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mercredi 23 novembre 2011

Crimfall + Tyr + Moonsorrow

Le Ramier - Toulouse

U-Zine

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Cet automne aura été intense à Toulouse, entre les Zeniths de Motorhead, Scorpions et Alice Cooper, le passage des suédois d’Amon Amarth, le son chaud d’un Mudweiser ou l’aspect direct d’un Otargos. Et, alors que cette folle série de concert touche presque à sa fin, un dilemme apparait. D’un côté, une affiche pagan rassemblant sur scène Týr et Moonsorrow, à Toulouse, et de l’autre Opeth, groupe que l’on ne présente plus, à Montpellier. Pour moi, ce sera sans hésitation le concert local de Toulouse. Pour avoir eu l’occasion de voir sur la même scène ces deux groupes durant l’été au Summerbreeze, j’avais été scotché par leur présence scénique et leur relation avec un public allemand conquis d’avance. Direction donc la discothèque du Ramier, haut lieu des nuits toulousaines, et déclaré officiellement par moi-même « salle maudite du métal ».

Suite à un petit cafouillage sur l’évènement facebook annoncé comme commençant à 19h30, mais dont le commentaire détaillait les horaires, commençant à 18h … J’arrive donc à 19h30 pétantes, et le premier groupe Hamfred (ou Hamfero, les sources divergent, et aucun myspace ou structure ne semble confirmer ou infirmer le nom du groupe) est déjà sorti de scène. Il s’agissait visiblement d’un groupe de doom métal, vêtus en costume funéraires, et ayant commencé leur set devant une salle contenant moins de 10 personnes.

J’arrive donc tout juste pour Crimfall, groupe dont j’ai fait la découverte il y a quelques mois lors de la sortie de leur dernier album The Writ Of Sword. L’occasion de les voir en live ne se représentera pas de sitôt, leur prestation était donc à ne pas manquer pour ma part. Heureusement le groupe entame tout juste le premier titre lorsque j’entre dans la discothèque. Comme toujours le son est horrible et les lumières dégueu, mais j’ai pris l’habitude que cette salle ne rendent pas dignement hommage à leurs groupes … Quoi qu’il en soit les finlandais délivrent leur métal épique et symphonique, menés par un duo masculin/féminin au chant. Le coté sympho apporté par le chant d’Héléna est nuancé par les grognements de son comparse Mikko (ouaip comme les glaces !). Malheureusement, même si il y a une volonté évidente de bien faire, on sent le groupe sur la réserve, hésitant parfois à headbanger ou à aller solliciter la foule. Il en résulte une présence scénique assez plate, accompagnée par un son aléatoire. Semi-déception pour ma part, rattrapé par la volonté évidente de chacun des musiciens de livrer une musique originale.

Setlist Crimfall :
The Crown of Treason
Frost upon their Graves
Ascension Pyre
Storm before the Calm
Son of North
Wildfire Season
Silver and Bones

Place ensuite à Týr, venu tout droit des Iles Féroé, iles tranquiles du nord de l’Europe où le respects des traditions vikings va jusqu’à la pratique du grindadráp, joyeux évènement consistant à massacrer autant de globicéphales noirs (une espèce de cétacé) que possible, dans le but de rendre hommage à la gloire de leurs ancêtres vikings. C’est avec le souvenir délicieux d’un groupe en osmose avec son public au Summerbreeze que je les revois, 4 mois plus tard ici, dans l’espoir d’un grand moment. Malheureusement, cette fois ci, ce n’est pas le groupe mais le public qu’il faut blâmer. Alors qu’en Allemagne, le public mangeait directement dans la main de Heri Joensen le chanteur/guitariste, qui n’hésitait pas à lever son verre en grognant « skål », que la foule lui renvoyait aussi sec. Là, devant un parterre d’une grosse centaine de personne, la donne n’est plus la même. Et quand, au tiers du set, le frontman demande en anglais qui dans la salle possède le dernier album, le public semble ne pas comprendre et personne ne répond … Gros moment de solitude qui a sans doute coupé une grosse partie du dynamisme du groupe.

Mise à part le public peu réceptif et ayant un gros mal à comprendre lorsqu’on le solicite, le groupe a offert une prestation honorable, notamment par la longueur de la setlist, offrant ainsi un temps de jeu quasi égal à celui de Moonsorrow. Notons par ailleurs les excellents « Hail To The Hammer » faisant se lever les poings, un Tróndur í Gøtu fort festif ou encore un rappel à base de Hold The Heathen Hammer High. Le son, toujours mauvais s’est par ailleurs amélioré tout au long du set, offrant une fin avec un peu plus de panache. Quoi qu’il en soit, et quitte à passer pour le chroniqueur blasé, semi-déception à nouveau, pour une prestation manquant singulièrement de mordant en comparaison à la prestation allemande.

Setlist Týr :
The Lay of Thrym
Shadow of the Swastika
Flames of the Free
By the Light of the Northern Star
Hail to the Hammer
Tróndur Í Gøtu
Evening Star
Take Your Tyrant
The Rage of the Skullgaffer
The Hunt
Northern Gate
Hall of Freedom
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Hold the Heathen Hammer High
By the Sword in My Hand

Moonsorrow, un peu comme Týr d’ailleurs, a toujours été une sorte d’ovni, avec un style bien à lui sans personne autour pour tenter de copier. On est loin de l’aspect folk festif de Korpiklaani copié/pompé/me sortant sérieusement par les oreilles tant ça a tendance à être chiant. Eh bien, une chance pour Moonsorrow, tandis que tout plein de groupes débutants ajoutaient du biniou et du pipo à leurs compositions, le pagan black de Moonsorrow avance depuis 1995, faisant d’eux l’un des plus vieux groupes de cette scène encore en activité.

La formation finlandaise a par ailleurs sorti cette année sixième album, Varjoina Kuljemme Kuolleiden Maassa (essayez de le prononcer, tiens !). Alors que je m’attendais à une setlist naturellement orienté vers cet opus, seuls deux titres seront joués ce soir, le reste étant un habile pot-pourri des meilleures chansons des précédents albums. Ainsi, le concert débutera avec Tähdetön et son intro sombre, laissant découvrir un groupe le visage ensanglanté. Il s’ensuivra Kylän Päässä, titre franchement plus énergique aux relents de Trollfest/Finntroll dans la mélodie et le coté inquiétant.

Entre les titres, le frontman, Ville Sorvali, en profitera pour expliquer le thème de la chanson suivante, oscillant entre l’anti-christianisme, et la mise en avant des cultes pré-chrétiens finlandais allant jusqu’au shamanisme. C’est également en parlant d’un endroit dans lequel il fait fort froid qu’il introduira Jotunheim, commençant comme une balade au clair de lune avant de se transformer en passages épiques narrant les guerres opposant les dieux et les géants. Notons par ailleurs que le son s’est progressivement amélioré, allant même jusqu’à me surprendre en toute fin de set, malheureusement un peu tard.

Bilan de la soirée, le Ramier reste encore et toujours la bête noir du métal toulousain … Le son y est très aléatoires, et les lumières réduites au minimum. Néanmoins, SPM continue son bout de chemin avec cette date, devant lutter péniblement contre le mastodonte Opeth, se produisant à 2h de route. Les concerts nous ont offerts de fort bon moments même si à mon sens ils ont été à des années-lumière de ce que Týr et Moonsorrow ont délivré comme puissance et comme approche en Allemagne cet été. Dommage, mais quoi qu’il en soit, on retrouvera SPM dans l’excellent Bikini (enfin !!) avec Anneke Van Giersbergen, ancienne chanteuse de The Gathering, en tournée solo le 22 mai, et surtout les ‘ricains de Devildriver le 18 juin qui devraient provoquer d’avance des bon gros circle pit !!

Setlist Moonsorrow

Tähdetön
Kylän päässä
Raunioilla
Köyliönjärven Jäällä (Pakanavedet II)
Jotunheim
Sankaritarina
Kuolleiden Maa