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Album

20 juillet 2017 - Malice

Attic

Sanctimonious

LabelVán Records
styleDark Mercyful Fate
formatAlbum
paysAllemagne
sortieaoût 2017
La note de
Malice
9/10


Malice

L'autre belge de la rédac'. Passé par Spirit of Metal et Shoot Me Again.

Cinq ans ! Voilà le temps qu'il aura fallu attendre pour que les Allemands de Attic nous pondent un successeur à l'enthousiasmant The Invocation paru en 2012. Un album qui avait surpris par sa ribambelle d'hymnes au Malin tous plus efficaces et bien foutus les uns que les autres, mais aussi par son indéniable côté « tribute-band à Mercyful Fate ». Jetez ne serait-ce qu'une demi-oreille sur le premier opus du groupe pour comprendre ce dont je parle : Attic n'est pas seulement influencé par la musique de King Diamond, il lui rend clairement hommage, la faute à un vocaliste, Meister Cagliostro, qui imite avec un talent bluffant les fameuses envolées vocales du légendaire chanteur.

Evacuons donc immédiatement le sujet : non, Attic, sur ce Sanctimonious, n'a pas abandonné cet aspect et reste très clairement inscrit dans la même mouvance que King Diamond et Mercyful Fate, constat encore accentué par les thèmes abordés, assez similaires. Toutefois, le King lui-même a adoubé le groupe et en reconnaît la qualité, donc un conseil, faites comme moi : passez au-dessus et concentrez vous sur la musique pour ce qu'elle est. Et sur ce point, je serai clair : Attic balance ici un des albums de l'année, ni plus, ni moins.

Sanctimonious a certes mis le temps pour arriver, mais on ne s'est pas moqué de nous pour le coup : plus d'une heure de musique et un album conceptuel aux petits oignons, rien que ça. Dès le titre éponyme, les incroyables ambiances mises en place par Attic vous plongent dans cette histoire glauque d'abbesse folle qui massacre secrètement des pécheurs à tour de bras sous l'injonction des voix dans sa tête, à commencer par une pauvre nonne assassinée d'entrée d'album (« You deceived the Lord, acted the innocent, you sanctimonious whore ! », clame un Cagliostro plus en voix que jamais). Si la structure est absolument géniale, le prérefrain et le refrain se succédant avec une intelligence rare, ce sont surtout ce tremolo picking et ce blast-beat qui scotchent : Attic a changé de batteur et en a visiblement profité pour varier les plaisirs.

Si The Invocation contenait surtout des morceaux efficaces aux refrains mémorables (TheHeadless Horseman est probablement encore dans la tête de ceux qui avaient écouté l'album à l'époque), Sanctimonious va plus loin en proposant des titres qu'on ira pas jusqu'à décrire comme « à tiroirs », mais qui sortent du carcan « couplet-refrain-couplet-solo », ce qui est évidemment facilité par le concept déployé. La comparaison avec King Diamond se fait également là : comme son modèle, Cagliostro est un narrateur hors-pair dont les textes, fournis et magnifiquement écrits, sont déclamés avec verve et un sens certain du théâtral (Der Engelmacherin qui nous décrit l'empoisonnement par la maléfique abbesse du personnage principal, Alice, nonne tombée enceinte et qui perdra son enfant - « With every meal, with every bite, she was killing her child »).
Cela n'empêche pas les moments accrocheurs d'être légion, comme sur Sinless ou sur le premier single révélé, The Hound of Heaven, dont les lignes de guitare sortent tout droit de The Invocation (ce morceau est d'ailleurs joué en live depuis longtemps), mais Attic a visiblement lâché les chevaux sur ce Sanctimonious qui ne souffre d'aucun défaut, à l'image de cette incursion doom particulièrement réussie sur Dark Hosannah, sorte de ballade incantatoire portée par un tapping inquiétant qui introduit l'épilogue de l'histoire.

Et si je ne vous révélerai évidemment pas la teneur de cet épilogue, je ne vous surprendrai pas en vous disant qu'on est loin d'un happy ending sur l'énorme et furieuse doublette Born from Sin / There is no God, ce dernier titre terminant l'album comme il a commencé – sur une mélodie quasiment black metal. Doublette sur laquelle brille encore un Meister Cagliostro qui porte véritablement le groupe de son impressionnante voix. Pour l'avoir vu en live, ne doutez d'ailleurs pas une seconde de ses capacités à reproduire ces lignes vocales compliquées sur scène... Très certainement, au delà du côté « copycat », un des meilleurs vocalistes de cette nouvelle vague heavy dont on se délecte depuis quelques années.

Si Attic ne se libère pas ici de l'influence d'un Mercyful Fate, celle-ci reste au final plutôt limitée aux lignes vocales, le plan purement musical incorporant des influences plus extrêmes sur ce Sanctimonious nettement plus élaboré que son prédécesseur The Invocation. Contrairement à un Them dont le style va encore plus loin dans la copie-carbone (thèmes, style musical...), Attic paraît en mesure de tracer sa propre route et sort en tout cas avec ce second album une des perles de l'été qu'aucun amateur de la nouvelle vague de heavy traditionnel (NWTHM) ne peut laisser passer...  

Tracklist: 

1. Iucidium Dei (1:23)
2. Sanctimonious (5:48)
3. A Serpent in the Pulpit (6:47)
4. Penalized (3:46)
5. Scrupulosity (1:05)
6. Sinless (4:37)
7. Der Engelmacherin (7:43)
8. A Quest for Blood (1:19)
9. The Hound of Heaven (5:28) 
10. On Choir Stalls (6:37) 
11. Dark Hosanna (5:47) 
12. Born from Sin (5:39) 
13. There is no God (7:59)