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samedi 11 avril 2015

Pestiferum + Helegion + Acte Profane

Dock - Grenoble

S.

Samedi soir se tenait au Dock de Grenoble une soirée dédiée au Black Metal underground, la bien nommée « Black Devotion Night ». Au programme, trois formations françaises venues défendre leurs compositions devant une assemblée d’une cinquantaine d’individus environ.

Les hostilités commencent avec les toulonnais d’Acte Profane. Forcément, quand on parle de la scène toulonnaise, on ne peut s’empêcher de penser aux Seigneur Voland, Blessed in Sin et compagnie. Croyez-moi ou pas, mais ce projet respire cette vieille scène obscure que je qualifierais ici avec un certain euphémisme d’ « alternative », à savoir un Black Metal plutôt linéaire, aux riffs simples mais non dénués d’intérêt, dessinant une atmosphère à la fois froide, revancharde et parfois nostalgique, portée par des vocaux hostiles et une partie rythmique plutôt monotone. Il faut aimer ce style direct et dépouillé, les amateurs de technique et de compo’ chiadées risquent de bien s’ennuyer, mais pour ceux qui comme moi ne sont pas rebutés par ce minimalisme, ça passe plutôt bien. Un set sans prétention mais correct pour ce trio qui n’a à leur actif qu’une seule démo autoproduite, « Verden », parue l’année dernière.

Setlist :
I
II
Leucibrogon
IV
Reprenons les Armes
De Partibus Saxoniæ
The End Of Disgusting Life (cover de Nekrokrist SS)

 

Place ensuite aux locaux d’Helegion. Ils font partie des groupes que j’ai le plus vu sur scène au final, c’est la quatrième fois ce soir. Pour autant, je ne boude pas mon plaisir de les revoir de nouveau, appréciant énormément leur musique et l’atmosphère live qu’ils dégagent. Pour autant, le bar du Dock ne se prête absolument pas à leur cérémoniel particulier, la faute à l’exiguïté, au décor dégueulasse et l’absence de jeu de lumière. Le quatuor ne va malgré tout pas se laisser abattre et distiller ses titres dont une bonne partie est tirée de leur dernière démo « Ritualis » parue chez Atavism Records, à savoir un Black Metal obscur, dévoué au Grand Cornu. Les musiciens n’arborent pas la moindre once d’émotion durant l’ensemble du set, notamment le guitariste, le regard vide de bout en bout. « Proclamation » et ses riffs de tueur fait toujours son effet et le reprise de Beherit « The Gate of Nanna » est toujours aussi efficace pour conclure leur prestation. Toutefois, cela n’aura pas été leur meilleur show, essentiellement dû à un manque d’impact et un son pas vraiment parfait. Correct mais en deçà du rituel de Chambéry il y a trois mois.

Setlist :
Invocation (intro)
Proclamation
The 13th breath
Ignis Occultis
?
Destroy the fetters
The Gate of Nanna (Beherit cover)


Dernière formation et tête d’affiche de la soirée, les albigeois de Pestiferum. Je n’avais jusqu’à présent jamais entendu parler d’eux, pourtant ils ont dix ans d’existence et plusieurs productions au catalogue, dont la plus récente « Déchus du fléau » parue chez Hass Weg en 2013. Et là quand on les voit débarquer sur les planches du Dock, ça ne plaisante pas. Une mise en scène avec un style vestimentaire plus trve que ça tu meurs : maquillage ivol, collier en crânes de bouc, perfecto tuné à la dépouille de rat (même sur l’instrument du gratteux y’a un cadavre de muridé collé !) et clous sur les bras de rigueur. Caricatural ou pas, bordel quelle excellente entrée en matière ! Niveau musical ? Boucherie totale. Le quintet va nous délivrer une musique franche et sans fioriture, ça pue la crasse, c’est 100% old school, no fun no trends no keyboards no female vocals. Neuf titres distillés sans concession, avec un formidable groove Rock’n’Roll, survitaminé, avec « L’Infâme » à la guitare qui astique son manche comme s’il était devant un Brazzers, offrant un certain côté « technique » intéressant aux titres. Et que dire de ce sanglier en guise de vocaliste, dégueulant toutes ses saloperies avec un timbre proche de celui de Gaamalzagoth (Moonblood), rauque au possible. Grands guignols ou projet très sérieux, je n’en sais rien et ça m’est égal, Pestiferum a débordé d’énergie et a effectué un show dantesque, si évidemment vous appréciez un tant soit peu le style pratiqué. Mecs, ne changez rien.

Setlist :
Holocauste bubonique
Famine estrange
Des prêtres, rites et défunts
Pures, ardentes et immortelles
Syphillis déjantée
Misère gangrenée
Le supplice de judas
Au vent mauvais
Seule la flamme absoudra le pécheur

 

Une bien bonne soirée. Merci à tous les acteurs !

 

Photos