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Album

19 juin 2026 - Dolorès

Warning

Rituals of Shame

LabelRelapse Records
styleDoom sentimental
formatAlbum
paysRoyaume-Uni
sortiejuin 2026
La note de
Dolorès
5/10


Dolorès

Non.

Je fais partie de la petite catégorie de gens sensibles pour qui Watching from a Distance, deuxième album du groupe anglais Warning, est un pilier absolu du metal sentimental, poétique et à fleur de peau. Il faut dire que l'univers de Patrick Walker a une touche très singulière qui marque les esprits. Ainsi, lorsque Warning a marqué une longue pause, c'est son autre projet 40 Watt Sun qui a pris le relais pour les fans qui souhaitaient continuer d'entendre sa sensibilité mise en musique. Dès 2016, le groupe Warning est pourtant revenu sur scène, notamment pour jouer Watching from a Distance et l'annonce d'un nouvel album a enchanté la scène doom.

Que vaut alors Rituals of Shame, dernier né du groupe culte, 20 ans après ? Il faut dire que pour celles et ceux qui ont un attrait particulier pour le grain de voix de Patrick Walker, il y a largement de quoi se satisfaire. On retrouve ses ornements et une écriture vocale qu'on n'a retrouvé nulle part ailleurs depuis, si ce n'est chez 40 Watt Sun, mais aussi des paroles aussi simples que poignantes déclamées avec une telle sincérité et authenticité ! C'est en tout cas ce que le premier titre, « Rituals of Shame » laisse croire tout au long de ses quasiment 13 minutes, dont un final solennel et saisissant.

Toutefois, au fil de l'écoute des 45 minutes de l'album, la magie s'essouffle. Certaines structures rythmiques ou certaines mélodies ressemblent vraiment beaucoup à du recyclage de bouts précédemment composés. Et si les lignes vocales sont toujours remplies d'émotion et de bonnes idées, c'est la partie instrumentale qui finit par lasser. Si on se contentait, auparavant, d'un même riff tourné en boucle pendant de longues minutes, c'est bien car celui-ci nous dévorait l'âme. Ici, les parties de guitare n'accrochent pas tant que ça et sonnent malheureusement comme une recette « pour faire du Warning » sans retourner nos tripes. Même lorsque « Night Comes Down » tente, après de sacrées longueurs, d'asseoir un riff un peu plus incisif qui réveille l'intérêt, le final déçoit avec une simple modulation sans saveur.

Le mix, particulièrement, amène une vraie perte d'authenticité du groupe car après l'écoute, on a l'impression d'avoir entendu un énorme bloc guitare-basse-batterie lissé, sans aucune aspérité ou individualité des instruments et sous-mixé. Une uniformisation un peu triste qui contraste vraiment avec la recherche de sincérité des lignes de chant où craquements et décalages viennent donner du relief à l'ensemble. L'instrumentarium, quant à lui, manque clairement de relief, comme une simple base où le chant vient prendre la lumière.

Malheureusement, c'est une impression qui grandit, s'imprime au fil de l'écoute et se renouvelle à chaque nouvelle tentative. Si l'album est loin d'être mauvais, notamment avec « Teacher » qui remonte le niveau malgré la sensation de déjà vu, il est pour moi un peu trop décevant. Mais il faut avouer que c'était un vrai challenge que de ravir les fans. Si, de ce que j'entends, certain(e)s y trouvent leur compte, ce n'est malheureusement pas mon cas. Il m'arrive parfois, avec du recul, de revenir sur mes avis laissés lors de chroniques hâtives, mais j'ai actuellement du mal à voir pourquoi je relancerais volontairement l'écoute de Rituals of Shame si je peux plutôt écouter Watching from a Distance.


1. Rituals of Shame
2. Stations
3. Night Comes Down
4. Landing Lights
5. Teacher