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Album

13/01/21 - Michael

Within The Ruins

Black Heart

LabeleOne / Good Fight Music
styleDeathcore/Metalcore progressif
formatAlbum
paysUSA
sortienovembre 2020
La note de
Michael
8/10


Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Après une salve de premiers albums de qualité, dont Elite et Phenomena, les Américains de Within The Ruins avaient commencé à se faire un nom dans le très dense milieu du Deathcore/Metalcore. Portés par un jeu de guitare léché et des sons très originaux, le groupe avait réussi à franchir de nombreux obstacles pour se poser comme un des nouveaux fer-de-lances du courant technique et progressif du genre. Halfway Human, sorti en 2017, avait toutefois amorcé un virage qui avait laissé pas mal de fans pantois : tout en gardant les mêmes bases, le groupe avait ajouté des voix claires pas toujours très inspirées à ses compositions, notamment suite à l’arrivée du bassiste Paolo Galang dans ses rangs. Forcément, dès l’annonce d’un nouvel album, il y avait de quoi être anxieux, voire dubitatif : le groupe allait-il reproduire les écueils du précédent album, a fortiori compte tenu du départ de son frontman Tim Georgen ?

A la vérité, la réponse est négative : tout en maintenant la présence – plus rare – de voix claires, le groupe a su corriger les scories du précédent album en proposant des compositions et un mix permettant de trouver un meilleur équilibre. L’aspect forcé et peu naturel des passages en voix claire n’est plus qu’un vilain souvenir. Il suffit d’écouter Black Heart ou Devil In Me pour s’en convaincre : tout est plus fluide, plus juste. Reste donc à voir si l’essai des voix claires sera transformé en live car, pour le reste, il n’y a guère de doutes. Les compositions sont toujours aussi puissantes (Domination ; Deliverance), mélodiques (Devil In Me ; Ataxia V ; Hollow) et l’on retrouve surtout ce soin particulier apporté par le groupe dans les variations de rythme, les effets qui réussissent à ne rendre jamais usante ou pénible l’écoute de titres pourtant rapides où les notes ne cessent de pleuvoir.

Assurément, la réussite d’une telle recette tient à la pièce maîtresse du combo : Joe Cocchi. La signature musicale du groupe n’est en effet ni son chant typé deathcore, ni son jeu de batterie et encore moins les discrètes lignes de basses : il réside dans ce son de guitare si caractéristique, bourré d’effets mais toujours incisif et juste, parfois même groovy ! Les riffs de Deliverance (qui nous évoquent la grande époque de Phenomena), les instrumentales Ataxia V et Eight Sixed, ou bien encore ce chaos maîtrisé des titres Domination et Devil In Me nous rappellent à quel point il excelle dans ce subtil équilibre de riffs hyper lourds, tranchants, avec des leads inspirés et techniques. Il a par ailleurs, semble-t-il, élargi son savoir-faire en proposant des choses nouvelles, moins typées shred, comme sur le solo de RCKLSS, très réussi, ou bien encore sur le bridge acoustique de Ataxia V. Un quasi sans-faute du guitariste ; comme quoi, il n’est pas utile de jouer sur une 7 ou 8 cordes pour exceller dans le genre.

Sur cet album, qui traite de sujets plus sombres que par le passé (essentiellement la douleur, la colère, le vide), le groupe semble avoir voulu se recentrer sur lui-même : pas de featuring, pas de guests ; juste le groupe. Comme un symbole d’un nouveau départ pris à la suite du départ de Tim Georgen pour des raisons de santé. A cet égard, si Steve Tinnon ne brille pas par son originalité, il rend une copie très propre avec une voix typée Deathcore très efficace. Une signature vocale certainement moins forte que son prédécesseur, mais rien qui aurait un impact négatif sur la musique de WTR.

Et c’est sur l’excellente instrumentale Ataxia V, fil rouge des albums du groupe, que ce très agréable Black Heart s’achève. Une très bonne note en cette fin d’année 2020. Malgré quelques petits points faibles évidents (une certaine répétition, une basse trop en retrait, une durée de vie peut-être limitée et quelques titres plus génériques qui ne retiendront pas l’attention - Outsider par exemple), le combo américain nous offre sur un plateau un album puissant, très personnel qui remet à coup sûr la machine Within The Ruins sur les bons rails. Désormais rassurés sur l’orientation musicale du groupe, attendons sereinement de les revoir sur scène.

Tracklist :
1. Domination
2. Deliverance
3. Black Heart
4. Open Wounds
5. Eighty Sixed
6. Devil In Me
7. Hollow
8. Outsider
9. RCKLSS
10. Ataxia V

 

 

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