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Album

17/01/21 - Michael

Nygmalion

Deluminate

LabelIndépendant
styleDeath metal mélodique
formatAlbum
paysHongrie
sortiemai 2020
La note de
Michael
7.5/10


Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

L’actualité du Death metal mélodique a été largement dominée en 2020 par les sorties des derniers albums des cadors Dark Tranquility, Mors Principium Est et Wolfheart. Pour autant, cette année a vu éclore quelques groupes de Death metal mélodique qu’il ne faudra certainement pas négliger dans les années qui viennent. Parmi eux, Nygmalion, tout droit venu de Budapest et né des cendres de Nigromantia, a sorti de manière indépendante son premier album intitulé Deluminate dont on n’a que trop peu parlé.

L’on peine en effet à comprendre comment cet album a pu autant passer entre les filets d’une communauté metal prompte à faire la lumière sur tous les nouveaux venus. Dès la première écoute, notamment grâce à un enchainement Follow Your Fears / Nygmalion du plus bel acabit, Nygmalion nous offre ce subtil équilibre que seul le Death mélo sait ofrrir : l’alliance parfaite de la mélodie et de la violence contrôlée. Deluminate alterne ainsi les titres rapides (Twist of Fate ; Nygmalion ; Driven by Hunger) avec des titres plus mid-tempo (Worth) en mettant toujours en avant la mélodie, grâce à un jeu de guitare aiguisé (leads et soli omniprésents) et quelques nappes de claviers (Cage of the Paralyzed, par exemple) qui viennent enrichir les compositions sans jamais les rendre kitsch.

De toute évidence, la musique des Hongrois a également de forts relents progressifs. Ne vous attendez pas à un Death mélodique confinant au Metalcore/Deathcore où les breakdowns ou autres riffs bien gras sont légions. Comme le démontre à merveille les titres Human Eclipse et The Quantum Queen, les passages violents alternent avec des passages plus aériens, acoustiques parfois, toujours au service d’une atmosphère singulière. Le groupe ne néglige pas pour autant le sens aigu du riff qui nous plait tant dans ce genre, avec des envolées qui ne sont pas sans nous rappeler Arch Enemy ou Heaven Shall Burn (notamment sur Nygmalion et Cage of the Paralyzed avec ce combo double-kick et riffs en fast picking).

A ce soin apporté aux compositions s’ajoute celui apporté au mix. Le groupe a manifestement mis un point d’orgue à ne pas éclipser certains instruments au détriment d’autres. Si les guitares sont naturellement mises en avant – c’est le genre qui veut ça – la basse tire largement son épingle du jeu (notamment sur ce break excellent de Human Eclipse ou bien encore sur Relapse X) et la batterie vient sans cesse dynamiser le tout. Un mix franchement remarquable pour un groupe indépendant.

Alors, certes, certains points pourraient être améliorés. Je pense notamment à la voix de Krisztián Gaál qui manque parfois d’une certaine variation pour s’adapter davantage aux compositions et à leur atmosphère globale. On pourrait également mentionner le fait que le groupe a peut-être voulu en faire un peu trop en ajoutant deux instrumentales à son album qui alternent l’excellent et le moins bon, ou bien encore un ou deux titres nettement en dessous des autres (Fracture et Driven by Hunger). En faire un peu moins n’aurait pas été un mal. Mais au-delà de ces quelques scories, Nygmalion nous offre malgré tout un album cohérent, bien maîtrisé et d’une solidité à toute épreuve. Je ne peux qu’inviter les amoureux de Death mélodique à s’intéresser de plus près à ce groupe qui navigue avec aisance à travers tous les courants du genre.

Tracklist :
Exposed
Follow Your Fears
Nygmalion
Cage Of The Paralyzed
Worth
Twist Of Fate
Relapse X
The Quantum Queen
Human Eclipse
Fracture
Driven By Hunger
Cloudwalker