée, nos quatre trublions restant un peu trop campés sur leur position à cause du manque de place.

Et pourtant Harlott castagne morceau après morceau, malgré des petits larsens bien chiants pendant une bonne partie du set, grâce à des titres plus expéditifs que ceux d'Archer comme Denature et Proliferation qui peuvent rappeler dans l'esprit Exodus ou Destruction. Le chanteur-guitariste principal se montre quant à lui implacable derrière son micro avec un débit frisant les vitesses de pointe de Steve Reynolds (Demolition Hammer) même lorsque le chanteur d'Archer a l'affront de le provoquer gentiment coincé du haut de son stand de merch – m'arrachant du même coup un sourire.

En tout cas je m'attendais à un peu plus de réactivité sur quelques titres au refrain bien fat comme Origin ou Means To An End avec sa basse bien lourde au début mais le pit reste plutôt stage (un peu trop violent pour les fans d'Annihilator peut-être ?). Les Aussies ont donc bien fait de se déplacer à Paris cet automne même s'ils auraient pu finalement déglinguer un peu plus la baraque en étant dans de meilleures conditions j'ai l'impression.

Annihilator

C'est donc après deux premières parties qui m'auront tenu en haleine que arrive à présent le tour des Canadiens. Et ma patience est encore un peu mise à l'épreuve dans ce véritable four qu'est devenue la salle. J'ai pas de montre sur moi mais j'ai en effet la curieuse impression que Annihilator se fait légèrement attendre (je me trompe peut-être). Bref, le public prend bon gré mal gré son mal en patience comme moi, puis les lumières s'éteignent enfin et l'intro commence sur... ♫ Here I am... Rock you like a hurricane ♫. Ah. Scorpions. Ok. Entrée en matière plutôt baroque à ce que je vois (non pas que je déteste Scorpions). Heureusement, King Of The Kill est là pour arracher tout sur son passage avec son intro incendiaire, ce qui est loin de déplaire au public content de reprendre en choeur le fameux «All hear my warning I'm king of the... Kill ! ».

Quant à moi je suis gai comme un pinson, en seulement une chanson Annihilator a l'air d'être au meilleur de sa forme et je suis vraiment content d'être aux abonnés présents. Mais ça dégénère très rapidement pour votre reporter qui a aussi chroniqué le dernier album du groupe plutôt moisi... Car nous avons le droit à trois putains de chansons de Suicide Society. D'affilée ! Mon dieu que ça tue l'ambiance en un rien de temps, surtout avec Snap et son refrain à la mords-moi-le-noeud. Bien sûr que je m'attendais à avoir des chansons du dernier album, mais j'aurais pensé qu'elles seraient un peu plus éparpillées que ça dans la setlist. Du coup je me fais chier pendant un bon gros quart d'heure, le temps de retrouver des morceaux plus convenables à me mettre sous la dent.

Bon je gueule mais le groupe aura torché les nouvelles tracks dès le départ ce qui permet ensuite de s'attaquer à l'essentiel (je me demande d'ailleurs si enchaîner trois titres dès le début n'est pas en quelque sorte un « déni d'accouchement » quant au dernier album, who nose ?). C'est donc sur la triplette bien tape-gueule No Way Out, Set The World On Fire et W.T.Y.D. que ça redevient intéressant, suivi de près par un Never, Neverland bien maîtrisé vocalement par Waters. D'ailleurs je dois dire que la voix de Waters ne m'a pas plus affolé que ça sur toute la durée du set bizarrement, ni même l'absence de Padden qui restait assez discret de toute façon en live. Tant mieux tu me diras.

Ça repart donc de plus belle avec un public plus motivé que jamais et ça se chamaille à nouveau dans le pit. Et même s'ils sont loin de faire partie de mes albums préférés, wallah que Tricks And Traps et Refresh The Demon claquent avec un son qui aura été plutôt fort tout le long de la soirée mais ultra-propre.

Après du côté de la scène ça reste plutôt correct dans l'ensemble. Jeff Waters et ses trois gamins, euh, ses trois musiciens de session donnent carrément l'impression d'être chez eux et se montrent hyper chaleureux même avec les gens sur le balcon pour dire. Mais en même temps Waters a la manie de se casser de la scène une fois chaque morceau terminé, un peu comme Abbath au Fall Of Summer, ce qui est un peu chiant à la longue. Mais bon tout ça est vite pardonné lorsque les premières notes de Chicken And Corn retentissent rafraîchissant du même coup l'ambiance avec son côté bon enfant à la Long Haired Asshole (Nuclear Assault).

Mais il ne fallait évidemment pas compter sur Annihilator pour finir le show sur une note aussi badine et triviale. On embraye donc dans la dernière partie du set sur un pot-pourri de Never, Neverland qui fait bien plaiz' avec Kraf Dinner et Reduced To Ash,complété juste après par le démentiel Phantasmagoria et ses riffs d'anthologie. Comme d'hab' l'intemporel Alison Hell termine le set et même si on l'a tous écouté un bon millier de fois, les premières notes à la basse ont raison de chacun d'entre nous.

Par contre pas de rappel prévu pour ce soir, le combo devant apparemment rusher pour se rendre à Bilbao le lendemain. Dommage je me serais bien tapé un petit Wicked Mystic ou un petit Human Insecticide en plus du gros menu best of auquel on aura eu le droit ce soir. Malgré un début un peu frustrant, c'est donc plutôt convaincu que je repars du Divan du Monde alors que je ne m'attendais pas forcément à me réconcilier avec les Canadiens. Plutôt cool donc.