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jeudi 12 mars 2015 - DarkMorue

Human Vacuum

Aurélien & Baptiste

DarkMorue

Un mec qui écrit des trucs.

Des petits Français qui sortent un album, un groupe de plus qui démontre tout son talent dans notre fierté nationale qu'est le Metal complètement barré copulant cette fois avec la Fusion / Néo / trucs démodés d'il y a 20 ans, c'est Human Vacuum, dont le nouvel album a fait chaud au petit coeur tout mou de notre DarkMorue qui délaisse pour une fois son Death Metal de merde. On allume Skype, et on dit coucou aux deux dictateurs du groupe, le chanteur Aurélien et son fidèle guitariste Baptiste. Wesh les mecs !

Wesh !

Bon, on commence par la question bien clichée spéciale pour les lecteurs qui auront la flemme d'aller lire votre biographie sur le site : vous pouvez présenter le groupe en deux mots, une courte biographie ?

Aurélien: Oui.

*silence plein de gêne*

Aurélien : Alors, le groupe a été formé en 2009, par à la base la bassiste originelle (Alexandra) et moi-même au chant, on faisait alors de la musique acoustique mais comme nous étions plutôt fans de musique amplifiée et légèrement brutale, nous avons décidé de créer un groupe de musique amplifiée et légèrement brutale. J'ai donc recruté Baptiste Bertrand ici présent, car nous étions sur le même forum (n'est ce pas), nous avions donc des choses en commun, carrément mêmes rédacteurs sur le même webzine en fait, et via le boulot on a rencontré Wojtek Wojcik, alias notre batteur, et le principe était de faire de la fusion, on était d'un coté deux gros fans de Metal (Baptiste et moi-même) et à côté deux gros fans de Groove, Reggae et autres trucs de tapettes, qui étaient la section rythmique (comme souvent avec la section rythmique).

Est-ce que vous seriez capables de mettre une étiquette de moins de trois mots sur la musique jouée ?

Baptiste : Musique.
Aurélien : Fusion.

Ah merde. Fusion, c'est tout ? Putain ils m'ont eu. Bon au moins je sais comment étiqueter ma chronique maintenant. Je voyais ça en plus bordélique.

Aurélien : Ah bah oui. Metal/Fusion ça va bien, même si quand des néophytes me demandent je dis "Rap Metal" pour qu'ils puissent raccrocher ça à quelque chose, et là ils disent "Haaaaa un peu comme Rage Against The Machine" et là du coup je dis non.
Baptiste : En fait c'est simple, selon le morceau ça va être Metal Fusion Metal, sinon ça va être Fusion Metal Fusion, tu vois ? Des fois c'est Fusion Fusion Metal. Y'a une symétrie, un truc, où t'as des éléments qui prennent en sandwich celui du milieu quoi.
Aurélien : On essaie de faire de la fusion au sens large dans le sens où y aura toujours du Metal dans ce qu'on fait, parce qu'on est des bourrins, mais à coté y aura toujours autre chose. Jamais une chanson purement Metal, on serait capable d'en faire mais ce serait pas du Human Vacuum, dans Human Vacuum y aura toujours quelque chose qui va nous emporter, même si de l'autre côté quand on commence à composer un morceau à tendance calme et pas saturée, on attend juste de savoir quand est-ce que ça s'énerve, genre Où Quell Ey la Violaaance [avec un accent québecois de merde].
Pour signaler La Violaaaance c'est une référence à Kataklysm en live avec son accent pourri qui te sors CLISSON JVEU DLA VIOLAAANCE CLISSON.

Haha ouais, avec EX DEO c'est limite encore pire, j'ai un souvenir gravé à jamais de CRYPTOPSY qui veut qu'on n'aille touss chercher la merchandise là, enfin voilà.
Sinon, pour parler un peu des influences du groupe ? Je crame pas mal de SOAD pour commencer ? Quoi d'autre ?...

Aurélien : Alors, SOAD, beaucoup de gens nous en parlent et je le comprends bien, mais c'est une influence qui est inconsciente, dans le sens où on en écoute tous, mais c'est pas non plus comme quand on fait exprès de faire du Manowar, System c'est pas voulu. Pour parler des influences, je peux dire les groupes qu'on aime, on est tous fans par exemple de Devin Townsend et tous ses différents projets, je pourrais parler du batteur qui est un grand fan de 311, ou Cake, un autre groupe qu'on aime tous, plus que SOAD, Alexandra était une grosse fan de Machine Head ou Grip INC, l'ancien bassiste bien fan de Tool, et le bassiste actuel fan des groupes que personne ne connaît. MERZBOW, les trucs de Noise, tout ça...

Ah merde donc y'a des gens qui écoutent ça pour de vrai.

Aurélien : Même moi j'en fais, quand je me rase, avec un rasoir électrique, je sors un EP et il me paie la mousse à raser de la prochaine fois. Sinon, les influences qui comptent le plus restent celles qui nous ont forgées en tant que musiciens, donc je vais te parler de KoRn, de Psykup, de Black Bomb A et de Lofofora. Et même dans ces gens y'a des influences qui se recoupent, Julien de Psykup étant un gros fan de Townsend lui aussi. Une chose en amène une autre, voilà...
Baptiste : Donc moi en tant que guitariste et en tant que chanteur c'est principalement Wes Borland de Limp Bizkit, c'est un guitariste que quand je l'ai entendu je me suis juste dis "mais qu'est ce que c'est ça ?" parce que bon, je viens de Versailles, donc t'excuseras mon langage un peu... Voilà. Sinon c'est pas mal aussi tout ce qui est Black Metal et...
Aurélien : Oui, il a un véritable poignet de célibataire, il peut aller très très vite.

Ah ouais tiens, tu parles de LIMP BIZKIT, alors faut en parler, c'est quoi le problème de la reprise sur l'album, les paroles c'est Google Trad c'est ça ?

Baptiste : Alors non, faudrait que les gens arrêtent de parler de Google Trad. Disons qu'à la base, quand on a démarré Human Vacuum, on a choisi chacun un morceau et on jouait ça en répèt, afin d'avoir une base et pas se retrouver comme des glands à pas savoir quoi faire dans la salle, avec le chanteur qui attend patiemment parce qu'il sait qu'il est le dernier à pouvoir faire quelque chose, le batteur qui veut taper des trucs, le bassiste qui ramène un pack de bière et en a déjà fini la moitié et le guitariste qui joue déjà trop fort sur son ampli. Nous on n'a pas fait ça, on a ramené chacun un morceau (et d'ailleurs y avait du System) et justement "The Truth" de Limp Bizkit en faisait partie et correspondait au cahier des charges qu'on s'est établi. Les années passant, on s'est dit qu'on pourrait le reprendre avec un côté "traduction littérale", parce que c'est un truc qu'on fait beaucoup et avec lequel on déconne beaucoup, traduire des expression idiomatiques en français, c'est aussi drôle dans un sens que dans l'autre.
Aurélien : Donc je tiens à dire que la traduction n'a pas été faite par Google Trad, elle a été faite par moi qui voulait sonner comme Google Trad. Donc y a quelques trucs dont je suis très très fier, genre "The Pendulum Swinging" que j'ai traduit par "Le Pendule Échangiste", ce genre de choses... Et je voulais surtout rappeler au monde que malgré tout le respect que j'ai pour Limp Bizkit, surtout le premier album, c'est un groupe aux paroles totalement stupides mené par un connard mégalomane. "The Truth" en particulier, je trouve le riff monstrueux, la basse fantastique, le flow de Durst est bon, il part pas dans ses aigus qui m'énervent, mais le texte est complètement con. Donc à partir de là on est parti sur ce morceau, et j'ai voulu traduire en français parce qu'on est un groupe qui fait du LOL, et la meilleure manière était de prendre un texte de Fred Dust, le traduire, se rendre compte que c'est complètement con et ridicule, et ça marche. Par contre au final c'est un peu une double reprise, au niveau de la musique on a repri Limp Bizkit et au niveau du texte bah on a repris Google Trad. Donc je suis très content du rendu, j'espère que ça fait marrer les gens et a priori ça marche quand même.

Sinon, y a pas longtemps, j'ai vu que vous avez repris "The Void Ahead", un morceau de votre album donc, en acoustique, vous pouvez en dire un peu plus sur le pourquoi du comment de cette reprise ?

Aurélien : Alors, le pourquoi du comment c'est une source de motivation qui est qu'en ce moment nous sommes dans le Headbang Contest, ce tremplin qui nous permettra peut-être de partir au Motocultor, on en a très envie enfin voilà, et un des critères de ce Headbang Contest était d'avoir une présence Internet. Donc on a eu plein d'idées intéressantes qu'on vous dit pas tout de suite pour garder la surprise pour quand ça deviendra réel, on a pensé à faire un truc innovant qui soit pas juste un live en répèt en image fixe, on peut faire mieux, et donc j'ai pensé à la reprise acoustique de Baptiste de "Tout s'efface" et on s'est dit "et si on faisait une reprise acoustique ?".
Baptiste : Du coup on s'est posé dans une grande pièce dans une maison, fisheye, un micro chacun, on a joué et voilà.
Aurélien : On a fait une vague répèt avant, sans Alex, le batteur a découvert le Cajon, l'instrument, le soir-même de l'enregistrement, et a fait un truc merveilleux avec, on a fait sept prises et on a gardé la septième. Et on est content, en plus ça nous ouvre une porte parce que ce genre de reprises acoustiques de nos propres morceaux on n'a pas fini d'en faire. En général ce genre d'occasions qui tombent et te donnent une source de motivation, faut les saisir au vol, sinon tu restes dans ton canap' et tu fous rien, si t'as pas des échéances ou des trucs qui te forcent à bouger... Là c'est ce qui s'est produit et je suis content qu'on l'ait fait.
Baptiste : Le résultat en soi est sympa, c'est propre, ça permet aussi de donner une autre couleur au morceau, qui est un des plus tarabiscotés, avec des changements d'ambiances, le plus Prog, pas de couplets...

 

Yes. Tu parlais justement du Headbang Contest, donc j'ai vu que vous êtes en final parisienne, ce qui est plutôt badass...

Aurélien : Yep, 11 avril, Petit Bain, venez nombreux.

...Et donc vous avez d'autres dates de prévues, une tournée ? Vu que moi je pourrais pas vous voir snif snif :'(

Aurélien : Alors, justement, si tu es tourneur et que tu nous lis, bonjour, nous sommes Human Vacuum. Nous voulons jouer un peu partout. Pour l'instant nous n'avons que deux dates de prévues à Chatenay Malabry, fin mai et à la Fête de la Musique sur la place de la Mairie, ce sera un peu un retour aux sources vu que notre tout premier concert a eu lieu là, devant des enfants.
Baptiste : Les gamins assis en cercle devant leurs parents, notre premier public a été un parterre d'enfants qui criaient et levaient les bras, c'était énorme. Et justement sur "The Void Ahead", la chanson calme, quand ça partait pas en cris et disto et que les gosses étaient en mode "oh noooon c'est mieux quand ça bouge", on s'est dit qu'on tenait quelque chose. J'espère qu'ils ont emmené leurs parents à H&M pour acheter des t-shirts Slayer.
Aurélien : Sinon, à ce niveau-là on a rejoint un collectif y a pas longtemps qui s'appelle La Voix des Hères, basé dans l'Ouest de la France, et clairement une des raisons c'était déjà de leur ouvrir des portes pour la possibilité de faire des dates à Paris, et également nous ouvrir des portes pour jouer dans l'Ouest. Mais je rappelle, si tu es tourneur, et que tu voudrais faire jouer Human Vacuum, eh bien tu nous appelles, y a bien des gens qui font jouer Paupiettes, alors tu peux faire jouer Human Vacuum.

Yes, on vous appelle la prochaine fois. Sinon du coup, j'ai vu que votre album est sorti en digital, une sortie physique est prévue ?

Aurélien : Ah, c'est un peu l'arlésienne. En gros, Human Vacuum est un groupe composé en partie d'intermittents et de chômeurs, les dépenses sont assez limitées et faire des trucs physiques, ça coûte cher. Donc je sais qu'à un moment donné on fera au moins une version physique en carton simple histoire d'avoir du merch, pour avoir quelque chose à vendre aux concerts, donc si tu es un label, et que tu lis cette interview, sache qu'on aimerait bien sortir notre album dans un super digipack trop classe avec un beau livret, histoire de pouvoir le distribuer et que les gens l'achètent, mais pour l'instant on est limité par la thune, Human Vacuum ça nous rapporte rien et ça nous coûte des sous, l'ensemble des revenus s'élève à 40€ qu'on a déjà dépensés pour refaire un site web à nos frais. On est en auto-production, financés par nous-mêmes, j'aimerais bien faire des t-shirts aussi mais ça coûte des sous. D'ailleurs si tu es lecteur et que tu lis cette interview, sache que tu peux aussi acheter notre album pour 9€ (ou 15 ou 20 hein) et que l'argent que tu mettras sur notre Bandcamp nous servira éventuellement peut-être à sortir un version physique.
Baptiste : Et si tu es blonde à forte poitrine...
Aurélien : Saches que Baptiste et moi sommes les deux éléments célibataires du groupe.
Baptiste : Surtout si tu es fine à forte poitrine.
Aurélien : Moi ce serait plutôt ronde à forte poitrine.
Baptiste : A noter que j'aime aussi les brunes et les rousses.

Tiens justement, tu parlais d'acheter l'album sur le Bandcamp, en tant que groupe qui propose uniquement son album sur Internet en téléchargement payant, quel est votre point de vue sur le téléchargement illégal ?

Aurélien : HAHA, LOL, tiens justement. Mon point de vue sur le téléchargement illégal est assez développé vu qu'on a dû lutter contre une semaine après sa sortie. En gros, je pars du principe que télécharger illégalement les grands groupes qui arrivent à vivre de leur musique, qui font des tournées et qui sont endorsés, soit, mais alors télécharger illégalement un jeune groupe français qui déjà en chie et qui surtout PUTAIN TE PROPOSE D'ÉCOUTER SON ALBUM GRATOS, sur Deezer, sur Bandcamp, que t'as pas à la base besoin de payer, eh ben excuse moi de te le dire si tu le télécharges illégalement tu es une pute, tu es la personne dont Julien parle dans "Birdy" de Psykup, où il explique que si t'étais en train de cramer il te pisserait pas dessus. Le metalleux moyen il aime bien faire la pub pour les trucs underground mais il a du mal à comprendre que pour soutenir une scène, faut pas juste en parler. Pour nous comme pour un milliard de groupes français, faire de la musique nous coûte de l'argent. Donc à un moment donné si tu veux qu'on continue à faire de la musique, il faut que tu nous donnes un peu de ton argent, c'est pas grand chose, c'est 9€, le prix d'un paquet de clopes en 2016, donc à partir du moment où un groupe comme le nôtre te donne le choix d'écouter autant de fois sa musique que tu le veux sans limite d'utilisation (bientôt sur YouTube et Deezer et Spotify), à partir de là, j'estime que si tu nous télécharges illégalement t'as juste pas compris.
Baptiste : Pour ma part, c'est quelque chose auquel j'ai eu énormément recours à une époque. Les CDs, ça coûte cher, tout le monde a pas forcément accès aux circuits de distribution, que t'es jeune et que le seul auquel t'aies accès c'est la FNAC dont t'as vite fait le tour... Aussi un côté "j'en peux plus d'attendre mais je sais que jusqu'à la fin du mois je risque de manger des pâtes" et manger reste une fonction plus vitale que la musique... L'aspect découverte est aussi grandement facilité, télécharger en se disant qu'on va régulariser plus tard est assez fréquent, et aussi il y a quand même différentes manières, perso j'adore écouter de la musique dans les transports et une solution comme Spotify et autres n'étant pas du tout appropriée, voilà. Y a effectivement tout ce qu'Aurélien a dit dans le sens où c'est une grosse sodomie contre le mur de Berlin pour les groupes indépendants et autoproduits comme nous, et ce qui me dérange le plus c'est qu'on a mis les moyens pour avoir une production vraiment cool (par Zoé de Herrshaft, CNK, tout ça), et donc l'album se trouve sur les sites de téléchargement Russes et compagnie mais sur une qualité dégueulasse parce que c'est celle du streaming Bandcamp pas du tout optimale ré-encodée derrière encore un coup, donc rien qu'au niveau du fait d'investir dans la qualité sonore pour avoir son identité et la voir mutilée comme ça, c'est un peu comme se dénuder face à une belle femme et avoir ses parties pixelisée comme dans un porno Japonais, c'est horriblement frustrant tu donnes pas le meilleur de toi-même.
Aurélien : On sent la colère de l'ingé son. Moi ce qui m'énerve le plus c'est le principe, qui est : si notre album n'était pas disponible gratos à l'écoute, je pourrais encore comprendre, MAIS IL L'EST. Donc si tu veux nous posséder (et vas-y, possède-nous), eh ben paie.
Baptiste : le traditionnel discours "soutenez la scène Metal, soutenez la scène locale". Nous, on a pas vendu beaucoup d'albums. Tu peux faire découvrir un groupe en mettant le truc en streaming. Tu peux aussi le faire en mettant l'album en téléchargement via Torrent et compagnie, mais là tu soutiens pas, c'est aussi con que ça. C'est bien gentil que tous ces sites mettent le lien vers le Bandcamp mais ça a rien changé. J'ai toujours le cul entre deux chaises parce que ça m'arrive d'y avoir recours mais je régularise dans la foulée car une fois dans la situation du musicien qui se fait voler sa musique, ça remet un peu les yeux en face des trous.

Dans votre album on retrouve un certain nombre de guests, en particulier une certaine Asphodel (de PIN UP WENT DOWN, entre autres), quelle est l'histoire derrière tout ça ?

Aurélien : Ah là c'est une très belle histoire. Asphodel est une musicienne dont j'étais fan quand j'étais rédacteur, j'ai chroniqué PUWD et pris une des claques de ma vie et demandé à l'interviewer. Cette interview est toujours dispo sur Les Éternels, au début je ne connaissais pas Asphodel et au fur et à mesure de l'interview on était devenu potes, ça s'est fait comme ça, on s'est mis à délirer comme des cons et c'est quelqu'un avec qui je n'ai pas perdu le contact, on s'envoyait des messages, puis c'est devenu ma prof de chant, puis mon amie et maintenant une de mes amies proches, dans les 4-5 personnes que je mettrais dans mon Inner Circle. Dès que je l'ai connue je savais que je voulais bosser avec elle un jour, et elle m'a fait devenir quelque chose qui pour l'instant reste unique : le principe du musicien dont tu es fan et qui devient fan de toi. Ça, c'est OUF. Le jour où Aspho a commencé à me dire "putain mec j'ai "Les gens qui parlent seuls" dans la tête, je la chante quand je fais ma cuisine, je la chante quand je parle à mes chiens (donc souvent)"... C'est une des plus belles relations que j'ai dans la vie, et en plus via moi elle a fait la connaissance de Baptiste et là il s'est encore passé autre chose.
Baptiste : J'avais vu les résultat des cours de chant qu'Aurélien a pris avec Aspho. SI TU ES CHANTEUR, VA PRENDRE DES COURS AVEC ASPHO, c'est de ça qu'elle vit sur la région de Lyon et elle mérite de vivre, et donc je m'étais dis que moi aussi j'en avais envie, plutôt qu'aller à la salle de muscu je suis allé à Lyon prendre quelques cours, et là voilà, Asphodel c'est le genre de personne, tu débarques, tu sais qui t'as en face de toi, t'es tout tremblotant en se disant "va falloir que je chante devant cette personne, cette espèce de Devin Townsend avec des seins"... Mais à partir du moment où tu la vois, c'est comme si tu recroisais des potes que t'as pas vu depuis des années pour boire une bière avec eux, comme si ça faisait que deux semaines que tu les avais pas vus. "Où étais-tu pendant toutes ces années alors que j'avais besoin de toi dans ma vie ?", quelqu'un de très humain, personne ne te met aussi à l'aise et c'est aussi devenu une personne de mon très proche entourage.
Aurélien : Et du coup elle a voulu faire un groupe avec toi.
Baptiste : Ouaip, elle a voulu monter öOoOoOoOoOo (Chenille lolz) avec moi, et on part enregistrer là à la fin du mois, passer après Alexis Damien qui est un musicien que je respecte énormément ça fout un peu de pression, le musicien qui a pondu les compos de PIN UP WENT DOWN c'est pas n'importe qui. Asphodel c'est donc une des personnes les plus riches que je connaisse, musicalement et humainement. Et là où c'est magique, c'est que les deux vont de pair, parce qu'autant avec certains tu peux différencier la personne de l'artiste (et là c'est parti en débat sur Kvarforth, Varg Vikernes et autres, enfin voilà), avec Aspho, t'as le full package. Elle s'exprime en chantant de la même manière qu'elle te remontera le moral ou que tu boufferas Vegan avec elle.
Aurélien : Et c'est pour ça que je la fais venir sur "Tout s'efface", qui vient d'une de mes nombreuses discussions conflictuelles avec Hreidmarr qui traite donc vraiment du "pourquoi les artistes sont des artistes" par rapport à une perception bullshit totale qui voudrait qu'ils soient au dessus de la plèbe, exceptionnels tout ça. L'artiste c'est un compulsif comme un autre, sauf que sa compulsion vitale à lui c'est : créer. On a ces trucs qui nous tournent dans le crâne, textes, musiques, tout ça, et si ça sort pas ça nous rend fou, on fait ça pour se libérer. Et c'est très exactement la vision d'Aspho de la création, et quand je lui ai fait lire le texte de "Tout s'efface" (elle fait systématiquement partie des premières personnes à qui je veux faire lire mes textes), elle m'a dit "okay, t'as mis le doigt dessus, je vais chialer et je reviens". A partir de là, comme ça lui parlait et qu'elle rentrait en résonance avec le truc, je savais que j'allais lui demander d'intervenir, et elle est intervenue tout en disant "fait chier, j'aurais voulu chanter sur "Les gens qui parlent seuls"".
Baptiste : Elle était avec nous pendant tout l'enregistrement de l'album, elle aidait Aurélien à se pousser dans ses derniers retranchements de l'époque, elle avait pas entendu le morceau et c'est la veille qu'on a fixé le chant. Et ça a donné le refrain final du morceau en 2-3 prises qui est pour nous le point d'orgue en terme émotionnel de tout l'album qui me fait pleurer en live à chaque fois qu'on le joue.

Vous êtes tous les deux chroniqueurs chez les Éternels donc...

Aurélien : J'y bossAIS ouais.

Ah ?

Aurélien : J'ai littéralement fondé le site à partir de La Terre des Immortels où j'étais le numéro 2, le numéro 1 a voulu tout foutre en l'air et tout saborder par rapport à un Burnout, on lui a dit d'aller se faire enculer et on a reformé Les Éternels sans lui. J'ai vu ce que ça rendait, le premier truc que j'ai cherché à faire c'est assurer ma succession à partir de 2007 et que le site me survive. Et là je suis très heureux parce que le site continue sans moi, j'y reste chroniqueur de manière très très ponctuelle (trois groupes à tout casser) mais je n'y ai plus de responsabilités mais qui fait partie de mon passé car sans lui je n'aurais pas rencontré Baptiste. Sans La Terre des Immortels et Les Éternels derrière et il n'y aurait pas eu de Human Vacuum.
Baptiste : Et tout ça a commencé quand un pote m'avait envoyé une chronique 20/20 de "Demanufacture" de Fear Factory, parce que j'aimais bien les chroniques et m'attacher au style rédactionnel de chaque rédacteur, reconnaître la personne humaine derrière. Pouvoir me dire "tel mec aime tel album, je sais quelle portion de goûts je partage avec lui, je sais que ce disque est pour moi". Et le style d'Aurélien m'avait justement sauté aux yeux, et que j'avais donc très envie de rencontrer et résultat, ça a porté ses fruits et on fait de la musique ensemble.

Aller, on va se laisser là-dessus, y a quoi dans vos playlists actuelles, histoire de recommander des Nouveautés à ceux qui nous lisent ?

Aurélien : Alors, j'écoute plus beaucoup de musique, mais y a deux trucs dont je peux parler. Donc si vous aimez le nawak Metal qui part dans tous les sens, le dernier Destrage est vraiment vraiment très bon, c'est complètement hystérique, ça part dans tous les sens, c'est un enchaînement de plans très efficaces dans le sens où ça Break de partout mais chacun des plans isolément est toujours un coup de pelle dans ta gueule. Sinon un EP d'un groupe qui s'appelle One Last Shot, du Hard Rock mâtiné de Punk qui sent le Texas avec des anciens de The Outburst, et dessus c'est moi qui joue de la basse, et qui fait les chœurs ! Enfin, c'est pas pour rien que c'est mon ancien groupe, c'était jouissif à jouer et maintenant que je suis plus dedans c'est jouissif à voir en concert et ils sont avec nous en finale du Headbang Contest.
Baptiste : Moi j'écoute beaucoup l'album de öOoOoOoOoOo parce que je bosse dessus, hein forcément. Sinon y'a le dernier Glaciation dans lequel je me suis plongé y a pas très peu de temps, l'EP "1994" m'avait vraiment foutu une claque monstrueuse, Hreidmarr ça fait plaisir de l'entendre sur du Black Metal (en français de surcroit), les mecs qui tiennent le projet sont vraiment pas des manches. Le dernier Voices aussi, des anciens d'Akercocke, m'a vachement plu aussi, une sorte d'histoire, de Film Noir, très urbain avec des interludes narrés, très très bon dans le genre Black/Death un peu Prog. Aussi le dernier Carpenter Brut que je trouve fantastique et qu'il faut que je chope la place pour les voir au Social (c'est quand même le guitariste et le batteur de Hacride qui l'accompagne sur scène). Le dernier Rufus Bellefleur aussi, et j'espère un album de Psykup... [déclaration d'amour pas gay du tout à Julien].
Aurélien : Sinon, la première bassiste de Human Vacuum a créé un groupe de chanson française à sketches hyper drôle et hyper bien foutu qui s'appelle Rhuméo& Gin'ette, donc si vous êtes fans de chansons à textes marrantes avec de jolies mélodies et des harmonies vocales, tapez ça sur Facebook, et voilà.

Un mot de la fin ?

Baptiste : Si vous avez des enfants, faites-en des névrosés et des dépressifs, ça en fera des artistes.

 

La chronique juste ici: http://www.hornsup.fr/a-7253/chronique/human-vacuum