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mardi 11 juin 2013 - U-Zine

BlackRain

Swan

U-Zine

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Alors que le phénomène BlackRain ne semble plus s'arrêter, le combo savoyard sort cette semaine son troisième opus. Pour la première fois, le groupe évolue sous le label Sony et au coté du producteur Jack Douglas (Alice Cooper, John Lenon, Aerosmith, ...). C'est donc à l'occasion de la sortie de ce tout nouvel album que nous avons joint Swan, leader de la formation par téléphone ... Résumé !

Bonjour Swan, on s’était donc rencontré à la Fnac de Toulouse pour votre showcase acoustique en avril 2011. Cela fait donc 2 ans. Que s’est-il passé pour vous sur cette période ?

On a commencé à enregistrer ce nouvel album, à en faire des démos. On a surtout continué à finaliser les morceaux. On a rencontré Jack Douglas entre temps. On a fait quelques concerts, on a enregistré l’album, on est passé à Incroyable Talent, on a signé chez Sony, et hier, l’album est sorti. Voilà, en version accélérée ce qui s’est passé pendant ces deux années. Ça a été assez intense.


Votre nouvel album « It Begins » est sorti hier. Comment te sens-tu à ce propos ? Soulagé qu’il soit sorti ?

Ca va plutôt bien, on est confiant. On est très content de travailler avec Sony. On a commencé la promo il y a plus d’un mois déjà. Maintenant on attend surtout de savoir ce que ça donne, comment l’album va être accueilli par le public. Nous on y est déjà habitué, à cet album, puisqu’on le connait par cœur. Ca fait déjà un an qu’il est prêt, que tout est composé et qu’on attendait de signer sur une major pour pouvoir le sortir. On est impatient de savoir comment le public va réagir maintenant !


Peux-tu nous présenter ce nouvel album ?

Par rapport aux précédents, vu qu’il y a toujours eu une évolution dans les albums de BlackRain, les chansons sont plus abouties, parfois plus simples et plus efficaces peut-être. Il y a eu beaucoup plus de travail sur les voix et les chœurs, on a beaucoup mis l’accent là-dessus. D’ailleurs à propos des chœurs, effectivement sur le dernier titre de l’album on a fait ce titre hommage à notre hymne. On voulait remettre un titre dans la même veine vu que tout le monde connait, tout le monde commence à la chanter en live, donc c’était aussi pour pouvoir la placer sur les setlist.

Le précédent opus « A Lethal Dose Of » avait un peu de mystère dans le titre. « It Begins » aussi. A quoi fais-tu référence dans le titre de l’album ?

Ca souligne le fait d’avoir tout enregistré en studio pour la première fois. En suivant du coup un procédé « normal » et totalement professionnel. Pour une fois, on a été entouré par une structure de gens qui nous soutiennent, comme un vrai groupe finalement. Avec d’une part la signature chez Sony qui nous aide niveau promotion, et avec l’aide de Jack Douglas au niveau de la promotion. Très entouré donc, d’où le titre, signe d’un certain renouveau, comme les groupes avaient l’habitude de travailler dans des jours plus anciens.

Peux-tu nous parler du processus créatif qui a donné naissance à cet album (composition, enregistrement, …) ?

Globalement, je compose la majeure partie des titres. Suite à quoi je les envoie à notre manager, qui bénéficie par rapport à moi de beaucoup plus de recul étant donné qu’à un certain point je n’arrive plus à prendre de la hauteur sur ce qui est composé. Il me donne donc son avis, sur ce qui peut être améliorable, et tout. Ensuite les autres membres du groupe viennent apporter leur contribution. En ce qui concerne « It Begins », on avait composé tout l’album depuis août dernier, donc sa sortie, c’est vraiment une finalité. Après niveau enregistrement, c’est du one-shot, de la prise live. C’est quelque chose que l’on n’avait pas l’habitude de faire sur les précédents albums.

Avec le buzz autour du groupe, j’imagine que vous avez dû avoir plusieurs propositions de label. Pourquoi avoir choisi Columbia/Sony ? Que vous a concrètement apporté le label ?

En fait, on voulait clairement passer à l’étape au-dessus. On a déjà eu une expérience de label pour chaque album donc on s’est clairement rendu compte qu’avec les labels indépendants, on faisait quoi qu’il arrive le travail tout seul, sans aide concrète de leur part. On voulait donc passer à l’étape au-dessus, et signer sur une major comme Sony. Ils nous aident beaucoup pour la promo et nous offre une visibilité que l’on n’aurait pas pu avoir en travaillant tout seul. C’est surtout intéressant par rapport à ça. Après, de notre côté, on a toujours la même façon de travailler, ça n’a pas changé. Ce qui est agréable, c’est que l’on travaille tous ensemble, et qu’on prend les décisions ensemble. On ne nous impose rien.

Le gros point fort de l’album, largement mis en avant dans les communiqués de presse, est l’intervention du producteur Jack Douglas dont le travail n’est plus à présenter. Comment est-il intervenu (rencontre, actions sur le disque, …) ?

On l’a connu grâce à l’intervention de notre manager. Il le connaissait et l’avait même managé dans les années 80. Suite à son passage en France, il y a deux ans au festival de Cannes, nous sommes allés le rencontrer pour lui présenter des démos de l’album. Il était d’accord pour enregistrer cet opus. Il est revenu un an après, et c’est là que nous avons enregistré. Comme les démos étaient très abouties, et que l’on avait déjà beaucoup travaillé dessus, il est intervenu surtout au niveau de la prise de son, la pose des micros, ce genre de choses. Au mixage également, c’est lui qui l’a fait à Los Angeles tout seul. Il a ajouté aussi des instruments externes comme des violons, des trompettes, ce genre de choses. C’est des choses que l’on n’avait pas vraiment eu l’idée d’ajouter avant le mix.

Le fait d’avoir signé avec Sony et de travailler avec Jack Douglas a-t-il changé votre manière de faire ?

Pour le moment non. On travaille toujours de la même manière, surtout au niveau composition et structure des morceaux, ça n’a rien changé. En revanche, on a beaucoup appris en travaillant avec lui. Comme je te le disais, on ne nous impose rien, et pour le moment nous n’avons pas eu à changer quoi que ce soit.

Il y a dernièrement eu l’effet BlackRain suite à votre passage dans Incroyable Talent. Les avis ont été mitigés sur les réseaux sociaux à ce propos. Peux-tu revenir sur ça, nous expliquer la genèse de ce projet ?

C’est notre attaché presse qui en a eu l’idée à l’origine. De notre côté, on a été très réticent à l’idée d’y aller au départ. Finalement on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas d’autres moyens de présenter des chansons comme ça, de la manière dont on le souhaite à la télé. Il n’y a pas d’émission rock actuellement à la télé, la preuve même l'émission Taratata qui en passait va être suspendue. Pour nous c’était une grosse opportunité vu que ça tombait juste après l’enregistrement de l’album, donc niveau promotion c’était parfait. Au niveau de l’émission en elle-même, le fait d’arriver jusqu’en finale ça a surtout permis de donner l’argument final aux décideurs de chez Sony pour nous signer, donc ça a été très important.

En regardant en arrière, comment vois-tu les deux premiers albums du groupe ?

Déjà, on arrive très peu à les écouter bizarrement. « License To Thrill » était très rock mais malheureusement, au niveau de la structure des morceaux, c’était bien trop compliqué, et ma voix était catastrophique. Après pour « Lethal Dose Of », c’est au niveau de la prod que ça plombe, je trouve qu’il y a des morceaux excellents qui n’ont pas été produit à leur juste valeur. C’est dommage mais c’est des choses que tu as du mal à voir sur le moment présent et qui t’apparaissent comme évidentes avec du recul.

Rétrospectivement toujours, vous avez ouvert pour de nombreuses têtes d’affiche (Scorpions, Europe, Alice Cooper, …). Lequel vous a le plus marqué ?

Le plus cool, le plus sympa, c’était Alice Cooper, parce que le gars était sympa, il nous a reçu dans sa loge, c’était vraiment bon enfant. C’est vrai que c’est aussi l’un des meilleurs concerts qu’on ait eu fait avec lui. Après, avec Scorpions, c’était différent : grosse scène, c’était déjà moins sympa, moins bon enfant. Le groupe, on ne l’a pas vraiment rencontré à part le bassiste vu que les gars arrivent juste pour le concert et repartent directement après. C’est déjà pas la même dimension … Après c’était une bonne expérience au niveau du concert en lui-même parce que c’était énorme !! C’était 15.000 personnes la première fois et quasiment 10.000 la seconde fois, donc c’était vraiment géant !

Comme tu le sais, BlackRain a pas mal de détracteurs, et en parlant de détracteur, l’un d’entre eux a fait beaucoup de bruit suite à votre concert de Toulouse, auquel j’ai également assisté. Peux-tu revenir sur ce qu’il s’est passé ce soir-là ?

Heuu … j’ai pas nécessairement envie d’y revenir surtout du fait que de notre côté, on n’a rien vu, donc on serait assez mal placé pour en parler. D’autant plus que tu avais déjà interviewé Dany à ce propos, non ?

Oui, effectivement, j’ai eu sa version des faits, mais ça reste sa version. C’est plutôt du côté du groupe que j’aurai aimé en savoir plus.

Moi personnellement, je ne suis pas intéressé pour parler de ce genre de chose, je préfère faire la promotion de l’album et comme je te le disais, on n’a pas assisté à ce qui s’est passé. No comment.
 

Un des points qui m’avait marqué ce soir-là, c’est la manière dont Dany Terbeche, votre manager vous annonce, tel un Mr Loyal. Ne crois-tu pas que ça nuit au message du groupe et que quelque part ça tue dans l’œuf ta crédibilité en tant que leader ?

Non, du tout, on y est habitué. Tu sais, il y a tous ces groupes des années 80 comme Poison où il y avait un mec, parfois leur manager d’ailleurs, qui les annonçait juste avant les concerts et nous on aimait bien ça ! Après, faut savoir qu’on lui demande de le faire, c’est une volonté de notre part donc ça ne nous dérange évidemment pas.

En cherchant sur internet, je suis tombé sur une société nommé BlackRain Company, dont le gérant est Christiane Terbeche (la femme de Dany). A quoi sert cette société exactement ?

C’est notre société en fait. On est tous associé dedans, et c’est comme ça que l’on gère le groupe. Le but c’est de gérer intégralement le groupe, notamment pour le précédent album où l’on a tout fait par nous-même et où l’on avait de l’aide de quasiment personne.

Petite question par pure curiosité : à l’heure actuelle, vivez-vous de la musique ?

On en survit. On ne va pas dire pour le moment qu’on en vit. On ne travaille pas à coté si c’est ce que tu veux dire. On fait vraiment que de la musique tous les jours. Ce n’est pas comme tout le monde nous avait fait rêver dans les années 80 avec des biographies comme The Dirt de Mötley Crüe. Ça ne se passe pas du tout de la même façon, surtout en France à notre époque.

Le Hellfest aura lieu dans 10 jours. On sait qu’il y a eu quelques soucis entre eux et vous par le passé. Est-ce possible d’imaginer BlackRain au Hellfest dans les années à venir ?

Oui complètement. Nous on espère vraiment sachant qu'on va y être cette année pour faire un peu de promo. On nous a demandé là-bas, donc on va y aller. Cette année évidement c’est trop tard pour jouer. Ça aurait été compliqué de toute manière avec la sortie de l’album hier, c’est trop tard. On aimerait bien y être l’année prochaine par contre !

Quel est le futur pour vous ? Doit-on s’attendre à une tournée à venir pour promouvoir sur scène « It Begins » ?

Oui, j’espère. Pour l’instant on est en pleine promo, donc ça se bouscule vraiment. On n’a pas vraiment le temps, mais reste en contact avec Olivier, notre attaché presse ou Dany notre manager. On sera sans doute vite fixé, mais il y aura très probablement une tournée aux alentours de novembre.

Merci à toi pour l’interview, je te laisse le mot de la fin.

J’espère que tout le monde va aller se ruer dans les bacs pour trouver l’album, et j’espère qu’on se retrouvera en concert à Toulouse avec une bonne ambiance !

Merci à Swan pour sa disponibilité et son indulgence pour les soucis de micro. Merci à Olivier Garnier de Replica Promotion pour la logistique.