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Album

09 décembre 2014 - U-Zine

Nile

Those Whom The Gods Detest

LabelNuclear Blast
styleBrutal Death pour égyptologues
formatAlbum
paysUSA
sortienovembre 2009
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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Alors qu’avec son précédent album, « Ithyphallic », Nile m’avait emmerdé au plus au point après un « Annihilation Of The Wicked » tout bonnement excellent, j’espérais que Karl Sanders et les siens allaient réveiller la colère des dieux et retrouver du poil de la bête ainsi qu’un peu d’inspiration.
Ayant lâché l’affaire après une bonne quinzaine d’écoutes, « Ithyphallic » fut une réelle déception. Trouvant les compositions inintéressantes au possible, ponctuées par une production que l’on peut qualifier de merdique où guitares et voix sont en retrait laissant toute la place à George Kollias qui, bien qu’excellent batteur soit-il, devient très lourd sur toute la durée de l’album.
Mais vous pouvez d’ores et déjà dormir paisiblement, oui « Those Whom The Gods Detest » confirme le retour en grande forme de nos égyptologues préférés.

Comme l’on pouvait s’y attendre, « Those Whom The Gods Detest » ne propose rien de nouveau, Nile fait du Nile, jusqu’ici tout vas bien. Mais sur ce sixième opus, les américains renouent avec la brutalité, minimisant ainsi les interludes traditionnels pour laisser place à l’efficacité et surtout à un travail monumental au niveau des riffs.
Comment ne pas pousser un « ouf » de soulagement après un « Kafir ! » de folie qui annonce tout simplement l’apocalypse. Un titre brutal à souhait regroupant toutes les facettes du groupe alliant à cette déferlante de blast-beat des breaks suffocants qui feront vibrer vos enceintes.
Si efficacité est le mot maître ici, l’album n’est pas pour autant téléphoné et Nile ne tombe pas dans la facilité et réussi à nous faire voyager. Bien qu’en limitant l’aspect traditionnel que l’on pouvait retrouver sur les anciens albums, la brutalité ne prend pas le dessus sur les ambiances si particulières dont Nile a la recette. Preuve en est avec le titre éponyme où nous retrouvons avec surprise un chant lyrique doublant Dallas sur le refrain ou encore ce break pachydermique où nous retrouvons une des (trop) rares apparitions vocales du nounours Sanders, visiblement très en colère. Je pourrai ainsi citer un « 4th Arra Of Dagon » sorti tout droit des catacombes et son final dantesque qui pourrait presque invoquer Dagon dans ton salon, ou un « Iskander D'hul Karnon » clôturant magistralement l’album bien qu’un peu court à mes yeux.

Certains reprochent déjà à ce disque un certain manque de « tubes », c’est ici que je me demande si nous avons bien écouté le même album. Comment rester de marbre face à un « Permitting The Noble Dead To DescendTo The Underworld » en lisse pour être un des titres les plus brutaux du groupe, et ce riff tout simplement jouissif à 1 :31 ! Sans oublier « Kafir ! » et ses « THERE IS NO GOD » mémorables.

Alléchant tout cela non ? Et pourtant il réside quelques points qui sont encore à travailler. Nile a grandement perdu après le départ de Jon Vesano, surtout vocalement, sa voix apportait une puissance phénoménale et ce fût un choc d’entendre Dallas s’occuper à 90 % des vocaux sur « Ithyphallic ». Finalement ils s’en sort extrêmement bien ici, surtout que la voix est déjà moins sous mixée que sur le précédent opus. Mais comme je le disais les apparitions de Karl Sanders sont devenues trop rares bien de plus qu’elles sont à chaque fois excellentes.

Côté production, le groupe a confié cette fois la tache à Erik Rutan (Hate Eternal) qui a donné au groupe un son proche de celui d’ « Annihilation Of The Wicked », bien loin de la dernière bouillie qu’il avait donné à son groupe sur « The Fury & Flames ». La batterie n’est cette fois pas trop mise en avant, seules les grosses caisses sont triggées. En parlant de batterie, George Kollias nous démontre encore une fois qu’il est un monstre de rapidité, allant à des vitesses inhumaines, et je suis prêt à parier qu’il n’y a pas grande retouche. Cependant on regrettera son manque de créativité, se contentant de blaster et d’aller vite, alors qu’il aurait pu faire des choses très sympathiques comme sur le plan à deux caisses claires sur le début de « Kafir ! » à 1 :00.

« Those Whom The Gods Detest » ravira les fans de Nile, et consolera, ceux qui comme moi, ont boudés « Ithyphallic ». Nile prouve encore une fois qu’ils sont au dessus de beaucoup de groupes évoluant aujourd’hui dans la sphère brutale. Medames et messieurs, j’ai trouvé mon album death de l’année !

1. Kafir!
2. Hittite Dung Incantation
3. Utterances of the Crawling Dead
4. Those Whom the Gods Detest
5. 4th Arra of Dagon
6. Permitting the Noble Dead to Descend to the Underworld
7. Yezd Desert Ghul Ritual in the Abandoned Towers of Silence
8. Kem Khefa Kheshef
9. The Eye of Ra
10. Iskander D'hul Karnon

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