Chronique Retour

Album

06/06/15 - DarkMorue

Dehuman

Graveyard of Eden

LabelKaotoxin
styleBrutal Death Metal
formatAlbum
paysBelgique
sortiemars 2015
La note de
DarkMorue
8.5/10


DarkMorue

Un mec qui écrit des trucs.

Bon, en cette période de disette, je fais que de râler sur divers albums, je passe pour le rageux de service qui atomise la gueule à tout ce qui sort, mais bon, faut bien que je refile des trucs pour compenser mes mandales un peu. Du coup, quand tout va mal, et qu'on veut se réconforter en prouvant que l'herbe est pas du tout plus verte ailleurs, on fait nos chauvins et on va voir notre fournisseur de baffes habituel : Kaotoxin. Y'a pas à dire, ce label est une fierté nationale tant toutes les sorties en provenant tapent dans le fond ces derniers temps. Et donc, après les Ad Patres, Darkall Slaves et autres Insain (pour ne parler que de ce qui est sorti en Death Metal, si j'élargissais le registre j'aurais pas fini) c'est Dehuman qui revient et qui est pas content. Bon, pas tout à fait Français parce qu'en vrai cette fois c'est du Belge, mais c'est pareil non ? ...Non ? Vraiment pas ? Bon oki. Toujours est-il qu'ils sont de retour après un premier album bien sympa en 2012, et que cette fois ça enfonce le clou.

On reprend les bases et on va au-delà. On reconnaît bien le groupe si on est habitué au premier effort, mais la direction artistique a quelque peu changé. Toujours bien Old School et sentant la mort un chouia ésotérique, pour un rendu qui fait copuler Morbid Angel avec Suffocation et Pestilence, en bon rétro-Ricain de toutes les scènes, mais bien plus encore. On prend ici un virage certain, avec des séquences groovies en perte remplacées par des blasts à n'en plus finir qui font se rapprocher le combo d'un Hate Eternal. En un poil moins virulent et brutal bien évidemment. Le tout porté par des vocaux arrachés féroces que n'aurait pas renié notre Chuck chéri, souvent doublés, triplés et agrémentés de chœurs pour toujours plus d'epicness, et voilà, on ramasse notre gueule et en cette morne première moitié d'année, ça fait bien bien plaisir. Le tout produit bien comme il faut, sans être tape-à-l’œil mais puissant et au mix parfait, le tour est joué, la guerre déclarée.

Cette mixture tonitruante typique de l'Old School Moderne mais avec des influences qu'on ne retrouve au final pas toujours ensemble de cette manière est plus que convaincante, et le bond en avant par rapport au premier opus (qui était bon, mais a déserté mes platines depuis un moment et probablement pour encore longtemps) est spectaculaire. On a désormais une ribambelle de compos qui cassent la gueule, entre folie furieuse débridée pure (le monument "Temple of Lust and Fire" qui joue parfois presque sur les plate-bandes de Nile) et tube ultime à gueuler sous la douche pour être sûr que personne n'y entre (l'opener "Sepulcher of Malevolence" pose d'office ses couilles sur ton front, oui le tien). Et vas-y que ça blaste, que ça tape dans la tronche, mais comme toujours avec ce genre d'albums (c'est à dire les albums de Brutal Death réussis), le point fort reste la mélodie de tout instant. Entre les séquences qui bourrent, les leads tristes sont légion, les soli tissent les notes plus qu'ils ne se branlent, et le seul mot d'ordre donné est de rester putain d'épique en tout instant. On lève le poing et on part à la charge quand ça s'énerve. Au milieu de la tempête à casser la gueule à du zombie qui veut te piquer ta place. La jolie pochette bien rétro avec un chouia de Giger dedans (RIP) veut tout dire à ce niveau-là.

Donc voilà, variété de registre, souffle guerrier, blastouille dans la face, Old School, que demande le peuple ? Mais vous inquiétez pas, c'est qu'ils en ont encore plus dans la caboche nos Belges. On se ramasse même en quelques points clé d'énormes Slam incongrus, qui font dans ces cas-là plus d'effet que jamais. En particulier cette séquence juste bluffante sur une "Cerebro Veneficium" qui se fait de plus en plus apocalyptique, mon titre préféré de la galette, ou bien sur un dernier titre qui... Ben dont il faut parler parce qu'il toise tout le reste. Avec sa durée dépassant les 7min, sa superbe intro acoustique en train de cramer, et son outro qui renvoie sous terre. Bref, mille fois oui. Dehuman a cette fois tout compris à comment faire un opus ultra robuste, développant une personnalité propre en synthétisant d'autres choses pas originales mais d'une manière légèrement différente, avec son ambiance à lui, sans jamais rien révolutionner mais pouvant mettre d'accord autant les vieux cons que les amateurs de la scène actuelle.

Bref, voilà, tout est dit. "Graveyard of Eden" a tout compris et est à même d'imposer ses géniteurs comme quelque chose de grand d'ici quelques temps. Parfaitement balancé, féroce, rentre-dedans, épique, baignant dans la fin du monde, plus qu'à voir si ça suit en live, et si c'est le cas on peut tenir un nouveau gros poisson. Plus qu'à prêcher et faire des émules, mais avec un opus de cette force, ces Belges nous mâchent presque le travail... Bref, qui que tu sois, si tu as lu la chronique jusque là, attarde-toi un peu là-dessus, au moins pour le soutien et la résistance. Merci.

Tracklist :

1 – Sepulcher of Malevolence
2 – Crypts of Blood
3 – Obedience to Pestilence
4 – Invocation of Sublime Death
5 – Temple of Lust and Fire
6 – Cerebro Veneficium
7 – Ov Madness
8 – Goddess of Sins