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Album

09/12/14 - U-Zine

Black Sabbath

13

LabelVertigo Records
styleHeavy
formatAlbum
paysAngleterre
sortiejuin 2013
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

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Un nouvel album de Black Sabbath (sous sa forme classique) avait tout de la déception annoncée. Comment des mecs qui n'ont plus composé ensemble depuis une grosse quinzaine d'années peuvent avoir l'envie de rejouer ensemble ? La nostalgie ? L'argent ? Hum... La réponse se trouve sûrement entre les deux. Cette réunion a d'ailleurs failli tourner court pour plusieurs raisons fâcheuses à commencer par le cancer dont semble s'être sorti d'affaire Tony Iommi ou par cette brouille avec le batteur originel Bill Ward jeté comme un malpropre par les trois autres membres à cause de son niveau soit disant faible. Son remplaçant a été vite trouvé en la personne de Brad Wilk, l'ancien batteur de Rage Against The Machine et d'Audioslave. Mais finalement, 13 est bien là et on a encore du mal à réaliser qu'on va avoir affaire avec une sortie du Sab', le vrai, l'unique.

Bien évidemment et ce n'est une surprise pour personne, 13 n’atteint jamais la grâce des années 70 rien qu'à cause du son trop moderne pour rendre aux compositions d'un Black Sabbath qui n'hésite pas à se parodier. « The End Of The Beginning » est bien cool en ouverture d'album et doit parfaitement rendre en introduction de leurs futurs concerts mais le riff sur le couplet ressemble énormément au triton du fameux « Black Sabbath » alors que le riff d'introduction n'est pas sans rappeler l'introduction de l'album The Devil You Know de Heaven And Hell, « Atom & Evil » (Un petit problème d'inspiration ?). De même, « Zeitgeist » fait office de « Planet Caravan » version 2013 tandis que « Loner » fait drôlement penser à « N.I.B. ». Ça a quelque chose de dérangeant comme si le groupe voulait donner à tout prix ce que le public attendait. Ce qui n'était pas le cas de tout le monde puisque les fans voulaient juste une nouvelle session de jam made in Black Sab'. Le problème avec cette session, c'est qu'il aurait fallu que tout le monde joue le jeu. Ainsi, On sent Geezer Butler en garder sous la pédale et hormis sur la Bluesy « Damaged Soul », son jeu ne fait pas saliver (il suit juste la batterie) comme une référence de la basse se doit de le faire. Il y a plusieurs endroits sur l'album où je me prépare à entendre Geezer lâcher les chevaux mais c'est finalement toujours Tony Iommi qui s'en empare. C'est un peu ce qu'il manque à ce 13 pour vraiment décoller : la folie de la jeunesse, la drogue et les putes. Black Sabbath s'est trop assagi pour rendre parfaitement hommage à ce qu'il a été mais il y a malgré tout beaucoup plus de choses positives à retirer de cet album que de mauvaises.

Il est évident que Black Sabbath n'a pas sorti cet album seulement pour l'argent mais qu'il y avait une réelle envie de jouer ensemble. Il n'y a qu'à prendre la durée des huit morceaux (le chiffre magique pour les Sab'!) de 13 pour s'en rendre compte. Là où les producteurs auraient pu mettre la pression sur le groupe pour nous sortir un titre à la « Paranoid » et ainsi faire un tube parfait pour passer sur toutes les ondes Rock, il n'en est rien. Cinq morceaux dépassent largement les sept minutes, y compris le single « God Is Dead ? » qui approche même les neuf minutes.
Notons aussi la qualité de l'interprétation de la part de Tony et surtout d'Ozzy. Tony Iommi, tout le monde le sait, est un super guitariste. La maladie n'a eu aucun effet sur ses talents de compositeurs et son jeu. C'est lui qui insuffle la vie aux morceaux notamment à travers des breaks et des soli toujours bien sentis (« End Of The Beginning », « God Is Dead ? » ou « Age Of Reason »). Toutefois, celui qui m'a le plus épaté, c'est Ozzy. Honnêtement, je craignais, vu le papy gâteux qu'il est devenu en live, qu'il soit complètement à coté de la plaque. Bien pas du tout, bien aidé par un Rick Rubin qui n'est pas le dernier venu à la production, il arrive toujours à bien varier son chant et même à mettre à mal à l'aise comme il le faisait si bien à la grande époque (« The End Of The Beginning », « Damaged Soul »).
Ce dernier titre est très clairement celui qui vaut le plus son pesant de cacahuètes puisqu'il revient aux premiers amours de Black Sabbath dans un jam Blues/Jazz à l'ambiance bien morbide qui est sans nul doute la petite pépite de cet album.
Enfin, le coup du clin d'oeil sur le final de « Dear Father » envers l'ouverture de « Black Sabbath » est très bien vu pour boucler la boucle et semble annoncer que 13 sera le dernier album de la carrière de la formation. Ce n'est pas plus mal.

Black Sabbath n'est pas superstitieux et finalement ce 13, s'il n'atteint pas des sommets, n'est pas la grosse daube attendue. Il tient même carrément son rang de dernier baroud d'honneur pour une formation pleine de panache qui n'avait pas vraiment besoin de cela si ce n'est pour donner une belle épitaphe à ses fans.

1. End of the Beginning
2. God Is Dead?
3. Loner
4. Zeitgeist
5. Age of Reason
6. Live Forever
7. Damaged Soul
8. Dear Father

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