Chronique Retour

Album

04/02/22 - Pingouin

Venom Prison

Erebos

LabelCentury Media Records
styleDeathcore mélodique
formatAlbum
paysRoyaume-Uni
sortiefévrier 2022
La note de
Pingouin
8.5/10


Pingouin

Death metal et science-fiction : une oreille dans les étoiles, une autre dans les enfers.

Troisième album en quatre ans pour Venom Prison. Erebos fait suite à Samsara (Prosthetic, 2019), monumental mur de deathcore claustrophobique et dissonnant, et à Primeval (Prosthetic, 2020), exercice plus mélodique qui m’avait moins convaincu. Pour le volume 4 chez Century Media, les anglais reprennent la même recette que Primeval, et c’est mille fois plus réussi.

Depuis Primeval, Venom Prison me rappelle énormément Arch Enemy, notamment la période ultra-mélodique de Khaos Legions (2011), quand les frères Amott pensaient qu’ils devaient encore convaincre leur public de leur talent (j’imagine que c’est toujours le cas). Une grosse touche suédoise de la fin des années 90 également, sur « Comfort of Complicity » par exemple. On retrouve de beaux clins d’oeil à Sybreed, sur des thèmes de basse groovy et des lignes de chants qui confinent à l’incantation (« Castigated in Steel and Concrete »). Deathcore ou death mélodique, les étiquettes n'ont plus vraiment de sens ici. On retient d'Erebos son aspect progressif et plein de contrastes, de ses relents de brutal death à ses moments d’aération, le tout relié par des solis de guitare exécutés avec talent.

Les compos sont d’un niveau incroyable, et au milieu de tout ça il y a le charisme de Larissa Stupar. La chanteuse porte de toute sa force ce qui fait l’identité de Venom Prison. Une haine saine et non contenue envers un monde rempli de vices. Et comme dans une partie croissante du death metal depuis quelques années, Larissa Stupar emprunte au deathcore des thèmes introspectifs, sur la solitude, la souffrance psychologique et la gestion de traumatismes émotionnels.

Ces thèmes se mariaient déjà très bien aux riffs chaotiques de Samsara. Et s’insèrent en toute cohérence dans ces 50 minutes de deathcore mélodique où Larissa Stupar ne déroge pas aux canons du genre : critique sociale et politique, anti-drogues et anti-militariste. La musique de Venom Prison prend presque une allure de musique motivationnelle à la Hatebreed. L’inspiration n’est pas usurpée quand on connaît le passé de Larissa Stupar dans le hardcore et le crossover.

« Bow to no one - off your knees

I find peace in the roughest seas

Self destruction - soul disease

Live or die - I won’t decease »

Ces trois lignes sont tirées du break incroyable de « Pain of Oizys », l’un des trois singles d’Erebos, la masterclass du groupe sur cet album. Une guitare sans distortion et un chant ethéré, interrompus par un immense refrain hurlé. Construite en forme d’ascenseur émotionnel, « Pain of Oizys » aborde brillamment les thèmes de la névrose et de l’anxiété sociale, et nous prouve une bonne fois pour toutes que Venom Prison fait partie des grands noms du death metal aujourd’hui. Une force d’avant-garde vers laquelle il faudra désormais se tourner pour savoir quelle direction prend ce genre dans les années à venir.

Tracklist

01. Born From Chaos

02. Judges Of The Underworld

03. Nemesis

04. Comfort Of Complicity

05. Pain Of Oizys

06. Golden Apples Of The Hesperides

07. Castigated In Steel And Concrete

08. Gorgon Sisters

09. Veil Of Night

10. Technologies Of Death