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Album

13/05/20 - Michael

Havok

V

LabelCentury Media
styleThrash
formatAlbum
paysUSA
sortiemai 2020
La note de
Michael
9/10


Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Depuis la sortie de Time Is Up en 2011, les Américains de Havok se sont fait un nom dans la scène Thrash. Pâle copie des glorieux aînés des années 80 pour les uns, groupe présentant un détonnant cocktail de modernité et de revival old school pour les autres, les natifs du Colorado ne laissent personne indifférent. Enfin, on pouvait le croire, jusqu’à la sortie du très original Conformicide en 2017, qui a dérouté pas mal de monde, au point même de se demander où le groupe voulait vraiment en venir. C’est donc avec une certaine impatience que l’on a découvert ce nouvel album intitulé V, sorti le 1er mai chez Century Media Records (après avoir été salement teasé par le groupe).

Dès la première écoute, on constate avec un plaisir non dissimulé que les titres de V sont nettement plus agressifs que sur le dernier album, Havok retrouve la verve destructrice qui était la sienne en début de carrière. Après un Post-Truth Era hyper engagé politiquement, qui n’est pas sans nous rappeler un …And Justice for All avec son lead mélodique en fade-in (que l’on retrouve également sur Ritual of the Mind) qui débouche sur un riff bien punchy et ses paroles contestataires, le groupe distille des titres tous plus efficaces les uns que les autres : de l’excellente Fear Campaign et ses riffs et changements de rythmes bien léchés à la plus technique Interface with the Infinite, en passant par la dévastatrice Phantom Force. Ce V nous offre son lot de perles, plus subtiles qu'elles n'en ont l'air, que le groupe mette le pied au plancher (Phantom Force) ou se balade dans des contrées plus mid-tempo (Ritual of the Mind).

Le changement de bassiste (Brandon Bruce a remplacé Nick Schendzielos) a été de nouveau sans incidence sur le soin apporté par le groupe depuis son début de carrière à faire clairement ressortir la basse du mix, pour le plus grand plaisir de nos oreilles (Cosmetic Surgery ; Betrayed By Technology ; Ritual of the Mind). D’une manière générale, la qualité de cet album tient pour beaucoup à une prestation de haut-vol des musiciens (les solis et leads de Reece Scruggs sont délicieux, comme sur Merchants of DeathDon’t Do It ou Ritual of the Mind ; un Brandon Bruce incisif), ainsi qu’à une production et un mix excellents, lesquels nous montrent définitivement à quel point le son d’Havok peut être massif.

Ce regain d’agressivité et de puissance entraîne toutefois un petit dommage collatéral, celui de produire un album qui ne repoussera certainement pas les frontières du genre, ni d’ailleurs ce que l’on pouvait attendre d’Havok. Cela perd un peu en originalité, si ce n’est le dernier titre (Don’t Do It) qui ouvre une nouvelle voie pour le groupe et qui l’emmène assez loin de ce que l’on a habitude d’entendre pour un groupe de thrash : 8 minutes au compteur, guitares acoustiques, changements de rythmes bien pensés et un David Sanches au sommet de son art (comme sur tout l'album, cela dit). Une note finale à l’album qui laisse un peu songeur. D’un côté on est pleinement conscient d’avoir beaucoup aimé cet album et son côté outrageusement rentre-dedans ; de l’autre on est ravi de voir le groupe expérimenter un peu et l’on se dit qu’ils auraient certainement pu aller plus loin dans cette démarche.

Quoi qu’il en soit, ce V est un excellent album qui fera, espérons-le, taire les critiques quant à la capacité du groupe d’être autre chose qu’une bande de nostalgiques qui reprend en boucle les mêmes recettes éculées depuis 30 ans. Havok est définitivement devenu un des piliers du genre.

Tracklist:
1. Post-Truth Era
2. Fear Campaign
3. Betrayed by Technology
4. Ritual of the Mind
5. Interface with the Infinite
6. Dab Tsog
7. Phantom Force
8. Cosmetic Surgery
9. Panpsychism
10. Merchants of Death
11. Don’t Do It

 

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