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samedi 18 septembre 2021

Benighted + Shaârghot + Svart Crown @ Montpellier

Rockstore - Montpellier

Sleap

Benjamin. Live reporter et chroniqueur occasionnel dans divers genres (principalement extrême).

Sleap : Cela fait un petit moment que les concerts et festivals ont repris pour moi, mais je dois bien avouer que dans ma propre ville je n’en avais pas encore fait depuis au moins un an. Et qui plus est, ce soir c’est au Rockstore que ça se passe ! Une salle pourtant historique, mais où les concerts Metal et même Rock ont malheureusement tendance à laisser la place au clubbing ces dernières années… Ma dernière venue en ces lieux remonte à janvier 2020 pour la venue de The Pharcyde, c’est donc avec une certaine nostalgie que je passe sous la fameuse Cadillac d’entrée pour cette soirée Metal extrême organisée par l’asso What the Fest.

Malgré la présence des nombreuses têtes habituelles, je remarque qu’une majorité de personnes présentes ce soir me sont parfaitement inconnues. Et pour cause, beaucoup de gens arrivent de Nîmes, Béziers voire Marseille ou Toulouse. Je croise même un jeune venu du Sri Lanka (bon ok, il était déjà sur Montpellier depuis quelques semaines mais bon) ! À tel point que cette soirée est sold out. Ça fait plaisir à voir ! Mais il faut dire que la tombola y est pour quelque chose. En effet, il y a ce soir un tirage au sort parmi les participants pour gagner deux pass Hellfest 2022. Une chose qui ne manque pas d’attirer le chaland, y compris des gens totalement extérieurs aux musiques extrêmes. Mais heureusement, cela ne va pas les empêcher d’apprécier les différents shows de ce soir. Venons-y !
 

Svart Crown

C’est Svart Crown qui a l’honneur d’inaugurer ce premier acte du festival Ex Tenebris Lux. Le groupe a déjà entamé son set alors que je pénètre dans la salle. Ma faute puisque l’heure de début du running order est en effet passée. Le planning sera d’ailleurs scrupuleusement respecté ce soir. Pas un pet de retard, des balances express pour un programme ultra carré, chapeau ! Le public semble assez épars dans le fond de la salle mais bien plus dense dans la fosse. Il y a d’ailleurs quelques spécimens en train de se chauffer les muscles pour la suite des hostilités avec quelques petits pogos çà et là. Est-il besoin de préciser que non : pas des places assises, et non : pas besoin masque (pass sanitaire oblige). Bien que je connaisse Svart Crown depuis l’époque des deux premiers albums – et toutes les premières parties de concerts qu’ils faisaient à l’époque –, je confesse ne pas être particulièrement fan du combo niçois. De plus, je n’ai jamais compris pourquoi le groupe était partout estampillé Black Metal alors que leur musique s’apparente bien plus à du Immolation-like qu’autre chose.

Malgré ma totale méconnaissance de leur discographie post-Witnessing the Fall, je constate que la recette n’a pas tellement changé en 10 ans. Toujours ce Death souvent mid-tempo et porté sur l’atmosphère à grand renforts d’arpèges et de quelques harmoniques pincés lors des breaks. Cela fonctionne néanmoins très bien sur le public de ce soir qui semble assez réceptif pour ce premier groupe de la soirée. La salle baignée de lights bleutées ainsi que la dégaine des musiciens – tous en tricots noirs très sobres – conviennent parfaitement à l’ambiance. Coté son, je me vois obligé d’enlever mes bouchons pour plus de clarté mais dans l’ensemble c’est très correct pour une salle comme le Rockstore – où la sono fut souvent catastrophique par le passé. Après un final sur Ascetic Purification, le quatuor se retire sous les « hey ! hey ! hey ! » du public qui en redemanderait presque. La salle est déjà chauffée à blanc pour la suite des événements.
 

Shaârghot

Avant le prochain groupe, l’organisation propose une performance de la jeune artiste Mère Dragon à cheval entre la danse contemporaine, le pole dance, le body art et j’en passe. Mais le nombre important de copains au mètre carré m’empêche d’y assister d’un œil attentif.

Je ne connais pas non plus le groupe suivant. Mais dès l’arrivée des musiciens je sais déjà à quoi m’attendre. En effet, les Parisiens arrivent tous grimés en personnages de récit post-apo. Le visage et le corps entièrement peints en noir, des combinaisons et de grosses lunettes steampunk, divers accessoires rétrofuturistes, etc. Le bassiste a même certaines cordes blanches qui vont du coup devenir phosphorescentes avec la lumière noire des projecteurs pendant toute la durée du set. En plus de cela, de gros bidons à la Tambours du Bronx seront utilisés pour les passages les plus percussifs et le guitariste laissera s’échapper un immense jet d’étincelles de sa guitare à plusieurs reprises. Enfin, un grand écran à l’arrière de la scène affiche divers clips ainsi que les paroles des refrains scandés de manière martiale par le frontman mais aussi bientôt par tout le public !

Vous l’aurez compris, Shaârghot est un groupe d’Electro Indus à la Punish Yourself. Certains passages me font également penser à Combichrist, du peu que je connais. Ce n’est donc évidemment pas du tout ma came, mais le live passe étonnamment bien. Le côté visuel y est bien sûr pour beaucoup, mais l’ambiance générale joue aussi. Le public reprend les « Now Die ! », « Wake Up ! » et autres « Bang Bang » à l’unisson et toute la fosse jump comme un seul homme. Malgré ma forte réticence au style, ce concert ne passe finalement pas si mal.
 

Benighted

Voici venu le moment de retomber en « enfance », du moins en ce qui me concerne. Entre guillemets car des groupes Brutal Death modernes tels que Benighted ou Aborted ont constitué une étape obligatoire dans ma vie de metalhead – en l’occurrence la période collège/lycée. Et, même si cela fait une dizaine d’années que je ne suis plus trop les sorties des Stéphanois (le sont-ils seulement encore ?), c’est tout de même avec un plaisir non-dissimulé que je reviens les voir ce soir. De plus, le groupe est toujours synonyme de pure ambiance en live. Et évidemment, ce concert ne fera pas exception !

Dès les premières notes c’est l’apocalypse dans la fosse. Énorme pit, stage dives dans tous les sens, circle pits, wall of death, bref la totale. La « mosher team » – qui existe toujours malgré cette année si pauvre en pogos – s’en donne évidemment à cœur joie ; Julien Truchan ne manque d’ailleurs pas de les remercier entre les morceaux. Comme à son habitude, le frontman chante pieds nus et possède toujours, à l’instar de son confrère Sven (Aborted), un très bon jeu de scène. À la fois sobre et expressif, il grimace, oscille de la tête, révulse ses yeux et emploie une gestuelle de chef d’orchestre lors des parties les plus rythmées.

La plupart des titres joués ce soir étant issus des derniers albums, je n’en reconnais pas beaucoup. Ce n’est en revanche pas le cas du reste de l’assistance qui hurle tous les refrains, en particulier lors de la clôture sur Let the Blood Spill… Pour ma part, je ne résiste pas à remuer de la tête pendant Collapse, Slut et Grind Wit, seuls morceaux de la période 2000s joués ce soir (dommage pas de Fœtus et son break d’anthologie)… Au final, même si je venais ici plus par nostalgie qu’autre chose, je suis presque déçu que le set ne dure que 45 petites minutes. En effet, le Rockstore est depuis quelques années devenu une boîte de nuit à partir de 23h et il faut donc débarrasser le plancher. Le show s’achève à la grande surprise de tout le monde sur Tunak Tunak Tun dans la sono, mais cela semble fonctionner au vu des réactions.
 

***

C’est donc une fort sympathique soirée qui s’achève. Malgré une affiche qui ne m’attirait pas plus que ça, je suis bien content d’assister à une reprise des concerts montpelliérains aussi dynamique. Une orga au top – encore bravo à What the Fest pour ce running order ultra carré –, un son correct (c’était pas Byzance mais pour le Rockstore ça mérite tout de même d’être noté !), un public chaud bouillant, et pour couronner le tout, un concert sold out. On a vu pire comme bilan !