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vendredi 1 mars 2013 - Schifeul

The CNK + Diapsiquir - Paris Brûle-t-il ?

Le Divan Du Monde - Paris

Schifeul

Dans l'équipe car il était là avant.

Le Divan du Monde, superbe écrin pour une soirée qui s’annonce particulière à plus d’un titre : affiche hétéroclite, entrée interdite aux mineurs, concert filmé pour The CNK, foule bigarrée … on y est ! « Paris brûle-t-il ? », en tout cas ça sentait bien le souffre.


VARSOVIE

Schifeul : Le concert commence donc par Varsovie, du rock sympa qui fait taper du pied et hocher la tête, mais comme c’est clairement pas ma came, ça me saoule assez vite au final et on attend gentiment que ça se termine pour enfin passer aux choses sérieuses.

Hraesvelg : Découverts en première partie de Diapsi à Nantes, j’attendais beaucoup de leur prestation de ce soir, ayant désormais les morceaux en tête. Bien qu’énergique, il n’y avait pas ce soir la fièvre qui possédait le groupe lors de ma première rencontre avec lui. Configuration des lieux, lights omniprésents, présence de caméras, le public ? Toujours est-il que je sens le groupe un peu sur la retenue, concentré sur l’exécution. Les titres s’enchainent sans faille, avec il me semble quelques nouveautés (le groupe enregistrera son nouvel album cet été). Hommage à « Monsieur Daniel DARC », qui nous a quittés la veille. Sobriété et élégance, deux mots qui caractérisent Varsovie.

DIAPSIQUIR

Schifeul : Courte intro, puis projection qui commence sur une série de fions avant d'enchaîner sur un drapeau français : c’est parti pour les Diapsiquir ! Autant le dernier méfait du groupe lorgnait vers le hip hop, autant ici, chaque morceau est réinterprété et évoque de la (in)variété française (qui parle de Satan), et ça passe comme papa dans ma sœur. Le seul bémol vient du public : on a ici un parfait groupe de chansons à textes, et ça chante pas ! Bon c'est mieux que la date de Bagnolet avec son cheptel de bovidés anémiques ; un peu de réaction, quelques vers entonnés ça et là, mais rien de fameux encore. Malgré l'affluence (la date du Divan ne doit pas être bien loin du sold out), on est bien loin de l’ambiance bruxelloise ; il faut bien avouer que la Belgique a dans le sang un petit quelque chose qui doit la rendre réceptive à certaines paroles du groupe.

Mais passons, « Ici, C’est Paris » Et à domicile comme à l’extérieur, Diapsiquir va en mettre plus d’un à genoux, comme on agenouille les ladyboys thaïs dans les blowjob bar, avec un ANTI bien crasseux d’entrée. Damien vit ses paroles et les autres musiciens permettent aux morceaux de s’élever au niveau qui leur sied. On enchaîne sur Ennui avec un Damien qui déclare qu’"un hardos qui danse, ça vaut zéro". Pfeu ! Peu me chaut ! Je sais ce que je vaux et je danse bien mieux que Pascal, qui nous a pourtant régalé de quelques pas fort gracieux - mais p'tet pas autant que le chanteur des White Dolls, nu comme une victime de tournante sur la projection en fond.
 


Mais l’énorme travail de réinterprétation des morceaux est palpable sur la suite et Diapsiquir dégage quelque chose de vraiment triste, triste comme une promenade au clair de lune dans les endroits de Paris où il faut enjamber clochards, junkies en descente et cadavres de putes à crack - avant de s’ouvrir sur un final dans la violence, qui réveille brutalement le public, qui se lance soudain dans un pogo ! Mais cette courte euphorie est rapidement brisée par le morceau suivant : Génération Maudite, Pénétration Interdite, qui pose une atmosphère de vice palpable. Damien se plaint que « ça brouhaha », mais une fois le morceau parti et que la projection commence à être tendue, le silence se fait, et on sent le malaise gagner la salle. Ceux qui ne connaissaient pas le groupe ont dû être servi - ah c’est facile d’exiger la Crasse, moins facile quand tu l'as face à face !

On continue dans la folie avec L.S.D. Cette fois en projection, c’est Damien et Pascal dans les rues de Paris, ouais Paris toujours, sa banlieue, sale, no man's land de haine, celle dont on ne veut pas entendre parler. Ça sent la cave à tournante, l'odeur de sperme et de chatte violée mélangée à celle du sang qui sèche sur les phalanges et dans les voies respiratoires. Le morceau représente bien ça, en alternant les parties dégueulantes de spleen et les passages stroboscopiques où Damien s’acharne sur un sifflet pour nous vriller le crâne et nous faire basculer dans l’aliénation mentale.

« C’est sur vous l’histoire ! » : quelques notes de piano annoncent Seul, jouée pour la première fois ce soir, pamphlet anti-pédale black métal qui passe allègrement l’épreuve du live. Damien part dans un moment nostalgie en déclarant que ça lui manque, le Lolitas, et demande au publique s'il connaît (pour votre culture et votre futur carnet de route « Asie du Sud Est » : http://www.lolitasbangkok.com/ ). Après une transition où la toile de fond nous renvoie divers slogans chocs, Damien joue les premiers accords de Fais le, un morceau parfait pour conclure un concert parfait. En fond, une succession d’œuvres d’art qui collent impeccablement à la musique défile. Complètement possédé par les paroles, Damien tend le micro sur le refrain tandis que le public lui répond avant de complètement le lui balancer à la tête à la fin du morceau et quitte la scène, l’ultime sample tournant encore jusqu’à ce qu’il se taise et clôture la performance de Diapsiquir, à quelques heures et loin du bruit, d’un match de championnat de foot français, perdu par le PSG.
 


Hraesvelg : « Ah ouais ? Le Mal avec un grand S ? », salle trop belle, lumière trop vive. Que reste-t-il ? des textes balancés comme jamais, une amertume d’absinthe, un jeu qui n’en vaut pas la chandelle entre le groupe et le public, des pogos qui giclent, des images connues et reconnues, c’est toujours meilleur la première fois mais on y revient quand même … vers et pour Toi. Amen.


The CNK

Schifeul : « Ti vois cette grande scène Boule de neige ?... Eh bien, ça y en a The CNK qui va jouer dessus » Changement total d’ambiance, ici c’est palmiers et sable chaud, climat façon coloniale pour The CNK qui s’apprête à faire la Bamboula. Rose arrive sur scène, casque de colon sur la tête, AK47 en bandoulière et c’est parti pour la conquête d’Alger en une heure avec un Dinner Is Ready en mise en bouche ! Pour le coup, le public est au taquet et c’est un bordel monstre dans la fosse, ça gueule les paroles avec le groupe et ça s’en prend plein les yeux avec les projections, extraits de « Carne » à l'appuie et le point commun entre le court métrage de Gaspar NOE et la musique de CNK, c’est que quand on s’abreuve de ces œuvres, on a envie de péter des gueules ! Les titres s’enchainent à tout va, Volponi a toujours son jeu de batterie super visuel, tantôt assis, tantôt debout et rythme le concert de ses percussions martiales, Zoé et Heinrich Von B assurent aussi le show de leur côté entre deux riffs, se frappant le torse ou haranguant la foule. Oui c’est basé à fond sur le visuel, on sent le culte du corps et de l’image, mais après tout, quand Jésus-Christ créa la Coloniale, Il décréta qu'fallait des hommes costauds, n’ayant pas peur du feu, de la mitraille, Et sachant boire le vin et le pernod !
 

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Le show continue et The CNK alterne les morceaux de ses 3 albums jusqu’à ce qu’un Rose survolté annonce Bunkermoon khaos 3, joué pour la première fois ce soir, et putain, quand on voit le parpaing qu’on se prend dans la tête, on se demande « pourquoi celui-ci n’a pas été joué avant ? » Les paroles sont scandées à pleins poumons par le public complétement acquis au groupe. “Glory to the blinds - World War Three.Total Genocide - World War Three Collective Suicide - World War Three You deserve to die - World War Three Ultraviolence Über Alles” La guerre on vous dit !

Mais le meilleur reste à venir sur Cosa Nostra Klub, en effet pour rester dans le ton, cette fois-ci on a droit à des CNK girls en porte-jarretelles et hauts de niqab, de quoi valoir pour le groupe une fatwa jusqu’à la fin des temps, parfait ! Les reprises continuent avec I Am The Black Wizzard» et ses projections d’églises brûlées, pour bien entendu finir sur le sourire de Vikernes. « Kommando 96 » introduit le premier guest de la soirée en la personne de Pills des Prime Sinister, et qui malheureusement introduit aussi les premiers slammeurs qui font leurs apparitions sur scène, bon, dans un premier temps, ça peut être sympa, mais s’ils sautent tout de suite et commencent pas à squatter la scène comme si on était chez tata, car ça jure avec tout le visuel déployé et casse un peu la magie. Le summum sera atteint sur la reprise de Mötley CrueToo fast for Love où deux zigotos iront montrer leur cul entre deux jets de paillettes! Bon avec un Blackrain en guest cette fois sur scène, on peut dire que ça colle bien ! Allez, on n’va pas faire la langue de pute, la prestation de Swan fut archi convaincante pour le coup ! Un dernier tabassage en règle des survivants sur Sabotage et le groupe quitte la scène une première fois.
 

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Le groupe revient la gueule en sang pour le rappel (un vrai rappel pour une fois, avec le nom scandé et tout) et deux ultimes morceaux, le medley Gadd Ist Gott pour commencer, présenté par Rose comme un morceau pour aller en prison, mais surtout sur un ultraviolent Get a Gun Shoot At Random où le groupe balance ses dernières cartouches entre une rétroprojection bien sanglante comme il se doit et le public qui donne ici ses derniers assauts dans le pit et en hurlant le refrain si fédérateur, donnant au tout l’allure d’une ultime pacification.
 

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Dinner is Ready
Vote for Winners
Blood Is Thicker than Water (Impaled Nazarene cover)
Jim Beamed Ahnenerbe TV
Total Eclipse Of Dead Europa
Bunkermoon Kahos 3
Cosa Nostra Klub
I'M The Black Wizards (Emperor cover)
The Doomsday
Kommando 96
Political Police
Too Fast For Love (Mötley Crüe)
Sabotage (Beastie Boys cover)
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Gadd Ist Gott (Medley Garry Glitter)
Get a Gun - Shoot at Random



Ce soir, The CNK enregistrait un DVD et a donc sorti le grand jeu, interprétation parfaite des morceaux, cohérence totale entre les costumes, les effets sur scène et le décor, salle comble avec public au taquet, si j’avais à chipoter ça serait sur la set-list, j’aurais préféré moins de reprises et la réapparition de The Martialist ou Die Holzhammermethod, mais le groupe étant en pleine promo de Revisionisme, il fallait bien trancher pour satisfaire tout le monde comme on découpe un chapeau en deux pour réconcilier deux parties et chaque album se vit donc représenter par 5 titres.Il ne reste donc plus qu'à attendre le DVD qui devrait valoir son pesant de Banania.

Pour que vive la France... et pour qu'au Nom de Dieu, vive la Coloniale !

Hraesvelg : autant j’ai toujours eu du mal musicalement avec le groupe, et surtout avec le côté linéaire de la voix (qui doit peut être faire partie du « concept » du groupe, mais quand même), autant le rendu scénique m’a toujours botté, ne serais-ce que grâce au batteur. Là je me disais que le groupe ayant prévu de filmer le show pour un DVD, ça devrait donner … et j’ai été servi ! Pas non plus qu’une présentation aussi soignée révolutionne la musique du groupe à mes oreilles, mais disons que la configuration de la scène (surtout vue du balcon) les petits drapeaux, les costumes bien taillés, les projections martiales ou les ombres de palmiers font quand même plus rentrer dedans. Au final un très bon moment, même pour celui qui ne connaît pas la musique du groupe : le spectacle était total, sans temps mort, avec des guests, des happenings, des lights nickels. Un bien joli flacon.

Encore un grand merci aux groupes, à Phenix Photography pour les clichés et surtout à Dream Factory Music Inc et au Divan du Monde pour cette soirée.