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lundi 6 avril 2015 - S.

Under Black Horizons IV : Der Weg einer Freiheit + Downfall of Gaïa + Maïeutiste

Brin de Zinc - Chambéry

S.

Pour sa quatrième édition du « Under Black Horizons », les organisateurs chambériens reçoivent les allemands de Downfall of Gaïa et Der Weg einer Freiheit, dans le cadre de leur tournée européenne pour défendre leur nouvel album respectif. Trois semaines à sillonner les planches du Vieux Continent, entamé le 19 mars et s’achevant le 9 avril. Cette date savoyarde fait donc partie de leurs dernières représentations. Pour compléter l’affiche, comme à l’accoutumée c’est un groupe local qui est programmé. Il s’agira ce soir des rhônalpins de Maïeutiste.

Sur les coups de 20 heures, c’est donc Maïeutiste qui se charge de chauffer le Brin de Zinc, le public est encore clairsemé. Je dois avouer que je n’étais pas particulièrement impatient de les voir, ayant déjà assisté à leur représentation il y a quasiment un an jour pour jour à Saint-Etienne, en ouverture de Negura Bunget. Leur set ne m’avait absolument pas convaincu. Quel résultat ce soir ? Guère mieux. Pourtant leur Black teinté de Doom à la Bethlehem a de quoi séduire sur scène avec pas moins de trois guitares, donnant ainsi pas mal de corps et de détails à la musique mais…non, leurs compositions ne me parlent pas. Bon, je reconnais malgré tout que certains passages sont intéressants et me font tapoter du pied, sans aller plus loin cependant. Pour ceux que ça intéresse, Maïeutiste devrait officiellement sortir son premier album (8 ans après leur démo !) en septembre prochain. En attendant, faîtes votre propre jugement en écoutant un extrait de leur concert ci-dessous.


Setlist :
1. Intro live
2. ...in the mirror
3. Reflect / Disappear
4. Lifeless Visions
5. The fall
6. The eye of maieutic art
7. Death to Socrates

 

Place maintenant au grand saut dans l’inconnu, ne connaissant en fait pas du tout les deux têtes d’affiche de ce soir, à peine ai-je consulté leur page Metal-Archives histoire de voir leur pédigrée. On commence avec Downfall of Gaïa, qualifié d’ « Atmospheric Sludge/Post-Metal/Crust » d’après Notre Bible. Les teutons viennent présenter leur nouvel album « Aeon Unveils the Thrones of Decay » sorti en novembre dernier chez Metal Blade. En Blackeux pur et dur, j’appréhende vis-à-vis de l’étiquette. Mes doutes vont rapidement se dissiper ! Le quatuor nous propose une musique mêlant passages écrasants (louuuuud), suivis d’instants totalement épileptiques, renforcés par l’utilisation de stroboscope en background, juste extatique comme sensation ; surtout que les riffs sont inspirés, tout est déroulé de façon fluide, c’est joué avec les tripes. Pour autant, les allemands ne se privent pas de mélodies magnifiques, je pense notamment à cet intermède acoustique « Ascending the Throne », céleste et contemplatif, presque shoegaze. Shoegaze oui, on peut en percevoir des bribes dans le jeu de la guitare, ces passages aériens et envoûtants. Néanmoins, au niveau vocal, on est loin du style mielleux cité précédemment, c’est hurlé dans un registre crust, avec un côté étouffé. D’ailleurs, ils sont trois à user de leur organe, le frontman principalement, épaulé par moment par ses deux acolytes. On peut également noter quelques larsens qui trainent par ci par là, liés aux origines « garage » du style, très probablement. Pour comparer avec ce que je connais, leur set m’a fait penser à celui de Regarde les hommes tomber, pour cette ambiance hypnotique et touchante.
Bref, tout ça pour dire que Downfall of Gaïa m’a foutu une branlée royale, ni plus ni moins.


Setlist :
???
[…]
Darkness inflames these sapphire eyes
[…]
Ascending the Throne
To carry myself to the grave
[…]
???

 

Place ensuite à Der Weg einer Freiheit. Comme leurs prédécesseurs, je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à l’annonce de ce concert. Pourtant, les allemands existent depuis environ sept ans et ont plusieurs productions à leur actif, notamment leur toute dernière en date « Stellar » parue sur le label français Season of Mist. Les organisateurs nous avaient prévenus que ça allait blaster ; c’était la seule donnée entrante en ma possession avant que retentissent les premières notes. Ça commence pourtant assez calmement avec l’introduction de « Repulsion », en mid-tempo, avec une voix claire pas forcément juste, histoire de chauffer un peu la machine, avant que la fougue du Black Metal ne s’empare du Brin de Zinc. On ne nous avait pas menti, le rythme est vraiment effréné, avec un Tobias en véritable artilleur derrière ses futs. Pour autant, le quatuor ne tombe pas dans la facilité de tout miser sur la violence primaire, les lignes musicales sont travaillées, développant une ambiance à la fois conquérante, épique, entrecoupée de passages plus lents, pour mieux accélérer par la suite. Les riffs sont interprétés si rapidement que ça en est presque atmosphérique, avec quelques notes cisaillantes ci et là, me faisant beaucoup penser à leurs compatriotes de Geïst (renommés Eïs aujourd’hui), voire même les norvégiens de Vemod par moment. On pourrait également citer Imperium Dekadenz comme influence principale, notamment par ces intermèdes acoustiques.
Neuf titres d’une intensité rare, jubilatoire, hypnotique…épileptique. Der Weg einer Freiheit a donné une véritable leçon au public venu nombreux ce soir en terres de la Sapaudia. Grosse claque.

Setlist :
1. Repulsion
2. Der stille Fluss
3. Lichtmensch
4. Einkehr
5. Ewigkeit
6. Nachtsam
7. Eiswanderer
8. Zeichen
9. Ruhe (rappel)

En conclusion, voilà typiquement une soirée où vous allez sans en attendre grand-chose, et vous ressortez avec cette putain de satisfaction d’avoir passé un bon moment et découvert de beaux projets. Avec ses 125 entrées, les organisateurs ont fait un score honorable qui leur permettra probablement de réaliser une cinquième édition prochainement.
Merci à tous les acteurs de cet événement réussi.

 

 

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