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vendredi 10 octobre 2014

Saint Vitus + Orange Goblin

CCM John Lennon - Limoges

U-Zine

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PUTAIN MAIS QUEL CONCERT !! Bien bien … on va se calmer et essayer de restituer ça sans trop laisser déborder ses émotions … C’est bien simple quand on a entendu parler d’une rumeur d’une tournée commune entre deux monstres sacrés du stoner et du doom que sont Saint Vitus et Orange Goblin, on s’est littéralement fait dessus ! On avait espéré que la tournée passerait par Toulouse, et c’était même initialement prévu mais les circonstances en ont décidé autrement. Qu’importe, pour nous, ça sera Limoges et Bordeaux.

Première étape donc : Limoges. Après 3h de route depuis Toulouse, on arrive pile à l’heure indiquée : 20h, pour trouver … porte close ! Ouais, j’avais oublié, les concerts ici commencent bien après l’heure indiquée ! Qu’importe. Là où en revanche on aurait presque le droit de râler, c’est l’absence de guest sur cette date, pourtant initialement prévu, les organisateurs ont finalement laissé de coté cette option. C’est donc une entrée brute dans le sujet qui se prépare, sans lubrification préalable.

ORANGE GOBLIN

Et pour une entrée brute, les saligauds anglais d’Orange Goblin n’ont pas fait dans la dentelle. La scène immense du John Lennon, une tour Marshall pour la guitare, une tour Orange (évidement !) pour la basse et un immense backdrop : le cadre a fier allure. Rappelons tout d’abord que la formation londonnienne a sorti cette année son 8ème album, Back From The Abyss. Si les deux derniers opus (2007 et 2012) montraient un groupe qui stagnait, ce nouveau brûlot a clairement relancé le groupe : des riffs ultra groovy, une efficacité redoutable et quelques gimmicks de composition empruntés à Motorhead. Un album excellent au demeurant dont la seule faute de gout réside dans l’ignoble pochette …

Et ce nouvel album va, à ma grande joie, être largement à l’honneur ce soir avec ni plus ni moins que les meilleurs titres : de Sabbath Hex et son break destructeur jusqu’à l’ultra speed Devil’s Whip en passant par l’excellente Bloodzilla ou encore la plus calme Into The Arms Of Morpheus. Si dans le public le headbang est légion, on s’étonnera cependant du peu de mouvement de foule, malgré des rythmiques s’y prêtant pourtant volontiers. Coté scénique, le groupe est purement hallucinant.

Quand on pense que le quartet est en place dans cet état depuis 1995 (même si les puristes me feront remarquer que jusqu’en 2004, il y avait deux guitares). Quatre musiciens, quatre membres originels, c’est dire si le groupe offre une cohésion et une unité impressionnante. Si Joe Hoare reste assez discret avec sa guitare, le bassiste Martin Millard est lui, bien plus expressif, n’hésitant pas à se placer au plus près du public. Et bien sûr Ben Ward, montagne de presque deux mètres, fermant les yeux lorsqu’il chante, haranguant la foule le reste du temps, reste l’illustration parfaite d’un leader !

Un set parfait s’il en est qui sera pourtant plombé par un son dégueulasse. En effet, la guitare, parfois totalement inaudible semble par moment sortir complètement du mix. Certains titres, comme la pourtant excellente Red Tide Rising, par exemple, se retrouvent complètement massacrés tant et si bien qu’il faille se la fredonner en tête pour rester en rythme … Dommage que le son n’ai pas rendu justice à un set pourtant aussi bien taillé pour le live. Qu’importe, on les reverra à Bordeaux dans 6 jours, en espérant que là-bas, le son sera autrement meilleur, et la foule plus mouvante !

Setlist :
Scorpionica
Filthy & The Few
Sabbath Hex
Heavy Lies the Crown
Some You Win, Some You Lose
Saruman’s Wish
Into The Arms Of Morpheus
Devil’s Whip
They Come Back
Bloodzilla
Quincy The Pigboy
Red Tide Rising

SAINT VITUS

Soyons honnête, c’était plus pour Orange Goblin que pour Saint Vitus que j’étais là ce soir. La formation américaine, que je trouve depuis longtemps ennuyeuse au possible sur album, a réussi à me convaincre du contraire. Je suis arrivé pour Orange Goblin, je suis reparti fan de Saint Vitus, et c’est quand on vit ce genre de retournement de situation que l’on sait que l’on a vécu un concert qui restera gravé en mémoire, délivré par un grand groupe ! Et c’est peu dire tant les maitres du doom nous ont gâtés.

Il faut déjà reconnaitre que le quartet n’a pas chômé depuis la sortie de Lillie :F-65 il y a déjà deux ans. Un EP live, suivi d’un album live, et plus récemment un étonnant split avec The Casualties. Et si sur album, le groupe me laisse de marbre, sur scène … quelle claque ! Si à droite de la scène le bassiste Mark Adams (et son nez pointu) reste assez discret, il n’en est pas de même avec Dave Chandler, son éternel bandana bien fixé sur ses cheveux crépus, qui nous offre d’entrée de jeu des grimaces possédées.

Wino, dont l’influence dans le doom et ses dérivés n’est plus à présenter ( Spirit Caravan, The Obsessed, et tant d’autres …), reste campé sur son pied de micro, n’empechant pas le bougre de sortir quelques conneries entre les morceaux. Le fuzz est là, le fun aussi, le groupe sait jouer avec son public, et après une première partie de set composé d’une rétrospective de leur discographie, Wino annonce ce que beaucoup attendent : la seconde partie de la setlist sera dédiée à Born Too Late, album culte du groupe qui fête ses 28 ans cette année. L’album, joué en intégralité, et dans le désordre est une véritable pépite live.

On verra même Dave Chandler prendre un bain de foule sur Clear Windowpane, le guitariste allant finir le titre directement dans le pit, entouré de son public. Un moment de proximité rare, que l’on aimerait voir bien plus souvent en concert ! Après un petit retour en coulisse, le groupe revient pour le titre éponyme, Born Too Late, l’apothéose de la soirée. Grand !

Et quand en plus, le groupe en intégralité se balade 5 min après sa sortie de scène, au milieu du public pour signer des autographes, serrer des mains et prendre quelques photos avec les fans, on se dit qu’avec leurs 35 ans de scène, Saint Vitus est et restera un groupe à part dont la proximité avec ses fans est juste incroyable. Des moments rares que l’on se doit de savourer à sa juste valeur ! On remet ça dans 6 jours à Bordeaux ! DOOM ON BITCHES.

Setlist :
Living Backwards
I Bleed Black
Blessed Night
Let Them Fall
White Stallions
The Troll
The War Starter
The Lost Feeling
H.A.A.G.
Dying Inside
Clear Windowpane
Born Too Late

Merci à Execution Management, et notamment Bruno et Stephane pour l’organisation. Le coucou aux copains limougeauds, et la bise à Barbara, ma copilote de la soirée, qui ne m’a pourtant pas empeché de me faire flasher au retour !!