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vendredi 17 juillet 2015 - Balin

Chaos Descends Festival

Open Air - Crispendorf

Balin

Matthieu, 24 ans, basé à Nantes. Ancien membre d'U-Zine et de Spirit of Metal. Vous me retrouverez pour les chroniques et live reports de divers styles musicaux.

Aaah ce qu'on a pu pleurer lorsqu'on nous annonçait l'année dernière qu'il s'agissait de la dernière édition de notre bien aimé Hell's Pleasure. Le festival allemand s'était en effet imposé comme le festival de référence en terme d'affiche, proposant un magnifique mix entre le Black, le Death, le Heavy, le Doom et le Thrash. Ajoutons à cela un cadre très agréable, un son très correct et une dimension à taille humaine (1000 personnes maximum) et vous obteniez un des meilleurs festivals Open Air d'Europe, incontestablement.

Vous imaginez donc quelle fut notre joie lorsque ces mêmes organisateurs donnèrent vie peu de temps après à une nouvelle entité prénommée Chaos Descends Festival qui se déroulerait durant le même week-end que feu Hell's Pleasure à quelques kilomètres du site initial. L'affiche qui fut révélée au compte goutte à partir de ce moment-là ne faisait que me conforter dans le fait que, si il y en avait un seul à faire cet été, ce serait celui-là. Direction donc le Chaos Descends Festival où votre serviteur en a eu pour son argent !

Le festival se déroule cette année en pleine forêt et nous n'aurons pas de réseau pendant trois jours, j'ai envie de vous dire, tant mieux ! Le site est en fait celui d'une colonie de vacances avec tout ce que cela implique. Un grand bâtiment qui sert de dortoirs pour les groupes, un autre pour les douches/WC, un petit train (vous pouvez en faire un petit tour pour le prix de 3 euros), des tables de ping-pong, etc'. Le camping se tient au milieu de tout ça et je peux vous assurer qu'il y avait de la place ! Pas de tente collée à celle de son voisin ici. Le gros avantage par rapport à l'année dernière réside dans le fait qu'il y a des arbres, quand nous cramions au soleil l'an passé sans le moindre coin d'ombre. Pas de coups de soleil cette année donc, Ô joie ! Pour finir, je me dois de préciser qu'il y a uniquement 200 mètres à faire (pour nous qui étions installés juste à l'entrée) entre le camping et le festival. Que demande le peuple ?

Pour ceux qui ont déjà été au Hell's Pleasure, le site est sensiblement disposé de la même façon. Une scène (la même que celle du Hell's Pleasure) se tient au fond au centre du site tandis que le côté gauche est réservé à la restauration alors que le côté droit est réservé aux divers distros. Au fond en face de la scène se tient le bar à cocktail ainsi que le merch des groupes et du festival. Deux bars à bière sont enfin installés à l'entrée du site ainsi qu'au fond à gauche, entre la scène et les stands de restauration. Au niveau de la nourriture, nous avons droit à un petit stand vegan, tout le reste n'est que grillades. 


 

Vendredi 17 juillet 2015

KHTHONIIK CERVIIKS

Balin : Que l'on soit bien d'accord, cette première journée était un enchainement digne d'un véritable parcours du combattant... En effet, hormis Ascension, il était impensable que je loupe un autre groupe aujourd'hui. Et les hostilités débutent dès 15h10 (ahah ça va franchement, ce ne sont pas les 10h du matin de certains autres festivals...) avec le jeune trio allemand au nom imprononçable, j'ai nommé Khthoniik Cerviiks. Formé en 2013 et auteur de deux démos la même année, le groupe est finalement remarqué l'an passé et sort une troisième démo (de quarante trois minutes quand même), Heptaëdrone, cette fois sous la houlette du géant actuel du genre, Iron Bonehead Productions. Le black/death du trio allemand est vraiment original et je me demandais vraiment comment ils allaient parvenir à retranscrire l'ambiance si spéciale de la galette en live. Il ne s'agissait que du troisième concert de la formation et on voit clairement qu'ils ne sont pas encore très à l'aise en live. Le chant est partagé entre l'imposant guitariste au téton à l'air vers qui tous les regards sont posés et le bassiste. Première remarque, le son est vraiment aproximatif et on peine à discerner quoi que ce soit durant les premières minutes du set, même en connaissant bien la dernière démo dont seront issus tous les titres aujourd'hui. Il faut dire également que Khraäl Vri*ïl multiplie les pains sur scène. Alors ok, ce qu'il fait à la gratte n'est pas forcément très évident mais quand même... En tout cas peu de monde assiste au concert alors qu'on est quand même en milieu d'après-midi, et j'ai l'impression que cela restera une constante, hormis pour les têtes d'affiche (en même temps nous ne sommes même pas 850 ce week-end...) ! C'est dommage car le bougre a vraiment plein de bonnes idées intéressantes, mais qui peinent à être correctement interprétées en live. En attendant de les revoir avec un peu plus d'expérience !

UNDERGANG

Balin : Deuxième fois que je me retrouve devant le trio danois après leur prestation grasse et massive lors de la dernière édition du Kill Town Death Fest (RIP...). Sans bénéficier d'un son aussi lourd ni d'une ambiance aussi intimiste, le trio danois mené par le petit mais charismatique David Torturdod va pourtant s'en sortir avec les honneurs malgré une chaleur difficilement supportable (ouais, nous n'avons pas droit à des d'arbres devant la scène par contre...). Le trio, actuellement en tournée avec StarGazer, est sur la route pour défendre son troisième opus dont quelques titres sont joués cet après-midi. N'ayant toujours pas posé l'oreille dessus, je me rends tout simplement compte que c'est comme d'habitude, gras, lourd et super groovy. Undergang n'a jamais été le groupe de Death Metal qui m'a transcendé, mais c'est toujours un plaisir de les voir sur scène.

Dolorès : Découverts quelques semaines avant le festival, j'ai tout de suite accroché au délire Death plus gras qu'un Epic Meal Time et plus bas du front que tout le reste de l'affiche du Chaos Descends. Après un Khthoniik Cerviiks sympa mais restant un choix assez risqué pour ouvrir le weekend, Undergang fait complètement le taff d'accrocher le public (bien que certains soient déjà tombés au combat à ce moment-là), par une simplicité efficace, dans le genre primitive et sans concession.
Je crois qu'on pourrait mettre à la suite tous les adjectifs qualificatifs synonyme de sale et gras, en ajoutant un petit dernier synonyme de fun pour la route, qu'on ne pourrait pas mieux résumer leur prestation. Bonne performance et très bon placement dans le running order.

VIRCOLAC

Balin : Je n'en démordrai pas, si Darragh (aka le boss d'Invictus Productions) ne tenait pas le rôle de chanteur dans la formation irlandaise, le groupe n'aurait pas la visibilité à laquelle il a actuellement droit. Ok il y a des parties originales, mais qu'est ce que c'est mou dans l'ensemble franchement ! Je tiens deux morceaux avant de retourner m'abreuver au bar...

STARGAZER
 

Balin : Ni plus ni moins une de mes plus grosses attentes du festival tant leur musique (et en particulier le génial dernier album) me touche. Trio australien en tournée dans toute l'Europe avec Undergang cet été, ils qualifient eux-mêmes leur musique d'avantgarde Black/Death metal et j'ai envie de vous dire, c'est tout à fait ça ! Considérant A Merging to the Boundless comme un des meilleurs albums de 2014, j'étais vraiment pressé d'en entendre quelques titres en live ! Et j'ai tout d'abord eu très peur à cause du son de basse bien trop fort ! Alors oui je vénère The Great Righteous Destroyer (aka Damon Good de Mournful Congregation) qui est juste un monstre à la basse, mais quand même ! Je choisi donc de me décaler pour me placer en face du guitariste/chanteur et c'est tout de suite déjà mieux, je peux donc enfin apprécier mon concert ! Le trio pioche ainsi dans ses trois derniers albums mais fait la part belle au dernier avec comme point d'orgue The Grand Equalizer en final qui envoie tout le public très très loin. S'inspirant tantôt de Morbid Angel, tantôt des parties les plus épiques de Mournful Congregation (au milieu d'un tas d'autres influences), StarGazer est parvenu à se mettre le public du Chaos Descends dans la poche au terme d'un concert qui a définitivement comblé toutes mes attentes. J'en ai encore des étoiles plein les yeux.

Dolorès : Pour être honnête, j'avais effectué une seule et unique écoute du nouvel album sans pour autant être enchantée, c'est simplement avec curiosité que je me suis retrouvée devant leur concert. Aucun regret finalement, et bien au contraire, c'est avec un plaisir énorme que je reverrai les Australiens le plus vite possible tant leur concert fut mémorable.
C'est assez rare de croiser la route d'un groupe Black/Death complètement barré qui valorise la basse à ce point, mais encore plus lorsqu'il s'agit d'un bassiste bluffant dont le jeu se trouve être à la limite de la magie tant il est impressionnant à voir. Le guitariste n'est pas non plus en retrait et on se retrouve vite tous envoûtés par la prestation.

Ils auront même remporté le pari de me donner des frissons et de me faire monter les larmes aux yeux sur un duo guitare/basse épique, moi la personne difficile à faire extérioriser quoi que ce soit comme émotion lors d'une performance. Je considère ça comme un exploit, oui.

RANGER
 

Balin : Ranger c'est vraiment l'assurance poutre en live. Bourré d'énergie et armé de compositions ultra efficaces, le quatuor finlandais m'avait déjà mis la branlée au Keep It true 2014. Leurs deux premiers EP, Knights of Darkness (tuerie, tuerie, tuerie) et Shock Skull me mettent à genoux à chaque écoute et si je dois dire que j'ai été un peu déçu par Where Evil Dwells, le premier album (trop de riffs réchauffés, pas de surprise), en live çe le fait toujours autant ! Collé à la barrière avec les copains, je me brise la nuque 45 minutes sans aucun temps mort (si ce n'est le soucis technique du nouveau guitariste qui brise un peu le tempo surexcité du concert). Alors oui ça n'invente rien, c'est toujours la même construction (hormis le titre éponyme du dernier album lors duquel le groupe ralentit et scande des choeurs bien sentis en live), mais on s'en fout non ? Des riffs incisifs, un jeu de scène dynamique, le sourire aux lèvres, le véritable speed metal quoi ! Nous avons droit à trois titres de Knights of Darkness, à savoir le titre éponyme, Touch of Death et Ranger en final ainsi que les deux titres de Shock Skull (l'éponyme et Omen of Doom) et quelques titres de l'album dont le titre éponyme. En tout cas je reste sur mon avis premier, ils mettent la branlée à bon nombre de groupes du genre, petits nouveaux ou vétérans.

Dolorès : La bouffée d'air frais du vendredi sans hésitation, de la moustache et du bandana à gogo, des attitudes à la fois ridicules et viriles sans vraiment pouvoir faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre, un concert énergique et un public réceptif, c'est ce qu'il fallait entre StarGazer et Negative Plane. Ne connaissant pas spécialement bien le groupe et le trouvant davantage à sa place sur scène que sur album, mon avis en restera là.

NEGATIVE PLANE

Balin : Sans déconner, quelle affiche de rêve tout de même... Negative Plane figure également parmi mes plus grosses attentes du festival et j'étais vraiment curieux de voir si l'atmosphère si particulière des deux excellents albums du trio américain allait être reproduite sur les planches en ce début de soirée. Outre le son parfait dont le groupe bénéficiera (vraiment comme sur album), ce qui me marquera le plus sera la technique de Nameless Void, le guitariste/chanteur de la formation vers qui tous les yeux sont rivés. En effet, il n'y aura pas une seule fausse note, incroyable ! S'enchainent alors des titres des deux albums représentés quasiment à 50/50 avec en point d'orgue pour ma part le magistral Staring Into the Abyss et le parfait The Numer of the Word. Le public est transcendé et votre serviteur est totalement conquis par ce qui restera un des meilleurs shows du week-end. Vraiment la grande classe, vivement le Nidrosian Black Mass !

Dolorès : Parmi mes groupes les plus attendus, j'étais très impatiente à l'idée de voir des titres des deux opus de Negative Plane prendre vie sur scène. Alors que je n'avais aucune idée d'à quoi les musiciens pouvaient ressembler, je suis très surprise de trouver un guitariste-chanteur dont on n'a pas vu le visage une seule fois, penché sur son micro et sa concentration, contrastant totalement avec un bassiste déchaîné et souriant. On retrouve sans trop de surprise mais avec beaucoup de plaisir les morceaux phares du dernier album, de "Angels Veiled Of Bone" à "The Number Of The World" et "Lamentations And Ashes" en clôture. Rien à dire, l'atmosphère bien lugubre du groupe prend toute son ampleur en live, bien qu'il n'y ait ni décor ni jeu de scène particulier. Le bassiste sert réellement d'intermédiaire entre le groupe et son public tant il est le seul à exprimer des émotions, mais on sent tout de même qu'ils sont heureux d'être là, de faire partie de cette affiche, et de nous avoir si réceptifs face à eux. Sans hésitation à revoir bien qu'il soit difficile d'avoir un son et un cadre aussi parfaits pour ce groupe.

Setlist :

1. The Fall
2. The Chaos Before the Light 
3. Angels of Veiled Bone
4. The Number of the Word
5. Unhallowed Ground
6. Staring Into the Abyss
7. Lamentations and Ashes

SATURNALIA TEMPLE

Balin : C'est avec grand plaisir que je retrouve le trio suédois de stoner/doom psychédélique Saturnalia Temple après la claque que j'avais prise à Bruxelles il y a maintenant plus d'un an. En tournée européenne pour la promotion de son second album To the Other sur lequel je n'ai pas encore pu jeter une oreille, c'est devant un public clairsemé le guitariste/chanteur Tommie et ses deux acolytes s'emparent de la scène pour plonger le site du Chaos Descends dans la brume psychédélique et obscure durant cinquante minutes. Et j'aurais souhaité que ça ne se termine jamais ! Certes, l'alcool et autres substances aident à entrer encore plus profondément dans la musique des suédois, mais les multiples effets dont abuse le groupe, en particulier sur la guitare (n'oublions tout de même pas le son de basse absolument dantesque) créent une boucle dans laquelle il est difficile d'en sortir. Faisant la part belle à son dernier album (dont l'envoûtant titre éponyme, Snow of Reason et Zazelsorath), le groupe pioche également dans ses classiques, à savoir l'obligatoire Aion of Drakon issu du premier album du groupe et son intro interminable qui reste en tête des heures. En résumé un excellent moment comme toujours qui aurait pu s'éterniser encore des heures pour ma part. Mais ne nous plaignons pas, la véritable raison de ma venue ici s'apprête à fouler les planches du Chaos Descends festival...

Dolorès : Je n'avais pas spécialement prévu d'aller voir les Suédois, n'étant pas très intéressée par leurs titres en album, parfaitement représentatifs de la partie du Stoner/Doom que je n'apprécie pas. Je suis pourtant extrêmement surprise lorsque je me pose tranquillement devant le groupe, d'abord rebutée par le chant clair particulier mais ensuite conquise. Seule la voix légèrement nasillarde du chanteur m'aura repoussée, car il faut avouer que tout le reste fonctionne à merveille, tant les autres manières de chanter que les compositions lancinantes et le son indéniablement éprouvant. De belles montées en puissance, des références mélangées pour donner une nouvelle formule juste assez personnelle, un bon placement entre Negative Plane et Blasphemy et une intensité bien plus développée que sur album auront fait de ce concert celui qu'il fallait à ce moment-là.

BLASPHEMY

Balin : J'ai toujours du mal à réaliser que je viens enfin de voir Blasphemy mais je vais faire un effort pour tenter de vous faire part de mon ressenti à propos de ce concert... Cela fait tout de même un peu plus de cinq ans que je rêve de voir les légendes canadiennes, fondatrices d'un de mes styles de prédilection. Car après avoir vu quasiment tout ce que je veux voir dans le genre, il me manquait encore et toujours les maîtres incontestés du genre, un quintet dont les deux albums font partie intégrante de mon quotidien. C'est dans un état d'excitation et de joie difficlement dissimulable (très saoul également) que le gang de Ross Bay arrive sur scène. A ma grande surprise, ils ne sont que quatre ce soir ! En effet, V. Kusabs, l'homme aux dix milles projets (Vassafor, Temple Nightside, Sinistrous Diabolus et j'en passe) n'est pas présent et c'est Ryan Förster (aka Deathlörd of Abomination & War Apocalypse) qui se charge de la basse tandis que l'emblématique Caller of the Storm s'occupe seul de la guitare. Comme souvent en live en ce moment, 3 Black Hearts of Damnation and Impurity n'est pas là non plus et c'est Vaz (Black Witchery) qui se trouve derrière les fûts. Première remarque, le son est étonnament excellent (j'entends par là que le son n'est généralement pas terrible lors des concerts de Black bestial), mais là c'est la tuerie, la guitare possède un son incisif, ce qui donne encore plus d'impact aux compositions du groupe. Côté setlist, c'est bien simple étant donné que la quasi totalité de leur discographie sera jouée ce soir. En effet, les deux albums du groupe sont joués en entier hormis Emperor of the Black Abyss et Necrosadist issus de Gods of War. Pour le reste, c'est boucherie sur boucherie et je suis littéralement aux anges. Le pit est relativement calme car hormis une petite friction entre deux gugus, le concert se déroule sans pépins et les grosses marmules ramassent les petits comme moi qui se vautrent ici ou là (ou se prennent de solides coups de boule !). Le groupe revient finalement après quelques secondes pour nous interpréter Empty Chalice puis l'intemporel Ritual, hymne de tout un style. Comme prévu, il n'y a aucun contact avec le public et c'est tant mieux. Le groupe semble aussi con sur scène qu'en vrai, mais je m'en branle, j'ai vu Blasphemy et c'était encore mieux que je ne l'imaginais. Je suis donc paré à faire la fête toute la nuit pour célébrer ça !

Dolorès : Entre la modification du line-up pour pouvoir assurer le concert, le caractère assez particulier de la musique de Blasphemy qui ne se prête pas toujours au son live et les marmules qui se trouvent aux premiers rangs, cela me faisait suffisamment de raisons pour redouter cette performance. Finalement, on se prend au jeu, on entre dans cette petite sphère d'ultra-violence le temps d'une petite heure, sans temps mort (si ce n'est lorsqu'ils se font désirer avant le rappel), sans pitié. Le son aura simplement le petit défaut de parfois rester un peu brouillon ou de manquer de punch, mais on est loin de pouvoir en être gêné. Je pense qu'on est assez nombreux à ne pas avoir bien compris ce qui se passait et comment cela pouvait à ce point être prenant en live. En y réfléchissant, cela doit être difficile de transmettre à la fois autant de violence tout en gardant la petite touche crade d'un "Fallen Angel Of Doom" et réussir à contenter tous les fans présents. Mais pari réussi pour cette tête d'affiche du vendredi soir, et on espère revoir les Canadiens en Europe prochainement.
Impossible de refaire à nouveau (après le passage à Rennes en février) l'effort de voir un Ascension dont je ne supporte pas le dernier album ni les performances live récentes, retour au camp et pastis.

 

Samedi 18 juillet 2015

Balin : Aïe... Comme je vous l'avais dit précédemment, j'avais prévu de faire la fête la nuit dernière... Sauf que tout cela s'est terminé en jolie nuit blanche... Allez hop', une douche, un petit-déjeuner et une première bière (qui tardera tout de même, le corps accusant tout de même un peu le coup). Mais pas le temps de chômer, cette seconde journée est également bien chargée !

Dolorès : Réveil difficile, excursion découverte des environs aux pentes ardues et aux arbres plus immenses que je ne l'aurais pensé, puis direction la scène à 13h40.

ALBEZ DUZ

Balin : Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais ma première rencontre avec le groupe avait été un beau fiasco à Bruxelles lorsque j'étais entré dans la salle alors que débutait le dernier titre du show que j'avais énormément apprécié. C'est donc avec une certaine attente que je me tiens devant la scène lorsque le quintet allemand qui a entre temps changé de bassiste foule la scène du festival. J'ai entre temps acheté le LP du dernier album que je connais désormais très bien, les choses vont donc être sensiblement différentes ! Je m'aperçois à ma grande joie que le son est bien meilleur que pour Khthoniik Cerviiks à la même heure la veille, d'autant plus que la part belle est faite à The Coming of Mictlan (Mictlan, Servants of Light, Fire Wings...) ! Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, il s'agit d'un duo (le chanteur et le batteur, qui prend la forme d'un quintet en live) et qui propose un Doom metal reprenant les règles classiques du style tout en y incorporant un côté rock grandiloquent qui n'est pas sans rappeler Type O Negative, principalement à cause du chant d'Alfon Brito Lopez. Le personnage est d'ailleurs très impressionnant (autant physiquement que vocalement) et très charismatique, ce qui est un apport non négligeable pour la prestance du groupe sur scène étant donné que les autres membres sont très effacés (hormis le guitariste qui harangue la foule de temps à autres). Il y a déjà pas mal de monde devant la scène, preuve que le combo commence à se créer un nom tout doucement. C'est finalement sous les honneurs mais suite à une mésentente avec le sondier que le groupe commence un dernier titre avant d'être coupé par la régie pour cause de temps dépassé que le quintet allemand quitte la scène. Une excellente mise en bouche pour le reste de la journée !

Dolorès : Après avoir raté les 3/4 de leur show à Bruxelles en janvier (Primordial + Solstice etc...), voilà l'occasion de se rattraper en assistant à leur prestation d'ouverture du samedi. Si les quelques quarante minutes sont plaisantes, je dois avouer que j'ai été déçue de les voir jouer "Fire Wings" en début de set, étant selon moi un moment fort à garder pour le milieu ou la fin, même si ce n'est finalement qu'un détail.
Un des points forts, pour ce type de musique assez lourde qui peut vite faire décrocher le public, c'est que le chanteur est un frontman assez exceptionnel qui réussit à tenir l'attention des spectateurs sans finalement faire grand chose d'incroyable, simplement en utilisant un charisme, quelques gestes, son chant maîtrisé de A à Z et le support de son groupe. Mention spéciale à la bassiste qui est également hypnotisante lorsqu'on la regarde jouer, ce qui n'était absolument pas le cas de la guitariste qui semblait, elle, s'ennuyer et restait plantée là comme un poteau tandis que les autres semblaient presque possédés par leurs compositions.
Malheureusement pour eux, l'orga les coupe après quelques dizaines de secondes entamées d'un titre pour leur demander de stopper puisque le concert a débuté avec un peu de retard. Le groupe a semblé un peu gêné et déçu à cette annonce mais c'est le sourire jusqu'aux oreilles qu'ils sortent de scène, sans doute agréablement surpris de l'accueil que le public leur a réservé, étant tout de même le premier groupe du jour.

REVERIE

Balin : Je fais volontairement l'impasse, leur concert lors du Warm-up du Kill Town Death Fest 2013 ne m'avait pas du tout plu et ce que j'en ai écouté par la suite n'a fait que conforter mon impression. Désolé pour les fans.

POSSESSION

Balin : C'est ensuite au tour des belges de Possession de prendre d'assaut la scène du Chaos Descends. Groupe que j'adore et que je suis depuis la sortie de la démo His Best Deceit, le quatuor possède autant de fans que de détracteurs. Certes, le fait que Jerry, le boss de feu Detest Records, fasse partie de la bande aide grandement à la visibilité et à la diffusion de la musique du groupe, certes ils ne révolutionnent rien, certes il n'y a pas beaucoup de riffs mais franchement, on s'en fout non tant que ça tue ? Je trouve personnellement que le groupe apporte vraiment quelque chose au niveau du concept de chacune de leurs sorties et au niveau de l'ambiance en général. C'est sur l'introduction de la démo (les cris possédés d'Anneliese) que Possession entre en scène, balançant d'entrée le premier titre de la démo disposant d'un riff de tueur d'entrée de jeu. Le son est au départ brouillon et cela s'améliorera un peu avec le temps, mais ça restera quand même assez crado. Vous me direz que ça colle avec le style pratiqué et je vous répondrais que ouais, ça m'importe peu pour ce genre de groupe rendant hommage à la scène bestiale du début des années 90 (principalement en Amérique du Sud). Comme en studio, le chant de Jerry ainsi que les backing vocals du bassiste V. Viriakh,utilisent énormément de reverb'. Certains trouvent ça dérangeant, pour ma part cela contribue à l'ambiance mise en place par la formation. Côté setlist, le groupe va interpréter la quasi-totalité de sa discographie en piochant tantôt dans la démo (Intro-Possession, His Best Deceit ainsi que la reprise de Sepultura en final, Necromancer), dans l'EP Anneliese ainsi que dans le MLP 1585 - 1646 (Ceremony, Guilty). Bref, ce fut le premier concert de la formation auquel j'assistais et si il y a clairement des pains (surtout au niveau de la guitare), et j'ai eu droit à ce que j'attendais !

Dolorès : Possession vient donner la part d'ultraviolence de la journée en ce milieu d'après-midi. Après une ouverture sur un sample nous forçant à écouter les cris de la possédée Anneliese Michel, les Belges viennent dévaster la scène en exposant un petit panel de leur discographe et, entre autres, présenter leur derniers titres de "1585 – 1646". Moi qui ne les avais jamais vus et qui les attendais avec beaucoup d'impatience, je ne me retrouve aucunement déçue du show qui aura l'avantage d'un son presque correct qui permet tout juste les compositions mais de garder cette aura poussiéreuse du groupe. Si quelques passages avaient tendance à manquer de punch dans la guitare (mais jamais dans la batterie), la prestation est totalement maîtrisée par le chanteur au comportement entièrement théâtral. On se retrouve face à un frontman qui semble à la fois possédé et perdu, haineux, vif puis à bout de forces, au charisme indéniable et au regard assassin. On frôle parfois le ridicule sans jamais tomber dedans ce qui renforce complètement le caractère à part de leur performance.
Une raison de plus d'avoir hâte de les (re)voir dans un autre cadre au Darkness Prevails en novembre.

DANAVA

Balin : Après avoir volontairement manqué Execration dont la musique me laisse totalement indifférent, je croise des connaissances qui me conseillent fortement d'aller voir Danava, combo inconnu au bataillon pour ma part. Et il s'avère que grand bien m'en a pris étant donné que je vais prendre une véritable baffe ! Danava donc, quatuor américain terminant au Chaos Descends sa tournée européenne, pratique un Hardrock à pattes d'éléphants lorgnant parfois sur le Heavy metal. Pour ma part, je qualifierais le style du groupe comme un croisement entre Black Sabbath et Deep Purple qui boeuf ensemble tout en reprenant le premier album d'Iron Maiden. Alléchant tout ça non ? Cocktail à la main et soleil plombant oblige, il faut dire que c'était exactement ce que j'avais envie d'écouter à ce moment donné. Le groupe semblait curieux de l'accueil qui allait leur être réservé en ces terres dédiées à la frange la plus extrême du Metal. Et ils vont être agréablement surpris tant le public se montre réceptif au style des américains. Nous sommes en effet un certain nombre à prendre une claque totalement innatendue ! Ne connaissant pas jusque là la discographie du groupe, c'est en me renseignant après coup que j'ai appris qu'ils avaient fait la part belle au premier album éponyme du groupe ainsi qu'au petit dernier, Hemisphere of Shadows. En tout cas ça joue vite et très bien dans le gang des Gibson SG (deux guitares et une basse, rien que ça héhé). Un délicieux retour dans le temps donc, et je m'empresse de noter tout ça afin de réécouter leurs albums dès mon retour !

WITCH CROSS

Balin : J'aurais été heureux de voir Ritual en live, vraiment. Mais je dois avouer avoir sauté de joie lorsque j'ai vu que ces derniers annulaient pour être remplacés par Witch Cross, un des tous meilleurs groupes de Heavy Metal danois auteurs d'un des meilleurs albums du style du début des années 80 en dehors des frontières anglaises. Fit for Fight est en effet de ce que l'on peut nommer un chef-d'oeuvre, vous savez ces disques où aucun des titres n'est à jeter ! Reformés en 2011, ce nouveau départ s'est vu concrétisé par la sortie d'un second album en 2013, Axe to Grind qui est tout à fait correct sans être excellent non plus. C'est donc devant un petit parterre de fans dévoués à la cause du Heavy Metal que le quintet danois foule avec le sourire les planches de la scène du Chaos Descends. Et je me dois de rendre hommage à cette attitude avant d'entrer dans les détails. Rien à foutre du look (très old school), rien à foutre des apparences, ils sont juste là pour la musique et ça fait vraiment plaisir à voir. N'ayant rien perdu de leur passion envers leur musique, les vétérans ouvrent le set par un Nightflight to Tokyo d'anthologie avant d'enchainer directement par un Face of a Clown dévastateur ! Wow mais ils vont nous jouer le premier album en entier et dans l'ordre ou quoi ?! Malheureusement ce ne sera pas le cas et le groupe poursuit avec quelques extraits de son dernier opus qui sera au final autant représenté que le premier (Demon in the Mirror, Pandora's Box). Outre les deux brûlots du début de set, nous aurons également droit au classique Rockin' the Night Away qui révèle les limites vocales de Kevin Moore (il s'en sort tout de même avec les honneurs attention, mais il ne monte clairement plus aussi haut qu'avant !), ainsi que Fight the Fire et Axe Dance. Seul regret, pas d'Alien Savage (ce riiiiiff!) qui est pour moi le meilleur morceau de l'album, mais bon, on ne va pas bouder notre plaisir hein... En tout cas c'est la fête dans le pit (que des Français ou presque, encore une fois ahah) et le concert se termine dans la joie et le sourire aux lèvres. Pas la claque ultime, mais un très bon concert donc.

Dolorès : Après avoir pourtant révisé "Fit For Fight" sur la route, pas le temps d'effectuer quelques vocalises pour chanter en choeur avec Witch Cross. C'est sûrement, pour moi, le set qui est passé le plus rapidement tant l'énergie a été à son paroxysme et la setlist efficace au possible. Ouverture inévitable sur "Nightflight To Tokyo", on aura le temps d'apprécier tous les refrains entêtants du groupe avec "Rocking The Night Away", "Face Of A Clown", "Fight The Fire", "Light Of A Torch" mais aussi quelques titres du récent "Axe To Grind" et même un petit "No Angel".
Witch Cross a exactement le type de prestation qu'on attend d'un vieux groupe de Heavy. Outre le côté petits papys qui donnent une belle leçon à tout le monde et assurent à 100%, les premiers rangs ont eu le poing levé et le sourire aux lèvres non-stop. On n'en attendait ni plus ni moins, découvrir ces tubes de 1984 joués avec fierté et prouesse, menés par un Kevin Moore tout à fait à l'aise, faisant honneur aux deux albums de Witch Cross.

SWANS

Balin : Après Hawkind l'an passé, c'était au tour de Swans de jouer les Ovnis de l'affiche, avec un set de 2h30 (!), rien que ça. Je dois avouer qu'hormis quelques titres ici ou là, la carrière du groupe m'est totalement inconnue et c'est avec une énorme appréhension ainsi qu'une grande curiosité que je me tiens devant la scène lorsque le groupe monte finalement sur scène trente minutes après l'heure prévue (ce laps de temps devait être prévu pour installer tout le matériel nécessaire, et je peux vous dire qu'il y en avait du matos). C'est simple, le groupe jouera deux voire trois fois plus fort que les autres groupes du festival ahah ! Ne sachant absolument pas quels titres ils ont joué, je laisserai ma compère Dolorès vous en parler plus en détails. Mais sachez que j'ai pris une claque intersidérale. Tantôt face à la scène, tantôt allongé dans l'herbe en regardant le ciel étoilé, ce concert fut une véritable révélation et ce ne sont pas les quelques gouttes d'eau qui allaient me faire quitter la scène. Michael Gira, l'homme qui se cache derrière Swans, est, en plus d'être un véritable shaman, un chef d'orchestre ultra charismatique dictant à chaque musicien quoi faire et comment le faire (notamment au batteur : "slow down, slow down", agitant les bras ici ou là). Ainsi outre le leader au chant et à la guitare, on retrouve une batterie aux mille cymbales, un bassiste (quel son !), un second guitariste, un homme au lap steel et un autre bon à tout faire (dulcimer, percussions et bien d'autres encore). La foule se disperse au fil du temps pour ne laisser qu'une petite poignée de personnes absolument transcendée par ce qui se passe sur scène. Le son est absolument hypnotique, les lumières me font scotcher et les envolées terminant chaque titre à tiroir sont extrêmement intenses (je suis désormais certain que Neurosis aime Swans, c'est indéniable). C'est ainsi au bout de deux heures de show que le groupe remercie humblement les quelques personnes se trouvant encore devant la scène et quitte notre champ de vision après quelques remerciements. Seulement il faudra vingt bonnes minutes à votre serviteur pour réaliser ce qui vient de se passer et pour pouvoir avoir de nouveau des rapports normaux avec les gens autour de lui tout en ayant la certitude d'avoir assisté à un moment résolument magique. Je me fait donc la promesse d'écouter tout ça en rentrant chez moi car si Blasphemy reste le meilleur concert du week-end pour le côté affectif, la meilleure performance sonore et visuelle était en toute objectivité celle de Swans.

Dolorès : Je. Euh. Hum.
Décrire une telle claque est si compliqué. Commençons par poser les bases : je suis assez fan de Swans mais principalement des premières périodes, citons en vrac "Filth", "Cop" ou "White Light From The Mouth Of Infinity". J'avais peu d'espoir de les voir jouer un petit "Stay Here" ou "Love Will Save You" vu ce qu'ils jouent actuellement, ce qui me faisait appréhender quelque peu leur show de 2h en tête d'affiche du samedi soir. Force est d'avouer que ce fut monstrueux, même avec une setlist constituée de titres de "To Be Kind" (avec un "A Little God In My Hands" devenu presque apocalyptique en live) et d'autres introuvables sur album (la fameuse "Frankie M" qui te noie et t'empêche de respirer correctement dès l'ouverture). Planant, imposant, chaotique mais harmonieux. Ayant du mal à tenir debout plus de 45 minutes, je n'ai absolument pas vu passer les presque 2h de show (2h30 annoncées mais ils ont mis pas mal de temps à s'installer et débuter). Entre une basse tourmentée, un chant désabusé, un batteur acharné, le multi-instrumentiste qui passe du trombone au violon électrique puis au gong... Une prestation maîtrisée point par point, dont tous les fils sont tirés par le puissant marionettiste Michael Gira. Je n'ai finalement pas pris le temps d'observer tant que ça les musiciens et leur beau bordel d'instruments sur scène tant mes yeux furent clos pendant les 3/4 du concert.
Seul élément intrusif, ce n'est pas pour autant un début de pluie qui fera reculer le public en quasi-transe à ce moment-là. Car ce qui m'a finalement encore plus étonnée que le reste dans cette prestation, reste l'image d'un public tout à fait réceptif, de connaisseurs et de curieux, dans ce festival où Swans avait le rôle de petite curiosité impensable, pourtant en tête d'affiche du samedi soir.
L'effet de surprise, la performance impeccable, en font l'apogée de ce weekend, pourtant excellent sur bien des points, sans hésitation.
J'oubliais, meilleure réaction possible que j'aie pu entendre à mes côtés : "c'est le chaos dans ma tête".

Setlist :

1. Frankie M 
2. A Little God in My Hands  
3. The Cloud of Unknowing  
4. Just a Little Boy / (For Chester Burnett) 
5. Bring the Sun / Black Hole Man

VARATHRON

Balin : Impossible pour ma part d'assister à un autre concert après cette énorme claque. Je n'apprécie d'ailleurs pas Varathron et je les boycotte une nouvelle fois (après le NWN! IV) et préfère aller boire un énième cocktail pour finir le festival en beauté. Cependant il ne va pas falloir traîner, nous partons demain très tôt afin de rejoindre le sud de la France pour assister au premier concert en France de Nokturnal Mortum et pour revoir une énième fois mes chouchous d'Enslaved lors de la première édition du Ragnard Rock Fest !

Dolorès : Impossible de repasser à du Black Metal, Varathron ou autre, après ce concert quasi supernaturel de Swans.

LE MOT DE LA FIN

Balin : Comme prévu, cette nouvelle version du Hell's Pleasure a tenu toutes ses promesses, que ce soit en terme de concerts, de cadre ou d'ambiance bien que mon principal regret concerne l'absence des traditionnelles after party qui faisaient du Hell's Pleasure un endroit si magique et si inoubliable. Mais outre ce principal regret, je n'ai rien à redire de négatif hormis peut-être le peu de choix de nourriture disponible sur le site. En tout cas je vous fais confiance pour l'affiche de l'année prochaine et c'est avec une quasi certitude que je reviendrais fouler les terres de Crispendorf l'an prochain. Coupez !

Dolorès : N'ayant jamais mis les pieds au Hell's Pleasure, je découvrais pour la première fois cette bulle si spéciale qui semble héritée du festival aîné. Entre l'affiche excellente, l'ambiance simple de copains, les stands agréables, le cadre absolument sublime (dont la belle balade-forestière-gueule-de-bois de 2h le samedi matin qui m'a émerveillée) et l'absence totale de déceptions, c'est à la fois un beau souvenir et la certitude de revenir si seconde édition il y a. Même avec pas moins de 14h trajet aller puis retour. Sûre.