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samedi 18 juillet 2015 - AxHell

StarGazer + Undergang

The Pit's - Courtrai

AxHell

Cramé de musique depuis 15 ans / cinéphile / retrogamer / vieux con / hater notoire. Ah, et je bosse chez les fous. Je le deviens peut être, à force.

Y’a pas à dire, le temps passe quand même foutrement bien vite. La première salve des festivals d’été a déjà été tirée (merci à tous pour tous ces fils d’actus remplis de poésie et d’allégresse que j’ai dû me contenter de regarder du boulot par temps de pluie, d’ailleurs…) qu’il est déjà le temps d’imprimer son e-billet pour la seconde. Vivement. Loin de moi l’idée de bouder le fait d’avoir une activité salariée pendant que les autres vont voir Mickey à Clisson, mais je me sens frustré car en franche période de disette niveau concert, il était temps de remédier à ça, et pour le coup, voici une configuration que j’apprécie beaucoup car elle me permet de faire un maximum de découvertes : des groupes que je connais assez peu dans une salle où je n’ai jamais foutu les pieds. Stargazer d’un côté, les maîtres Australiens de la rifaille technico-mystique venant défendre leur dernier album en date, « A Merging To The Boundless » sorti chez Nuclear War Now et de l’autre, Undergang, combo plus confidentiel, présent pour les épauler dans cette tâche.

On m’avait déjà vanté les mérites du Pit’s. En effet, ce petit café-concert belge a su se faire un nom à la suite de ses programmations toutes plus qualitatives et éclectiques que les autres : combos de goregrind cultes, de black, de death, de punk hardcore... chaque public semble y trouver son compte ! Situé à 50mn de chez moi, cela pourrait être une bonne alternative à la métropole Lilloise, mais qu’importe, le temps d’enchaîner les pires merdes sur la route et nous y voilà, pile poil en retard, comme on dit.
Premier constat : le prix relativement abordable de la soirée. 7 euros pour faire déplacer tout ce beau monde, moi je dis oui (d’autant plus qu’il existe un prix préférentiel pour les « membres »). Second effet kiss cool : c’est petit. Mais alors très très petit. J’imagine une capacité totale de 60 personnes en forçant bien, le bar bouffant littéralement un bon quart de l’espace total. Le temps d’aller commander nos premières bières (1.50 pour la pils locale, bonheur) qu’il faut déjà aller se placer pour assister au début du concert. L’heure c’est l’heure, merci à nos amis pour cette organisation au poil de cul, là où dans ma propre ville, je dois m’enquiller 1h30 de retard systématique avant le début de chaque gig + 40mn de balances entre les groupes. Les Belges eux, sont stricts, et ce n’est pas plus mal. Dédicace.

Nous arrivons donc pendant le set d’Undergang. Premier contact avec la horde de Copenhague pour ma part, et ma première impression, quasi immédiate, perdurera tout le set : putain, c’est gras, mais gras… Existe-t-il une manière plus représentative pour qualifier la musique du combo ? Leur Death Metal est ultra primitif, régressif, bas du front… Simplicité, efficacité en somme. Pour paraphraser un certain personnage issu d’une série d’animation Américaine réputée pour son franc parler, Undergang c’est un peu l’enfant bâtard d’un Autopsy qui aurait enculé un vieux Adramelech qui aurait enculé le premier Entombed, et tout ça pendant qu’un Abhorrence regarde. Dégoutant ? Pire que ça ! Glaireux, poisseux, les morceaux s’enchaînent et s’évertuent à ressusciter le Death Metal d’antan, surtout lorsqu’ils sont agrémentés de petits sautillements crust à base de « touka-toutouka » -comme les allemands de Deathrite- et de ralentissements typiquement death-doom du plus bel effet : jouissif de A à Z. Ah, et mention spéciale à cette voix over pitchée bien suintante comme il faut qui, lors des passages les plus groovy, m’a automatiquement rappelé mes après-midi farandole à l’OEF 2014.
Le seul petit bémol que je pourrais noter serait sonore. En effet, le volume, assez élevé, à malmené mes petites oreilles vers la fin du set, mais peut-être est ce dû à l’agencement des lieux ?
Pour un premier contact, Undergang me fout une baffe monumentale. J’en profite pour passer au stand de merch et acheter un tee shirt en souvenir. Je ne saurais trop vous conseiller que de passer par leur bandcamp officiel pour jeter une oreille sur l’intégralité de leur discographie. Pour paraphraser un autre philosophe bien connu ici en France, « le gras, c’est la vie ! ».

A peine le temps de s’en reboire une que les Australiens de Stargazer s’installent pour commencer leur show, pardon de me répéter mais j’apprécie vraiment quand l’organisation est carrée de la sorte, et je n’ai, hélas, pas assez l’habitude…
Passer après la mandale Undergang n’a rien d’évident, surtout pour un combo comme Stargazer, et nous passons à un tout autre registre. Les habitués savent qu’il est assez difficile de classifier la formation dans un genre bien défini et limité… Subtile combinaison de riffs acérés typiquement Black Metal, de vocaux bien glaireux Death, de soubresauts Thrashy, tout cela saupoudré d’une bonne louche d’avant-gardisme/prog, et bim, Comme un Morbid Angel période « Altars of Madness » (en plus technique) sur lequel le chanteur d’Absu viendrait hurler sa chansonnette entre deux morceaux acoustiques.. Difficile à expliquer, mais encore plus à appréhender en live pour les premières chansons mais Stargazer fait le pari fou de rendre tout cela digeste, et c’est selon moi l’œuvre des grands groupes. Le power trio se donne à fond, et sa dévotion pour son art mystique suinte littéralement de tous les pores de sa peau, le batteur est comme fou, possédé par son œuvre, alternant comme un chef les blast beats et les parties susurrées, intimistes et feutrées, et The Great Righteous Destroyer nous expose un jeu de basse hallucinant qu’il était techniquement impossible d’entendre dans ses projets parallèles, comme Mournful Congregation, par exemple.
Le set, un peu plus long que celui d’Undergang, passe comme une lettre à la poste, et ma clique et moi-même sommes happés par la procession quasi rituelle qui a lieu. Je n’ai hélas rien à redire sur la performance du groupe, encore une fois excellente, et je ne saurais trop vous conseiller que de pousser le vice jusqu’à vous imprégner de leur discographie et/ou les rencontrer sur les planches parce que ça vaut vraiment le coup.

Résultat des courses : une première partie qui me fout un gros coup de pied au cul, une tête d’affiche qui m’ensorcèle, et ce dans un bar que je découvre et que j’ajoute à ma longue liste de lieux de perdition préférés. J’ai envie de dire banco.

Un grand merci aux Undergang et à Stargazer pour leur prestation, au Pit’s et à Bang Zoom Noise Produktions pour cette programmation, aux bières à 1.50, au public ayant répondu présent et à Horns Up, qui rend tout cela possible.