Live reports Retour
mercredi 31 octobre 2018 - S.

Caïnan Dawn + Evohé + Deathcode Society @Chambéry

Brin de Zinc - Chambéry

S.

Pour célébrer Samain comme il se doit, se déroule à Chambéry ce mercredi 31 octobre un événement fort à propos, la bien nommée « Nuit des morts ». Celle-ci réunit trois formations de Black Metal 100% savoyardes : Deathcode Society, Evohé et Caïnan Dawn. Une fois n’est pas coutume, c’est à guichets fermés que se tient la soirée. Près de 150 personnes se sont donné rendez-vous dans l’antre du Brin de Zinc.

 

Les hostilités démarrent à 21h précises avec la montée sur scène des annéciens de Deathcode Society. Le quintet débute avec un moment teinté d’émotions : un hommage à leur guitariste Franz Enkner, décédé le 11 mars dernier. Des photos du musicien et ami du groupe sont projetées en arrière-plan, tandis qu’une mélodie solennelle est diffusée dans la salle. Un dernier adieu sobre, mais appuyé. Ce concert lui est dédié, comme le groupe l’a annoncé sur sa page, un peu plus tôt dans l’après-midi.

La formation démarre ensuite son show en délivrant un Black Metal symphonique et mélodique, grâce à une sélection de six morceaux, tous issus de leur album Eschatonizer, paru en 2015 chez Osmose Productions. Les musiciens, encapuchonnés et masqués font preuve d’une bonne présence sur scène, malgré l’exiguïté des lieux. C’est un véritable mur sonore qui s’abat sur l’auditoire venu en masse. Les quelques interludes laissent parfois le temps de reprendre ses esprits avant de repartir de plus belle. Musicalement, on est à la croisée d’Anorexia Nervosa et d’Emperor. Les français sont d’ailleurs souvent comparés à la légendaire formation norvégienne. Indéniable dans les compositions, l’influence des norvégiens se fait sentir jusque dans la prestation vocale, dont le timbre est proche de celui d’Ihsahn. Néanmoins, l’aspect symphonique est ici moins prégnant que sur album, les nappes de synthé ayant tendance à se diluer dans le réglage des balances. Cela n’entache pour autant pas leur prestation, propre et carrée, comme à chaque fois que je les ai vus. Une bonne entrée en matière !

Setlist :

The Mark of Cain
NooS
The Inner Vortex
Pandaemonium 1.1
Seraphic Requiem
Nails

 

 

On enchaîne ensuite avec les chambériens d’Evohé, que j’ai aussi déjà vus à deux reprises. Deux cornes de cerf sont installées sur le pied de micro, à l’image de leur logo. Le set démarre fort, très fort, sur « Nemesis (hall of the slain) », qui ne me laisse jamais indifférent, tant ce morceau dégage une force phénoménale. Cette intensité retombe peu à peu ensuite mais l’intérêt, lui, perdure, grâce à des compositions inspirées. Le quatuor s’appuie sur un Black Metal aux consonances Pagan, comme l’attestent les mélodies épiques et cette atmosphère combative. La présence de trois vocalistes et l’utilisation d’une guitare sèche de temps en temps rendent ce show d’autant plus captivant et dynamique. De plus, Evohé peut se targuer d’avoir dans ses rangs un excellent batteur dont la prestation m’a véritablement impressionné, tant la puissance de son jeu donne du relief aux morceaux. En parlant de ces derniers, nombre d’entre eux ne figurent sur aucun de leurs albums sortis jusqu’à présent. Le successeur de « Annwvyn » va-t-il enfin voir le jour ? Quoiqu’il en soit, le groupe a encore frappé un grand coup ce soir !

Setlist :

Nemesis (hall of the slain)
Through the eyes of the sky, I see...
Sleeping with the Wolves
A Thunder of misfortune
Eola Monumenta
When the winds blow over the aging skins
Of Ancient lores...

 

 

Troisième et déjà dernier groupe de la soirée : Caïnan Dawn. Voilà une formation que je suis attentivement depuis plusieurs années, tant leur potentiel est grand et leur musique captivante. Pour preuve, leur dernier album en date, F.O.H.A.T., paru l’année dernière chez Osmose Productions, fut selon moi l’une des meilleures sorties de 2017 en matière de Black Metal français.
Sous les habituels projecteurs aux tons bleutés, le groupe annonce sans détour la teneur du set à venir, et ce dès les premières notes : la lourdeur mêlée à la puissance des riffs assomme d’entrée l’assistance. Tout au long de l’heure de jeu qui leur est réservée, les savoyards délivrent un show épileptique où l’intensité est de mise, avec cependant quelques titres plus mid-tempo pour casser le rythme. Malgré un son brouillon au départ, qui va rapidement s’améliorer, le groupe distille sa musique occulte en usant d’un jeu de scène efficace, grâce à des musiciens très impliqués et un décor approprié (notamment beaucoup de fumée pour plonger la scène dans un épais brouillard).

L’ensemble de la discographie est passée en revue, mais parmi les huit titres proposés ce soir, une reprise retient toute mon attention : celle de « Warlock » de Nehëmah, morceau initialement paru sur Shadows from the Past. Sauf erreur de ma part, c’est la première fois que Caïnan Dawn l’interprète en live. C’est à plusieurs égards que ce morceau suscite en moi un vif intérêt : D’une part car je considère Nehëmah comme le meilleur groupe de tous les temps, mais aussi parce que Caïnan Dawn est en quelque sorte un héritier de ce projet phare de la scène chambérienne des années 2000, dont j’ai enterré l’espoir de voir un jour en live. Alors rien que pour ça, merci.

C’est sur « Masticatione Mortuorum » que le groupe conclut son set, épilogue d’une performance de haute volée, dont je ne me lasserai décidément jamais !

Setlist :

Kaos Theos Kosmos
The Brood
Mara
Ylem
Legionem Daemonicus
Warlock (Nehëmah cover)
Thavmial
Masticatione Mortuorum

 

 

On peut dire que cette soirée a tenu toutes ses promesses : trois groupes, trois excellentes prestations. On ne peut qu’espérer que cette initiative voie de nouveau le jour dans un an. En attendant, merci à tous les acteurs de cet événement.

Revivez une partie de la soirée avec 4 vidéos :

Photos