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Album

09/12/14 - U-Zine

Spiritual Beggars

Return to Zero

LabelInside Out
styleStoner Rock
formatAlbum
paysSuède
sortieaoût 2010
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

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Spiritual Beggars a connu un remue ménage important en 2010 avec la perte de son chanteur Janne « JB » Christoffersson. Vous ne le connaissez peut être pas mais dans le genre Stoner, le père se taille une bonne réputation en tant que chanteur guitariste d'un tout petit groupe, Grand Magus. Pas culte pour un sou. Comment l'autre formation de Michael Amott, Sharlee D'Angelo et Per Wiberg va t-elle réussir à combler un vide aussi intersidéral que celui là. Les hommes du nord vont choisir un homme du sud ayant fait ses gammes dans Firewind, l'un de ses groupes qui montent, qui montent. Oui, je sais, il est suédois avec seulement des origines grecques mais quand on s'appelle Apollo Papathanasio, on a bien plus de chance d'atteindre l'Olympe que Valhala.

Et du sang chaud, il en faut pour bien vendre cet album. Le Stoner, on assimile ça plutôt au soleil de Grèce qu'à la fraicheur scandinave et c'est tout l'intérêt de ce Return To Zero. Beaucoup se plaignent des dernières sorties d'Arch Enemy notamment de The Root Of All Evil qui perdent en qualité mais si vous êtes fan de Michael Amott prouvant ici qu'il n'a rien perdu de sa capacité à composer des titres de haute qualité. Après tout, si vous ne le supportez pas, ce n'est pas un problème parce que le Michael Amott shredder fou d'Arch Enemy devient un Michael Amott tout calme qui joue avec un feeling Rock qu'on lui avait oublié. Return To Zero est toujours à l'image de ce que Spiritual Beggars nous avait gravé dans notre mémoire. C'est simple, c'est LE Stoner. L'esprit du Rock tel que je m'en étais fait la définition, une musique énergique, attractive, addictive, pas prise de tête, groovy, ce qui ne l'empêche de créer des ambiances en ralentissant le rythme de temps en temps. Comme souvent avec le Stoner, c'est l'esprit des années 70 qui prédomine, d'ailleurs ce disque aurait pu s'appeler Return To 70's tant on s'imagine facilement les membres du groupe jouer en pleine nature le pétard à la bouche (un peu à la Leo Smee de Cathedral lors de leur dernier passage à Paris). Cet album est une juste alchimie entre les morceaux énergiques (on est quand même pas au niveau d'un Cathedral de ce coté) festifs, les morceaux plus sombres et les morceaux calmes mais prenants, ce qui en fait une machine à tubes.

Avec le premier titre « Lost In Yesterday », on se croyait parti vers un album pas forcément très joyeux. On est très proche de Sahg, les claviers en plus, la voix pure en moins puisqu'Apollo, est un remplaçant parfait de JB avec sa voix rauque façonné au whisky collant très bien avec l'univers du groupe. Dès « Star Born » on repart dans un esprit bien plus festif avec de la bonne apologie de l'alcool sur certains morceaux comme on les aime (« Coming Home ») et on a, pour ainsi dire, un enchainement entre morceaux pessimistes et morceaux optimistes jusqu'à ce qu'arrive « Spirit Of The Wind ». Sa mélodie fait drôlement penser à la musique d'intro lors des concerts d'Opeth. L'heure est donc au psyché et à l'introspection pour cette pépite de douceur. Une exception sur cet album qui est globalement positif dans son esprit surtout à partir du moment où le gros tube de cet album « Coming Home » démarre. Un titre Ô combien classique mais cette mélodie reste scotchée à notre esprit. La deuxième partie est donc dans la veine de la première en termes de qualité tout en étant plus festive (hormis « Dead Weight » et surtout la jolie ballade par excellence « The Road Less Travelled »). Ce qui permet à Per Wiberg de mieux s'exprimer avec certaines parties de claviers bien plus recherchées (« Believe In Me »). L'album se termine sur la reprise d'un groupe inconnu en France et pourtant réputé Uriah Heep et sa « Time To Live ».

Le son est excellent. Peut être trop d'ailleurs. Tout est parfaitement audible mais justement un album de Stoner, se doit à mon sens d'avoir ce grain de poussière qui dérange un peu au départ mais qui rajoute énormément de charmes au final.

Vois aimez Cathedral ? Vous aimez Sahg ? vous aimerez Spiritual Beggars et son Return To Zero. Pour autant, cet album manque d'un grain de folie et n'a pas assez d'ambition, ni d'envergure pour en faire un album marquant sur le long terme. Un album bon, voire très bon, sans fausses notes, qui tient en haleine mais qui ne surprend pas vraiment comme peut surprendre un album de Cathedral. C'est ce qui fait que Spiritual Beggars n'a pas encore la reconnaissance nécessaire pour s'offrir une réputation différente que l'autre groupe de Michael Amott.

1. Return to Zero (Intro)
2. Lost in Yesterday
3. Star Born
4. The Chaos of Rebirth
5. We are Free
6. Spirit of the Wind
7. Coming Home
8. Concrete Horizon
9. A New Dawn Rising
10. Believe in Me
11. Dead Weight
12. The Road Less Travelled
13. Time to Live (Uriah Heep cover)