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Revue d'actu #15 : Ayreon, Necrophobic, Ihsahn, Ulver, Intronaut, ect.

dimanche 26 juillet 2020 - Team Horns Up
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

L’été bat son plein en cette fin de mois de juillet. Et si les habitudes festivalières de rigueur sont absentes de cette saison estivale (pour les raisons que l’on sait), le manque de sorties majeures durant la doublette juillet – août demeure intacte, comme les années précédentes. Pourtant, de nombreuses annonces pour la rentrée de septembre continuent d’apparaître ces dernières semaines, histoire de finir l’année 2020 sur une note positive. Entre la nouvelle épopée d’Arjen Lucassen avec Ayreon, le retour aux affaires de Ulver et la nouvelle parenthèse de Ihsahn, Horns Up vous dit tout sur les dernières news de cette fin du mois.

Ayreon 

​​Varulven : Arjen Lucassen semble avoir une inspiration sans limites. Le génial néerlandais poursuit sa route, étant toujours aussi prolifique et surtout ambitieux. Après sa dernière pièce musicale Prog Opéra intitulée The Source, puis quelques représentations scéniques reprenant certains pans de la discographie d’Ayreon, digne de vraies comédies musicales, le 25 septembre prochain verra la sortie d’un nouveau chapitre pour l’oeuvre titanesque de ce génie fan de SF. Bien que le concept de ce nouveau Prog Opéra ne soit pas totalement dévoilé, les quelques indices laissés ici et là nous laissent deviner une histoire plus terre à terre, basée sur les relations conflictuelles et la rébellion face à une autorité familiale stricte. Et pour promouvoir cet opus, ce sont deux nouveaux extraits qui ont été dévoilés le 16 juillet dernier, dans deux registres différents, propres à l’éclectisme d’Ayreon. Alors que « Get Out ! Now ! » reprend cet aspect Prog Opéra entraînant et Music Hall présent sur The Source pour illustrer le bannissement d’un fils de grande famille par son père, « Hopelessly Slipping Away » dépeint le dialogue entre deux êtres vivant un amour impossible, compromis par leurs origines opposées, sur fond de ballade Folk Rock symphonique à l’image de ce qu'a pu faire un Nightwish sur ses derniers albums. Et comme d'habitude, cette nouvelle odyssée, intitulée Transitus, sera illustrée par de nombreux personnages hauts en couleurs, tous incarnés par plusieurs figures de la sphère Prog et Heavy Mélodique. Citons entre autres Dee Snider (Twisted Sister), Tommy Karevik (Kamelot/Seventh Wonder) ou encore Cammie Gilbert (Oceans of Slumber), qui apparaissent comme chanteurs guests sur les extraits dévoilés. 

Necrophobic 

Varulven : Cette année semble placée sous le signe des comeback au sein de la scène BM suédoise. En particulier pour le fameux style « Black/Death mélodique », qui depuis le retour au chaos du maître Dissection en 2006, a malheureusement beaucoup perdu de sa superbe. Qu’à cela ne tienne, car la plupart des fers de lance de cette époque révolue ont fait leur retour cette année : Naglfar a enfin sorti son nouvel album, huit ans après le mitigé Téras, Sacramentum et Unanimated ont annoncé leur résurrection scénique, avec un futur album prévu pour ces derniers. Ainsi que Necrophobic, qui effectue son retour aux affaires deux ans après l’excellent Mark Of The Necrogram, qui amorçait un revirement vers un style plus traditionnel et incisif, après les expérimentations parfois saugrenues de Womb Of LilithuDawn of The Damned, prévu pour le 9 octobre prochain, semble poursuivre les mêmes intentions que son prédécesseur. Déjà de par son illustration, réalisée par le taulier Necrolord, qui reprend les teintes et motifs de MOTN, cette forteresse occulte et ténébreuse aux lueurs rougeâtres et nocturnes, dévoilant un peu plus l’intérieur de ce lieu ayant vu le jour sur la pochette de Darkside. Comme pour souligner un lien, une continuité dans la tradition. Tradition également de rigueur sur le morceau « Mirror Black », dévoilé il y a peu. Véritable brûlot incandescent, ce titre constitue un concentré de Black/Death suédois, où riffs brûlants et atmosphère sulfureuse se marient parfaitement aux leads mélodiques brillants et remplis qui en ressortent. 

Ulver

Malice : La grande force d'Ulver a jusqu'ici été son polymorphisme : chaque album était totalement différent, pas la peine que je vous refasse l'historique depuis les débuts black metal jusqu'à l'opus drone récemment sorti. Mais visiblement, Krystoffer Ryg et ses gars ont, plus de 20 ans après leurs débuts, trouvé le style qui les fait kiffer : après l'album Assassination Of Julius Caesar et ses vibes new wave et rétro, Ulver a enchaîné avec l'EP Sic Transit Gloria Mundi et continue dans cette voie avec les extraits terriblement accrocheurs de son futur album Flowers of Evil. Le titre ne trompe pas puisqu'il s'appelle Nostalgia, et c'est également ce qu'il inspire - ça, et l'envie de gigoter. Bon, la nostalgie de Bergtatt, par contre...

 

Ihsahn

S.A.D.E : Ihsahn se désintéresserait-il complètement du black metal ? A l'écoute de Spectre at the Feast, premier extrait de son nouvel EP, la question se pose. Si Telemark, sorti en début d'année, conservait une forme de rugosité sur certains passages, ce nouveau titre est pour sa part ancré dans une atmosphère résolument apaisée et légère, très pop. Le chant est exclusivement clair, parfaitement maîtrisé et avec des lignes accrocheuses, posé avec délicatesse sur une instrumentation riche en claviers et en arrangements. La tracklist de Pharos annonce (sur le modèle de Telemark) trois morceaux originaux et deux reprises, dont l'une de Portishead. Portishead dont l'ombre plane sur Spectre at the Feast, notamment dans l'usage des violons. Ihsahn a peut-être fait le tour de ce qu'il avait à dire dans le champ de l'extrême. Ou peut-être pas, l'avenir nous le dira. Quoi qu'il en soit, même lorsqu'il emprunte des chemins nouveaux, il parvient à composer des titres accessibles et élégants à la beauté noble sans jamais tomber dans le générique ou le commun.

 

 

Pig Destroyer

S.A.D.E : Après s'être essayé aux tempi pesants avec l'EP Mass & Volume, Pig Destroyer s'en est retourné sur son pré carré grindcore avec l'album suivant (Head Cage). Et c'est à nouveau sur leur terrain de jeu favori que les Américains remettront le couvert avec leur prochain EP, The Octogonal Stairway (prévu pour le 28 août chez Relapse Records). The Cavalry, le premier extrait, est une petite balade dans la furie que le groupe distille depuis plus de vingt ans. Le son est peut-être moins incisif qu'il a pu être, un poil plus rond et bouncy comme disent les anglophones. La voix est également moins directement agressive, un peu en retrait dans le mix mais sans perdre de sa vigueur. Un titre grindcore assez classique somme toute, parfaitement adapté pour se défouler de la frustration du quotidien. Un peu comme les participants du clip, qui rivalisent d'ingéniosité pour faire n'importe quoi. C'est aussi ça le grind.

 

 

Batushka 

Malice : Mais lequel ? C'est bien pour répondre à cette essentielle question que j'ai tenu à évoquer les nouveaux titres de Batushka sortis un peu par surprise la semaine passée. Intitulés Irmos, ils ont été publiés par la chaîne "Batushka official"... à savoir le Batushka de Witching Hour et Metal Bladeemmené par Bartolomej Krysiuk et qui a sorti précédemment le très moyen Hospodi. Celui reconnu par la majorité... comme le "faux", ou Faketushka. Hé oui, la chaîne avec "Official" dedans n'est pas celle du groupe suivi par la majorité des fans du groupe d'origine, qui est celle avec "juste" le nom Батюшка écrit en cyrillique et qui a publié (l'excellent) Panikhida l'année passée, avant de tourner avec Malevolent Creation. 

Mais point de vue musique, qu'en est-il ? Si le compteur de likes/dislikes a été désactivé par la chaîne (généralement un mauvais signe), les commentaires sont cette fois élogieux (là où ils dézinguaient Hospodi, au point d'être supprimés) et il y a une raison à cela : c'est bien meilleur. Plus proches du premier album Litourgiya, sans en atteindre le niveau, ces Irmos réussissent presque à créer l'attente autour de Raskol, l'EP à venir. Pour ajouter au petit sourire que je vois pointer à la lecture de ces lignes, précisons que le раскол (raskol) est le grand schisme survenu au sein de l'Église Orthodoxe russe entre Vieux-Croyants et Réformistes au XVIIe. Visiblement, on a de l'humour, même chez Faketushka ...

 

Intronaut

Storyteller : Sorti de nulle part, voilà un single des progueux de Intronaut, comme un bonus track de leur album Fluid Existential Inversions, sorti en février chez Metal Blade. Run Through the Jungle est une reprise du groupe Creedance Clearwater Revival. Le titre est court, moins de trois minutes, comme l’original, et clairement on le considère comme un petit bonbon offert par Intronaut aux fans et aux auditeurs de l’album fraichement sorti et chroniqué dans nos pages. On retrouve cette patte aérienne et presque planante, sans pour autant évacuer l’aspect Metal du groupe avec des breaks de batterie et une saturation qui vient en deuxième partie de titre comme un apex musical. La guitare se fait discrète au début et la batterie vient, par ses syncopes, porter une touche progressive à un titre qui, de base, est plutôt rock classique.

Il semble que le propos de la chanson soit la guerre du Vietnam, mais ici une toute autre imagerie a été préférée, dans le ton de leur album, des monstres sirènes, dans une vague brune, toujours aussi planant et mystérieux. Un titre dont on peut se délecter après avoir réécouté l’album.