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Album

09/12/14 - U-Zine

Oranssi Pazuzu

Kosmonument

LabelSpinefarm Records
styleBlack Metal psyché
formatAlbum
paysFinlande
sortieoctobre 2011
La note de
U-Zine
9/10


U-Zine

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Il aura fallu attendre deux ans. Une paire d’année pour s’envoyer une nouvelle et plus copieuse dose d’Oranssi Pazuzu, ce groupe dont on évoquait en ces pages le trip bien perché et savoureux injecté par Muukalainen Puhuu , que je ne parviens toujours pas à prononcer, ni à orthographier convenablement passé tout ce temps et toutes ces écoutes, soit-dit en passant.

Oranssi Pazuzu, c’est Finnois, et les deux années d’attente ont heureusement été entrecoupées d’un split très prometteur en 2010, histoire que le sevrage ne soit pas tout à fait complet. C’était pourtant trop peu, mais l’arrivée de ce Kosmonument se profilait sous les meilleurs auspices.
L’objet dans les mains et la pochette d’un goût certes représentatif du genre mais pas du meilleur effet sous les yeux, le voyage psychédélique peut enfin commencer. Une traite plus tard, premier constat, Oranssi Pazuzu a trouvé sa voie, son identité, et Muukalainen Puhuu n’était pas destiné à être une expérimentation bizarre et solitaire. Bien au contraire d’ailleurs.
Kosmonument est la suite cohérente du premier full-lenght des Finlandais. Oranssi Pazuzu verse toujours dans l’hallucinogène, la mélodie hypnotique sur fil rouge black metal. La recette fonctionne car dosée en équilibre, et plus que jamais maîtrisée, pour autant, nous n’avons pas ici droit à un vulgaire bis de son narcotique prédécesseur.

Plus brumeux que Muukalainen Puhuu, Kosmonument en perd la relative efficacité pour gagner en mystère et suffocation. Très étouffée et axée sur les basses, la musique d’Oranssi Pazuzu version 2011 se veut noyée dans le brouillard, frôlant la sursaturation sans pourtant jamais perdre une once d’audibilité. Les mélodies répétitives et hypnotiques s’articulent majoritairement autour de la 4 cordes qui virevolte à son gré, secondée par des rythmes simple mais pas simplistes, une voix toujours aussi éraillée et un riffing dissonant.
L’arpège côtoie le power-chord, à la lenteur lancinante succède la frénésie du blast et l’unité fait mouche, là encore, Oranssi Pazuzu excelle dans le développement de l’atmosphère qui enrobe l’auditeur et engourdi l’esprit. Si l’on peut parler de Black Metal ici, c’est avant tout en raison des codes inhérents au genre que l’on glane çà et là, mais ce n’est pas la principale caractéristique du groupe. On pourrait citer Blut Aus Nord période The Work Wich Transforms God pour les titres les plus véloces (l’excellente Uusi olento nousee et sa surprise atmosphérique à mi-parcours) ou encore le boulot effectué par Lurker of Chalice sur les parties plus ténébreuses.

Néanmoins, en dépit de ces citations de probables influences, Oranssi Pazuzu, nous l’évoquions plus haut, se suffit à lui-même, et nul ne pourra hurler au plagiat à l’écoute de Kosmonument tant il jouit d’une identité propre, reprenant aussi la diversité audacieuse qui faisait la force de Muukalainen Puhuu. Luhistuva aikahäkki et sa basse rampante propose un inquiétant trip-hop, instrumental asphyxiant tout en nuance et montée en puissance, Siirtorata 100 10100 abandonne carrément guitare, basse, chant et drums pour une pause exclusivement atmosphérique pour mieux repartir vers des terrains plus abruptes (Loputon tuntematon)
Et c’est aussi là la force d’Oranssi Pazuzu : cette capacité à jouer avec les rythmes et les atmosphères, créant la surprise à chaque revirement de structure. Mid-tempo, Blast hallucinés, tout y passe et Kosmonument est une jouissive montagne russe : on prend son pied, il y a de l’adrénaline, des sensations fortes, et l’envie immédiate d’y retourner une fois le parcours, toujours trop court, achevé.

Aussi réussi que son prédécesseur, Kosmonument place Oranssi Pazuzu en valeur sûre du Black Metal atmosphérico-expérimental.
Chapeau bas.

1. Sienipilvi
2. Komeetta
3. Luhistuva Aikahäkki
4. Maavaltimo
5. Siirtorata 100 10100
6. Andromeda
7. Loputon Tuntematon
8. Kaaos Hallitsee
9. ∞

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