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jeudi 5 mars 2015

Devin Townsend Project + Periphery + Shining

Cigale - Paris

John

Rédacteur sur U-zine.org (2008/2014) - Rédacteur Horns Up (2015).

Un petit peu plus de deux ans après son dernier passage dans la ville lumière, Devin Townsend remet les pieds dans la capitale. Paris était le premier arrêt de cette tournée européenne. Armé de son dernier double album « Z2 », le divin chauve nous a régalés. Une soirée haute en couleur, devant un public acquis à sa cause.
Shining (Norvège) et Periphery avaient la lourde tâche d’essuyer les planches, retour sur une soirée qui affichait complet depuis plusieurs semaines.

Shining

Les Norvégiens sont déjà sur scène lorsque je pénètre dans la salle et belle surprise, la Cigale est déjà aux trois quarts comble, c’est beau à voir pour une première partie. Autant être clair, c’est la première fois que j’ai affaire au Shining norvégien, malgré tout le bien que j’ai pu entendre. Et ce fut une belle surprise ! Bien que certains aux alentours taxent la musique des norvégiens de « grand n’importe quoi » (bouh, ça ne joue pas en 4/4 et il n’y a pas de grosses guitares), je dois avouer que je prends un sacré pied comme une bonne partie de la salle.
Le groupe est impressionnant de maitrise alternant des parties de free-jazz totalement chaotiques avec des plans plus catchy qui donnent furieusement envie de bouger. On regrettera cependant un son assez approximatif lorsque Jørgen Munkeby utilise son saxophone.
A revoir dans de meilleures conditions qu’en ouverture de soirée, mais Shining fait forte impression !

Periphery

Je m’excuse d’avance envers vous lecteurs et amateurs du groupe, ainsi qu’à notre cher William, mais ce fût les 45 minutes les plus longues de ma vie.
Periphery renferme tout ce que je déteste : des « riffs » (0-00-0-0000) modernes totalement vide, un chant clair horripilant et une présence scénique proche du néant.
Bien que je doive saluer la performance technique des Américains, il m’en faudra plus pour me retenir. Allez hop ! Direction le bar !

Devin Townsend

Le changement de plateau est fait assez rapidement, la salle se plonge dans le noir plus tôt que prévu et une euphorie générale s’empare de la Cigale.
Les quatre musiciens qui accompagnent le divin chauve arrivent sur scène, Devin lui arrive après tout le monde, affichant un grand sourire. Il lance alors les premières notes de « Truth » acclamé par un public qui lui mange déjà dans la main.
Si je n’ai pas encore pris le temps d’écouter le dernier double album « Z2 », c’est avec plaisir que j’en découvre les extraits, à commencer par le très catchy « Fallout » qui reste dans la droite lignée de ce qui a été proposé sur « Epicloud ».

Devin Townsend, qui semble être aux anges, lance un « Namaste » qui sera hélas gâché par un son bien trop faiblard. La guitare du Canadien est en retrait, mais le tir sera vite rattrapé, tant mieux car voilà du « Ocean Machine » avec « Night ».
Bien que « Z2 » vienne à peine de sortir, peu d’extraits seront joués et le set ressemble à un best-off avec la présence de nombreux vieux titres. Pour le plus grand plaisir du public parisien qui lui rend bien.
La salle s’électrise durant le premier extrait de « Ziltoid », qui n’est autre qu’ «Hyperdrive ». Son côté aérien prend une toute autre dimension en live, un des points forts du set.  

Ce concert parisien était le premier de la tournée. Bien que les Canadiens se trouvent face à un bon millier de personne, le show semble intimiste. Les automatismes ne sont pas encore réglés, ce qui laisse une place à l’imprévu et de longs moments d’échange avec la foule. Devin semble même gêné par tant d’acclamations, croyez-moi que s’il avait pu faire un câlin géant à la salle, il l’aurait fait. A noter qu’il est venu saluer à plusieurs reprises un petit gamin qui a passé le concert sur les épaules de son père, avec les « horns up » !

« Rejoice » et « March Of The Poozers » passent l’épreuve du live avec brio. Si le premier est plutôt « classique » pour du Townsend, le second titre est tout bonnement énorme. Son côté martial, sur fond d’animations débiles, nous donne envie de marcher en rythme à la conquête de la Terre. 

En parlant d’animations débiles, Townsend véritable G.O. du Club Med nous demandera de ressortir nos meilleures « jazz hands » sur « Lucky Animals » comme lors de son dernier passage au Bataclan. Tout le monde se prend au jeu et si ce titre est clairement l’un des plus « cheesy » de sa discographie, il en devient génial en live.
Puisque tout le monde semble avoir débranché son cerveau, c’est le meilleur moment pour balancer un « Heatwave » à crever de rire. Extrait des b-sides d’ « Epicloud », ce morceau country a toute sa place à ce moment du set et souffle un vent de fraicheur sur des setlists vues et revues des millions de fois.

La suite (et fin) du concert fut un grand moment avec le second extrait de « Ocean Machine » : l’incontournable « Life » qui sera repris en cœur par toute la salle.  Le refrain devient vite un concours de voix cassée, ce fut beau à voir !
Après « Christeen », nouvel extrait d’ « Infinity », était le moment choisi pour quitter la scène et revenir pour interpréter « Kingdom ». Mais c’est sans compter sur une ambiance de feu, Devin Townsend ne peut quitter la scène et chasse ses musiciens afin d’interpréter  un « Ih-Ah ! » totalement imprévu.
Encore une fois nous avons l’impression de vivre un moment particulier et intime avec le Canadien. Seul sur scène, il compte sur l’aide de la salle pour l’aider à chanter le titre qui sera repris à tue-tête. Le bougre ne se souvient même plus des accords et reprend le titre à plusieurs reprises. Une union entre l’artiste et son public que l’on voit bien trop rarement !

Le reste du groupe revient pour interpêter un « Kingdom » d’anthologie, qui reste un de mes moments préférés du set. Les premiers vers « I wonder why I’ve come undone » sont hurlés par la foule, au point de ne presque plus entendre Devin chanter. Son côté aérien et ses moments plus agressifs sont parfaits pour terminer le set.
Le groupe quitte la scène sous les acclamations du public, qui en redemande. La salle laissée quelques minutes dans le noir nous aura fait croire à un second rappel qui n’est jamais venu. Hélas, ce fut génial, mais encore une fois cela a le goût de trop peu.

En somme, ce fut une nouvelle fois un concert incroyable livré par le canadien et les siens. Le concert dont tu ressors avec le sourire, le concert de la bonne humeur. Le concert qui te donne envie de faire des câlins au monde entier.

D’ailleurs Devin, je t’aime ! 

Setlist :

Truth
Fallout
Namaste
Night
Storm
Hyperdrive
Rejoice
Addicted!
March of the Poozers
Lucky Animals
Heatwave
Life
Christeen
Ih-Ah!
Kingdom