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Album

09/12/14 - U-Zine

Terrorizer

World Downfall

LabelEarache
styleDeath Grind
formatAlbum
sortienovembre 1989
La note de
U-Zine
9.5/10


U-Zine

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Chaque style à vu ses fondations posées par quelques formations essentielles, auteur de chefs d’œuvre intemporels ayant marqué l’histoire de la musique à tout jamais. S’il est courant de nommer à ce titre des grands noms comme Napalm Death, Brutal Truth, Carcass ou encore Repulsion pour le grind, Death, Morbid Angel, Possessed ou Master pour le death, il serait pourtant très regrettable d’occulter l’un des premiers all-star bands de l’histoire du metal extrême, parfaite synthèse des deux scènes que je viens d’évoquer. Je veux bien entendu parler de Terrorizer, entité ultra culte sur le papier, mais également au niveau historique ! Laissez moi vous conter pourquoi …

Terrorizer se forme en 1989 à Los Angeles à la suite de la rencontre du papa du grind, Monsieur Jesse Pintado, désormais ex Lock Up et ex Napalm Death (RIP) et Monsieur Pete « Commando«  Sandoval (pas encore membre de Morbid Angel). Nos deux compères se joignent très rapidement à Oscar Garcia et Alfred Estrada, membres alors du groupe Nausea. La formation sort une démo et split avec Nausea sous cette forme avant de voir partir ces deux derniers, faute de temps. Le duo cherche alors de nouveaux membres pour continuer l’aventure Terrorizer. Suite à un échange de contacts de part et d’autres, David Vincent vient s’occuper des lignes de basse tandis qu’Oscar revient pour prendre le micro.

La formation étant enfin complète, il était temps d’enregistrer l’album (sous la forte impulsion de l’inépuisable Shane Embury) ! Il manque cependant des morceaux au répertoire de la formation pour pouvoir espérer sortir un full lenght. Oscar va donc prêter des morceaux de son autre groupe, Nausea, mais également des titres provenant du split commun réalisé peu de temps auparavant.

Oscar ayant oublié la plupart des morceaux entre temps, c’est Jesse Pintado qui se chargera seul des guitares pendant que David Vincent tiendra la basse (Alfred Estrada étant à ce moment là incarcéré). Oscar s’occupera donc du chant tandis que Pete Sandoval réalisera une performance à la batterie tellement impressionnante que sa réputation n’était déjà plus à faire (le gugus avait intégré Morbid Angel très peu de temps avant). Disposant de très peu de temps, le combo va mettre en boite les seize titres de ce qui deviendra World Downfall en moins de huit heures, le tout sous la houlette de Scott Burns, encore jeune dans le métier (ne disposant dans son répertoire « que » les monstres Slowly We Rot d’Obituary et Beneath the Remains de Sepultura). L’opus sera alors distribué par Earache, gros poisson de la scène death metal de l’époque à partir de novembre 1989.

Basée sur une partie rythmique fonctionnant à merveille et le riffing si efficace et entrainant de Jesse, le succès de cet opus est immédiat. Prenez des titres comme Fear of Napalm, Corporation Pull In ou encore Enslaved by Propaganda, impossible d’y résister ! Tantôt incisifs, tantôt un peu plus mid, mais toujours efficaces, son travail sur cet opus influencera une bonne partie de ce que sera le riffing de la scène grind encore émergeante. Comme je l’ai dit précédemment, Pete Sandoval réalise ici une prestation époustouflante, alternant blasts, accélérations fulgurantes et martèlement de double pédale tout bonnement jouissive. Le tout sera complété par les vocaux d’Oscar, puissants et sauvages, vociférant des propos résolument engagés.

N’oublions pas de parler de la production. Scott Burns réalise lui aussi une grande prouesse, à savoir une production claire et puissante, servant idéalement des compositions aussi rentre dedans. Ce travail le propulsera d’ailleurs comme un des meilleurs ingénieurs du son en matière de death metal de l’époque. Terrorizer apparait en ce sens comme un véritable tremplin pour chacun des membres puisque Jesse Pintado rejoindra très vite les rangs de Napalm Death en remplacement de Bill Steer qui souhaite se consacrer uniquement à Carcass. Enfin, Pete Sandoval sera prié de rejoindre Morbid Angel à la suite de l’écoute des démos par David Vincent, rien que ça !

Comme le prouve des tueries comme After World Obliteration ou encore le titre éponyme, World Downfall apparait comme la synthèse parfaite de deux genres, à savoir le grind britannique (Napalm Death, Extreme Noise Terror) et le death metal américain (Morbid Angel, Master) et devient immédiatement un grand succès pour Earache et à un impact énorme au sein de la scène death grind. En ce sens il apparait comme un des albums les plus marquants qu’il m’ait été donné d’écouter, incontestablement. Je ne pourrais donc que vous conseiller de l’acquérir (ou du moins de poser une oreille dessus si ce n’est déjà fait). Il n’existe certainement pas beaucoup d’albums d’une telle trempe … Quant à moi, je retourne péter une durite sur Dead Shall Rise !

1. After World Obliteration
2. Storm of Stress
3. Fear of Napalm
4. Human Prey
5. Corporation Pull-In
6. Strategic Warheads
7. Condemned System
8. Resurrection
9. Enslaved by Propaganda
10. Need to Live
11. Ripped to Shreds
12. Injustice
13. Whirlwind Struggle
14. Infestation
15. Dead Shall Rise
16. World Downfall

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