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Album

09/12/14 - U-Zine

Megadeth

Th1rt3en

LabelRoadrunner
styleHeavy / Thrash
formatAlbum
paysUSA
sortieoctobre 2011
La note de
U-Zine
6.5/10


U-Zine

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13 à tous les étages.
13 en tout et pour tout.
13e album. 13 morceaux. 13/20 (ou 6.5/10 mais sinon, ça ne marche pas).
Déception ? On ne peut plus…

Le culte voué à Megadeth depuis plus de deux décennies et demi provient notamment d’un sens de l’éthique et d’une gestion de groupe menée d’une main de fer par le rouquin Mustaine, qui depuis "Killing is my Business…Business is Good", n’a pas laissé énormément de latitude aux très nombreux intervenants l’ayant accompagné.
Si l’on peut dire que David Effelson et surtout Marty Friedman furent à la base d’un son unique, la quasi intégralité du répertoire de Megadeth, de ses textes, ses pochettes, ses coups de gueules et ses scandales proviennent du maitre à penser Dave Mustaine.

Après des déviances suite à un excellent mais souvent sous-estimé "Youthanasia", le groupe américain s’est perdu pendant de longues années jusqu’à un "The System Has Failed" tranchant en diable, très sombre et osé en 2004. Cinq ans plus tard arrivait la révélation, le parachèvement d’un retour au premier plan avec un disque dantesque qui renouait enfin avec les premiers amours du groupe, et surtout son talent, sa fougue, sa technique, sa folie et son agressivité. "Endgame", au patronyme que l’on craignait prémonitoire, fut l’un des albums marquants de cette année, et restera comme l’une des pierres angulaires de Megadeth derrière les disques ayant fondé son style.

C’est effectivement avec une relative impatience que nous attendions son successeur, dénommé symboliquement Th1rt3en, mais sortant aujourd’hui dans une certaine et incompréhensible indifférence auprès des fans. Venons-en au fait…que vaut ce 13e opus ?

C’est tout d’abord l’album du retour d’Effelson dans les rangs après le scandale de la maladie du poignet de Mustaine, accusée d’être simulé par le bassiste en 2003, qui avait valu une haine et une rancœur tenace de la part du guitariste chanteur dans les médias. C’est également le second de suite pour Chris Broderick (ce qui, mine de rien, devient rare) qui avait émerveillé les fans de son touché si subtil (ex-Nevermore et cela se sentait) et surtout un album qui était présenté, il y a encore peu, comme étant probablement le dernier de la carrière studio du groupe (même si, une opération plus tard, il n’en est plus forcément question).
En tout cas, ce Vic nous tournant le dos et ces bougies funestes nous accueillant dans son antre dévoilent une ambiance funeste qui semble évoquée une fin inéluctable, tôt ou tard.
Second point ; on peut avoir une passagère peur d’un énorme manque d’inspiration quand on observe que l’on trouve dans l’album un morceau connu depuis des mois pour Guitar Hero ("Sudden Death"), un autre pour un autre jeu ("Never Dead"), une demo de "Youthanasia" rejouée ("New World Order") et une autre de "United Abominations" ("Black Swan", album déjà inégal donc si on nous en sort les Face B). Quatre titres sur treize sont donc déjà du recyclage (même si "Never Dead" n’était pas encore connue)…malgré le fait que l’on nous ressorte toujours le même refrain de la prétendue qualité d’un morceau qui n’avait pas eu sa chance à l’époque. Si l’on veut…

"Sudden Death" ouvre le bal dans un déluge de soli, assez proche de l’intro de l’album précédent, mais l’on remarque instantanément que le groupe a également changé de producteur. Oublié le son tranchant et en béton d’Andy Sneap, bienvenue à la production punky, chaude mais bien trop fade de Johnny K (Disturbed) qui offre un son qui manque quand même globalement de « couilles ».
Néanmoins, ce premier morceau bien connu des fans délivre déjà un excellent refrain mélodique, une agression certaine et des riffs à couper au hachoir qui font déjà un malheur en live. Les interventions solistes et très rapides de Chris sont un véritable bonheur pendant que Mustaine martèle sa rythmique très agressive et que Shawn Drover continu de proposer des plans très fouillés techniquement. Ne manque qu’à l’appel un David Effelson complètement ignoré du mix…on savait que Megadeth n’était pas un groupe de basse mais tout de même…
Le tube en puissance "Public Enemy N°1" déboule ensuite dans une ambiance assez typique de "Countdown to Extinction" / "Youthanasia". Des riffs accessibles et thrashy, un refrain à reprendre en chœur mais surtout beaucoup de mélodies à chantonnant, s’éloignant du thrash sans concessions de "Rust in Peace", "Peace Sells" ou…"Endgame". On croirait retrouver la scission qu’il y avait entre "Rust in Peace" et son successeur, et le relatif manque d’ambition qui l’accompagnant, voguant dans des horizons bien plus commerciaux et moins brutaux. Néanmoins, ce premier single reste une tuerie qui fera un malheur en live, particulièrement la partie solo et le refrain que l’on connait déjà par cœur après deux écoutes, où Mustaine prouve qu’il chante aujourd’hui de mieux en mieux.

Jusque-là, tout va bien.
Mais la suite va un peu plus se gâter…
Non pas que ce soit mauvais, mais "Th1rt3en" nous propose des plans bien trop communs et des morceaux résolument banaux. "Guns, Drugs, & Money" ne surprend jamais malgré un refrain sympathique et se veut bien à l’image d’un disque principalement mid tempo et ennuyeux sur la longueur. Pour un "Fast Lane" plus rapide et rageur (malgré des riffs assez passe-partout), on se coltine un "New World Order" finalement désuet (tiens tiens) et téléphoné ou un "We the People" intéressant et très harmonique mais manquant singulièrement de hargne et de patate en comparaison de ce que nous étions en droit d’attendre de Megadeth aujourd’hui. Même le phrase de Mustaine semble moins venimeux, moins assassin…
On appréciera un "Black Swan" aux leads mélodiques très techniques et évoquant assez logiquement le son de "United Abominations" ("Gears of War" pour ne citer que lui, ou "Washington is Next") mais qui retombe assez rapidement dans une certaine facilité rythmique, notamment entre les longs soli de Brodérick, comme si le groupe comblait le vide par une assisse technique. L’ensemble manque donc grandement de consistance, même si on reste dans un album bien supérieur à "Risk" ou "The World Need a Hero". Disons qu’après le coup de maitre "Endgame" que plus personne n’attendait, la déception est de mise…

Le morceau éponyme clôture cet album de façon plus mélancolique, légèrement progressive, rehaussé par une ambiance d’irrémédiable et de fatalité, très réussie et prenante. Dave montre une fois de plus qu’il peut chanter avec ses tripes et son cœur et c’est déjà beaucoup…mais insuffisant sur la durée du disque.
Néanmoins, ma conclusion tiendra dans mon introduction, aussi simple et facile (mais tellement tentante) soit-elle.
« 13e album. 13 morceaux. 13/20. »

1. Sudden Death
2. Public Enemy No. 1
3. Whose Life (Is It Anyways ?)
4. We the People
5. Guns, Drugs and Money
6. Never Dead
7. New World Order
8. Fast Lane
9. Black Swan
10. Wrecker
11. Millennium of the Blind
12. Deadly Nightshade
13. 13

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