Chronique Retour

Album

09/12/14 - U-Zine

Revocation

s/t

LabelRelapse
styleDeath Technique
formatAlbum
paysUSA
sortieaoût 2013
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Avec quasiment une sortie par an depuis 2008, les Américains de Revocation peuvent passer pour des stakhanovistes, surtout lorsque l’on regarde les références de certains de ces membres : passage à la fameuse Berklee college of Music pour un des guitaristes et quand on sait que c’est un des membres fondateurs et qu’il écrit en grande partie la musique, on se dit que les fondations pour une composition de qualité sont là. On pourrait aussi préciser qu’avant de se nommer Revocation, ils se sont appelés Cryptic Warnings entre 2000 et 2006. Cette fois-ci, foin de tergiversations pour trouver un titre à leur œuvre, puisqu’ils ont décidé de jouer la carte de l’éponyme. Ils se sont enveloppés dans un son purement moderne et qui colle à leur style, pas de risque de ce côté-là, ça sonne tranchant et propre.

En regardant leurs œuvres précédentes, vous serez probablement choqués par la laideur de leurs pochettes. Il n’y en n’a pas une pour rattraper l’autre et ce n’est pas celle de cet album éponyme qui va sauver le groupe. Si l’enrobage du médaillon central est assez peaufiné, ce dernier est bien laid et sans aucun intérêt : un monstre moche qui a l’air de fondre. Ni provocateur, ni symbolique, on se situe dans le dessin un peu old school du thrash. Le groupe ne renie pas cette influence et on sent dès le départ et The Hive que l’album sera parfumé aux senteurs musquées de ce genre. D’ailleurs, on pourra citer Numbing Agents en est un autre beau représentant (écoutez le solo, on dirait presque un hommage à du vieux Slayer), à la fois bien gras et presque rock’n roll, il ne sera perturbé que par les blasts qui sont présents en nombre sur l'album.

Avec un tel pedigree que celui évoqué en introduction, vous pouvez vous attendre à des passages techniques comme les soli qui sont à la fois cohérents avec le reste du titre et plutôt agréables à écouter comme sur Scattering The Flock, où il est placé dans un écrin plus progressif que le reste du titre assez bourrin. Mais faire montre de sa technique, ne se résume pas à mettre du shred à tous les étages. Au contraire, l’écriture compte pour beaucoup et les petites touches disséminées sur l’album permettent de souffler ou même de raccrocher notre attention comme le départ de Spastic, instrumentale entraînante. Mais ne vous trompez pas, si vous cherchez un album de death prog vous pouvez passer votre chemin, le propos de Revocation n’est pas celui-là. Bien au contraire, ce que cherche le groupe c’est une synthèse à leur sauce de ce que le death et le thrash ont donné de meilleur. Le tout enrobé dans une vraie énergie et sans branlette de manche interminable et prise de tête assurée.

Par ailleurs, on note que les blasts du début de l’album, présents à tous les niveaux, s’amenuisent au fur et à mesure pour ne revenir que sur A Visitation, dernier titre de l’album dont l’écoute vaut le coup pour les deux guitares avec des parties très différentes, presque dissonantes sur le blast, ce qui risque de chatouiller l’oreille de certains. Revenons à nos moutons : plus on progresse dans l’album, plus son côté rugueux disparait pour faire place à l’aspect harmonieux. Fracked a le goût et la couleur du melodeath, The Gift You Gave sent bon le heavy / power et il y a une certaine folie sur leur deuxième single Invidious, ça part dans tous les sens et le chant de Davidson descend d’un cran dans l’extrême et abandonne les growls ou le chant purement hurlé.

On sent toutefois qu’ils sont un peu en deçà de ce que l’on pourrait attendre d’eux, au vu de plusieurs critères : tout d’abord la polémique entourant The Hive, leur premier single et morceau d’ouverture, qualifié de faible par la plupart des fans. Ensuite, on se retrouve face à certaines longueurs comme sur Archfiend, le cœur du morceau souffre de moments de creux alors qu’il contient des pépites comme le passage acoustique ou les soli qui, je le répète sont propres de bout en bout.

Sans aucun doute le renouvellement et la continuité ne font pas toujours bon ménage : on attend à s’entendre du Revocation qui n’a pas changé d’un pouce et pourtant ils font bouger leurs propres lignes. Alors il ne faut pas bouder son plaisir et ouvrir ses oreilles bien grandes car cet album, s’il manque d’homogénéité, n’en reste pas moins un vrai bon moment de metal dense et technique. Vous n’aurez aucun mal à repérer les morceaux les plus faibles et à vous en départir pour vous concentrer sur la grande majorité de ce disque assez accessible au final.

1. The Hive
2. Scattering The Flock
3. Archfiend
4. Numbing Agents
5. Fracked
6. The Gift You Gave
7. Invidious
8. Spastic
9. Entombed By Wealth
10. A Visitation

Les autres chroniques