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vendredi 2 mars 2018 - Shawn

Cannibal Corpse + The Black Dahlia Murder + In Arkadia @ Toulouse

Le Metronum - Toulouse

Shawn

Anciennement responsable du webzine U-zine.org. Actuellement chroniqueur éclectique et live reporter basé à Toulouse.

Mars, ses giboulées, sa saint Patrick, et ses cadavres. En attendant les parodiques Cannabis Corpse à la Cave à Rock le 30 mars, un autre type de Corpse était présent au Métronum. En effet, quatre ans après son concert quasi sold-out au Bikini, Cannibal Corpse est de retour. Ils sont accompagnés de The Black Dahlia Murder ainsi que des français d’In Arkadia. Plongée directe dans la soirée …

IN ARKADIA

S’il y a bien un groupe qui me surprendra toujours de par sa reconversion, c’est bien In Arkadia. Car la vie aux premiers abords bien tranquille de la formation lyonnaise cache un passé bien différent. En effet, bien avant d’être le groupe de deathcore qui s’est fait un nom à l’aide d’albums percutants et de shows intenses, In Arkadia était à l’origine une formation de death mélodique très influencée par Children of Bodom et par le heavy metal. Ainsi, quand on a connu le groupe via des titres comme Delirium Tremens (2006), le changement apparait toujours comme très surprenant ! Quoi qu’il en soit, et depuis le début des années 2010, un gros turn-over de line-up a permis un renouvellement des membres autour de Florent Marsais (Batterie), seul membre fondateur encore en poste. Nouveau personnel, nouvelle identité. Et ce choix s’est révélé particulièrement payant quand on connait l’explosion qu’à connu le groupe depuis. Il n’est donc pas si surprenant de trouver les lyonnais en ouverture de beaux plateaux comme celui-ci !

On retrouve donc quatre ans après leur dernier passage (au Saint des Seins) la formation lyonnaise qui s’est étoffée en décembre 2015 d’un second chanteur en la personne de Mike (ex-It Came From Beneath). Forcément, en première partie française sur la tournée, le groupe se retrouve sur une scène très réduite étant donné que chaque groupe a son propre backline, induisant donc la présence de 3 batteries complètes sur scène en début de soirée. La formation était semble-t-il fort attendue puisqu’il n’a pas fallu plus de 2 morceaux pour que le public se déride et décide de passer aux choses sérieuses. Au centre de leur prestation : une prestance scénique indéniable, et un dynamisme certain apporté en grande partie par la présence de deux vocalistes, permettant une occupation de scène optimale. Les Lyonnais défendent leur nouvel opus, le bien nommé Lions sorti le 27 février sans aucun label. 5 titres sur 7 y seront consacrés et on peut clairement dire qu’on s’attendra à un album globalement plus sombre mais certainement plus intense et plus richement composé que par le passé. In Arkadia poursuit donc sa transformation, la chrysalide se fait enfin papillon !

Setlist In Arkadia:
Head Towards Back
Greetings From The Ground
Litany
Gangbangers
Answers
We Are Lions
Recurrence

THE BLACK DAHLIA MURDER

Place ensuite à The Black Dahlia Murder, groupe largement habitué aux concerts SPM Prod puisque les Américains se produisent pour la troisième fois en 4 ans. Deux années après leur dernier passage (c’était au Connexion Live avec Benighted), revoilà donc la formation, avec un line-up quasiment identique à l’exception de l’intégration récente de Brandon Ellis (qui pour l’anecdote joue également dans Cannabis Corpse). The Black Dahlia Murder, c’est depuis toujours avant tout une histoire de frontman. Son leader, le vocaliste Trevor Strnad, montre encore une fois des qualités vocales et scéniques évidentes. Le public lui mange littéralement dans la main et se donne sans retenue dans le pit. Quand Trevor exige un circle pit, l’audience s’exécute sur le champ.

Leur musique aux portes du death metal mélodique piqué à l’hormone deathcore est tout ce qui est rentre-dedans et c’est sans surprise que le groupe frappera fort (Widowmaker, Jars ou Matriarch). Sans grande surprise, la setlist se concentrera pour moitié autour du nouvel opus, Nightbringers, sorti en octobre dernier chez Metal Blade Records. On a d’ailleurs senti sur cet opus le coté mélodique un poil plus marqué. Le signe d’une maturité ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, la finesse n’est pas au programme, avec les Américains, c’est d’épaisses tartines de saindoux jetées sans ménagement à la gueule.  Bref, TBDM n’a pas surpris mais se confirme comme second couteau établi.

Setlist TBDM:
Widowmaker
Contagion
When the Last Grave Has Emptied
Jars
Kings of the Nightworld
What a Horrible Night to Have a Curse
Nightbringers
Matriarch
On Stirring Seas of Salted Blood
Catacomb Hecatomb
Everything Went Black
Warborn

 

CANNIBAL CORPSE

On est, je pense, tous d’accord : on ne va pas présenter Cannibal Corpse. 14 albums, 30 ans de scène au compteur, et un line-up qui n’a que très peu changé depuis : la messe est dite. Lors de leur dernier passage en 2014, le Bikini avait accueilli plus de 1100 personnes. La raison ? Un concert qui avait alors proposé un tarif très avantageux (10/12€), via un accord passé avec la municipalité. Cette fois-ci le tarif sera plus standard, et cela se ressentira sur la présence, le concert faisant complet à 550 personnes la veille de la date. Auscultons donc le patient …

Il faut reconnaitre avant toute chose un élément : le public était particulièrement en demande car à peine le groupe sur scène, les yeux dans les yeux de George Fisher, la tension est palpable, presque explosive. Le concert débute et un rapide coup d’œil à la setlist nous en apprend plus sur la stratégie du jour.  En 2014, Cannibal Corpse avait mise sur des gros pavés dès les premiers titres (Stripped, Raped and Strangled), cette fois ci, la setlist est comme coupée en deux : une première partie mettant particulièrement à l’honneur les morceaux du dernier opus, Red Before Black, et une seconde partie composé d’hymnes.

Ainsi, passée la joie de revoir le groupe, on tombe au bout de 25 minutes dans une sorte de léthargie, oscillant entre les nouveaux morceaux (certes bien composés mais n’offrant rien de foncièrement nouveau dans le genre) et l’attente de quelques pépites. Ajoutons à cela la scénographie très limitée. En effet, sur scène, le groupe est très peu mobile, et les lumières sont fixes (le stroboscope est banni car le groupe comporte plusieurs épileptiques). La somme des deux donne fatalement une mise en scène minimaliste, leur show dépendant entièrement de leur charisme et de leur musique. Passé ce coup de mou en milieu de set, la fin de leur prestation n’a été qu’une verticale montée vers le sommet, notamment la quinte flush finale : A Skull Full of Maggots, I Cum Blood, Make Them Suffer, Stripped, Raped and Strangled, Hammer Smashed Face. Malgré cette fessée déculottée, on aura malgré tout un amer sentiment de « Baaah c’était comme d’hab’ ».

Setlist Cannibal Corpse :
Code of the Slashers
Only One Will Die
Red Before Black
Scourge of Iron
Evisceration Plague
Scavenger Consuming Death
The Wretched Spawn
Pounded Into Dust
Kill or Become
Gutted
Corpus Delicti
Devoured by Vermin
A Skull Full of Maggots
I Cum Blood
Make Them Suffer
Stripped, Raped and Strangled
Hammer Smashed Face

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