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samedi 26 mars 2011

Megadeth + Slayer + Zuul FX

Le Zénith - Paris

U-Zine

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Caacrinolas : La moitié du Big Four sur Paris ce n’est pas tout les jours que l’on voit ça, alors pensez vous bien que pour les organisateurs du Sonisphere qui nous proposeront en juillet le Big Four 4 dans son intégralité, l’occasion était trop belle pour ne pas en profiter. Et c’est donc à l’intérieur même des locaux du Zenith qu’organisation, membres de groupes et autres acteurs du festival s’étaient donné rendez-vous pour une conférence de presse en bonne et due forme.

Ce sont donc Salomon Hazot responsable de Nous Productions et Carole l’une des membres du conseil municipal d’Amnéville qui sont arrivés les premiers pour répondre aux nombreuses questions des curieux que nous étions. Et le premier constat sera sans appel, le Sonisphère se veut avant tout un divertissement basé certes sur la musique en premier plan mais qui veut avant tout nous proposer un week end autour de diverses activités, puisqu’outre les concerts (qui devraient logiquement être l’intérêt premier de la venue du public), on nous apprends que les festivaliers pourront profiter de la plus grande piste de ski couverte d’europe, du Zoo de la ville, d’un SPA ou encore de restaurants gastronomiques. Non pas que je sois fan des kebab proposées au Hellfest mais est-ce réellement ce que viennent chercher les amateurs de metal durant un week end ? Pas certain. Et comme les choses sont vues en grand, on nous apprend également qu’outre toutes ces petites attentions le festival devrait d’ici 2 ans se tenir sur…5 jours afin de proposer aux « clients » (terme employé lors de la conférence) un souvenir exceptionnel, en dépit d’un petit pécule.

Puis on en arrive aux points qui fâchent, notamment le camping. Alors vous qui comptez vous rendre à Amnéville et qui n’avaient pas encore loué votre hôtel sachez d’ores et déjà que le camping comprendra entre…2000 et 3000 places. Oui vous avez bien lu, le tout pour combien de personnes attendues ??? 45-50000 ? Au moins la proximité et la bonne ambiance sera au rendez-vous. Et puis parce qu’avant d’être un Disney à destination des metalleux le Sonisphère est a la base un fest de musique on a quand même le droit à l’intervention des Vip de la soirée à savoir Dave Mustaine, Tom Araya, Mouss de Mass Hysteria, Stephane de Loudblast ainsi que deux membres de Symphonia. Sans réelle surprise les 15 premières minutes seront essentiellement consacrées à Dave et Tom qui semblaient découvrir l’affiche ce soir là. Au programme rien de réellement alléchant, les deux gusses étant visiblement contents des retrouvailles ayant eu lieu un an auparavant. A noter tout de même la réponse pleine d’émotion d’un Tom Araya quand à l’absence prolongée de Jeff Hanneman qui nous précise que s'il est ravi des performances a ce moment la de Gary Holt, ils n’en restent pas moins (lui ainsi que Kerry et Tom) très affectés par ce qui arrive à Jeff. Concert oblige les deux frontman de la soirée s’éclipsent laissant un peu plus de place aux autres invités qui eux aussi n’amèneront rien de bien croustillant, si ça n’est la joie pour les deux français d’être sur l’affiche.
Salomon reprendra la parole par la suite pour répondre notamment à des questions inévitables par rapport au Hellfest où il se contentera de répondre que le format actuel du festival de Clisson (4 scènes plus de 100 groupes etc) était obsolète et qu’il ne voyait pas les festivals metal ainsi. Reste maintenant à savoir si le Sonisphère et ses futurs grand huit et autre attractions (où seront éventuellement placés un ou deux groupes pour les amateurs de musique, sait on jamais) sauront rendre ses lettres de noblesse au genre metal qui après tout n’a eu jusqu’ici qu’un pauvre festival obsolète qui ne nous à proposé que des affiche dépourvues d’intérêt… (Ironie inside pour ceux qui auraient du mal). Au final une conférence sympathique mais sans réelle avancée… Reste à voir le résultat final en juillet. A présent, place à ce qui nous intéresse le plus ce soir : le concert!

Zuul FX

David : Si j’ai toujours trouvé Zuul FX assez plat sur album, la plus grande force du groupe en revanche, c’est le live. Et après m’être pris deux belles claques en 2007 et 2008 dans le Nord (et notamment une mémorable première partie de Machine Head au Splendid de Lille), j’étais curieux de voir les Parisiens jouer à domicile dans une grande salle. Le groupe entame son set pile à l’heure, le son est plutôt bon mais… étrangement bas. Si Steve Petit n’était pas là pour haranguer le public et nous rappeler que oui, le concert a bien débuté, on aurait franchement pu en douter. Avec Caacrinolas, on avait à peine besoin d’élever la voix pour s’entendre parler, c’est dire. Choix bizarre quand on sait que l’atout majeur de Zuul FX est la puissance.

Niveau ambiance en revanche, c’est plus que correct : le groupe est chez lui à Paris et ça se voit ! Une partie du public scande les lyrics avec joie (« I8U »), et semble au taquet sur la musique de la bande à Steve Petit. Les Zuul FX semblent prendre beaucoup de plaisir devant cette foule communicative, et livrent une prestation honorable même si les discours « Manowaresques » du frontman («Merci à tous, et gloire au metal ! ») me font personnellement toujours marrer. En revanche, je n’accroche plus du tout à la musique : les morceaux qui tournent en rond assez rapidement ne sont cette fois pas complètement rattrapés par la prestation live. De ce fait, direction buvette en attendant Slayer.

Slayer

David : Oh ce que c’est bon, ce genre d’ambiance. Quand on sent la tension grimper au fur et à mesure que l’heure approche. On croit que ça démarre, le public est en ébullition, et puis non, fausse alerte. Le genre d’attente qui te donne une putain d’excitation, qui te fait te dire «bordel, ça va être la guerre ».

Et la guerre, ce fut.

Les Américains avec en tête un Tom Araya tout sourire arrivent sur scène avec comme intention de foutre une bonne dérouillée au public français… et ils y arriveront sans mal devant une foule acquise à leur cause, mais surtout complètement folle ce soir ! Je pensais me mettre tranquillement à l’abri, un peu sur le côté, et choisir à quel moment j’entrerais dans le pogo… Le public Parisien, en vérité, ne m’a pas vraiment laissé le choix, et c’est dès l’entame des premières notes de « World Painted Blood » que la fosse s’enflamme comme rarement je n’ai vu une fosse s’enflammer ! Pogos et slammeurs à tout va, on se retrouve trimballés d’un bout à l’autre de la salle, sous le regard amusé de Tom Araya. Les Slayer n’ont même pas besoin de demander quoi que ce soit au public parisien ce soir, des trous se forment spontanément à presque chaque morceau (« Seasons In The Abyss », « Silent Scream », avec une mention spéciale pour « Raining Blood » ou ce fut l’apocalypse) pour ensuite laisser les metalleux se défouler.

Malgré mon statut de fan absolu du groupe, j’ai quand même été surpris de voir Slayer en telle forme. Je m’explique : aujourd’hui, nombreux sont les détracteurs (ou fans déçus d’ailleurs) à critiquer les prestations live du groupe. Il n’est pas rare d’entendre « Slayer c’était mieux avant », « Aujourd’hui c’est tout pourri », « Araya n’a plus de voix », j’en passe et des meilleures. Alors, coup de chance du public parisien ou exagération générale du déclin de Slayer ? En tout cas, je ne boude pas mon plaisir d’avoir trouvé un Kerry King en pleine forme, un Dave Lombardo toujours aussi habile derrière les fûts, et un Tom Araya fort en voix (Raaaa, ce cri au départ d’ « Angel Of Death » !) ! Pour ce qui est de Gary Holt, il remplace de fort belle manière Jeff Hanneman (absent à cause de problèmes de santé), mais reste assez en retrait (en même temps, la musique de Slayer semble moins adaptée aux nombreuses mimiques dont il a l’habitude avec Exodus). La setlist nous a permis de goûter à quelques nouveautés (« Americon »), les classiques indispensables (« South Of Heaven ») et quelques vieilleries du grenier tout de même avec « Black Magic » et « The Antichrist », rejoués régulièrement depuis peu. Et si le groupe reste peu communicatif entre les morceaux, il s’est montré tellement bon qu’on ne saurait lui en tenir rigueur. Juste PAR-FAIT !

Setlist Slayer :
World Painted Blood
Hate Worldwide
War Ensemble
Postmortem
Temptation
Dead Skin Mask
Silent Scream
The Antichrist
Americon
Payback
Seasons in the Abyss
Snuff
South of Heaven
Raining Blood
Black Magic
Angel of Death 

Megadeth

Après un tel déluge d’énergie, une partie du Zénith est lessivée, et risque de ne pas être aussi animée lors de la prochaine rasade de thrash. Mais Megadeth prend tout le monde à contre-pied, et débute son concert tout en douceur avec « Trust » et « In My Darkest Hour » au cours desquels Dave Mustaine arrive armé de son double manche (je n’assumerai aucun jeu de mot douteux là-dessus). Cette entrée en matière est d’autant plus pertinente qu’elle permet de se reposer et d’instaurer un feeling complètement à l’opposé de la machine de guerre Slayer. Ici, les paroles se reprennent en chœur beaucoup plus facilement, et l’ambiance passe de brute de décoffrage à communicative. L’amateur de brutalité que je suis n’en a pas forcément pour ses frais, surtout après avoir vécu un show à Lille extrêmement intense intégrant « Rust In Peace » en entier, mais le constat est là : Megadeth en live, avec un tel public à l’unisson, c’est beau !

Servis par un son quasi-parfait (au contraire de Slayer, même si pour ces derniers c’était loin d’être gênant), les Américains déroulent ; MegaDave et Chris Broderick faisant preuve de virtuosité sur des titres comme « Hangar 18 » ou « Poison Was The Cure ». Les musiciens semblent bien s’éclater, et Dave parlera régulièrement au public entre les morceaux. La setlist conviendra à tout amateur acharné du groupe, et contient même quelques raretés dont « Angry Again », morceau présent dans la B.O. du film « Last Action Hero ». Pour ma part, ne connaissant que « Rust In Peace » et les quelques classiques du groupe, j’ai été quelque peu déçu par cette setlist. Pas assez thrash, elle devient tout de même nettement plus consistante vers la fin avec « Sweating Bullets », « Symphony of Destruction » ou encore « Peace Sells… But Who’s Buying ? » qui permet toujours au public de s’époumoner au maximum sur son refrain.
Un petit discours sur la guerre actuelle en Lybie, et Dave lance le morceau final : l’inévitable « Holy Wars… The Punishment Due », au cours duquel le public ne retrouvera pas la folie du show de Slayer, mais donnera un dernier coup de rein pour montrer au groupe que les métalleux parisiens en ont sous la semelle. Ils auront en tout cas foutu une sacrée belle ambiance ce soir, et fait honneur aux deux grands du thrash venus abreuver la capitale d’agressivité musicale.

Setlist Megadeth :
Trust
In My Darkest Hour
Hangar 18
Wake Up Dead
Poison Was The Cure
Angry Again
How The Story Ends
She Wolf
Headcrusher
1320
A Tout Le Monde
Sweating Bullets
Symphony Of Destruction
Peace Sells… But Who’s Buying?
Holy Wars… The Punishment Due

Au final, un Slayer loin d’être mort comme on peut l’entendre partout (bien au contraire), et un Megadeth plus posé, mais également plus communicatif et qui a instauré une ambiance excellente au Zénith de Paris. Merci à rybaltchenko (dont vous pouvez visionner la chaîne youtube par ici) pour avoir filmé les vidéos ci-dessus ! Et bravo au public parisien, qui s’est bien bougé et qui n’a pas ménagé ses efforts pour foutre un joyeux bordel dans une superbe bonne humeur ! Dommage que certains laissent leur cerveau en dehors de leur voiture lorsqu’ils reprennent le volant pour quitter les parkings…