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Album

09/12/14 - U-Zine

Yes

Drama

LabelAtlantic
styleRock Progressif
formatAlbum
paysAngleterre
sortieaoût 1980
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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Il est temps de parler d'un grand nom aujourd'hui : Yes, l'un des groupes sans qui la scène Progressive ne serait pas aussi flamboyante et qui a influencé nombres de groupes et d'artistes depuis le temps (Dream Theater, Steve Harris). Mais pour commencer à compléter la discographie du groupe, je ne vais pas chroniquer le premier album, ni le plus culte mais surement le plus sous estimé de la carrière du groupe : Drama.

Pourquoi cet album n'a t-il jamais été apprécié à sa juste valeur ? Parce qu'il n'a pas été réalisé par Yes dans sa formation classique Howe – Squire – White – Wakeman – Anderson. Ce dernier a décidé de quitter Yes pour des problèmes de direction musical et Wakeman le suivit car il n'imaginait pas le groupe britannique sans sa voix de toujours. Certains fans feront de même...
Pour les remplacer, Yes va tenter un pari en incorporant le duo formant The Buggles (Trevor Horn et Geoff Downes) et qui a signé un an plus tôt le tube international : « Video Killed The Radio Star ». A travers cela, Yes cherche à redonner de l'élan à une carrière sur le déclin depuis 1974 et le gros raté Tales From Topographic Oceans et à passer le cap des années 80 en modernisant le son qui, on ne va pas se mentir, commençait à se faire vieux. Yes prend donc le risque de se mettre ses fans de la première heure à dos même si les bases sont bien présentes et que le groupe joue toujours dans la cour du Progressif.

Pour rentrer dans la nouvelle décennie, il fallait redéfinir Yes. A l'instar d'un Rush, le groupe a décidé d'y ajouter des claviers un peu plus robotique (La touche New Wave de Geoff Downes) et une guitare très Heavy entrainante comme jamais (l'introduction de « Machine Messiah » très lourde), s'inspirant des sons Funky qui ravageaient les dance floor à l'époque. Le groupe est un peu trop influencé par les nouvelles scènes que « Run Through The Light » fait office de purge sur l'album. Un Rock Reggae fortement influencé par Police jusque dans le chant de Trevor qui va même jusqu'à imiter le chant de Sting sur le couplet. Mais au delà de ce titre, Drama est à marquer d'une superbe homogénéité de la qualité. Le seul autre passage un peu pénible reste le refrain ultra répétitif de « Into The Lens » (« I Am A Camera... Camera Camera ») qui sortira un an sur le second album des Buggles sous le nom « I Am A Camera », alors que la base du morceau entre Progressif et Classique était très intéressante.

Pour le reste, on gravite sans accroc devant un Drama qui est surement le meilleur album depuis Tales From Topographic Oceans pour de nombreuses raisons. La modernité du son comme déjà évoqué, la doublette Steve Howe – Chris Squire qui a enfin plus de liberté depuis le départ de Jon Andersen et peut enfin se lâcher. Étrangement, ce n'est pas le guitariste qui va le plus en profiter mais bien Squire et sa basse qui va délivrer une de ses meilleurs performances et une des meilleures performances de bassiste de l'histoire avec des riffs de basse cultes à l'appel comme sur« Does It Really Happen ? », avec en prime un solo comme on les aime et surtout « Tempus Fugit » qui malgré sa durée assez faible (5'22) est à mon sens l'un des meilleurs titres de Yes et donc de l'histoire du Progressif. Ce morceau relativement rapide est marqué par une basse qui a pris le pas sur chacun des autres instruments mais qui est parfaitement secondée par des musiciens qui n'ont font pas trop pour ne pas gâcher l'efficacité du morceau.

Trevor Horn a un chant qui ressemble à celui de Jon Anderson mais il n'a pas tout à fait son charme. Pourtant il s'en sort à merveille car lui aussi est parfaitement accompagné par la paire Howe – Squire. Les jeux entre les voix très présents et rajoutent de l'efficacité à ce très bon album.

C'est simple, en à peine trente sept minutes, Yes avec son Drama balaye d'un revers de manche tout sa carrière en demi teinte de la seconde moitié 70. Le groupe redescend sur Terre et se prend un peu au sérieux en édulcorant un peu son propos mais la flamme est revenu, présente plus que jamais. Anderson aurait sans doute rêvé d'écrire un « Machine Messiah » toujours dans l'esprit des grands disques de Yes. Malheureusement, cet album sera oublié avec le retour du chanteur originel dans le groupe qui ne voudra pas en jouer une note en concert même si le groupe continuera dans cette modernité en franchissant encore un pas vers le succès commercial avec 90125 et son célèbre tube « Owner Of A Lonely Heart ».

1. Machine Messiah
2. White Car
3. Does It Really Happen ?
4. Into The Lens
5. Run Through The Light
6. Tempus Fugit

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