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Album

09/12/14 - U-Zine

Fairytale Abuse

Perversions of Angel VI

LabelMassacre Records
styleBlack Metal symphonique
formatAlbum
paysDanemark
sortiemai 2008
La note de
U-Zine
6.5/10


U-Zine

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que Fairytale Abuse aura bien ramé avant d'obtenir un deal digne de se nom avec une maison de disque : formé en 1995 à Sønderborg au Danemark le groupe a enchaîné les démos jusqu'en 2004 où est paru son premier effort, publié à compte d'auteur sur un obscur label d'Amérique du Sud. Il est vrai que les nombreux mouvements de line up n'aident pas mais cette difficulté à trouver un label s'explique difficilement ... il faut tout de même signaler que le petit dernier est enregistré depuis août 2007, et il fallu que Massacre Records se penche sur le berceau du groupe pour nous permettre d'écouter "Perversions of Angel VI".

Le groupe pratique un Black Metal symphonique trés porté sur le clavier et les leads rapides et mélodiques, distillant un savant mélange de sentiments obscurs et d'images sensuelles ... cela ne vous rappelle rien ? si comme moi vous êtes un nostalgique de la grande période du "Suprême Vampiric Black Art" cet album est fait pour vous. Certes il ne s'agit pas ici de Black Metal laid, froid et cruel mais de son pendant horrifique et sensuel, dont les titres sont évocateurs d'une certaine vision de la musique extrême, qui a ses amateurs et ses détracteurs, dont ici force est de constater qu'elle nous est présentée sous un jour flatteur compte tenu de la qualité des compositions qui sont loin d'être du plagiat, bien que le groupe affiche clairement la donne en se revendiquant d'influences issues des premiers Cradle of Filth et Dimmu Borgir. Prétentieux ou déjà vu me direz vous ? j'avoue avoir douté à la première écoute de l'album puisque celui-ci démarre sur un morceau réellement faible, aux intonations trash/death relativement lourdaudes alors que je m'attendais à un certain raffinement ... mais voilà les morceaux ne font qu'augmenter en intensité et en qualité de composition : les leads sont réellement dignes de la grande époque tant ils sont à la fois puissants, rapides, mélodieux et emplis d'émotions; la voix, principalement gutturale, soutient admirablement les morceaux sans jamais tourner à l'excès ou à la caricature, même si certains passages plus écorchés font immanquablement penser aux vocalises d'un certain Dani (mais aucuns de ses cris suraigus ne sont ici reproduits); les claviers sont loin d'être le passage obligé habituel et finalement bien dispenssable mais au contraire L' instrument majeur du groupe, sachant se faire tantôt subtil ou tonitruant, tantôt angoissant ou apaisant, les couleurs apportées aux morceaux, les atmosphères distillées, à la fois prenantes et impressionnants de maîtrise, par le synthétiseur sachant se faire oublier quand le morceau l'exige, sont la véritable force du groupe. "ici tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté" ? hélas non : le batteur utilise un son excessivement synthétique et semble jouer avec des sabots et des moufles tant son jeu est brutal, vide de toute nuance et peu adapté au style du groupe: si sur les parties les plus rapides son style n'handicape pas les titres, là où certaines passages réclament des ambiances feutrées, la batterie déboule comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Fort heureusement le responsable a été depuis limogé et remplacé par l'ancien batteur de Svartsot, ce qui n'augure que du meilleur, tant pour le groupe que pour l'auditeur.

Un album racé, atmosphérique, prenant et aux qualités de composition évidentes qui devrait ouvrir au groupe, désormais signé sur un label important, les portes d'une reconnaissance méritée, bien que certaines éléments viennent un peu gâcher la fête : porté en songe par les titres aux abords d'une maison lugubre par une nuit de pleine lune, de son jardin baigné d'une brume diaphane nous parvient de lointains rires espiègles prometteurs d'un abandon proche aux délices du stupre alors qu'un léger mouvement se fait percevoir au détour d'un bosquet, approchant de celui-ci dans le secret espoir d'y découvrir quelque nymphe dans le plus simple appareil on y aperçoit ... une vieille dame à poil !!! ça calme mais heureusement cette vilaine sorcière a eu le bon goût de s'entourer de jeunes disciples peu farouches dans les bras desquelles nous oublions vite ce regrettable épisode.

1. When One Bleeds
2. The Interdiction of Obscurity
3. Fall of the Icon
4. Vivid the Blood Ill-Natured
5. A Phenomenons Rage - The Burden
6. Troparion for the White Plague
7. Lust Murder Theater
8. At The Gate of Thorns
9. Curse of the Black Opus
10. Powers and Signs of Lying Wonders
11. Our Glorious Revivification