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vendredi 4 septembre 2015 - Team Horns Up

Fall Of Summer - Jour 1

Base de loisirs de Vaires-Torcy - Torcy

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Dolorès : C'est après une première édition réussie qu'on se retrouve à nouveau à Torcy, près de Paris, en ce premier weekend de septembre pour une seconde édition. Encore une fois, l'organisation du festival frappe très fort avec une affiche qui dépasse les espérances d'un grand nombre d'entre nous. Du fameux Abbath aux très rares Sabbat, on se retrouve avec 28 groupes répartis sur deux jours et deux scènes.

Cette année, le site change peu, et on retrouve avec joie ses nombreux avantages. Entre autres, on a toujours les pieds dans le sable devant la Blackwater Stage, une colline où se poser pour voir les concerts avec une vue et un son parfaits... Seul élément réellement différent de l'an passé dans l'agencement du site, il s'agit de la taille et l'orientation de la Sanctuary Stage qui permettent un meilleur passage des festivaliers, toujours une bonne vision depuis la colline et une "petite scène" qui n'est plus si petite que ça en fin de compte.

Parmi les autres modifications à noter, on remarque notamment l'ajout d'un second camping à l'ancien, avec un grand bar (et un plus grand choix de boissons) et beaucoup de trous dans le sol qui auront valu de belles chutes ! Si le bar du camping passe toujours de la musique jusqu'à assez tard, on note l'ajout sur le site d'une petite scène au niveau de l'entrée pour laisser place aux DJs après la fin des concerts, plus tôt cette année (minuit au lieu de 3h) pour éviter les nuisances sonores tard dans la nuit.

Les points positifs restent les mêmes et nous feront revenir : le cadre unique du festival, la qualité de l'affiche et des prestations, la possibilité de boire et manger des choses diverses bien que le prix soit parfois un peu abusif (notamment les verres d'Edelweiss et d'hypocras). A noter que cette année nous n'étions pas envahis par les moustiques mais par les guêpes... Les points négatifs sont malheureusement, selon moi, plus nombreux que l'an passé. Comme souvent en festival, le manque de toilettes à peu près convenables sur le camping s'est fait ressentir. Il semblerait aussi qu'il y ait eu quelques soucis et imprévus au stand de nourriture, ce qui laissait peu de choix le dernier soir et une attente interminable à partir du vendredi soir. Le second point négatif selon moi est la sécurité au niveau des fouilles pour entrer sur le festival et à l'entrée du camping. Pas le droit d'entrer sur le site avec sa propre bouteille d'eau (c'est clair qu'on a tous les moyens de payer plusieurs fois 50cl à 1 jeton, soit 1,25 € histoire de s'hydrater convenablement au fil des concerts). Pas le droit non plus d'y emmener de la nourriture. Pour certaines personnes qui ont tendance à faire des malaises en festival à cause de la fatigue et d'autres paramètres, ne pas pouvoir s'abreuver ni prendre une barre de céréales, c'est assez dangereux. De manière plus générale, donc au camping également, se permettre certaines familiarités avec des festivalières n'est pas tout à fait rassurant.

Passés ces points, une bonne partie de l'équipe de Horns Up était présente afin d'assister à ces deux journées de concerts : on vous en parle.

 

Barabbas
Blackwater Stage
12:30 > 13:10

Dolorès : Nous sommes sans doute nombreux à avoir découvert de manière plus approfondie le groupe Barabbas lors de l'annonce de leur passage au festival. Les "apôtres", comme ils semblent aimer se présenter, sont du coin et promettent une ouverture forte en originalité. A la limite entre Doom Trad et Doom/Stoner, le groupe joue à fond sur les clichés en invitant le public à entrer dans son délire christique. Je ne saurais dire si le domaine religieux est plus prononcé chez eux que chez tous les autres groupes qui prennent le même type d'univers ou si c'est simplement la langue française qui rend la chose plus présente à nos yeux (et nos oreilles). En tout cas, on retrouve un frontman à la voix rauque et à l'attitude tout à fait improbable et gigotante, micro en forme de croix à la main, nous hurler ce qui semble être déjà devenu des tubes pour certains de leurs titres ("En vérité, je vous le dis, Judas est une femme"). Le même qui viendra dans la fosse lors du dernier titre, bénir de je ne sais quel alcool les pêcheurs qui assistent à leur messe. Beaucoup sont restés indifférents face à leur prestation, reprochant souvent les textes en français comme étant la raison principale d'une réaction hermétique. Pour ma part, c'est un des points que j'apprécie le plus chez eux, puisque le chanteur a l'avantage de posséder une voix qui correspond plutôt bien à l'emploi de la langue française, et que ça rajoute une dose générale de kitsch à l'ensemble : autant y aller jusqu'au bout. En bref, une excellente surprise.

Putrid Offal
Sanctuary Stage
13:15 > 13:55

Sleap : Les Français de Putrid Offal ont beau avoir sorti leur premier album en début d'année, ils n'en sont pas à leur coup d'essai, loin de là. Il s'agit en effet d'un des vétérans de la scène Death Grind française, et leur reformation l'année dernière m'a agréablement surpris ! Et je suis d'autant plus étonné de voir que c'est le batteur de Dehuman qui est maintenant derrière les fûts. C'est d'ailleurs ce dernier qui va le plus accaparer mon attention durant le set (avec ses dreads, ses ray-bans, ses nombreuses grimaces et bien sur son jeu énergique). En revanche, le reste du groupe ne semble pas au meilleur de sa forme en ce début de journée. Les trois autres membres aux visages ensanglantés se déplacent souvent sur scène mais sans réellement ''y croire'' (en tout cas c'est mon impression). Le vocaliste n'a aucune difficulté à nous sortir des gargarismes Bill Steeriens au possible, mais a tout de même l'air assez blasé. Quelques timides remerciements et une présence scénique quasi-inexistante, dommage. Rien à redire niveau musical, le Carcass-worship des nordistes fonctionne à merveille avec moi (surtout avec le très bon son de cette Sanctuary Stage). On a droit à beaucoup de vieux titres comme Premature Necropsy, Purulent Cold, Mortuary Garlands, Orgasmic Excavation, From Plasma to Embalming ou Gurgling Prey (la plupart ré-enregistrés sur ce ''nouveau-premier'' album) mais également de nouveaux titres exclusifs comme Necrotic Mutilation ou Requiem for Corpse ! Tous assez courts, alternant plans ultra groovies bien suintants et passages blastés plus aggressifs, les morceaux de Putrid Offal ravissent la plupart des fans de GoreGrind présents. Bien que le show ne dégage pas de puissance particulière je suis tout de même satisfait de la performance des Français (pour leur première date au Pays depuis près de 20 ans) !

DM : Raaaaaah meeeeeeerde j'ai trop fait la teuf la veille et j'ai loupé Barabbas. C'est con parce que ce Doom kitsch et rocailleux me plait bien en studio, en revanche Big Up au festival qui nous laisse camper sous des arbres et donc pas se faire réveiller par la chaleur suffocante de la tente à 8h du matin. Et du coup j'arrive pour Putrid Offal, les revenants que j'avais déjà vus à l'OEF et qui m'avaient pas convaincu du tout. Et c'est à peu près pareil ici, c'est objectivement bien branlé et y'a du riff, mais j'ai rarement vu un groupe avec moins de charisme. Et ça sonne relativement mou, un comble pour du Death tendant sur le Grind bien copieux en blastouilles de toutes sortes. Bon, on attend le Loches en Grind voir si ça saura me convaincre cette fois...

Accuser
Blackwater Stage
14:00 > 14:45

Sleap : Je crois bien être le seul à me réjouir de la présence d'Accuser sur l'affiche tant 99% de mes potes n'en ont rien à carrer... Depuis les 80s, le groupe a n'a jamais eu la reconnaissance qu'il méritait (ou pas) et cela semble être toujours le cas au vu du peu de monde devant la scène aujourd'hui. Et même si je ne cache pas ma joie de voir les Allemands en live, je suis tout de même un peu inquiet tant leurs réalisations post-1991 me rebutent.
Et c'est malheureusement ce qui va composer la majeure partie de la setlist, à mon grand regret... Le groupe débute sur Rotting from Within et Repent (extraits de l'album du même nom) qui passent vraiment moins bien que dans mon souvenir. Frank Thoms a troqué sa voix éraillée initiale contre des vocaux pseudo-graves à la Phil Anselmo. Et le placement de son chant est en plus ultra ''ghetto'' (bon, c'est adapté aux riffs saccadés et rythmes ''Groove Metal'' que le groupe utilise maintenant, me direz-vous)... Et pour couronner le tout, les rares morceaux des premiers albums joués ce soir (comme Who Dominates Who ou Symbol of Hate) sont également gâchés par ces vocaux Panteresque totalement inadaptés. Je suis vraiment déçu de ce show. Les musiciens sont pourtant très heureux d'être là (pour l'un de leurs tout premiers concerts français en une trentaine d'années de carrière !) mais rien à faire, ce n'est plus le véritable Accuser que j'ai devant moi. J'attends tout de même Sadistic Terror (seul morceau du pourtant très bon Double Talk joué ce soir...) avant de quitter le concert.

Gama Bomb
Blackwater Stage
15:40 > 16:25

Dolorès : Je ne connaissais absolument pas le groupe, bien que j'en aie beaucoup entendu parler autour de moi. Je ne m'attendais sûrement pas à trouver un groupe de Thrash des plus originaux, au frontman à moitié en pyjama revêtir un débardeur rose de chat, jeté depuis la fosse, en plein concert, en portant son chant clair thrashy tout au long du set. En plus de mettre en scène des musiciens extrêmement drôles et charismatiques, tous les titres joués ont à la fois le dynamisme accrocheur attendu d'un groupe de Thrash lambda et la patte du groupe, tout sauf sérieux, complètement hors de toute prise de tête et ici pour s'amuser et permettre au public de s'amuser avant tout. On se prend vite au jeu à chanter avec eux ou rire de la prestation, même en pleine découverte, autant "OCP" que "We Respect You" ou "Smoke The Blow With Willem Dafoe". C'est aussi là que j'ai été surprise de voir un public assez mou à part certains gros fans. Un bon moment mais sans doute à revoir en salle avec une ambiance plus adaptée.

GazaG : Un des groupes qui m’a poussé à bouger mon cul jusqu’à Torcy. Le déplacement valait le coup. Le déjanté front-man Philly Byrne déboule, vétu d’un slim jaune du plus bel effet. Débordant d’énergie, il communique avec le public à grand coups de “hO yeH !” bien kitsch. Les autres musiciens sont plus en retrait, exécutant les riffs rapides et incisifs des morceaux. D’ailleurs, ça commence très fort avec Zombie Blood Nightmare, avant de taper principalement dans les deux meilleurs albums (selon moi) : Citizen Brain et Tales From The Grave In Space. On aura également le droit à un Hell Trucker du premier skeud (qui fête ses 10 piges cette année). En résumé : une setlist ultra efficace taillée pour la scène. Mention spéciale à Hammer Slammer avec ses couplets à 200 à l’heure et son refrain déjanté. Depuis la colline, le son est vraiment bon. Les solos et autres débilités du groupe sont parfaitement audibles. Au menu des numéros de cirque, on a le droit au T-shirt de chat envoyé depuis le public et porté par Philly, mais également un clin d’oeil à Snoop Dogg avec Smoke Weed Everyday. En bonus : un Wall of Death dans le sable où le public ne part même pas au bon moment. Gama Bomb s’appuie sur des compos très solides, support au second degré et à la crétinerie des Irlandais en live. Les guitares ont découpé des sourires sur les visages du public. On remet ça quand vous voulez.

Paul : Commence une journée placée sous le signe du fun pour moi, puisque le passage des groupes que j'attends vraiment est plutôt programmé pour le lendemain. Que dire du concert de Gama Bomb, à part qu'il constitue une agréable mise en bouche ? Le Speed/Thrash du groupe, avec ses thématiques pop culture à la con, divertit comme il se doit. Ça joue vite, ça joue carré et on ne voit pas le temps passer même si tous les morceaux se ressemblent. Le chanteur dégingandé a toujours le mot pour rire et parvient à chanter plus juste que sur album (prouesse à laquelle je ne connais personnellement aucun antécédent).

Grave
Sanctuary Stage
16:30 > 17:15

DM : LES PATRONS. Le groupe que j'attendais le plus de la journée, un de mes groupes préférés, forcément, voilà quoi. Et c'était pas mal, mais de loin le moins bon concert de Grave que j'ai vu de ma vie. Après voilà, un set moyen de Grave c'est toujours quand même une branlée dans la gueule, surtout au vu de la setlist en béton qu'ils nous ont envoyé (je regrette juste l'absence de "Deformed", qui a été troquée contre une surprenante "In Love" que je ne m'attendais pas du tout à voir ici et qui fait plaisir) parce que bon, même si c'est toujours la même chose, faut avouer que les derniers albums ont également bien de la gueule et que "Passion of the Weak" fait pas du tout tache aux côtés de "You'll Never See" et autres vieux titres éponymes obligatoires. Mais tout ça a été un peu entaché par quelques soucis de son (avec carrément une tête défaillante au premier morceau qui a généré une interruption gênante) et un déroulement quand même sacrément scolaire. Mais on va pas râler hein, parce que devant un Death Metal aussi pur, on peut que mettre un genou à terre. BIM.

Sleap : Ce doit être la 6ème fois que je vois Grave et, comme beaucoup de groupes, c'est toujours la même chose (dans le bon sens du terme) ! Donc je vais faire court : son assez bon (malgré quelques problèmes d'ampli en début de set), public totalement à fond (le premier gros mosh pit du festival), ouverture sur Christi(ns)anity, fermeture sur Into the Grave (avec du You'll never See... et du In Love par-ci par-là)... Bref, pas besoin d'épiloguer, une tuerie comme à l'accoutumée !  

Deströyer 666
Blackwater Stage
17:20 > 18:10

Sleap : Cela commence également à faire pas mal de fois que je vois la bande à K.K. Warslut en live, mais je suis toujours aussi excité à l'approche d'un de leurs concerts. Sans surprise là non plus, le son n'est pas au niveau (bien qu'il soit tout de même beaucoup plus acceptable que celui du Hellfest l'année passée...). Mais rien à faire, niveau sono, ce groupe est décidément maudit. Heureusement, on distingue tout de même les morceaux, et la voix de Warslut ressort très bien. Même si les autres membres du groupe ont encore changé, le frontman n'a toujours aucun mal à bien s'entourer. En effet, tous les musiciens ont une présence scénique et un charisme indéniables (notamment le bassiste, qui ressemble étrangement au frontman de Procession d'ailleurs). Je suis en revanche un peu déçu de la setlist. Un peu trop de morceaux de Cold Steel... (même si Sons of Perdition, Raped et Black City... passent toujours aussi bien) et plus de reprise de Black Magic à mon grand regret. Je ne pinaillerai pas sur l'absence de Eternal Glory of War ou Lonewolf Winter tant ces morceaux sont rares en live, mais dommage tout de même. Au delà de ça, je passe tout de même un énième bon concert de Deströyer 666 (qui reste une valeur sûre de la scène Black Thrash qu'on le veuille ou non) !

DM : Son de merde, ça ressemblait franchement à rien de là où j'étais. Donc bon, autant ce groupe défonce, autant je suis pas plus fan que ça, alors je mate "I Am the Wargod" et pis pause parce qu'il y a genre plein de choses à voir après.

GazaG : La dernière fois qu’il m’ait été donné la chance d’écouter Deströyer 666, c’était au Hellfest de l’année dernière, et c’était bien naze. Le son horrible n’avait laissé aucune chance aux Australiens. Alors forcément, quand on s’avance vers la Blackwater Stage, on est méfiant. Heureusement, les premiers riffs rassurent (les coups de marteau de Rise Of The Predator font office de mètre étalon), mais ça ne sera pas du son de qualité non plus, ho non. Heureusement que les plans black harponnent, avant de se faire secouer par les parties Thrash bien musclées. Le mix musical est une réussite qui peut enfin s’apprécier en live. Les zikos restent assez statiques, diffusant de la haine nerveusement. On visite plusieurs ambiances et émotions. Et puis I Am The Wargod quoi. Aucun souvenir de la réaction du public. J’était bien absorbé. Cette fin d’après-midi tient toutes ses attentes. A quand un son parfait ?

Angel Witch
Sanctuary Stage
18:15 > 19:05

DM :Youuuuu're an angel witch ! You're an angel WITCH !
...Bon okay ils ont joué d'autres morceaux et ça défonçait tout du long mais voilà. Rien que d'écrire ça je l'ai à nouveau en tête. Raaaaaah.

Dolorès : Un des shows que j'attendais avec le plus d'impatience ! En résumé, on peut dire que c'était très bon mais loin d'être extraordinaire ou la claque attendue. Le premier album est presque joué en entier, avec quelques implants tels que l'excellent "Dead Sea Scrolls" du dernier album. On n'a pas trop de soucis de cohérence de ce côté, les albums se complètent à merveille et le groupe assure à fond les plus récents comme les plus vieux titres, même au chant (ma plus grande crainte). Entre l'ouverture des plus directes sur "Gorgon", les appels à participation du public pour "White Witch", "Sorcerers", "Confused" ou bien évidemment "Angel Witch", on n'a pas de quoi être déçu. Ca reste tout de même un excellent moment de chanter en choeur tous ces morceaux presque cultes. Finalement, il suffira d'un petit quelque chose manquant, sans doute une perte de puissance lors du passage du studio à la scène sur les riffs les plus marquants, et un chanteur dont on aurait attendu une présence plus marquée, pour que la prestation ne soit pas la réussite qu'elle semblait le promettre sur le papier.

Sleap : C'est une première pour Angel Witch en ce qui me concerne, je ne sais donc pas du tout à quoi m'attendre. Ne connaissant véritablement que le culte premier full-length, je suis agréablement surpris de la setlist. Celle-ci se concentre principalement sur cet album éponyme et on a donc droit à la quasi-totalité des hymnes du combo anglais. C'est donc avec une grande joie que j'entonne les refrains de mes titres favoris comme White Witch, Atlantis ou Angel of Death avec une bonne partie de l'assemblée. Et pour mon plus grand plaisir, le groupe nous interprète également le terrible Baphomet (issu de la première démo) avant le final sur le classique absolu Angel Witch. Le gros défaut de ce show est par contre la voix de Kevin Heybourne. En effet, le frontman a aujourd'hui beaucoup de mal à monter aussi haut qu'auparavant, et beaucoup de passages s'en trouvent donc assez dénaturés. Ce manque de justesse vocale est heureusement compensé par une qualité d’exécution exemplaire au niveau des guitares (lead et rythmique) agrémentée d'un son des plus cristallins. C'est d'ailleurs l'un des meilleurs sons de gratte de tout le week-end selon moi. En dépit de la performance vocale plus que discutable de Heybourne, ce concert d'Angel Witch reste tout de même un excellent moment pour chanter en chœur de nombreux classiques du Heavy anglais avec tous les copains.  

Candlemass
Blackwater Stage
19:10 > 20:05

DM : Le groupe de la journée pour moi. L'incarnation de la classe. Avec un chanteur qui a l'air plus jeune que le groupe (alors qu'en vrai il a 50 balais et que c'est un habitué mais chut), nos rois du Doom ont balancé un set puissant, grandiose et théâtral au possible comme on l'attendait. En même temps, en ouvrant sur "Mirror Mirror" et en clôturant le tout sur "Solitude", il y a de quoi chialer. Le son était parfait, l’exécution exemplaire et maîtrisée, le show humble et religieux. Bonne surprise également que le groupe ne capitalise pas tout sur "Bewitched" et l'expédie en début de set avant d'enchaîner sur du lourd qui me donne bien envie de découvrir leur discographie complète, moi qui me cantonne jusque là aux classiques (cette baffe avec "Emperors of the Void", woh). Un petit "Crystal Ball" en plus aurait pas été de trop, mais bon, on va pas chipoter, meilleur concert de la journée et dans le Top 3 du festival pour moi, ça c'est fait.

Dolorès : Bon, c'était clairement LE concert que j'attendais avec une grande curiosité. Comme quasiment toute l'équipe, je suis une grande adoratrice de Candlemass mais j'ai beaucoup de mal à supporter voire même tolérer le chanteur actuel. C'est ainsi que les titres cultes ou moins cultes s'enchaînent avec un degré plus ou moins grand de respect du titre original. Bon, on ne peut pas leur enlever que l'entrée en matière sur la Marche Funèbre empruntée à Chopin a son petit effet majestueux. Néanmoins, "Mirror Mirror" et "Bewitched" s'enchaînent et on commence déjà à grincer des dents quant aux capacités vocales du frontman. Ce serait mentir de dire qu'il ne sait pas chanter, puisqu'il maîtrise tout à fait sa voix. C'est simplement, selon moi, qu'il n'a absolument pas sa place dans un groupe comme Candlemass. Autant pour apporter une touche nouvelle, si vous voulez, oui, mais puisque le public n'attend que les titres des trois premiers albums, entre autres, où les aigus sont les cerises sur le gâteau et que le Monsieur n'arrive en aucun cas à les atteindre... Bon, on se console à chanter en choeur "Under The Oak", "At The Gallows End" et le final sur "Solitude" où on se souvient que les musiciens sont parfaits de bout en bout. On en sort à la fois heureux, notamment moi qui n'avais jamais vu le groupe sur scène, et déçu de savoir que le groupe n'est clairement pas au top de ses capacités avec le chanteur actuel.

Paul : (Je préviens tout de suite : c'est la première fois que je les vois sur scène et que je me plonge dans leur musique, je ne dispose donc pas de point de comparaison passé pour juger de la qualité de la présente prestation). Celui qui me saute d'entrée de jeu aux yeux et aux oreilles est le chanteur à la voix en or, totalement habité par son propos. La performance de Candlemass, tout en sobriété, force le respect. Rien n'est surjoué, tout est très bien joué. Le public, réactif, se régale de ce concert hypnotisant qui, malgré la lenteur et le caractère monotone caractéristique des morceaux joués, est passé très rapidement. Le premier concert vraiment « pro » auquel j'assiste du festival, concert qui a mis tout le monde d'accord. J'en ressors fortement impressionné.

Sleap : Et on continue dans le chant fédérateur avec les très attendus Candlemass. Cette fois-ci, les chœurs du public se font plus graves et solennels mais tout aussi nombreux (voire plus) que pour Angel Witch. Le principal défaut est encore une fois le frontman (toujours aussi inadapté au groupe), mais fort heureusement, la ferveur des fans éclipse à nouveau cet aspect. Le bassiste et fondateur Leif Edling n'est toujours pas de la partie mais son nouveau remplaçant Per Wiberg se débrouille assez bien. Et comme au Brutal Assault, c'est la setlist qui met tout le monde d'accord. Tout comme le groupe précédent, les Suédois ont compris ce que le public attendait. Quel plaisir de reprendre en chœur Mirror Mirror, Bewitched, At the Gallows End et bien sur Solitude ! Loin de la claque du Brutal Assault, ce show de Candlemass reste assurément très bon (en espérant entendre Sorcerer's Pledge ou Demons Gate pour les prochaines fois) !

Asphyx
Sanctuary Stage
20:10 > 21:00

DM : Pfiou. On les avait vus venir ceux-là, mais rien à faire, cette boucherie. Seul groupe de Van Drunen que j'avais pas encore vu en live, ils sont venus et ont tout cassé. Gros Death/Doom arraché qui sait cogner et avec encore une fois une setlist comme on en voudrait plus souvent. Le son était très approximatif et pas assez fort en début de concert et du coup une tuerie comme "Vermin" jouée direct a pas eu autant d'impact qu'il n'en aurait fallu, mais dès que ça dégaine "Scorbutics" c'est bon, ça cogne et ça fout la raclée à tous les groupes de Death Old School, ou presque. On a du bien rapide avec le dernier titre éponyme en date toujours aussi efficace, tout comme du vieux avec les albums "The Rack" et "Last One On Earth" bien mis en avant avec respectivement 3 et 2 titres joués. Et puis cette voix, jamais on s'en lassera hein. Bref, exactement le show attendu, rien à rajouter, merci les mecs.

Dolorès : Ok, j'y connais rien en Death mais je sais qu'Asphyx ça bute déjà sur album et que ça a été ma grosse claque du festival contre toute attente. Sérieusement, Martin Van Drunen est toujours un frontman aussi excellent sur tous les points, avec des musiciens qui le portent vers le haut, et la setlist permettait de piocher le meilleur dans toute la discographie du groupe ("Vermin", "The Rack", "Scorbutics", "The Last One On Earth"...). Donc, je dis oui.

Sleap : Après cette session « lyrisme », retour au cassage de gueule avec les patrons du Death Metal hollandais. C'est déjà la 4ème fois en moins d'un an que j'ai l'occasion d'assister à un show d'Asphyx et c'est à chaque fois l'un des meilleurs moments du festival. Dès l'ouverture sur le terrible Vermin, on assiste à l'un des plus gros carnage du week-end dans la fosse. Asphyx est la preuve vivante que les rythmes « old school » (skank beat, d-beat, etc) sont de très loin les plus efficaces, en studio comme en live. Dès le moindre ''toukatouka'', on est pris d'une irrépressible envie de se briser la nuque et de tout casser (toukasser ?) autour de soi. Même si ce n'est pas Bob Bagchus, le batteur de Desaster assure toujours aussi bien derrière les fûts. Et en plus de cette rythmique en béton armé, les mythiques vocaux de Martin « Dutch Charles Aznavour » Van Drunen viennent donner un aspect encore plus bestial et primitif aux compos.
Toujours aucun changement dans la setlist, avec les morceaux les plus efficaces de toutes les périodes du groupe (de Wasteland of Terror à Deathhammer, en passant par Death... The Brutal Way ou Scorbutics), que de tueries ! Et les légendaires pièces finales The Rack / Last One on Earth clôturent évidemment ce set de la plus belle des manières avec leurs atmosphères lourdes, leurs paroles dramatiques et leurs ponctuels passages ravageurs. J'hésite encore avec le monstrueux concert du Brutal Assault, mais la prestation de ce soir figure certainement parmi les meilleures d'Asphyx qui m'aient été donné de voir. « Kneel, you dogs ! »

Destruction
Blackwater Stage
21:05 > 22:00

Paul : Seigneur, quel concert ! Je découvre sur scène, dans un déluge de décibels, une machine humaine derrière les fûts, ainsi qu'un leader à la présence et à la voix hors du commun, avec ses suraigus imprévisibles qui sortent à volonté, et qui de surcroît semble pouvoir chanter comme ça des heures durant. Même si l'on ne peut que déplorer le manque de guitare flagrant en début de set (bizarrement, c'est souvent le cas avec les power trio Thrash, on peut penser à la prestation quasi-inaudible de Sodom au Hellfest cet été...), ce défaut sonore a été corrigé vers la fin, ce qui a rendu le concert encore plus agréable à écouter (ce schéma s'est d'ailleurs répété à de nombreuses reprises au cours du festival). Ce concert de Destruction m'a valu ma première solide séance de headbanging du festival. Là où le Thrash bien bourrin du groupe rend sourd, les lumières, confiées à un technicien fou, aveuglent comme pas permis. En bref, un show à déconseiller aux épileptiques comme aux mélomanes délicats, tant la musique du groupe est too much sur tous les plans. Quand le panzer arrive en ville, c'est la marrade et la marave assurées. Un bon pain de sucre dans la gueule certifié « deutsche Qualität ».

GazaG : Parmi tous les vétérans du Thrash teuton, c’est Destruction qui fait la loi. Et on aura le droit ce soir au Fall Of Summer à un Bestial Invasion de haute volée. Ouais je commence par ce morceau en particulier car il décroche la médaille de meilleur titre Thrash de ces deux jours. Ce riff aussi coupant qu’un scalpel est tellement viscéral... On peut également souligner une Nailed To The Cross de haute volée, mais dans un autre registre. Nhan mais globalement la setlist est super old-school et ça me plaît beaucoup. Ces riffs-là ne prennent pas la poussière. Les Allemands sont bien motivés, la voix de Schimer est au top, alors que le groupe égraine modestement sa quatrième décénnie de carrière. Même pas mal. Le public répond super bien aux appels du groupe. Tient-on le concert Thrash en béton ? Malheureusement non : une basse un peu trop en avant, et une guitare parfois un peu noyée viennent ternir le tableau. Pas ‘rav, Destruction vient de montrer qui est le taulier. 

Sleap : Tout comme pour Sodom, la présence de Destruction sur une affiche me procure toujours une petite excitation. Même si les conditions sonores ou le contexte ne sont pas toujours adéquats, je passe à chaque fois un excellent moment.
Là encore, la recette ne change pas d'un iota, c'est Curse the Gods qui ouvre (toujours impeccablement) le set avec son riffing incisif et ses déraillements vocaux dans les aigus qui ont inspiré tant de formations à travers le monde. Même s'ils ne figurent certainement pas dans mes favoris, Thrash 'til Death et The Butcher Strikes Back (en clôture) voient toujours leur efficacité décuplée en live. Je suis en revanche moins tolérant en ce qui concerne les insipides Nailed to the Cross et Armageddonizer qui ne sont tout simplement pas des titres de Thrash Metal selon moi (gare à l'effet Kreator messieurs !). Heureusement, les Death Trap, Bestial Invasion, Mad Butcher ou Total Desaster annihilent complètement ces quelques ''faux pas'' de setlist.
Enfin, comme souvent, c'est le son qui est le principal défaut de ce concert. La basse de Schmier est bien trop présente par rapport au riffing si atypique de Sifringer. Les triggs de grosse caisse du nouveaux batteur ne sont pas aussi insupportables qu'auparavant mais sont également un peu trop avant. Cette dominante rythmique n'est certes pas des plus agréables, mais cela n'empêche pas les Allemands de mettre une bonne claque à l'assemblée. La formation ''power trio'' renforce le charisme des musiciens et la qualité d'exécution est toujours irréprochable. Je continue de le dire, même si je préfère légèrement Sodom, c'est Destruction qui assure le plus en live parmi les 4 grands teutons.

Mayhem
Sanctuary Stage 
22:05 > 23:00

DM : Normalement, Mayhem en live c'est tellement nul que je prévoyais même pas d'aller les voir. Je me ramène donc un peu avant la fin pour écouter en fond en allant chercher de la bouffe (en rupture à ce moment là, donc queue interminable pour deux chipos dans une barquette en plastoc, fantastique) et... Merde, c'était bien. Du coup j'ai pu mater les dix dernières minutes. Woh. Le son était parfait, ce qui pour du Mayhem mérite qu'on crée un nouveau jour férié, et du coup je me suis retrouvé comme un con devant du bon gros Black Metal massif, vilain et prompt à invoquer tout plein de machins pas gentils. Bon, ben du coup la prochaine fois qu'ils passent je ferai pas le con et je materai tout.

Dolorès : Je suis complètement hermétique à Mayhem mais j'étais curieuse de voir les fameux Norvégiens envahir la scène pour pouvoir réellement juger. En plus de ne pas accrocher à leurs titres, je reste dubitative devant leur dégaine (ok les têtes de cochon, j'étais au courant, mais l'attitude théâtrale d'Attila mi-convaincante mi-ridicule, je ne sais toujours pas quoi en penser). Je ne reste pas.

Sabbat
Blackwater Stage
23:05 > 00:00

DM : Des japonais en string cuir clouté qui jouent du Venom. Hé bien ma foi, pourquoi pas. J'ai regardé 4-5 morceaux, j'ai trouvé ça cool, mais bon, c'est pas mon genre de prédilection, du coup j'ai rigolé un bon coup puis je suis rentré, je laisse ma place aux vrais fans, mais Big Up quand même pour le fun du truc.

Dolorès : Il faut dire ce qui est, le son n'était pas au top (étrangement, j'ai souvent trouvé qu'il était meilleur dans le pit photo car plus puissant, alors qu'on a habituellement tendance à devenir sourd en y passant 2 minutes de sa vie). Mais entre leurs costumes, leur bonne humeur, leurs titres tous aussi incroyables les uns que les autres... On rentre facilement dedans et difficile d'en ressortir sans avoir levé le poing une cinquantaine de fois. De toute manière, entre "Black Metal Scythe", "Samurai Zombies" et "Satan Bless You", je suis personnellement comblée et ça termine ma soirée en beauté.

Paul : Aucun grand étendard n'a été déployé pour annoncer la tête d'affiche de ce premier soir. Juste une minuscule affichette d'un mètre carré environ collée à l'arrache sur la grande toile de fond aux couleurs du festival. Et pourtant, c'est un moment historique auquel les festivaliers assistent, puisque cette soirée marque le premier passage sur scène du groupe japonais en France, en plus de trente ans de carrière. Un visuel à l'image du groupe, avec ce côté DIY prononcé que personnellement je trouve irrésistible. Le groupe envoie des riffs ultra efficaces qui ont fait leurs preuves, dans le cadre d'un Thrash Metal tou-ka tou-ka décomplexé qui s'avère très convaincant et qui conquiert le public. Tout n'est pas carré, loin de là, mais c'est ce côté bancal en tout point qui confère un charme particulier à Sabbat. La bonne humeur communicative du leader Gezol, arborant fièrement comme à son habitude son string en cuir clouté fait main, y joue pour beaucoup. Sa vitalité débordante est la preuve, s'il en faut une, que le ridicule ne tue pas. Il a l'air très content d'être là, et se montre prodigue en matière de pas crabesques à la Abbath et autres poses estampillées Gene Simmons®. Il maltraite sa basse tout au long du spectacle (à tel point que la régie son la perd pendant une paire de minutes à cause d'un jack défectueux qui n'a pas supporté ses facéties) : il la frotte par terre, lui marche dessus, fornique avec elle d'une obscène manière, et finit par l'éclater au sol à la fin du show sous le regard ébahi du public. Sa dépouille sera d'ailleurs jetée en pâture aux chiens affamés encore debout dans la fosse en cette fin de soirée. Visuellement atypique et fun comme pas deux, ce show mémorable de Sabbat était parfait pour mettre un terme à ce Day 1 du festival.

Sleap : Et voilà la véritable exclusivité de ce premier jour (et même de tout le week-end, avec Razor) : la toute première date française du légendaire combo japonais ! Curiosité ou fanboyisme, il y a en tout cas beaucoup de monde devant la Blackwater Stage en cette fin de soirée, ça fait plaisir. Et lorsque Gezol et sa bande déboulent sur scène, on sent vraiment que ce plaisir est partagé.
Le bonhomme, toujours le sourire aux lèvres, communique beaucoup avec son accent japonais incompréhensible mais délicieusement authentique. Sa fameuse dégaine (chaines, bottes et string en cuir) et son jeu de scène si atypique (grimaces, mimiques obscènes, sprints, sauts, etc) en font l'un des meilleurs frontmen du week-end, c'est indiscutable !
La setlist est, comme escompté, assez variée. Alternant entre vieux titres cultes tels que Black Fire, Mion's Hill ou Evil Nations et morceaux plus récents mais ultra entrainants comme Black Metal Scythe ou Witch Hammers (morceau hommage à Witching Hour de Venom). Et contre toute attente, on a également droit à un featuring complètement improbable en milieu de set. En effet, c'est Okkulto de Desaster qui vient interpréter le classique absolu Darkness and Evil en guest vocals.
Malgré un son de basse encore une fois beaucoup trop fort (décidément...) ainsi qu'un public un peu neuneu par moments, ce show de Sabbat n'en reste pas moins mémorable. C'est même mon concert de la journée avec celui d'Asphyx. Assurément l'une des performances les plus ultimes du festival !


Alors que certains s'endorment, d'autres profitent du premier "after DJ" sur le site du festival qui permet de continuer la fête encore quelques heures avant de se retrouver, au matin, devant Skelethal...


Live Report - Fall Of Summer Jour 2

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