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Album

09/12/14 - U-Zine

Ygg

Ygg

LabelOriana Music
styleBlack Pagan
formatAlbum
paysUkraine
sortiemars 2011
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

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Certains albums sont parfois attendus comme le messie, au risque de parfois décevoir une horde de fans avides (je ne citerais aucun exemple …) Pourtant, les meilleures sorties arrivent parfois de nulle part, de tout sauf là où on les attendait, et ce pour notre plus grand bonheur. Vous l’aurez compris, j’aime les surprises ! Surtout lorsqu’elles sont du calibre de ce premier (et unique à ce jour) album de Ygg. Hein ? Qui ? Quoi ? Je vous vois déjà vous interroger sur la signification de cet étrange pseudonyme. C’est normal, rassurez vous, Ygg demeure encore totalement inconnu dans nos contrées à l’heure actuelle, et c’est bien dommage. Laissez moi donc rapidement vous éclairer sur le sujet.

Ygg se forme en Ukraine en 2010 par le biais de trois hommes, le chanteur/guitariste Helg (ex Khors entre autres), le batteur Odalv et le chanteur/bassiste Vrolok, tous deux ex membres d’un des grands noms de la scène ukrainienne, à savoir Nokturnal Mortum. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le trio va vite en besogne. En effet, aucune démo, aucun ep, aucun split, le groupe sort son premier full lenght éponyme l’année suivante via Oriana Music. Le décor est planté.

Autant parfois les illustrations d’albums ne sont pas du tout en accord avec le contenu, autant il était difficilement possible ici de faire mieux. Un arbre vénérable se tenant devant une étendue sauvage sans fin sous font d’un rouge chaud et poignant. Sobre et efficace.
La galette commence avec une longue introduction, semblable à une ode à la nature. Les groupes d’Europe de l’Est font souvent énormément référence à leur patrie d’origine dans leurs morceaux, Drudkh et Nokturnal Mortum en premier lieu par exemple. Et bien Ygg ne fait pas exception à la règle et nous offre un premier album semblable à une magnifique fresque à la gloire de Mère Nature, nous donnant l’impression d’être perdu en forêt, à jamais …

Je n’ai pas nommé les deux formations ci-dessus par hasard, et vous le comprendrez rapidement en écoutant ce disque. Il s’agit bel et bien des deux influences majeures du trio. Hormis le côté naturaliste commun aux trois, Ygg rappelle Nokturnal Mortum par le son de l’opus, puissant, clair et surtout pur (souvenez vous de The Voice of Steel, pièce désormais ultime du folklore musical ukrainien). La patte Drudkh est présente elle en ce qui concerne le riffing hypnotique et envoutant, présent tout au long de l’album ainsi que pour les quelques samples utilisés dont le duo de Kharkov était très friand à ses débuts.

Les compositions se basent avant tout sur les parties de guitares, poignantes et emplies d’émotions. A ce titre je retiendrais principalement deux morceaux, à sa voir le morceau éponyme (seconde piste) et le cinquième titre, ce dernier étant particulièrement marquant de part son riff incisif et transcendantal. L’usage récurrent de la guimbarde à travers la quasi totalité des morceaux apporte également un léger côté « exotique », apportant un peu plus de richesse aux compositions, et ce pour un rendu du plus bel effet.

Un des éléments les plus particuliers (selon moi) de ce premier effort réside dans le timbre de voix d’Helg. En effet, même si la voix n’est pas très présente, chacune de ses interventions transperce littéralement l’auditeur tant ce dernier semble possédé et torturé. Sa voix reflète un tel sentiment de nostalgie et de mélancolie qu’il est impossible de rester de marbre à l’écoute de ses vocaux criards, parfois plaintifs mais surtout authentiques.

Comme je l’ai dit précédemment, la nature est le thème principal de cet opus, mais le côté consacré au paganisme ne doit en aucun cas être occulté, à commencer par le nom de la formation, faisant directement référence à la mythologie nordique.

Certains pourraient reprocher aux ukrainiens certains passages trainant un peu en longueur et légèrement redondants (je pense principalement à l’intro et à l’outro) mais dans l’ensemble rien de véritablement gênant. Ygg forge sa personnalité à travers de longs morceaux n’incorporant que très peu de variations mais le groupe joue là-dessus et instaure de ce fait une atmosphère prenante, mystérieuse et poignante. Tel un voyage musical, le trio transporte l’auditeur à coup de passages monolithiques certes, mais beaux, puissants et prenants à la fois.

Vous l’aurez donc compris, cet album s’inscrit directement dans la liste des perles rares du genre, et plus largement au sein de la déferlante actuelle venant d’Europe de l’Est, décidemment bien fournie en formations de qualité. 2011 marque ainsi l’entrée en scène d’un groupe plus que prometteur. Sans révolutionner les codes du style, Ygg crée la sensation au sein du mouvement black pagan et s’impose inévitablement comme un outsiders des plus convaincants. L’avenir nous dire si le trio confirmera ce statut et ces espoirs placés en eux … Toujours est-il que les ukrainiens ont les armes pour cela …

1. ...Знаю, висел я в ветвях на ветру
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7. Стеная, их поднял и с дерева рухну