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samedi 13 mars 2010

Gomorah's Delirium Night III

Théatre Barbey - Bordeaux

U-Zine

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Après le succès de la Gomorah’s Delirium Night II l’an dernier, il était bien prévisible qu’une troisième édition ai lieu. Principe du concert ? A l’image du Cassoulet Show qui rassemblait 3 groupes de grind et François Corbier (du club Dorothé), le Gomorah’s Delirium Night est une soirée totalement festive mélangeant métal, humour avec en général une tête d’affiche insolite. La première édition avait vu Passe Partout (de Fort Boyard) fouler la scène. La seconde édition avait permit aux metalleux bordelais de pourvoir admirer sur scène, le très sexy Franck Delay, membre des 2Be3. Avec Andreas & Nicolas pour l’humour et des groupes comme Ultra Vomit, Benighted, Banane Metallik ou The CNK, cette édition avait totalement rempli le Théatre Barbey. Cependant, cette année, le festival a donné quelques signes de faiblesses … Le pourquoi du comment avec nos envoyés spéciaux Prout, Reichorgasm et Shawn.

Hell In Town :

Shawn : Sortant de l’interview de Withdrawn au bar Le Lucifer, nous avons tous les trois loupé la prestation de Hell In Town. La première chose qui a attiré notre attention sera probablement l’absence de monde à l’extérieur du Théatre Barbey alors qu’un an auparavant la rue grouillait de monde, les metalleux squattants par grappe autour d’une bière. Cette année, personne … Nous entrons dans la salle et constatons que le hall est, comme l’année passée réquisitionnée pour la Delirium Stage, petite scène, permettant à quelques groupes modestes de s’y produire, ainsi que certains autres show. Direction donc la salle de concert à l’étage pour le set de Breakdust.

Breakdust :

Reichorgasm et Prout :
Breakdust nous avait pondu un bien bon premier album de Thrash enregistré au Bud Record Studio de Bordeaux il y a maintenant quelques années et le Gomorah était une bonne occasion de découvrir le groupe live et d'apprécier les morceaux couillus de l'album. Néanmoins leur prestation parue assez légère par rapport aux morceaux de l'album. Beaucoup trop de morceaux calmes et de passages à rallonge ont eu raison d'un public déjà calmé par rapport aux nombres de personnes à partager le pit et dont le feu ardent n'était pas encore allumé. Si le chanteur avait malgré tout la forme et que les zicos suivaient hurlant leur rage au public, malheureusement la musique n'a que très peu suivie cette énergie et seules quelques pistes au tempo plus agressif réussir à lancer ça et là quelques élans d'amour de passionnés de pogo dont le résultat aura été de renverser ma bière uniquement.

Gomorah's Cover Band (Pantera) :

Shawn : A l’image de certains événement comme le Tribute Festival, les groupes de reprises sont parfois mis à l’honneur. Ce soir, pas moins de 3 passages y sont consacrés. Parmi les deux groupes de reprise à l’affiche, The Four Hoursemen, mais également Gomorah’s Cover Band, groupe visiblement formé pour l’occasion qui offrira au cours de la soirée deux passages : le premier sur des reprises de Pantera sur la grande scène et un second sur des reprises d’ACDC sur la Delirium Stage. Bien évidement, dur de rivaliser avec des pointures qu’étaient les Pantera. Le chant est bien sur moins précis que la voix d’Anselmo et les solos moins incisifs que les notes sortis de la Dean de Dimebag. Cependant, le groupe prend beaucoup de plaisir à reprendre la musique de leurs idoles et s’en sort honorablement. Quoi qu’il en soit, c’est toujours un plaisir d’entendre en live Cowboy From Hell ou Walk.

Passe Partout et Gomorah's Cover Band :

Reichorgasm et Prout : Quelle frustration de ne pas avoir pu venir assister à la toute première édition de la Gomorah Delirium Night il y a deux ans et ainsi de n'avoir pas la chance de voir la plus petite personne ayant bercer notre enfance. Quel heureux soulagement de voir qu'il serait de nouveau à l'affiche de la troisième édition. Sans surprise pour celui ayant déjà vu Frank des 2Be3 l'année précédente, l'ambiance est bon enfant bien plus qu'en mode foutage de gueule. N'empêche qu'ils étaient beaux les metalleux en train de chanter comme des cons qu'ils sont Passe-partout de Fort Boyard. Franchement on ne m’aura pas comme ça, le seul et vrai Passe-partout il était sur scène ! Il était d'ailleurs accompagné des zicos du groupe précédent mais à notre grand mécontentement, non, il n'a pas chanté du Pantera. Un petit passage à la hauteur du personnage pour uniquement trois pistes ce soir-là dont une reprise de Johnny, un morceau à lui inconnu au bataillon et deux fois son seul et unique tube. De toute façon forcé de reconnaître que tous ne sont venus que pour celui-là!

Setlist :
Je suis Passe Partout
(Second titre tiré de son album)
Toute la musique que j'aime (Johnny cover)
Je suis Passe Partout

The Four Horsemen :

Shawn : Après le Gomorah’s Cover Band, place au second groupe de reprise, The Four Horsmen. Le groupe a décidément le vent en poupe depuis quelque temps et tourne en masse sur l’hexagone ! On constate d’ailleurs que le groupe est très à l’aise sur scène et on s’imaginerait presque par moment avoir Metallica devant nous. Que dire de plus ? Tout le monde connaît les titres de Metallica qui ne sont plus à présenter. La setlist puise dans presque tous les albums du groupe, et permet de faire des transitions entre les époques (Kill’em All, Master Of Puppets, Black Album, …). Prestation plus que sympathique.

Setlist :
Intro
Creeping Death
The Four Horsemen
Harvester Of Sorrow
Of Wolf and Man
No Remorse
Master Of Puppets

Destinity :

Reichorgasm et Prout : Nouveau line-up pour Destinity et nouvel album à défendre toujours dans un registre Death Metal très progressif et thrashy. Mais après deux morceaux, je suis parti je ne sais plus où pour faire je ne sais plus quoi mais qui avait sans doute un rapport avec la bière. Comme Prout, je ne suis pas resté longtemps, direction les loges pour l'interview de Tamtrum (à paraître bientôt). Mais sur ce que j'ai pu voir, Destinity ça reste du Destinity, que la salle soit bondé ou vVide, ils font leur show jusqu'au bout. Un Thrash/Death bien appliqué, violent, ... ce n'est pas pour rien que ce groupe fait son petit nid dans la scène française. Côté ambiance, leur prestation manquait un poil de punch, certainement dû au manque du public, (il y avait Poney Gratuit dehors ???). En ce qui me concerne, c'était un plaisir de les revoir!
 

Tamtrum :

Reichorgasm et Prout : Voilà un groupe que je me plait à voir à chaque fois, c'est festif, c'est dansant, et ça grouille de gotho-poufs (qui a dit que je suis un crevard?). Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un mélange entre Punish Yourself, Herrshaft, Lycosia, ... en gros, c'est la même bande de potes. Le concert était l'occasion de tester leur nouveau claviériste portant le doux nom de Casanova ! Pour une première sur scène avec les Tamtrum, ça aurait pu être pire, on sentait une réserve de sa part, il ne se lâchait pas à fond (probablement que le stress devait y être pour quelque chose), mais on espère qu’avec le temps, l’aisance scénique viendra plus naturellement. Ceci dis, le groupe en général n'était pas à fond dedans non plus. Ils ont mis un certain temps avant de se mettre dans l'ambiance qu'ils créent habituellement. A signaler quand même, que l'arrivée des danseuses, avec leur seins qui disaient « Bonjour », ont aidé une partie du public (suivez mon regard) à se submerger dans le show. Côté set-list, la majorité des titres étaient extrait de leur dernier rejeton "Fuck You I'm Drunk And Stronger Than Cats". J'aurais aimé avoir plus des anciens albums, mais n'en demandons pas plus, on avait droit au topless et c'est déjà bien!

Setlist :
Leson
O Killed
Under Fuck You
Abort
:Paranoiac:
Milky B
Datura
Wold

Inhumate :

Reichorgasm et Prout : L’an dernier, les fans de death en avaient eu pour leurs esgourdes avec Benighted, UltraVomit et Withdrawn. Cette année, la soirée sera moins riche en blast et grunt puisqu’un seul groupe death est à l’affiche : Inhumate. Assurément le groupe était le plus brutal de la soirée et comme toujours, le plus enragé. Au programme d'un concert tronqué : du GrindCore comme on l'adore chez les survivants et plus dignes représentants de la scène française. Malgré un pit super évasif, le peu du public présent s'amuse comme toujours à l'exercice du circle pit et du renversement de bière du voisin. Tout d'abord étonné par le morceau d'ouverture choisi, l'auditeur n'a pas eu grand effort à rentrer dans l'ambiance bon enfant qui est toujours présentée sur un plateau d'or par les gars d'Inhumate. On les sent malgré tout moins à l'aise qu'à l'accoutumé et quand on connait les problèmes qu'ils y eu juste avant de monter sur scène (petit souci de tête d’ampli). De plus, le show coupé à cinq morceaux de la fin n'a fait que confirmer le malaise. Mais rassurez-vous, le chanteur s'est quand même pété le front comme d'hab !

Setlist :
Hellmaze
Sickness Is The Law
Ecotone I
Blind
Human ?
Underground
Dig
I Want To Kill Some ... III
Whisper
For Lust
Grind Inc.
The Fight
Mic Crusher
Transe
Ecotone III
Grind To The Core
Bleargh !
Art Sex Intelligence
Mother Fuck Her
Blasted
Ecotone II

Cindy Sander :

Reichorgasm et Prout : Cindy Sander était assurément la reine de la soirée. Sa beauté, qui n'a d'égal que son talent, est venue illuminer l'intégralité de l'assemblée de metalleux qui n’étaient présents à cette Gomorah uniquement pour elle. Belle revanche d'une femme entière qui a pris de façon héroïque son courage pour contrecarrer l'affront qu'elle avait jadis subi devant des milliers de spectateurs français lors de son passage délicat au casting de la Nouvelle Star. Son roman musical autobiographique hautement acclamé et désormais culte a mis la lumière sur une artiste forcenée et hors paire. Cindy c'est Cindy. Comme ça a été le cas au courant de toute la soirée, l'ambiance était à la fête sans foutage de gueule aucun. On excusera le playback de Cindy par sa jovialité et sa gentillesse lors des demandes de photos de backstage. Et même si je ne manque pas d'éloge envers une artiste taillée pour la scène (pour l’occasion parsemée de ballon de baudruche) comme ceci, je tiens à te dire quelque-chose Cindy si tu nous lis : ta danseuse à ta gauche était vraiment trop bonne. Alors si y'a moyen que tu fasses tourner son 06 ...

Setlist :
Papillon de Lumière
Gimme Gimme Gimme (Abba cover)
Voyage voyage (Desirless cover)
Papillon de Lumière
(Je crois qu’il y avait un second titre de son album egalement)

Nightmare :

Shawn : Ahh le bon vieux heavy metal français … Il y a des groupes qui renaissent comme Vulcain, et des groupes qui se sont reformés il y a déjà 10 ans. Nightmare, c’est un peu les Ozzy et Dio français. Le groupe, avec 30 ans d’âge au compteur, ne prends cependant pas une ride ! Leur dernier album Insurrection, a été accueilli avec superlatif par la presse et le public. Place maintenant à la tournée de promotion de ce dernier, qui passait bien évidement par le Théâtre Barbey de Bordeaux. Incontestablement, le groupe le plus pro de la soirée (un peu normal avec autant de bagage), Nightmare déverse son heavy metal sans aucune fausse note. La prestation vocale est comme bien souvent totalement bluffante tellement Jo Amore monte haut dans les octaves ! Coté set-list, la première partie puissait essentiellement dans Insurrection alors que la seconde partie était un melting-pot des précedents albums. L’une des meilleures prestations de la soirée, un show précis et puissant. Le heavy metal français est de retour !! On retrouvera le groupe sur la scène du Wacken cet été ainsi qu’en amérique du sud à la rentrée !

Setlist :
Intro
Eternal Winter
Gospel Of Judas
Wicked White Demon
Heretic
Legion Of The Rising Sun
Secret Rules
Winds Of Sin
Trust a Crowd
----
Watchtower

Autres (Animation, cracheurs de feu, striptease, concours guitare-héro et groupes sur la petite scène) :

Shawn : Non seulement la Main Stage était le théatre (Barbey … ah ah) des concerts proprement dit, mais il faut reconnaître que la musique n’est pas le seul attrait de cet évènement. En effet, comme l’an dernier, nous avions droit aux démonstrations de jeu de feu. Bolas enflammées, cracheur de feu, … Bref, de quoi éclairer nos nuits et réchauffer nos cœurs.

Une fois le concert de Nightmare terminé, il est à noter que le Gomorah’s Delirium Night n’était pas totalement terminée. Malgré ça, comme l’an dernier la majorité des spectateurs a quitté la salle pour pouvoir prendre le dernier tramway. Rester dans la salle promettait pour certains une bonne heure de marche pour rentrer (oui oui, ça sent le vécu !). Ainsi, entre 1h et 2h du matin, l’organisation avait prévu quelques festivités pour clôturer le tout. Tout d’abord un show-striptease basé sur l’univers goth-indus, proposant deux demoiselles vêtus de vinyle et cuir se déshabiller dans une ambiance médicale. Leur prestation s’achèvera à grand renfort d’hémoglobine lorsque l’une ouvrira le ventre de l’autre à l’aide de d’une meuleuse, sous une magnifique gerbe d’étincelle (pardon aux familles, machin tout ça, elle se porte bien !).

L’an dernier, avait été organisé un concours de air guitare permettant à quelques spectateurs de s’illustrer en donnant ce qu’il restait d’énergie à gratter dans le vide sur du Pantera. Cette année, le concours est visiblement passé à la trappe, l’organisation proposant à la place un tournois de guitare-héro entre les guitaristes de divers groupes présent ce soir (et mené par Olivier de Mind Whisper). Original, mais moins convivial que l’an dernier … Dommage. Enfin, pour clore le tout, le traditionnel striptease intégral. L’an dernier, elles étaient deux, cette année elles sont 4 !!

Conclusion par Reichorgasm et Prout : « Le Gomorah sans Ultra Vomit ce n'est pas le Gomorah ». Les gamins boutonneux au poil célibataire dans le slip, ont boudé cette année le Theatre Barbey car les collectionneurs de Canard n'étaient pas là. Avec à peine 200 entrées, on sera étonné que la Gomorah Prod' puisse continuer ses activités sereinement. Une nouvelle déception dont nous fait jouir le True-Hardos, le Hardos-Fils-a-Papa, le Metro-Hardos,...bref, allons nous branler sur Metallica et soutenir la scène à notre sauce !


Conclusion par Shawn : Pour en avoir parlé autour de moi, toujours le même retour : concert trop cher (30 euros) et trop éclectique. Les fans de death râlent de payer 30 euros pour Inhumate, les fan d’indus-goth la même chose pour Tamtrum, les fans de heavy pour Nightmare, etc … Au final, le public aura déserté le Gomorah, ce qui signe la mort du concept tellement l’absence de spectateur a créé un déficit dans le budget de l’association. Une troisième et dernière édition donc, en dessous de l’événement de l’an dernier, moins conviviale et moins drôle (Andreas et Nicolas étant l’un des point d’orgue de la seconde édition). Le concept était original, il aura eu le mérite de durer 3 ans. Une belle aventure qui s’achève.