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vendredi 30 octobre 2009

Bring Me The Horizon + A Day To Remember + August Burns Red

Le Trabendo - Paris

U-Zine

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Ils en rêvaient, Nous Productions l’a fait. En programmant l’une des affiches les plus trépidantes de cette fin d’année dans le registre bucolique et tapageur des mouvements finissant leurs phrases en -core, les organisateurs s’assuraient un joli coup promotionnel tout en rameutant un public acquis à la cause des trois groupes dans un Trabendo collé serré. Une ambiance plutôt « bon enfant » au détour de trois prestations ayant ramenés dans leurs besaces de joyeux moments musicaux, mais aussi de profond instants de désillusions pour tout fan se respectant. Un casse-tête sonore au regard de la soirée où le « Stay Positive » fût bel et bien de rigueur pour ne pas s’arracher les mèches et ne pas trop s’attarder sur une acoustique plus que belliqueuse.

Et les premiers à s’être jetés dans le grand bain furent les américains d’August Burns Red, de retour en France - un an jour pour jour après leur dernière prestation à la Boule Noire en tête d’affiche. Étape française du groupe que l’on avait chaudement glorifiée tant les natifs de Lancaster n’avaient pas pris des pincettes pour décoller le parquet et refaire la tapisserie de la salle du 18ème arrondissement. Dans la grande lignée d’un metalcore pur jus et sans concessions, August Burns Red a régalé les premiers rangs, mais aussi les plus attentifs qui ont vu dans le groupe un digne représentant du style fort d’une expérience de trois opus et d’une prestance scénique droite et rigoureuse. Revenus dans la capitale pour la présentation de leur éclairé Constellations (l’inévitable et efficace single « Meddler ») tout en volleyant au filet la majorité de l’assemblée, August Burns Red ne déroge pas à la règle et assure sans trop forcer la majorité du spectacle sonore de ce soir.

Une salle, deux ambiances, avec la venue (tant attendue) de A Day To Remember sur le sol français conformément à la sortie en février de leur Homesick laissé un temps certain sur les étagères. Un détail de l’histoire compte tenu d’un set majoritairement centralisé sur les esbroufes de For Those Who Have Heart et de sa générosité communicative sur « A Shot In The Dark » ou « Speak of The Devil ». Malgré tout, une bonne partie de la prestation sera entachée par d’importants problèmes sonores des guitares, plus aptes à rayer le parquet qu’à restituer fidèlement les mélodies tant attendues et scandées par le public. Un petit « I’m Made of Wax, Larry, What Are You Made Of ? » plus tard et il faudra s’habituer au tintamarre ambiant puisque que le chant Jeremy McKinnon prend le relais avec de sérieux signes de faiblesses. Le chant clair n’étant pas son grand fort, on préférera au final se concentrer sur le positivisme et les sourires du groupe sur le final « The Plot To Bomb The Panhandle » qui rattrapera les pots cassés et les verres brisées.

Question cassure, les Anglais de Bring Me The Horizon se sont quant à eux posés non sans délicatesse sur la scène du Trabendo fermement décidés à réitérer leurs prouesses de l’année passée. Exit les débardeurs bariolés et place à un jeu de scène plus affirmée pour les cinq Monthy Python du deathcore avec de bons moshs parts et des passages plus éclairés par la voix d’Oliver Sykes. Frontman installé sur ressorts et gérant non sans difficulté son statut de demi-dieu. Le pauvre bougre n’en demandait pas tant en se retrouvant en proie aux inévitables photos de musée de jeunes gens bien malhabiles. Déroulant avec vélocité un set plutôt bien abouti (« The Comedown », « Chelsea Smile » ou le plus ancien « (I Used To Make Out With) Medusa », reste que le groupe demeure toujours approximatif. La faute à des guitares bien trop timides et à un groove à peine perceptible malgré la qualité intrinsèque d’un Suicide Season usé et malmené sur les routes.

Épilogue d’un concert annoncé comme immanquable, la date de ce soir est un peu à l’image de l’envahissement de scène que réservèrent les fans à BMTH. A savoir une grande récréation sans gros souci du détail pour le peu que l’on s’amuse et que l’on prenne du bon temps. Dommage lorsque l’on connaît la fougue et le potentiel artistique de certains une fois la porte poussée des studios.