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vendredi 11 août 2017 - Team Horns Up

Brutal Assault 2017 - Jour 3

Josefov Fortress - Jaroměř

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Nostalmaniac : Avant de se plonger dans le report du troisième jour, il est temps que je parle de deux choses qui font un peu plus la particularité du Brutal Assault, le cinéma et l'Ambient Lodge. Ce ne sont pas des nouveautés, mais ces deux salles qui cohabitent dans le même bâtiment à l'autre extrémité du site méritent le détour.

Le cinéma ou Horror Cinema, à gauche, dans une grande salle ventilée (!) avec des chaises de voiture en guise de sièges. Des films étaient programmés durant les quatre jours du festival de 9h à 23h. Des vieux nanars, quelques classiques et des films plus récents. Citons Christine (1983), Altered State (1980), Profondo Rosso (1975), Fearless Vampire Killers (1967) et X-Files:Home (1996) le mercredi, Toxic Avenger 2 (1989), Lucifer Rising (1972), Henry Portrait Of A Serial Killer (1986), Brides of Dracula (1960), Possesion (1981), El Topo (1975), Predator (1987) et Hellraiser (1987) le jeudi, Creepshow (1982), Beyond the Black Rainbows (2010), Barb Wire (1996), Exorcist II: Heretic (1977), Army of Darkness : Evil Dead 3 (1992), Conjuring 2 (2016) et Spawn (1997) le vendredi, Mutant Girl Squad (2010), Mark of the Devil (1970), Old Boy (2003), The Visit (2015), The Keep (1983), Salem's Lot (1979), The Killer Nun (1979), The Taking Of Deborah Logan (2016) et Animatrix (2003) le samedi.

Je n'ai pu assister qu'à une séance le samedi et je trouve que ce cinéma est un gros bonus. Il faut juste être prêt à rater quelques groupes....

Quant à l'Ambient Lodge, c'est une sorte de club lounge avec de l'ambient en journée (et parfois quelques surprises plus dansantes), des concerts Noise/Indus/Dark Ambient en début de soirée dont Gnaw their TonguesTreha SektoriYhdarlTroum ou encore le concert très attendu du projet suédois In Slaughter Natives. Après 1h ou 2h du mat', c'est le dancefloor jusqu'à 4h avec de la grosse hardtek et du gabber. Le plaisir coupable du festival tchèque.

Revenons-en maintenant à ce troisième jour. Après deux jours de canicule, la météo s'annonce bien moins favorable. Les organisateurs préviennent sur les réseaux sociaux qu'il y aura une tempête ! Et en effet, la journée sera bien agitée...


© Tomáš Rozkovec

Teethgrinder
Jägermeister
11:40

Nostalmaniac : « Nihilism », le dernier album de Teethgrinder paru en novembre 2016, m'avait foutu une belle claque. Un Grindcore fielleux sans compromis qui rapelle beaucoup Nasum ! Malheureusement sur scène, les Hollandais sont beaucoup moins convaincants malgré des passages faits pour tabasser ton prochain. La faute aussi au son un peu trop faiblard en ce début de journée. Malheureusement, pas le temps d'apprécier le set en intégralité car les éléments ne tardent pas à se déchaîner ... 

Infected Rain
Jägermeister
12:50

Florent : Infected Rain faisait partie à mes yeux de la longue liste de groupes n'ayant, de manière honteusement machiste, que la plastique de sa chanteuse à faire valoir tant la musique paraît passe-partout : une sorte de néo musclé et assez moderne emmené par la voix énergique mais parfois agaçante d'Elena Kataraga. Un peu par hasard, nous nous retrouvons toutefois devant le set des Moldaves (original) et je revois un peu ma copie : la conviction du combo force le respect et la belle (ben ouais, quand même) Elena a du charisme (les fans de Naheulbeuk, vous sortez avec vos vannes). Ca casse pas trois pattes à un fromage, très clairement, mais le public apprécie et au final, moi aussi, même si je n'y retournerais pas sur album. Mention spéciale cliché au final Chester Benningtonien avec morceau chanté aux barrières main dans la main avec le public. Mouais. 

Wolfheart
Sea Shepherd
14:50

Florent : J'attendais avec curiosité le concert de Wolfheart, mais manque de pot: c'est l'heure que j'ai choisie pour me commander une putain de pizza quatre fromages au stand de pizzas végés. Alors, pour que le lecteur ne s'imagine pas Horns Up comme une secte veggie-vegan : non, le petit dernier de la bande n'est pas du lot, ça ne fait donc pas partie des critères de recrutement. Mais rien à faire: cette "Vegan Street" est tout simplement l'endroit du festival où on mange le mieux, et ces pizzas confectionnées et cuites sur place me le confirment - une des meilleures quatre from' que j'ai jamais mangé. Plates excuses pour cette incise culinaire, mais ne nous mentons pas : c'est aussi pour ça qu'on vient en festival, parfois. 
Reste que même en ayant pris mes dispositions, la cuisson prend si longtemps que je loupe World on Fire qui ouvre le set des Finlandais et je ne m'en remets pas tant ce titre, qui reprend le thème principal de Game of Thrones, était un de mes highlights attendus du festival. Et la déception est d'autant plus grande quand je me rends compte de la platitude du set de Wolfheart. Le pire est que je ne sais pas pourquoi, mais je le sentais venir. La musique du nouveau groupe de Tuomas Saukkonen manque d'un petit quelque chose pour être réellement épique, malgré quelques mélodies enivrantes sur le dernier opus Tyhjyys dont le très réussi Boneyard. Rien ne me tirera de ma torpeur. 

 


© Tomáš Rozkovec

Crowbar
Jägermeister
15:35

Di Sab : 15h30,  en guise de prémices du déluge qui allait nous tomber dessus pendant Ulcerate, une averse éparse de glaviots s’abat sur les planches de la Jägermeister, Windstein annonce la couleur direct : "On est Crowbar, on vient de la Nouvelle Orléans et on va vous botter le cul !" pas de soucis tonton Kirk, on est là pour ça, mais si tu veux nous botter le cul commence pas par un titre du nouvel album, enfin ! Surtout si c’est pas Falling While Rising. Ce faux départ est bien vite oublié avec  la doublette High Rate Extinction/All I Had I Gave qui commence à ajouter la fosse et donne au public les premiers instants karaoké. Le son est absolument excellent et à chaque fois Kirk me fout par terre à restituer à la perfection ses vocaux si rocailleux. Le retour de Sexy T fait plaisir aux puristes, il gère sans souci ses lignes de basse, mais je préférais Patt Buders, plus mobile. Autre léger point noir, comme toujours, la setlist aurait pu être mieux. Le peu de temps de jeu a poussé Kirk et sa bande à occulter quelques vieux titres et à laisser les plus récents (le final sur Plasmic and Pure et Walk With Knowledge Wisely quand tu n’as ni The Lasting Dose et Existence is Punishment, ça fait tout de même mal). Dans les bonnes surprises, on retiendra tout de même To Build a Mountain (dédicacé à la femme de Kirk, à l’hôpital dans mes souvenirs) et puis bon, Conquering et Planet Collide font toujours leur petit effet. Il  va vraiment falloir que je les voie en club pour un temps de jeu conséquent et une setlist pas mi-figue mi-raisin  mais bon,  même avec une setlist pas parfaite, ça reste vraiment trop bien.

Nostalmaniac : C'est après le (premier) déluge que les Américains profitent de l'accalmie pour prendre possession de la Jägermeister. Je ne vais rien vous apprendre, Crowbar est incontestablement une institution du Sludge. Une carrière interrompue qui force le respect avec pour survivants de la formation originelle Kirk Windstein (qui arbore un shirt de Carnivore) et Todd Strange. Strange qui a repris son poste de bassiste l'an dernier pour le plus grand bonheur des nostalgiques. Dès les premières notes du bien nommé "I Am the Storm" issu du dernier album  « The Serpent Only Lies », on sent les patrons. Guitare badass (une belle Ibanez Destroyer !),  riffs burnés. Le charisme imposant et la grosse voix crasseuse de Kirk font la différence. Le reste de la setlist survole la riche discographie du groupe originaire de New Orleans (11 albums !) et malgré le temps qui passe, la conviction est toujours palpaple sur scène. Je connais surtout « Broken Glass » (1996) et c'est justement "Like Broken Glass" qui vient refermer (dans mes souvenirs...) ce très bon concert avec la délicatesse d'un mammouth. 

Une nouvelle tempête s'annonce et on espère que le site ne va pas prendre des airs de... Bayou !



© Tomáš Rozkovec

Ulcerate
Metalgate
16:30

Sleap : Mes journées commencent décidément très tard lors de cette édition 2017. Tout comme les deux jours précédents, mon premier concert est en milieu / fin d’après-midi. Et, à l’instar de Gorguts le premier jour, c’est Ulcerate qui ouvrira le bal le troisième !
En revanche, tout comme pour le groupe susnommé, je ne vais pas passer un concert des plus agréables, et ce pour à peu près les mêmes raisons. Dès le titre d’ouverture du dernier album, la section rythmique est beaucoup trop mise en avant. Non seulement la résonnance de la basse est trop forte, mais en plus on ne cerne même pas toutes les subtilités du jeu de Paul Kelland. Il faut attendre les titres que je connais mieux – à savoir les deux derniers – pour que je puisse enfin cerner tout ce qui se passe musicalement. De plus, là encore, un certain nombre de Jean Métale commencent à mosher dès la moindre partie blastée. Certains prennent même leur copine sur les épaules pour courir en rond en hurlant… Je me console comme je peux en admirant une fois de plus le jeu ahurissant de Jamie Saint Merat, mais cela ne suffit pas.
Je fais de mon mieux, mais je n’arrive définitivement pas à apprécier le concert plus que cela. De très loin le moins bon que j’aie pu faire du groupe. 

Incantation
Sea Shepherd
17:55

Sleap : Il s’agit aujourd’hui du premier des trois shows spéciaux que va donner Incantation ce week-end. Celui-ci sera apparemment centré sur le nouvel album – qui sort justement en ce troisième jour de festival. Et comme prévu, nous avons droit dès le début à deux nouveaux titres en plus du récent Carrion Prophecy tiré de l’album précédent. Malheureusement, la météo faisant des siennes, il y a déjà trente minutes de retard sur le running order initial – en plus des problèmes techniques sur les Main Stages. Et cela provoque donc un chevauchement du concert avec celui de Possessed pendant plus de vingt minutes… Je n’ai donc le temps d’assister qu’à un dernier morceau, à savoir Christening the Afterbirth – l’un de mes préférés – avant de foncer à la scène couverte, à l’autre bout du festival… S’il vous plait, réfléchissez avant de faire le running order la prochaine fois.



© Tomáš Rozkovec

Possessed
Metalgate
18:30

Sleap : J’arrive donc en plein milieu du concert, alors que le groupe entame Swing of the Axe. Et dès les premières secondes, je constate qu’absolument tout est réuni pour que ce concert soit une réussite. Le son si particulier est parfaitement restitué en live, tant pour les vocaux de Jeff que pour le grain de guitare. Mention spéciale aux fameux « rototoms » qui sonnent exactement comme sur album. Quel batteur !
Mais ce qui fait aussi de ce concert un moment d’exception, c’est le public. Tout aussi possédés que le groupe, les fans s’en donnent à cœur joie dans la fosse. Les « maniacs » du premier rang qui pressent des oranges invisibles en secouant leur tignasse, mais surtout le pit en perpétuelle effervescence. Le public est tellement dense sous la tente en cette fin d’après-midi que la fosse est un véritable enfer (dans le bon sens du terme). En même temps, en faisant jouer un groupe de ce calibre sur la troisième scène, il fallait s’y attendre. Mais j’apprécie bien plus un show de Possessed compressé dans une fosse pleine à craquer – mais qui bouge de partout – avec de la sueur, de la crasse et des yeux révulsés que dans une salle où chacun croise les bras en regardant le show à travers ses Ray-Bans.
Les moments les plus fous du set sont évidemment la liesse sur l’intro de The Exorcist et le final apocalyptique sur l’hymne Death Metal. J’aurais aimé assister à la totalité du concert, mais on ne peut pas être partout à la fois... Quoi qu’il en soit, je viens de passer l’un des meilleurs moments du week-end. Il s’agit pour l’instant de mon concert du festival et l’un de mes meilleurs de Possessed, ni plus ni moins !

 


© Tomáš Rozkovec



L'apocalypse, de son petit nom "Arcus".

Treha Sektori
Ambient Lodge
19:00

Raleigh : Avant de parler du concert, je me dois de présenter le lieu à ma façon. La Keep Ambient Lodge était l'endroit décalé du festival. Grande salle blanche rectangulaire où règne une atmosphère intemporelle, avec pour seule lumière ses néons passant d'une couleur bleue claire à un rouge agressif. Il y avait aussi des draps noirs collés au plafond, et la régie se trouvait au milieu. Dans l'ensemble de la pièce était disséminé par dizaines fauteuils, coussins et canapés, où les gens venaient se reposer, dormir ou simplement discuter, le tout baignant dans un écran de fumée quasi constant, et ce à toute heure. L'endroit donnait l'impression d'être dans une fumerie d'opium, ou alors dans un épisode de Twin Peaks (le nom de la salle étant sûrement une référence). C'est dans ce genre d'environnement qu'on aimerait écouter Ulver par exemple. Au fond de la salle, il y avait la petite scène à peine surélevée où allait se dérouler les concerts, avec de quoi projeter des images sur un rideau noir encore plus en arrière. 
C'est dans cette ambiance particulière que j'ai vu pour la première fois Treha Sektori. On m'avait vendu le groupe comme étant l'un des meilleurs projets de Dark Ambient actuel. Ce n'était en aucun cas exagéré. Dehn Sora, c'est la personne derrière tout ça, dont le projet fait partie de la Church of Ra (Amenra, Oathbreaker, etc) ce qui promet déjà un certain niveau de qualité. Après un début compliqué à cause de camarades allemands parlant très fort devant la scène, et après leur avoir gentiment demandé de se taire, je peux enfin me concentrer sur ce qu'il y a devant moi. La musique fait constamment monter une tension, accentuée par les murmures et les cris étouffés du chanteur, qui se voit rythmée par des coups de tambour ou des mots imperceptibles afin de reprendre de façon encore plus intense. Répétitive dans sa construction mais sans jamais être lassante ni dénouée de surprise ou de subtilité, il n'y a pas un seul instant où je me suis ennuyé. Pour être honnête, j'aurais adoré que le tout dure plus longtemps. La prestation était accompagnée de différents visuels qui passaient derrière Dehn Sora. Tous très recherchés, ils collaient parfaitement à l'univers que laissait deviner la musique. Passant de visions monochromes d'endroits abandonnés à des visuels assez cauchemardesques d'hommes aux visages faits de bois mort, pendus par des racines dans un univers totalement dénué de couleurs.
Il est difficile de rester de marbre face à une telle ambiance, et Dehn Sora maîtrise parfaitement son travail. Treha Sektori a été une de mes plus grosses claques du Brutal Assault, et il m'a fallu beaucoup de temps pour redescendre sur terre après cette expérience. 

Igorrr
Metalgate
19:40

Florent : Deuxième set d'Igorrr en autant de festivals pour moi après la belle prestation à Dour et je ne m'épancherai donc pas inutilement sur ce concert qui sera, au final, très comparable. Après un soundcheck interminable, c'est reparti pour le freak show. Et bordel, que c'est bon, Igorrr. Cette espèce de fourre-tout breakcore lyrique aux relents metal extrême ne ressemble à rien, mais est particulièrement bien faite. Entre des moments purement défouloirs comme l'arrivée sur Spaghetti Forever (ce titre...) ou le bordélique Excessive Funeral, Gautier Serre (de son vrai nom) est en effet capable de nous asséner de vrais instants de grâce, bien aidé par deux vocalistes d'exception : Laure Le Prunenec qui captive le public sur ce sublime Tout Petit Moineau, numéro de haute voltige vocale, et Laurent Lunoir qui retranscrit magnifiquement ses vocaux torturés, notamment sur un ieuD grandiloquent et de toute beauté. Des moments what the fuck, il y en a évidemment aussi avec en tête de file Cheval et sa guinguette incongrue qui fait valser la Metalgate. Et quand, pour le final, Igorrr se retransforme brièvement en pur DJ breakcore, ce qu'il était à ses débuts avant d'avoir les fils qui se touchent, on prend tout autant son pied, savourant ce moment rare dans un festival metal. A voir, à revoir, à savourer, pour tous les ouverts d'esprit parmi vous et Dieu sait qu'il y en a dans notre cher microcosme. 

Nostalmaniac : Je ne vais pas répéter ce que je disais pour le report de Dour mais constater qu'en dehors de la francophonie, Igorrr suscite un gros engouement qui s'explique par leur style atypique mais aussi leurs performances live tellement énergiques. Ce sera encore le cas au Brutal Assault.

Swallow the Sun
Metalgate
20:50

Florent : Swallow The Sun était très clairement une des mes grosses attentes du festival, en plus d'être l'occasion pour moi de me caler bien au sec après le déluge qui s'est abattu sur Jaromer. Pour le coup, quelqu'un a bel et bien avalé le soleil. L'ambiance est doom au possible pour le concert des Finlandais dont le triple album Songs From The North, composé d'un opus doom-death (mélodique) classique, d'un funeral doom et d'un folk finlandais déprimant était aussi réussi qu'ambitieux et risqué. C'est le titre Songs From The North issu de l'opus acoustique qui introduit (sur bandes) le concert et le refrain en finnois me fait déjà planer avant que ne résonnent les premières notes de 10 Silver Bullets. Le chant de Mikko Kotämäki m'impressionne particulièrement, surtout la facilité avec laquelle le gaillard alterne growl puissant et vocaux clairs de toute beauté. C'est d'ailleurs à mes yeux la grande force du doom très "finlandais" de Swallow The Sun - cette omniprésence de la mélodie, y compris dans les moments les plus violents comme ce ténébreux Psychopath's Lair.

C'est simple: la carrière du combo souffre si peu de défauts (probablement aucun, en fait) que les voir dans ce contexte de festival me laisse inévitablement frustré : j'aurais voulu que le concert dure deux fois plus longtemps tant STS ne joue QUE des tubes aujourd'hui. Un magnifique Don't Fall Asleep au tapping beau à pleurer sur ce refrain ("Lie down 'cause you'll never wake, lay down but don't fall asleep"), ce rageur These Woods Breathe Evil qui suce le peu d'énergie qui me reste et un final qui arrive beaucoup trop tôt sur Swallow. Pas de Cathedral Walls, de New Moon, de Labyrinth of London (mon titre favori). Mais une vraie démonstration de doom qui me confirme que Swallow The Sun est à des lieues au-dessus de la mêlée. Des frissons du début à la fin du concert. 

Nostalmaniac : La deuxième tempête n'aura rien épargné. Il faudra faire avec la boue ce soir et l'accès à la Metalgate est vraiment compliqué. La boue mais aussi les retards car pendant l'Apocalypse les concerts ont dû être retardés. On parle d'au minimum 30 minutes ce qui est conséquent pour un festival. Et ça devient vite un casse-tête car aucun running order n'est correct de base. Mais bref, je tenais vraiment à voir les Finlandais de Swallow the Sun. Leur dernier triple (!) album à plusieurs facettes m'a vraiment fasciné. De plus, le cadre intimiste de la Metalgate convient vraiment à leur Death/Doom mélodique et mélancolique. StS va délivrer un set vraiment magique. La voix claire de Mikko Kotamäki est vraiment touchante. Malheureusement, le concert passera trop vite. Certainement écourté à cause des retards... Dommage !

Trivium 
Jägermeister
20:45

Florent: Encore une fois, les chamboulements horaires me sauvent un peu les fesses et me permettent de voir un Trivium sur lequel j'avais fait une croix sans regret au vu de leur dernier opus insipide (Silence In The Snow). Il faut dire que la bande à Matt Heafy fait partie de ces groupes via lesquels je suis entré dans le metal, à l'époque où je n'avais d'oreilles que pour le pop-punk et le néo (on est - presque - tous passés par là, non?), et que j'ai donc déjà eu l'occasion de les voir un paquet de fois. 
Je galope toutefois conscieusement à travers la boue dès Swallow The Sun terminé pour assister à la deuxième moitié du concert de Trivium, débarquant à mon grand désarroi sur un Forsake Not the Dream issu d'un In Waves à mes yeux surcoté en diable. Heureusement, ça se lance vite pour moi avec Kirisute Gomen et son riff atomique qui me fait devenir fou - Shogun est de très loin mon album préféré du groupe. Et y'a rien à dire, Trivium envoie toujours pas mal le pâté en live. Plus carrés encore qu'à l'époque, techniquement toujours irréprochables, les gars me feraient presque oublier qu'ils restent sur deux, voire trois albums en demi-teinte. Je n'ai malheureusement pas l'occasion d'entendre The Sin & The Sentence, issu de leur opus à venir, en live, mais la version studio augure du mieux. Et ça se finira sur une vraie fête avec un Like Light to the Flies massacré au niveau du growl par un Heafy qui doit rapidement passer la main à Corey Beaulieu, aujourd'hui hurleur à plein temps tant le frontman s'est concentré sur le chant clair ces derniers temps, et surtout sur ce In Waves qui , s'il a beau me faire profondément chier, fait son petit effet en live, surtout quand le groupe la joue Slipknot en demandant au public de s'asseoir avant le début du morceau. Allez, je suis réconcilié avec Trivium. 

Carcass
Sea Shepherd
21:50

Sleap : C’est déjà la neuvième fois que je vois le groupe, et vous devez en avoir marre de me voir rabâcher le même paragraphe élogieux à chaque nouveau report de Carcass. Je vais donc faire au plus court :
Arrivée sur la sempiternelle intro du dernier album, le plus représenté avec Heartwork, comme très souvent en festival. Les deux mêmes titres de Necroticism et de Symphonies…, là encore mes moments préférés du set (ces enchaînements sans aucune transition me mettent toujours à genoux), et toujours rien du premier album. Keep on Rotting…, l’un des titres que j’apprécie le moins en studio, se révèle toujours ultra efficace en live. Au vu des réactions du public, c’est même l’un des morceaux les plus appréciés du show – avec l’habituelle doublette finale, évidemment. Pour ma part c’est toujours Incarnated… et Reek of Putrefaction (le morceau) qui me rendent complètement fou.
Jeff Walker a toujours la méga classe, et Bill Steer ne semble toujours pas prendre la moindre ride. Il paraît même encore plus jeune qu’avant. Et les passages où ils chantent tous les deux sont toujours aussi jouissifs. Bref, je n’épilogue pas : du Carcass de festival, mais du grand Carcass quand même. À la prochaine !

 

Electric Wizard
Jägermeister
22:55

Di Sab : Le temps s’est calmé, mais la boue a eu raison d’une partie des Chosen Few. Une heure à attendre, en écoutant Carcass mettre à l’amende son public dans les règles de l’art avant le début de ce qui sera mon 3ème concert d’Electric Wizard en un an. A l’instar d’Emperor, il est difficile d’évaluer une performance que tu as vue notes pour notes il y a 1 mois et demi de cela. Déjà que de base, la setlist varie vraiment pas des masses, là ce fut exactement la même. Signalons tout de même quelques changements, le mapping sur Black Masses notamment, et Jus qui a décidé, entre The Chosen Few et Funeralopolis de s’improviser en Stevie Ray Vaughan pour nous dégainer un petit solo bluesy cringe au possible pour faire la transition. Sérieux dude, plus jamais s’il te plaît. Après, concernant le concert lui-même, je suppose que c’est une question de point de vue : si t’as jamais vu Electric Wizard, ou que « t’aimes bien » franchement ça fait le taff. Le son était pas trop crade, un peu faible néanmoins, le groupe pas trop défoncé, la setlist pas SI dégueu (si t’aimes Witchcult Today) et puis bon, c’est pas comme si c’était difficile à exécuter donc risque de pains quasi nul. Si t’es ultra fan et que tu les as vu noyer Clisson avec leurs amplis noirs, franchement, ce soir ça faisait léger. Les mêmes gimmicks, la même déception quand il annonce « It’s Time to Die » et qu’au final tu te retrouves avec Incence for the Damned et son intro interminable et les mêmes temps d’attente, le temps de changer son accordage où il se passe rien sur scène et où le blanc est limite malaisant mais voilà, malgré tout ils font Return Trip et Satanic Rites of Drugula et je perds toute objectivité, ça valait quand même trop le coup putain. Un pouce rouge au public tchèque, fumeur de clopes, qui oscille au bout de 3 barres et me tombe dessus ou qui se bouche le nez quand quelqu’un fume, il vous arrive quoi sérieux ? Petit public pour petit sorcier, mais bon, le Wizard quand même. Moui.

Nostalmaniac :  "Drugs, sex…every sort of filth", voilà comment on peut résumer le combo britannique. Une de mes grosses attentes du festival ! J'avais eu l'écho que Electric Wizard en live c'est soit très bon, soit très mauvais. Eh bien, je ne sais pas quoi penser ce soir. D'abord Jus Oborn tente de se réaccorder avant chaque morceau. Le son est un peu dégueu mais... je suis absorbé par le show surtout avec cet écran derrière eux qui diffuse des images psychédéliques et érotico-gores. Planant ! "Satanic Rites of Drugula" me fait chevaucher un nuage de fumée avec son fuzz et ces solos diaboliques. Je suis moins convaincu par "Incense For The Damned" tiré d'un « Time To Die » assez moyen. Par contre, "Return Trip" est vraiment dément malgré un son qui laisse à désirer. On remarquera quelques excès de zèle guitaristes de Oborn (ce solo improvisé qui ne ressemble à rien...). Il est sur sa planète. Liz Buckingham est quant à elle fascinante, à regarder aussi bien pour son jeu que sa classe très british. « Dopethrone » sera aussi à l'honneur pour conclure le set avec le très lourd "Funeralopolis" et avec sa basse omniprésente et ces guitares saignantes. Hypnotisant ! Au final, je ne sais pas quoi en penser. Il faut dire aussi que c'était ma première fois et que je n'ai pas de point de comparaison mais l'atmosphère du live m'a vraiment pris à la gorge. Une étreinte fumante. Je suis curieux de revoir ça en salle dès que possible !



© Tomáš Rozkovec

Rotten Sound
Metalgate
23:25

Sleap : Après le burger bien gras devant Evil Dead 3 au cinéma d’horreur, puis le show de Carcass, je ne pouvais pas passer à coté de Rotten Sound pour rester dans le ton. Malheureusement, le poids de la bouffe – et l’appel de l’alcool – commencent à se faire sentir. J’arrive alors que le groupe entame Power, et je me pose à l’arrière de la tente pour assister au show des Finlandais d’un œil distrait. La discographie est passée en revue avec des titres tout récents comme le bien nommé Lazy Asses, mais aussi des plus anciens comme Decay, en passant par Slay ou Sell your Soul joué en final. Le son studio bien « croustillant » est parfaitement rendu en live et la tente est assez bien remplie mine de rien.
Mais en dehors de cela, rien de bien particulier à noter sur ce show. Les musiciens enchainent les courts titres de manière très scolaire et n’ont pas plus de présence scénique que ça. Je les aurais pensé plus énergique devant le public tchèque, ou alors est-ce uniquement lors de leurs shows à l’Obscene Extreme ? Qui sait… En résumé, un moment sympa, mais pas inoubliable non plus. Maintenant, direction l’after !

Der Weg Einer Freiheit
Metalgate
01:55

Nostalmaniac : Mine de rien, Der Weg Einer Freiheit fait son trou dans la scène Post-Black européenne. Le quatuor bavarois a sorti récemment « Finisterre » qui m'a plutôt convaincu après un « Stellar » pas si stellaire. En live, DWEF réussit rapidement à instaurer une ambiance prenante. Au menu de la setlist,"Skepsis Part II" extrait du nouvel album, est particulièrement efficace en live. Cette double inarrêtable et ces riffs lancinants. Absolument captivant. Sur scène, pas besoin d'artifices, ils balancent sans concession. Un concert grandiose à une heure tardive dont je deviens coutumier.

Comme vous l'aurez compris, cette journée fut particulièrement pénible à cause de la météo. Pas une mais DEUX tempêtes qui ont fait du site un champ de boue. Et je ne parle pas de notre camping (car non, nous ne sommes pas en zone VIP). Mais bon, on pense au dernier jour avec Svart Crown, Artillery, Sikth, Vallenfyre, Tsjuder, Tiamat, Devin Townsend Project, Mayhem, Demolition Hammer, Amorphis et nos frenchies de Monolithe.

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Crédits :
Textes par l'équipe Horns Up.
Crédits photos : Tom Jajo Rozkovec - https://www.facebook.com/TomJajoRozkovec/ -http://musicserver.cz/autori/tomas-rozkovec/