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Album

09 décembre 2014 - U-Zine

Aquilus

Griseus

LabelAuto-Production
styleBlack Metal folk / Atmsophérique
formatAlbum
sortiedécembre 2011
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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Aquilus, depuis son isolement Australien, est un one-man band dont on ne pourra pas dire qu’il n’est pas ambitieux. Deux démos et un EP tout ce qu’il y a de plus confidentiels parus entre 2005 et 2007 auront amené Waldorf, tête pensante du projet, à sortir en 2011 son premier full-length, Griseus. Jusque là, rien de particulièrement extraordinaire.

Mais la teneur de cet album, elle, témoigne d’une vision particulièrement grandiloquente de la musique, et propose 8 titres pour près d’une heure et quart de musique atmosphérique. Entre autres.
Car ce qui marque immédiatement à l’introduction de Griseus, c’est sa diversité, sa propension à aller emmener l’auditeur là où il ne s’attendait pas. Si Waldorf définit sa musique tout simplement comme étant du Metal atmosphérique, il faut bien avouer que l’étiquette se révèle vite réductrice.

La musique de Griseus est assez casse-tête à définir d’ailleurs, tant elle touche à tout ce qu’on retrouve dans le metal en général. Puisant ses fondements dans la scène Black Metal folk, Aquilus s’autorise bien des escapades instrumentales, usant de claviers solennels, d’arpèges acoustiques et d'envolées de guitares distordues mais aériennes qui rappelleraient le Drudkh des débuts, laissant un grand espace à l’instrumental, les vocaux, ancrés dans le Black là encore, s’effacent au profit de l’ambiance très automnale qu’a cherché à développer Waldorf, à l’image des couleurs de la pochette de son Griseus.

Intéressantes à plus d’un titre et dotées d’un magnétisme imparable, les orientations musicales d’Aquilus semblent se diriger vers un objectif commun, celui de façonner une atmosphère tellurique, contemplative, mélancolique, sans pour autant être cohérentes entre elles. Les orchestrations aériennes et parties acoustiques ne côtoient finalement que très peu les embrasements de guitares, rares, mais particulièrement saisissantes, chacune des parties, plutôt que de fusionner semble évoluer indépendamment les unes des autres, et en définitive, l’album pourrait paraître décousu. Et long également. Prises individuellement, les pistes qui composent l’album sont d’excellente qualité certes, mais elles ne dégagent pas de thème précis pour embarquer l’auditeur dans le voyage, donnant plutôt le sentiment qu’à trop vouloir en faire, Waldorf a inutilement traîné en longueur et fusionné ce qui aurait gagné à être séparé.

Pourtant, aidé par sa maîtrise technique et son sens de la mélodie, Griseus fonctionne, parvient à happer l’auditeur et le plonger dans un univers de toute beauté, où la chaleur des mélodies contraste avec la glace inébranlable des parties Black, où la sérénité embrasse la colère (la pirouette surprenante qui unit la somptueuse In Lands of Ashes à Latent Thistle). Véritable ascenseur émotionnel, Griseus impressionne par sa diversité autant que, finalement, par sa cohésion qui naît davantage du sentiment que s’empare de l’auditeur à l’écoute plutôt que de sa construction, assez décousue.

Ambitieux est définitivement le terme qui convient à Aquilus. Très riche, parfois un peu trop démonstratif, Griseus est un album complexe et poignant, qui, s’il connaît tout de même certaines longueurs et part un peu dans tous les sens sans être toujours pertinent, fait honneur à la créativité de son unique maître à bord, Waldorf.

Un one man band qui délivre une musique de cette qualité, à la puissance évocatrice rare, moi, j’en veux bien tous les jours, à vous de rentrer dans le monde d’Aquilus, ou non.

01. Nihil
02. Loss
03. Smokefall
04. In Lands Of Ashes
05. Latent Thistle
06. Arboreal Sleep
07. The Fawn
08. Night Bell