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samedi 21 juin 2008

Hellfest 2008 - Jour 2

Plein air - Clisson

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Après une journée du vendredi excellente et une nuit sans repos, il faut remettre ça aujourd'hui, avec un menu qui paraît sur le papier un peu moins bon que les 2 autres jours. Nous allons si dans la réalité ce fut le cas aussi.

Les groupes commentés dans nos lignes :

Main stage :
The Old Dead Tree + Airbourne + Sonata Arctica + Porcupine Tree + Apocalyptica + Helloween + Cavalera Conspiracy

Second stage :
Legion Of The Damned + Sodom + Satyricon + Anathema + Candlemass + Gamma Ray + Ministry

Discover stage :
Blazing War Machine + Benighted + Haemorrhage + Anaal Nathrakh + Shining + Watain + Punish Yourself + Impaled Nazarene + Belphegor


MAINSTAGE :

The Old Dead Tree :par Aghahowa

Ce fut une tradition au Hellfest 2008 : des groupes français ont inauguré chaque journée du festival. En ce samedi sous un soleil brûlant, c’est The Old Dead Tree qui a commencé sous les coups de midi. Compte tenu du temps imparti au groupe, celui-ci a livré une prestation très agréable, qui est passée très vite, mais qui fut réussie. Côté public, on était moins nombreux que pour le premier jour (effet Ultra Vomit sans doute), mais cela n’a pas dérangé The Old Dead Tree, qui a dû en convaincre plus d’un. Un groupe à revoir en salle, où il doit se bonifier aux vues de la musique progressive qu'ils pratiquent.

Setlist (sous réserve) :1) Start The Fire – 2) It Can’t Be – 3) Is Your Soul For Sale ? – 4) Dive – 5) We Cry As One – 6) The Knock Out Song

Airbourne :par John

À défaut d’avoir un nouvel album d’AC/DC, les australiens (eux aussi) viennent tout juste de sortir leur premier effort sur Roadrunner Records, « Runnin’ Wild ». Il est difficile de cacher ô combien Angus Young et sa bande ont une influence sur la musique de ces jeunes bourrés de talent. Un concert rock n’ roll à souhait, le chanteur débarquant sur la main stage avec sa bouteille de Jack Da’ à la main, annonce le ton du concert. Un show extrêmement énergique et rock n’ roll ! Aucun visuel, aucun artifice, seulement quatre gars qui foutent un bordel monstre sur scène, ça déménage, c’est bon ! Alors qu’AC/DC arrive en fin de carrière, Airbourne reprend le flambeau ! A noter que le chanteur n’hésitera pas à monter tout en haut des murs d’amplis pour aller y jouer ses solos ! Excellente prestation, je n’en attendais pas moins à l’écoute de leur album…

Setlist :1) Stand Up For Rock'n Roll - 2) Hellfire - 3) Fat City - 4) Girls In Black - 5) Too Much, Too Young, Too Fast - 6) Runnin' Wild - 7) Blackjack

Sonata Arctica :par Orion

J’avais envie de voir à l’œuvre ce groupe que j’ai découvert récemment et dont les compos supersoniques m’ont beaucoup plues. Par contre sur scène, on repassera. La setlist ne m’a pas plue à part « Replica ». Le groupe semble sur des rails, Timo pose un peu trop pour les photographes et devrait se concentrer sur son chant perfectible. En plus, malgré le clavier portable, le groupe bouge peu. Le son n’est pas terrible (main stage oblige). Bref j’en attendais bien plus et j’aurais du m’abstenir et aller voir Disfear.

Setlist :1) In Black And White - 2) Paid In Full - 3) Replica - 4) Caleb - 5) Fullmoon - 6) Don't Say A Word - 7) The Cage

Porcupine Tree :par Orion

Voila sans aucun doute ma plus grosse déception du festival. D’emblée, la surprise est de taille, il manque John Wesley, le guitariste live du groupe. Steven utilise des samples et bouge plus pour essayer de combler le manque. Mais l’absence est préjudiciable. De plus, le groupe a axé sa setlist sur ses titres les plus Heavy et laisse dans les tiroirs des titres comme « A Smart Kid » pour des titres décevants (« Open Car » ou surtout « Sleep Together ») mais offre de bonnes surprises (« Mother And Child Divided » et « Anesthetize » sans la partie finale planante). En plus, le son n’a pas mis du tout en valeur l’énorme prestation de Gavin Harrison (Cf. Paradise Lost, In Flames,…). Je suis d’ailleurs parti avant la fin, c’est dire si ça m’a ennuyé.

Setlist :1) Open Car - 2) Blackest Eyes - 3) Anesthetize - 4) Mother And Child Divided - 5) Hatesong - 6) Halo - 7) Sleep Together

Apocalyptica :par Orion

Voila le groupe fédérateur revisitant les classiques du Metal (« Refuse/Resist », « Fight Fire With Fire » ou encore « Enter Sandman » (je ne vous ai pas menti. Du classique, du pur) avec leurs violoncelles et leur batterie. Bien sûr, ce groupe ne plait pas à tout le monde et je fais parti de ces ignobles gens. J’ai toujours trouvé un intérêt très limité aux Finlandais. Les Lapons bougent bien et sont agréables à voir jouer mais je préfère voir ces morceaux joués par les groupes originaux. Je laisse donc ma place et vais me placer pour Gamma Ray.

Helloween :par Orion

Les rois du Heavy teutons n’auront pas la même chance que leurs amis de Gamma Ray. Le son étant complètement à chier. Difficile de reconnaitre les « Halloween » et autre « Eagle Fly Free ». Mais avec un frontman aussi bon qu’Andi Deris et une setlist principalement axée sur les premiers Keeper Of The Seven Keys, le show ne pouvait pas être une déception même s’il était très proche de celui de l’Elysée Montmartre en début d’année à la différence près que cette fois, j’ai vu le rappel, avec les membres de Gamma Ray, qui contenait « Future World » et « I Want Out ». Heureux le Orion.

Setlist :1) Halloween - 2) March Of Time - 3) As Long As I Fall - 4) Eagle Fly Free - 4) A Tale That Wasn't Right - 5) If I Could Fly - 6) Dr Stein - 7) Medley : I Can / Where The Rain Grows / Perfect Gentleman / Power / Keeper Of The Seven Keys - 8) Future Wolrd (rappel avec Gamma Ray) - 9) I Want Out (rappel avec Gamma Ray)

Cavalera Conspiracy :par John

10 ans que l’on attendait ça ! 10 ans oui ! Les frères Cavalera sont enfin réunis sur scène, avec leur premier album en poche depuis leur rupture avec SepulturaJoe Duplantier, occupé avec le nouvel album de Gojira ne sera pas présent sur la tournée, c’est donc le bassiste de FireBall Ministry qui assurera le poste.
Max et sa bande arrivent sur « Inflikted », on note de suite un son exécrable bourré de basses qui s’améliorera avec peine par la suite.
Alors la question, Cavalera Conspiracy, en live c’est quoi ? Et bien on pourrait résumer leur concert à un simple show de Sepultura. Mis à part 4 à 5 titres de leur album, le groupe nous jouera tous les plus grands classiques de la belle époque. Dès le troisième morceau c’est un « Territory » qui fera exploser la foule ! Ils savent comment mettre l’ambiance et l’ont bien compris. Le public est là pour entendre des « Arise », « Refuse/Resist » et c’est ce que l’on obtient très vite. Pas moins de 8 titres de Sepultura seront joués ainsi que « Wastin’ Away » de Nailbomb mais aussi les célèbres reprises de « Policia » ou encore « Orgasmatron ».
Scéniquement on sent le père Max très fatigué, se reposant sans aucune honte sur l’épaule de Marc Rizzo… C’est désolant de voir que cet homme, à qui on vouait un culte, ne fait même plus l’effort de jouer de la guitare, laissant tous les potards de volume à zéro et comptant sur Rizzo pour assurer toutes les parties grattes.
M’enfin bon, on chipotera pas, pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir Sepultura à la bonne époque, ce soir c’était l’occasion où jamais. Un bon moment, on notera aussi l’apparition de Steve Petit, chanteur de Zuul FX, qui est venu se joindre à Max Cavalera durant « Roots Bloody Roots ».

Setlist :1) Inflikted - 2) Sanctuary - 3) Territory (Sepultura cover) - 4) Terrorize - 5) Refuse / Resist (Sepultura cover) - 6) Wasting Away (Nailbomb cover) - 7) Inner Self (Sepultura cover) - Nevertrust - 9) The Doom Of All Fires - 10) Orgasmatron (Motörhead cover) - 11) Hex - 12) Black Ark (avec Richie Cavalera au chant) - 13) Arise (Sepultura cover) - 14) Dad Embryonic Cells (Sepultura cover) - 15) Troops Of Doom (Sepultura cover, avec Igor Cavalera, fils de Max à la batterie) - 16) Attitude (Sepultura cover) - 17) Must Kill - 18) Roots Bloody Roots (Sepultura cover, avec le chanteur Zuul FX)


SECOND STAGE :

Legion Of The Damned :par Caacrinolas

Et voila donc les désormais Ex-Occult qui débarquent sous le soleil de plomb de Clisson, alors oui avec eux rien d’original, rien de nouveau c’est thrash, thrash, thrash.
Bien que pratiquant dans le style que l’on pourrait aisément qualifier de New-school Thrash, les bataves s’en sortent plutôt et arrivent à faire bouger des tignasses de toute âge à l’aide de compos ultra simples mais bougrement efficaces comme peuvent l’être des titres tel que « Undead Stillborn » ou « Sons Of The Jackal ». Néanmoins comme pas mal de groupes de thrash, c’est super efficace la première fois, sympa la seconde puis lassant au bout de la troisième. Heureusement que ça n’était que la deuxième fois que je les voyais… A coté de ça j’ai quand même raté la prestation de Blazing War Machine qui d’après les dires de pas mal de monde semblait plutôt intéressante d’un point de vue zygomatique, dommage.

Sodom :par Aghahowa

Allez, on va faire comme pour Venom. 19 ans que Sodom n’avait pas piétiné une scène française. Tient, comme pour Venom (Metallica), la 1ère partie de l’époque était en plein boom (Sepultura). Sodom évolue sur scène à 3, comme Venom… Tout ça pour dire quoi ? Que les 2 prestations ont été opposées radicalement.
C’est une poupée gonflable à l’effigie des teutons qui a accueilli le groupe : un Tom Angelripper et un Bernd tout sourire. Voilà qui laissait présager d'un bon concert… Et ce fût le cas, avec un son très bon (pas comme au Wacken l’année dernière pour le show anniversaire), un public conquis et heureux de voir le groupe (de tout le week end, je n’ai pas entendu plus de fois le nom d'un groupe scandé, à tel point qu’entre chaque morceaux, c’était le cas "Sodom, Sodom, Sodom, Sodom"). Que c’était bon ! « Sodomy And Lust », « Agent Orange », « Outbreak Of Evil », qui passent très bien, des musiciens d’une simplicité remarquable (non, ils ne sont pas simplets… je vous vois venir). Il n'en fallait pas plus pour séduire l'assemblée.
Certains s’amuseront à comparer tous les groupes de thrash du week end. Je leur répondrais de comparer le nombre de musiciens dans chacun d’eux, et d’en tirer les conséquences qui s’imposent. Sodom a été magique, filmé qui plus est, et tous ceux qui ont été voir Benighted pendant ce temps, ont raté quelque chose (ayant vu plusieurs fois le groupe français, aux très bonnes prestations live, je sais que le contraire est moins vrai).

Setlist (sous réserve) :1) Blood On Your Lips - 2) Outbreak Of Evil - 3) Napalm In The Morning - 4) Sodomy And Lust - 5) Surfing The Saw In The Law - 6) Obsessed By Cruelty - 7) Agent Orange - 8) Witching Metal

Satyricon :par John et Caacrinolas

Quelle déception ! Aujourd’hui, assister à un concert des norvégiens, c’est comme si l’on voyait le king Elvis en corpse paint… Satyr, son pento et ses rouflaquettes m’auront ennuyé profondément. Une setlist plus que prévisible (à une exception près, la même que leur concert en 2006), c'est-à-dire, « The Pentagram Burns », « K.I.N.G. », « Now, Diabolical », « Fuel For Hatred » mais aussi « Havok Vultur » (ah enfin un morceau « ancien »)… Pour notre grand plaisir, nous aurons droit à un nouveau titre, « My Skin Is Cold », dont l’EP vient de sortir… Ce morceau n’annonce rien de bon surtout lorsque Satyr se montre si inspiré pour les paroles (« My skin is cold and the birds fly free »…). En résumé, un titre dans la lignée du précédent opus.
Pour conclure ce show de rock n’ roll, le groupe interprète le cultissime « Mother North » qui aura réussi lui aussi à me faire chier. Bref, mis à part voir un sosie d’Elvis, on ne retient pas grand-chose, si ce n’est que ce fut très ennuyeux.

Comme deux avis valent toujours mieux qu’un je ne rajouterais pas grand-chose par rapport à John si ce n’est que, mis à part l’horrible nouvelle coupe de Satyr, j’ai assisté à un show en tout points identiques à celui de 2006 et mis à part la non interprétation de l’énormissime « Repined bastard Nation » j’ai autant apprécié. Oui c’est tout.

Setlist :1) The Pentagram Burns - 2) Havoc Vulture - 3) Now, Diabolical - 4) My Skin Is Cold - 5) K.I.N.G. - 6) Fuel For Hatred - 7) Mother North

Anathema :par Orion

ATTENTION, voila l’un des meilleurs shows du festival me concernant (juste derrière Opeth). La prestation du groupe originaire de Liverpool a été à la hauteur des attentes se payant même le luxe de jouer deux très anciens titres, « Sleepless » et « A Dying Wish » avec le riff principal de la chanson « Black Sabbath » pendant le break.
Les Cavanagh et compagnie font plaisir à voir jouer avec toujours le sourire et des regards complices avec le public. L’arrivée de Lee Douglas sur scène pour « A Natural Disaster » m’a néanmoins moins marqué qu’à l’Olympia. Mais c’est bien la seule chose à reprocher à ce groupe plein de feeling et de talent.

Setlist :1) Fragile Dreams - 2) Empty - 3) Closer - 4) Deep - 5) A Natural Disaster - 6) Sleepless - 7) A Dying Wish

Candlemass :par Aghahowa

Face à Venom et ses 23 ans, à Sodom et ses 19 ans… Candlemass et ses 17 ans sans France paraissent petits (d’après ce que le chanteur a affirmé au début du show, car je ne le savais pas).
Tout le monde clame haut et fort que Candlemass n’est plus Candlemass depuis que Marcolin le chanteur a quitté le groupe. C’était l’occasion de prouver que non au Hellfest. C’est sous les assauts dooms de « Mirror, Mirror », que le groupe a choisi de nous envoûter. Et dès le départ, Robert Lowe, dont l’influence théâtrale paraît évidente, en a imposé. Les autres musiciens paraissaient en harmonie avec la musique et la gestuelle de leur frontman, une gestuelle lourde, lente, toute en courbes et en signes. Certes, tout ça paraît être coupé du public (c’est le cas, et ce n’est pas Marcolin qui dirait le contraire s’il voyait çà), mais c’est pour mieux dégager une impression de froideur et d’inaccessibilité.
La setlist était courte mais homogène, ce qui a permis aux fans d’être satisfaits et aux autres de découvrir les différentes facettes du groupe. Tout le monde retiendra les nombreuses révulsions d’yeux de Lowe, mais il y avait plus que ça dans ce concert : il y avait de lentes vagues diaboliques qui se répandaient sur le public. A revoir au plus vite et plus longtemps.

Setlist :1) Intro – 2) Mirror, Mirror – 3) Dark Are The Veils Of Death – 4) Samarithan – 5) Emperor Of The Void – 6) Devil Seed – 7) At The Gallows End – 8) Solitude

Gamma Ray :par Orion

Autant sur album je trouve ça bien sans plus, autant en live Gamma Ray est un des meilleurs groupes heavy que j’ai vu. Kai et ses comparses ont la patate, le sourire, le feeling, la communication et et public … Bref tout pour eux. La setlist n’a pas beaucoup bougé depuis le show de l’Elysée Montmartre en janvier dernier (« Empress » en moins dans mes souvenirs) et ce n’est pas plus mal tant le show et la communion avec le public, chantant à tue-tête, sont intenses. Dans mon top 5 des shows du festival.

Setlist :1) Into The Storm - 2) Heaven Can Wait - 3) No Wolrd Order - 4) Fight - 5) Rebellion In Dreamland - 6) Heavy Metal Universe - 7) Ride The Sky (Helloween cover) - 8) Somewhere Out In Space - 9) Send Me A sign

Ministry :par Orion

L’un des derniers concerts de ce groupe mythique parti en croisade contre l’administration Bush et se retirant avec ce dernier. Pour cette dernière tournée, le groupe d’Al Jourgensen délivre son metal indus derrière une grille. Les lights étaient excellentes, en accord avec cette ambiance électronique alors que le son était plutôt bon. Mais ne connaissant pas la musique du groupe et étant exténué, je me retire très vite vers ma tente laissant de coté cette prestation convaincante qui va me pousser à approfondir ce groupe.

Setlist :1) Let's Go - 2) Watch Yourself - 3) Life Is Good - 4) The Last Sucker - 5)No W - 6) Waiting - 7) Rio Grande Blood - 8) Señor Peligro - 9) Lieslieslies - 10) N.W.O. - 11) Just One Fix - 11) Thives


DISCOVER STAGE :

Blazing War Machine :par John

La blague du Hellfest ! Et je pèse mes mots. Une caricature de Dimmu Borgir mêlée à des riffs power metal des plus fades rendent le tout pitoyablement nul. Leur victoire toujours incomprise au tremplin Sin Cession face aux excellents God Damn, leur aura permis d’ouvrir cette journée du samedi, mais quelle blague ! N’attendant rien du groupe, j’y suis tout de même aller par curiosité, j’ai bien rigolé… Entre un chanteur au charisme d’une huître (faisant semblant de se planter le micro dans le ventre), un Franky au top de la pose, un claviériste inexistant sur scène et des musiciens qui essayent de se donner l’air méchant, on aura tout vu ! Aussi bien musicalement que scéniquement, il n’y a rien à tirer de ce groupe.

Benigthed :par Caacrinolas

Eux c’est clair, ils n’ont déjà plus rien à prouver en France, déjà devenu une grande figure de proue de la scène death française c’est devant un public déjà conquis que s’avançaient les stéphanois, et comme à chaque fois ce fût le chaos.
Le chaos dans la fosse ça c’est normal et ça fait partit du jeu, le chaos sonore c’est déjà un peu plus embêtant, ceci expliquant surement le coté quelque peu bordélique du set, mais que l’on se rassure Benighted a encore une fois assuré. Julien sait tenir une foule comme peu de monde, Olivier et Eric comme d’habitude s’occupent de jouer les équilibristes et Kikou semble avoir parfaitement intégré le groupe désormais. Coté set list rien de nouveau c’est du tube et encore du tube avec les désormais célèbres « Nemesis » et autre « Stay Brutal ». Un petit « Fœtus » et l’affaire est pliée, ce n’était pas leur meilleure prestation mais comme à chaque fois Benighted s’est montré au dessus du lot de près de la moitié de la scène française et ce dans tout les domaines.

Haemorrhage :par Caacrinolas

Le seul véritable groupe de gore-grind du week end après les 2 titres de Carcass et inutile de dire qu’encore une fois Haemorrhage est LA référence du gore-grind. C’est pourtant une formation étonnement à 4 qui se présente cet après midi la, Ana prenant la basse mais qu’importe Haemorrhage à 5, 4 ou 3 tant que Lugubrious est là on est sur d’avoir un vrai spectacle. Parce que oui au risque de me répéter par rapport au report de Strasbourg, c’est bel et bien lui et lui seul qui donne tout l’aura du groupe en live, comme à son habitude c’est avec ses jouets que le bonhomme se déambule sur scène, un bras en plastique par ci, un cerveau dans un bocal par là. Le bougre nous ressortira même la muselière de service sur « Decom-Posers ». Le temps de balancer un petit « I’m A Pathologist » des familles où votre serviteur s’amusera à faire le ouin-ouin sur les épaules d’un serpent bien connu d’un autre webzine et le tour est joué. Pour les amateurs comme pour ceux qui découvraient le groupe ce jour là, le show fût grand et j’attends déjà leur retour en France.

Anaal Nathrakh :par John

Je ne savais pas à quoi m’attendre en arrivant sous la Discover Stage, les anglais qui n’ont pas pour habitude de donner des concerts (les shows qu’ils ont donnés se comptent sur les doigts de la main) auront totalement divisé le public. Il est clair que reproduire l’ambiance, la brutalité, la barbarie d’un album d’Anaal Nathrakh n’est pas chose aisée. Les gars débarquent sur scène, aucun visuel, on a l’impression qu’ils sortent du bureau. Ce concert fût sympathique mais rien de marquant, contrairement à leur musique sur album. On a l’impression de voir un groupe de grindcore quelconque, délaissant totalement le côté black métal de leur musique… Malgré cela, nous noterons tous un V.I.T.R.I.O.L. en très grande forme, assurant ses vocaux avec excellence. Dommage que le son ne soit pas non plus de la partie, décidemment rien n’aura aidé les anglais… Un concert en demi-teinte donc.

Shining :par Aghahowa

Inévitablement, et ça ne risque pas de s’apaiser les mois et les années passant, lorsque l’on parle de Shining, on pense tout de suite aux frasques de son chanteur Niklas Kvarforth. Et bien vous ne savez pas la meilleure ? C’est normal… (et c’est qu’il réussit son coup à chaque fois le bougre).
Cet homme à la voix (aux voix) si unique et touchante, ce monstre filiforme, ce diable suicidaire, ce tortionnaire ascète, ce danger public est considéré comme un vrai phénomène, qu’on l’aime ou qu’on le déteste.
Au-delà du côté spectaculaire qu’il véhicule, il y a autre chose qui m’impressionne chez lui : c’est ce qu’il arrive à véhiculer avec sa voix. Ses grognements torturés, ses cris d’enfants ou de femmes, son chant puissant me donnent à chaque fois des frissons.
Bien mis en condition, Niklas a livré une prestation touchante, que certains vont dénoncer… (Agression de journaliste, jet de cigarette allumée, bouteille de whisky cassée, retour de son cassé, et j’en passe).
Lorsqu’on voit Shining, si on a la capacité de s’extirper de la forte attraction de Niklas, on se plonge dans la musique géniale générée par les autres artistes. Sur CD, celle-ci prend toute sa valeur, mais en live, elle est en quelques sortes bonifiée par l’atmosphère lugubre, malsaine et surtout les tortures de Niklas. Des morceaux comme « Lat Oss Ta Allt Fran Varandra », « Svart Industriell Olycka » prennent une autre dimension en live.
Côté public, nombreux sont ceux à avoir pris leur pied. Il fut dommage tout de même que la configuration du terrain sous le chapiteau soit en V (haut tout près de la scène, dans le creux au milieu, et haut tout au fond). En effet, tous ceux positionnés au milieu n’ont pas bien pu être attirés par Niklas. Ce dernier n'a pas manqué de critiquer le black metal sur le caractère non authentique de nombreux groupes, tout en faisant l'éloge de ceux qui les suivaient sur la discover stage : Watain.

Watain :par Caacrinolas

Et on arrive à la véritable messe noire du soir : WATAIN. Débutant comme à son habitude par « Legions Of The Black Lights » c’est une véritable offrande au malin que nous a offert Watain, un véritable sacrifice humain en l’honneur du cornu. Ca ne puait peut être pas autant la mort qu’à Paris (Bah ouais sans les rats et le sang c’est plus dur) mais dieu que ce fût froid, glacial et diablement crasseux. J’étais à l’époque de sa sortie parmi les premiers à décrier « Sworn To The Dark » pour son coté bien moins malsain et peut être un peu plus « opportuniste » mais force est de constater que c’est en live que toute la décadence et la répugnance de ces morceaux prennent formes.
Un concert extatique comme rarement on en fait, alors imaginez l’état dès lors que le groupe nous sort « Stellavore » pièce de huit minutes qui nous emmène directement dans les entrailles de l’enfer (pyrotechnie aidant). Dès lors que le groupe annonce la fin de son set sur l’ultra maléfique « On Horns Impaled », il n'y a plus qu’une chose à faire : s’agenouiller devant la bête.

Punish Yourself :par Caacrinolas

Changement absolu de décor et d’ambiance avec les français de Punish Yourself.
Annoncés comme l’un des ovnis de ce festival le groupe n’a pas failli à sa réputation. Comme à son habitude le show pouvait être résumé par les mots suivants : décadence, excès, spectacle et violence.
Décadence pour l’attrait qu’a toujours eu PY sur scène, une guitariste qui voit ses seins sortir une fois sur deux, un guitariste qui n’hésite pas à faire tomber le bas, le tout pour illustrer au mieux les paroles de titres tel que « Gay Boys In Bondage » ou « Suck My TV»
Excès pour le coté ultra provocateur du groupe vis-à-vis des drogues notamment bien exprimés par l’ultra jouissive « Let ‘s Build A Station In Space » ou « Gimme Cocaine ».
Spectacle pour le spectacle visuel que nous offre Punish comme depuis ces débuts, peintures fluos, pin-up avec scies circulaires pour faire de jolies étincelles sur scène et tout le toutim.
Puis Violence pour celle répertoriée dans la fosse qui sera paradoxalement avec le style l’une des plus violentes recensée sur tout le week-end. Violence qui ira même se répercuter sur scène avec la mauvaise chute de VX69 le chanteur qui verra malheureusement pour lui plusieurs de ces cotes cassés.
Mais bon…un show de Punish Yourself sans un gros bordel, ce n’est pas vraiment un show de Punish Yourself.

Impaled Nazarene :par Aghahowa

Après l'avalanche de couleurs de Punish Yourself, un seul mot ressort de la prestation des finlandais (qui avaient hâte de pouvoir jouer en France après les déboires qu’ils ont connus dans le passé chez nous) : énergie.
J’ai eu l’impression d’assister à un show très court (et pour cause, il a été écourté...), mais uniformément rapide, et sans relâchement. Le problème, c’est que j’ai trouvé leur set très répétitif et ennuyeux. Finalement, heureusement que ce n’était pas plus long. Ce fut intense et violent, certes, mais linéaire. La setlist était principalement axée sur le dernier opus du groupe, les musiciens étaient efficaces. Le chanteur aussi, et le public a semblé apprécier le show.

Setlist :1) 1999 : Karmageddon Warriors – 2) Armageddon Death – 3) Mushroom Truth – 4) Hardboiled And Still Hellbound – 5) Original Pig Rig – 6) Motorpenis – 7) Pathogen – 8) For Those Who Have Fallen – 9) Pandemia – 10) Sadhu Satana – 11) Total War – Winter War.

Belphegor :par Caacrinolas

Encore une grosse preuve de l’éclectisme du Hellfest puisque qu’après les délires fluos de Punish, ce sont les grosses brutes épaisses de Belphegor qui viennent clôturer un samedi de folie.
Là aussi encore une fois aucune surprise, un bon gros death/black des familles mené par un Helmut comme à son habitude ultra à l’aise sur scène qui mènera à lui seul un show qui passera à 100 à l’heure. Et franchement rien à dire, déjà « The Goatchrist » en intro ça vous fout le bâton direct, ajoutez à cela des titres comme « Swarm Of Rats » ou « Hell’s Ambassador » et c’est la jouissance ultime. Les 3 titres extraits du dernier album joués ce soir là s’en sortent carrément avec les honneurs et bien qu’avec une prestation de quarante cinq minutes au lieu de l’heure prévue, Belphegor aura encore prouvé qu’il est l’un de groupes qui représente au mieux ce style en live. IN HELL WE BURN

Liens avec les 2 autres reports :
Hellfest - vendredi
Hellfest - dimanche