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dimanche 18 juin 2017 - Team Horns Up

Hellfest Open Air 2017 - Jour 3

Open Air - Clisson

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Les jambes sont lourdes, les oreilles bourdonnent, les yeux sont fatigués, le corps recouvert de poussière malgré les douches successives, mais c'est remonté à bloc et motivé que l'on entame cette troisième et dernière journée de festival.

Gentillesse, politesse, délicatesse.

Premier constat de la journée - outre le fait qu'il fait encore plus chaud et que l'on se demande si on va finir la journée en vie - est que la jauge de visiteurs est inférieure à celle du samedi, ce qui amènera à des situations assez inhabituelles comme un live d'Integrity joué devant une poignée de gens sur la Warzone en début de soirée, ou un accès facilité aux Mainstages pour têtes d'affiches.

Quoi qu'il en soit, c'est une dernière journée riche que nous aura réservé cette édition 2017, l'histoire de bien nous faire mariner pendant un an avant de revivre des moments aussi forts lors de l'édition 2018.

Liste des groupes commentés :

Harm Done - Vodun - Welicoruss - Ghoul - Regarde les Hommes Tomber - Harp Them - Hirax - Crippled Black Phoenix - Ghost Bath - Deez Nuts - Beyond Creation - Ufommamut - Arkhon Infaustus - Devildriver - Pentagram - Equilibrium - Nostromo - Blue Oyster Cult - Scour - Integrity - Metal Church -  Clutch - Five Finger Death Punch - Emperor - Hawkwind - Slayer - Perturbator.

 

HARM DONE
WARZONE
11:05 > 11:35

Sleap : Même si j’avais déjà pu voir le quatuor nantais dans un bien meilleur cadre lors d’une de leurs tournées, je fais tout de même l’effort herculéen de me lever après quelques petites heures de sommeil pour aller voir Harm Done sur la Warzone. Il s’agit de copains de copains de copains, et, comme prévu, j’ai l’impression de connaître la moitié du modeste public présent en ce tout début de journée.

Comme à leur habitude, les Nantais ne perdent pas de temps et nous assènent un maximum de leurs titres en ce très court laps de temps. Très peu de communication avec le public, des parpaings Powerviolence par blocs de 10, et une attitude à la fois sobre et énergique. L’adjectif sobre s’applique d’ailleurs particulièrement au chanteur Alexis, et ce dans tous les sens du terme. Celui-ci arbore en effet fièrement deux gants estampillés du fameux « X » Straight Edge. Le pit est évidemment encore très timide en ce début de troisième jour, et on y voit seulement quelques karate kids exécutant leur danse typique. Pour ma part, je reconnais certains titres d’Abuse Abused, mais c’est surtout l’excellente reprise de SS Decontrol en fin de set qui me met une belle mandale. Sans être exceptionnel, un show qui aura donc le mérite de me réveiller pour attaquer cette dernière journée !

VODUN
VALLEY
11:40 > 12:10

Di Sab : Groupe de revival à chanteuse, les Londoniens de Vôdùn ont fait une entrée remarquée dans cette micro-scène il y a 2-3 ans en proposant un ensemble bien foutu où la musique psychédélique est mêlée à des éléments traditionnels de la culture Afro et se sont d’emblée distingués de leurs 40 000 collègues de par leur originalité et la cohérence du résultat final. Malgré l’horaire franchement ingrat, la Valley est déjà bien investie, de nombreux curieux finissent leur nuit alors que la chaleur est déjà bien installée. Une autre particularité du combo est l’absence de basse. Et autant cela ne choque pas sur CD, autant en Live, son absence se fait ressentir. La chanteuse Chantal Brown est une bonne showman et donne d’elle-même, un peu trop peut-être, sa voix n’ayant pas le coffre des versions studio. Ces deux données font que le concert est un peu trop mou malgré certaines compos franchement stylées (Loa’s Kingdom en particulier et le « tube » Mawu) et une bonne volonté certaine. 

WELICORUSS
TEMPLE
12:15 > 12:45

Schifeul : Raté, j’étais parti acheter des brownies au Leclerc.

GHOUL
ALTAR
12:50 > 13:30

Sleap : Même s’il ne s’agit pas d’un de mes groupes préférés de l’affiche, Ghoul est de très loin l’un des concerts que j’attendais le plus du festival. En plus d’adorer leurs albums studio, j’ai visionné des dizaines et des dizaines de leurs vidéos Live tant leurs shows sont exceptionnels à voir. Et après les avoir raté je ne sais combien de fois, le jour de grâce est enfin arrivé !

Les quatre musiciens déboulent sur scène avec leurs cagoules / sac à patates si caractéristiques et débutent sur Ghoulunatics extrait de leur dernier album. Pour ceux qui ne connaissent pas, la musique de Ghoul est un savant mélange de Death Grind et de Thrash Metal qui semble parfaitement calibré pour le Live. Quelle surpuissance ! Je suis pour l’instant le seul à péter un câble dans la fosse, mais je ne tarde pas à être rejoint par plusieurs autres fans, notamment à partir de Metallicus Ex Mortis.

En plus de ce cocktail détonant qui fait, à coup sûr, un carton en Live, la particularité du groupe est son show. En effet, de nombreux intervenants déguisés de manière extrêmement loufoque interviennent durant tout le set des Américains. Tantôt des bonshommes louches à la Brazil, tantôt des sumotoris, en passant par des espèces de Goldoraks nazis ou des immenses extraterrestres difformes… Bref, un véritable show à la Alice Cooper, mais dans une version encore plus déjantée ! Ces divers personnages interagissent entre eux mais également avec les membres du groupe pendant et entre les morceaux. Ce qui donne des scènes de dialogues qui forment au final une petite histoire au fil du Live. Le dictateur qui veut mettre Ghoul en état d’arrestation, la parodie de Donald Trump qui veut construire un « Wall of Death » lors de l’annonce du morceau du même nom (qui donne évidemment lieu à un wall of death digne de ce nom), j’en passe et des meilleures.

Je déplore encore un sérieux manque de fans dans la fosse, mais on a tout de même droit à l’une des meilleures ambiances du week-end sous l’Altar. Le show du groupe semble au moins attirer quelques curieux, et c’est tant mieux. Les « Creepsylvaniens » terminent leur court set sur As your Casket Closes issu de leur meilleur album Splatterthrash avant de tirer leur révérence. J’ai enfin vu Ghoul, et, comme prévu, ce fut jouissif. Malheureusement bien trop court, j’espère avoir l’occasion de revoir les Américains en Live très vite !

Schifeul : Afin d’être pénard pour Regarde Les Hommes Tomber et comme j’ai rien d’autre à faire en même temps, je m’installe sur la PMR de la Temple, histoire de suivre le concert qui se déroule sur la Altar. Bordel, la grosse claque que je ne me suis pas pris !

Ghoul, dont les membres sont parés façon homme au masque en toile de jute, délivrant une sorte de mélange Grindcore/Thrash Metal vraiment pas piqué des hannetons. Mais ce qui fait la différence, c’est le côté ultra fun du groupe et les petites scénettes qui vont vite donner au concert des airs de petit théâtre gore ! Rythmé par des intervenants de tout poil (dictateur vénère, monstre à bras géant ou combat entre robot destructeur vénère et gorille cyberévolué détère), le concert va se dérouler en enchaînant les petites mises en scène délirante et effets gores de tout poil (bébé qu’on décapsule pour arroser de “sang” les premiers rangs ou l'éviscération d’un type pour sortir une bouteille de jack de son bide).

En bref Ghoul propose un vrai spectacle en adéquation avec une musique qui bute. Un concert rafraîchissant et une superbe découverte. Par contre, j’aurais tué pour avoir des jumelles et ainsi voir de plus près tout le bordel sur scène ! Oui, ça, ou mes deux genoux pour être plus proche de celle-ci.

Di Sab : Mes petits camarades de webzine vous ont raconté à quel point c’était bien et ils ont raison. Je profite juste de ces lignes pour demander une minute de silence à la mémoire de Rob Zombie, petit bonhomme roi du shock rock qui, au niveau de la mise en scène, s’est fait mettre à l’amende par un side project qui joue au Klub. Ne scroll pas sans commenter Amen ! 

REGARDE LES HOMMES TOMBER
TEMPLE
13:35 > 14:15

Michaël : Le moins que l'on puisse dire, c'est que le Black Metal et ses genres connexes ne sont pas mon domaine de prédilection. Mais j'apprécie tout de même les groupes du genre qui sortent un peu de l'ordinaire (que ce soit visuellement ou musicalement), a fortiori quand ils se libèrent des contraintes et des codes d'un genre étrangement balisé. Et, à l'évidence, Regarde les Hommes Tomber fait partie de cette nouvelle génération de groupes français du genre (avec The Great Old Ones notamment) qui propose un Black Metal particulièrement puissant, lourd et surtout très intense. Loin des blasts à tout va, des bracelets à clous et des corpsepaints à n'en plus finir, le groupe invite son auditoire dans un voyage dont on ne vient qu'à regretter, en réalité, qu'il soit si court. Même si musicalement je ne suis pas nécessairement touché par leur musique (le « tout pour l'ambiance » et ses riffs lançinants ne me convaincra jamais vraiment), je dois admettre que j'ai été captivé pendant 40 minutes.

Schifeul : En 2013, Regarde Les Hommes Tomber jouait sous la Valley en même temps qu’Hell Militia et j’avais préféré aller voir ces derniers. J’aime toujours le groupe de Black Metal parisien, mais si c’était à refaire, ils pourraient allez se faire cuire un oeufs et j’irais direct voir Regarde Les Hommes Tomber, tant le groupe nous sert à chaque fois un énorme concert. Le genre de groupe que je vais voir les yeux fermés et dont j’ai arrêté de compter la fois où j’ai pu les voir. Et beaucoup de monde doit partager mon avis sur la qualité des Nantais, car c’est dans une Temple pleine à craquer que le groupe va jouer cette fois-ci.

Bien sûr, les voir jouer en plein jour n’a pas la même saveur que dans les conditions normales et on est loin de l’ambiance bougies, encens et stroboscopes dont le groupe nous a habitué depuis la sortie de son dernier album, Exile. Mais dans une autre main, cela permet de mettre tout ce côté visuel/rituel de côté pour se concentrer uniquement sur la musique. Force est de constater, que de ce côté-là, Regarde Les Hommes Tomber est bien fourni et prouve qu’il n’a pas besoin de cet attirail pour séduire. Tout au long de leurs 40 minutes de set, Regarde Les Hommes Tomber va écraser l'assistance de sa musique. Une autre façon de voir le groupe, mais toujours la même claque.

 

TRAP THEM
WARZONE
13:35 > 14:15

Lactance : Contraint d'annuler et de céder finalement sa place à Oathbreaker en 2015, Trap Them comptait bien remettre les pendules à l'heure de la Warzone cette année. Dès le départ, les Américains évitent ainsi tout blabla inutile pour se concentrer sur le principal : briser des nuques avec des riffs Crust bien cradingues, complétés par quelques rythmiques D-Beat va-t-en-guerre et autres mélopées Convergiennes. Bref, un bon condensé de violence brute et authentique, poli par le son "scie sauteuse" de la HM-2 de Brian Izzi (déjà aperçu l'année dernière, au même endroit, avec All Pigs Must Die). 

Pourtant, si le chanteur Ryan McKenney défend vraiment bien son bifteck sur scène (en gueulant comme un dératé, jusqu'à s'écraser la tête au sol), le résultat n'est pas tout à fait au top du top dans l'ensemble. À vrai dire Trap Them fonctionne typiquement comme un moteur diesel, en mettant un peu de temps à démarrer sur ses morceaux et en ralentissant durant certaines montées (où il faudrait justement s'arracher carrément plus). Aussi étrange que cela puisse paraître, le set des Américains se caractérise donc surtout par sa monotonie, en peinant à faire monter l'adrénaline. Honnêtement, je m'attendais à un poil mieux de la part des protégés de Kurt Ballou.

HIRAX
ALTAR
14:20 > 15:00

Sleap : Hirax fait partie de ces groupes de Thrash « bonne humeur » qui déplaisent à une grande partie du public depuis bien des années. Même en ce qui me concerne, j’avoue ne pas être un grand fan du combo californien musicalement parlant. En revanche, s’il y a bien un point fort à reconnaitre à ce groupe, c’est son chanteur. Katon de Pena fait tout simplement partie des meilleurs frontmen de toute la scène, et c’est toujours un plaisir de le voir en live.

Dès l’ouverture sur Hellion Rising et son refrain fédérateur, le vocaliste a déjà la foule dans sa poche. Un déplacement constant, divers « horns up », poings levés et applaudissements, des sourires et mimiques incessants, et de nombreux « hey hey hey ». Katon fédère l’intégralité de l’Altar en quelques minutes. Mon attention est uniquement centrée sur lui durant la totalité du set, je ne vais donc pas pouvoir entrer plus en profondeur dans le reste du concert. L’habituel El Diablo Negro dure, là encore, beaucoup plus longtemps que prévu avec des « woooohoooohoooo » chantés avec le public et même une petite improvisation à la guitare. Le show des Américains s’achève ensuite sur le classique Bombs of Death issu du premier full-length Raging Violence. Un set d’Hirax comme les autres : pas exceptionnel musicalement, mais inoubliable scéniquement. Katon de Pena est vraiment un frontman d’exception, je ne le dirai jamais assez !

CRIPPLED BLACK PHOENIX
VALLEY
14:20 > 15:00

Di Sab : Pour le concert de Crippled Black Phoenix, la Valley s’est transformée plus que jamais en chill out. Sous cette chaleur écrasante, la concentration et l’immersion sont difficiles. Et la tente, pleine encore une fois, semble écouter d’une oreille distraite le concert du groupe de Post-Rock. C’est assez doux, les morceaux sont des crescendos/decrescendos systématiques mais cela n’atteint jamais la lourdeur d’un Isis ou d’un Cult of Luna ce qui est assez appréciable étant donné l’horaire. Le groupe est très nombreux sur scène (8 membres de mémoire) avec notamment une membre que je n’ai jamais vu faire quoi que ce soit (à part des chœurs sur un morceau) et qui d’ailleurs a disparu au milieu du set et un claviériste qui donne à l’ensemble une petite teinte psychédélique. J’ai été particulièrement séduit par les mélodies vocales, très Pop. Petite pause bienvenue. 

GHOST BATH
TEMPLE
15:05 > 15:55

Schifeul : C’est à Ghost Bath d’investir la Temple. Je ne connais rien de ce groupe, mais à voir le chanteur qui déboule avec un t-shirt Van Halen pour jouer du Black dépressif, je sais déjà qu’ils sont Américains. Il est assez dur de passer juste après Regarde Les Hommes Tomber qui vient de tout démolir pierre par pierre, mais Ghost Bath s’en sort tout de même bien. Plutôt que de rester bloqué sur des parties lancinantes, le groupe nous sort des parties plus rythmées, mettant ainsi en relief sa musique et nous empêchant de nous enquiquiner sur la longueur. Bon petit moment passé, à voir ce que tout ça peut bien donner en studio.

DEEZ NUTS
WARZONE
15:05 > 15:55

Michaël : Alors là, je sèche. Comment ai-je pu être déçu d'un concert de Deez Nuts ? Certes, ce n'est pas le groupe le plus original du genre, mais le groupe parvient toujours à remplir son pari, à savoir filer mandales sur mandales à son public en assénant des riffs tous plus inspirés les uns que les autres. Le groupe n'est qu'énergie, mouvements et efficacité. Est-ce la chaleur, la poussière ambiante ou tout simplement la fatigue de trois jours de festival, mais je ne suis jamais rentré dans la prestation des Australiens que j'ai trouvée un peu molle. Même JJ Peters si prolixe et remuant d'habitude, m'a semblé un peu en dedans. Après, il ne faut pas non plus faire les fines bouches, le groupe nous ayant concoté une setlist classique mais ultra efficace avec les Face This On My OwnCommas & Zeros ou autres Discord et I Hustle Everyday en guise de plat de résistance. En tout cas, j'ai trouvé les titres du dernier album du groupe (Binge & Purgatory) plutôt bons en Live, dont Commas & Zeros qui est juste excellente (et qui fait clairement son effet sur la foule : tornade de poussière!) tout comme Purgatory. En bref, je m'attendais à une prestation un peu plus dynamique, mais ce fut tout de même un excellent moment passé dans la Warzone à remplir mes bronches de particules de sable.

Lactance : Comme Michaël, je vous avoue que je n’ai pas trouvé le concert de Deez Nuts très marquant, au regard de tous les autres groupes croisés ce weekend à la Warzone. Plutôt étrange car les Australiens ne sont généralement pas les derniers pour foutre le bordel sur scène, avec leur hardcore bling-bling où on entend "fuck" toutes les dix secondes. Mais justement, en se la jouant trop "bros", le combo de Melbourne a tendance à se la couler douce cette après-midi et à oublier le principal. À savoir ne rien lâcher pour mettre l'ambiance, en balaçant des gros riffs qui parlent directement au cerveau reptilien, avec toute la conviction que cela suppose. Or, en dehors de Stay True et Face This On My Own où le groupe s'applique peut-être un peu plus pour nous faire bouger, on sent que les gars font vraiment le minimum syndical sur scène. Pire, JJ Peters paraît complètement amorphe, au point de ne plus du tout bouger à la fin du set. Simple coup de chaleur ou un peu trop teasé en backstage ? Un peu des deux sûrement. Reste le groupe nous a clairement habitué à mieux.

 

Setlist
Purgatory
What's Good
If You Don't Know, Now You Know
Shot After Shot
Stay True
Discord
What I Gotta Do
Like There's No Tomorrow
I Hustle Everyday
Don't Wanna Talk About It
Behind Bars
Face This On My Own
Commas & Zeros
Band of Brothers
Your Mother Should Have Swallowed You

ILL NINO
MAINSTAGE 02
15:55 > 16:35

BEYOND CREATION
ALTAR
16:00 > 16:40

Michaël Beyond Creation est un groupe que j’ai découvert très tardivement, mais qui m’a immédiatement bluffé par son sens aigu de la mélodie, ses compositions bien léchées et une technicité vraiment impressionnante qui ne tire jamais trop vers le démonstratif. Bien qu’il n’y ait pas tellement de mouvements sur scène, ce qui n’est pas tellement étonnant pour un groupe évoluant dans un genre aussi technique, les Canadiens ont livré un show particulièrement propre et captivant, bien aidé par un son plutôt bon - ce qui aura été rare sous la Temple et l’Altar - permettant d’apprécier pleinement le jeu de guitare et surtout le jeu de basse (ces lignes sur Earthborn Evolution !!). On a hâte de revoir nos amis d’Amérique du Nord au Gibus à Paris très prochainement, pour profiter d’une setlist plus longue, et une scène plus adaptée à un tel groupe. Car, il faut l’avouer, le Death Metal progressif se prête davantage à un cadre plus intimiste qu’à une prestation en plein jour en festival. Quoi qu’il en soit, les Canadiens ont surtout élargi leur fanbase en ce samedi après-midi avec une prestation aussi riche qu’intense.

Sleap : Même si je ne m’intéresse plus à la scène Technical Death autant qu’avant, Beyond Creation ont une place toute particulière dans mon cœur. En effet, leur premier album The Aura est sorti à une époque où j’étais plongé corps et âmes dans ce style de musique, et il fait partie de mes plus grosses claques de l’année 2011. Je vais donc assister au concert des Québécois avec une joie mêlée de nostalgie.

Et, pour mon plus grand plaisir, le concert débute sur leur tube absolu Omnipresent Perception issu de l’album susnommé. Bien que très dense, le son est étonnamment bon sous l’Altar pour un groupe aussi technique. Le légendaire bassiste fretless Dominique Lapointe ne fait malheureusement plus partie du groupe, mais son jeune successeur se débrouille extrêmement bien. En dehors des soli de Simon Girard, véritable homme à tout faire de Beyond Creation, je garde presque tout le temps les yeux rivés sur la basse. Le morceau éponyme du second full-length des Montréalais est l’une de mes grosses claques du concert. Bien que je n’aie pas beaucoup apprécié ce dernier album à sa sortie, l’exécution de ces morceaux en live est tout simplement ahurissante de technique. Les passages en taping successifs entre le bassiste et les deux guitaristes sont bluffants. Quelle virtuosité ! Étonnamment, ce sont justement les morceaux de ce deuxième album que je préfère lors de ce Live (le seul autre titre de The Aura joué aujourd’hui étant Coexistence, l’un de ceux que j’aime le moins). La leçon s’achève sur Fundamental Process, tout aussi éblouissant de maitrise et de dextérité. Je ne dirai qu’une chose : on a affaire à un ostie de criss de bon band !

UFOMAMMUT
VALLEY
16:00 > 16:40

Lactance : Parfois, on se dit qu'il y a des noms qui ne trompent pas. Et autant le dire toute de suite : Ufomammut en est le plus parfait exemple aujourd'hui. Formé en 1999, en Italie, le trio compte parmi les poids lourds de la scène Stoner-Doom européenne - au sens propre, comme au sens figuré - grâce à sa discographie des plus respectées dans le milieu. Quoi qu'il en soit, je suis ravi que le groupe soit de nouveau à l'affiche du Hellfest, pour voir de quel bois il se chauffe en Live.

Une fois arrivés sur scène, les Italiens frappent un grand coup en commençant directement par Temple, extrait du tout puissant Ecate (un des meilleurs albums doom de l'année 2015 perso), qui parvient à faire vaciller la Valley sous la pression de ses riffs en montée/descente d'escalier (d'une lourdeur sans nom). Comme Bongripper hier, avec qui ils partagent énormément d'affinités sur le plan musical et esthétique, les trois musiciens n'y vont donc pas de main morte pour faire trembler le sol, qui menace de céder à tout instant sous nos pieds, grâce aux riffs mammoutheques de la basse et de la guitare, tirant parfois vers un Sludge aux accents psychédéliques. Le tout nimbé enfin par les scansions hallucinées du chanteur Urlo, qui rappellent très légèrement les lithanies de Slo-Matics ou de Yob, en se retrouvant noyées sous des tonnes d'effets et une réverb pousée au max. Un de mes meilleurs coups de coeur sous la Valley pour ma part.

 

ARKHON INFAUSTUS
TEMPLE
16:45 > 17:35

Schifeul : Et bien enfin ! Après une annulation en 2008 au Hellfest puis un long split, je peux enfin voir un des groupes que je considère comme parmi les plus intéressants de la scène Black Metal française, Arkhon Infaustus !

Alors oui il n’y a plus grand chose à voir avec ce qu’était Arkhon Infaustus il y a 10 ans. Toxik est parti puis s’est concentré sur Diapsiquir et Kickback avant leur split, en même temps que Azk.6 qui entre-temps a été faire des percus avec un chapeau dans Panzer Flower. Quand à 666 Torturer, il a disparu dans la nature, pfout ! Il ne reste donc qu’un quart d’Arkhon pour cette reformation avec DK Deviant qui pendant ce repos forcé avait lui réanimé Osculum Infame.

Voilà donc ce tout nouveau line up qui déboule sur scène et qui après un “Hellfest ! On est ces bâtards d’Arkhon Infaustus” balancé par un DK Deviant en col romain, va cracher à la gueule du public son Death/Black lourd et malsain. Bon sur scène, ça sonne forcément beaucoup moins Satan qu’avec l’ancien line-up, mais ça fait clairement le taff ! Bon, le son n’est pas toujours à la hauteur des compos, mais quel plaisir de se prendre live les morceaux d’Orthodoxyn et Perdition Insalabilis ! Profitant de la sortie courant octobre de son nouvel album, Arkhon Infaustus va nous en jouer deux extraits, dont The Precipice Where Souls Slither que j’avais déjà beaucoup apprécié en version studio.

Par contre, gros point noir du concert, c’est le public ! Si on a quand même un bon groupement de fans devant le groupe, la temple, qui n’a pas non plus l’affluence des grands jours (ptet que le groupe a splitté avant qu’une bonne partie du public ne se mette à écouter du Black ? haha) est rempli de pas mal de curieux qui restent devant le groupe comme gros Jean. D’ailleurs, Deviant essayera de les remuer un peu “Bougez votre cul, vous foutez quoi ? Vous payez pour boire des bières ?” Mais sans grand succès. Une partie quittera même la Temple durant le concert, peut-être déçu d’une prestation sobre après avoir entendu moultes rumeurs ? Vous vous attendiez à quoi ? Une nonne qui suce des bites ?

En fin de set, Arkhon Infaustus se conclut avec le noir et nocif Whirlwind Journey avec en final les "Hail Satan" éructés par un DK Deviant possédé. Hâte de pouvoir les voir à nouveau, cette fois dans une petite salle, et surtout très curieux d’entendre ce nouvel album.

DEVILDRIVER
MAINSTAGE 02
17:35 > 18:20

Michaël  : Avec Devildriver, le travail du chroniqueur est assez simple pusiqu'il pourrait se résumer à faire un copier/coller du précédent concert tant tout est toujours pareil. De la moindre mimique de Dez Fafara, jusque la setlist en mode "best-of" tout en passant par les quelques phrases attendues de Dez à l'attention du public. Mais le pire, dans tout ça, c'est qu'en dépit du fait qu'on est rarement surpris par les prestations du groupe, on passe toujours un bon moment car c'est juste parfaitement efficace. Et la prestation du jour au Hellfest n'aura pas changé notre avis à ce sujet avec un public qui aura pu s'en donner à coeur joie dans la fosse (un circle pit par chanson, en somme) sur les classiques du groupe (I Could Care LessMeet the WretchedClouds over California ou bien encore la génialissimement efficace End Of The Line).

Toutefois, non seulement on aurait aimé un peu plus de variations dans la setlist (entendre Before the Hangman's Noose fait plaisir, tout comme Not All Who Wander Are Lost, mais à part Grinfucked il n'y a encore eu aucune suprise), mais surtout force est de constater que les nombreux changements de line-up ont un peu affecté le jeu de scène du groupe. Si le départ de John Boecklin derrière les fûts ne s'est pas tant fait ressentir que ça (ce dernier n'était pas toujours très propre en Live), je trouve que celui de Jeff Kendrick (guitare) et de Jonathan Miller (basse) pèsent sur le groupe depuis 2014, avec des remplaçants clairement transparents sur scène. Et ce vide sur scène n'est pas compensé par Dez qui est toujours aussi mobile.

En bref, un bon concert de Devildriver pour finir de s'achever d'un weekend intense avec du mouvement, du headbanging et une voix qui flanche en gueulant sur Clouds Over California, mais rien de bien original ou marquant. Rien de nouveau sous les tropiques, donc.

Setlist :
End of the Line
Not All Who Wander Are Lost
Grinfucked
Cry for Me Sky
Daybreak
I Could Care Less
Before the Hangman's Noose
Clouds Over California
Ruthless
Meet the Wretched

PENTAGRAM
VALLEY
17:40 > 18:30

Sleap : Un ami « die hard fan » de Pentagram m’avait fait part de la triste nouvelle la veille : Bobby Liebling ne sera pas de la partie aujourd’hui. Le légendaire frontman est en effet bloqué aux États-Unis pour un énième délit. À croire que c’est une routine chez les chanteurs de Doom 70’s. C’est donc le presque aussi légendaire Victor Griffin qui assurera le chant en plus de la guitare. Cela donne une formation power trio complètement inédite dans l’histoire de Pentagram. Et, contrairement aux avertissements de l’ami suscité, je vais finalement bien aimer la prestation du groupe.

La terrible triplette d’ouverture Death Row / All your Sins / Sign of the Wolf est toujours de rigueur, et je perds déjà mes moyens. Griffin tente de se rapprocher au maximum des vocaux de son confrère et nous offre une sympathique performance. Rien de particulier à dire sur la section rythmique qui fait comme d’habitude le job. Le classique Forever my Queen est repris en chœur par la foule, du moins dans les premiers rangs, et il en est de même pour l’ultime Relentless. Le seul point noir de ce concert est la poignée de Jean-Michel Hellfest qui ne cesse de pogoter et de slammer en boucle durant toute la seconde moitié de set. Des touristes qui ne comprennent visiblement rien à ce qui se passe autour d’eux et qui ne font que hurler et bousculer la foule. Au four ! Mais j’essaie tant bien que mal de faire abstraction et continue d’apprécier ce show jusqu’au final sur 20 Buck Spin. Je suis cependant un peu sceptique concernant le lancé de guitare à la Yngwie Malmsteen en fin de set, ainsi que le factice « cassage de la basse et de la batterie » pour faire Rock’n’Roll. Mais bon, ce n’est qu’un détail. En dépit des divers avis que j’avais pu avoir sur cette configuration de Pentagram, je passe donc un assez bon moment. Et je profite de la fin de concert pour m’agripper aux barrières pour le groupe qui suit sous la Valley…

Di Sab : En 2009, alors qu’il était en route pour Clisson, Bobby avait été arrêté à la sortie de son avion après avoir cassé les couilles de tout le monde pendant le trajet et avait été réexpédié illico presto aux US, Pentagram avait annulé. En 2017, il n’a même pas eu l’occasion de faire le pitre dans l’avion étant donné qu’il est en taule pour avoir manifestement tabassé sa maman de + de 90 ans. Victor Griffin, qui semble las des bêtises de son frontman a décidé de maintenir les dates et de prendre le micro, lui qui est déjà chanteur dans son projet Place of Skulls. Fan de Pentagram devant l’Eternel, je n’arrive toujours pas à savoir ce que j’ai pensé de ce concert. Disons que compte tenu des circonstances, le désormais power trio n’aurait pas pu mieux faire. Griffin est un chanteur exceptionnel, il a d’ailleurs plus de coffre que Bobby bien qu’il ne fasse pas vivre les titres à la manière de Bobby. La setlist est absolument parfaite compte tenu du temps de jeu et des titres potentiellement jouables. Exit les titres des nouveaux albums, le groupe s’est focalisé sur ses deux premiers albums avec 2-3 titres de Last Days Here. Outres les indéboulonnables type Forever My Queen / les 3 premiers titres de Relentless / 20 Buck Spin, on a surtout eu droit à Broken Vows et à putain de Wartime (que je n’avais encore jamais eu en Live). Néanmoins, ce serait mentir de dire que l’absence de Bobby ne se fait pas sentir. Un concert de Pentagram sans ses yeux qui roulent, son air guitar et ses 5 mimiques/seconde est franchement différent. Louons Victor Griffin de ne pas avoir annulé encore une fois et d’avoir accompli un aussi bon job pour ce qui sera tout de même le moins bon concert de Pentagram auquel il m’a été donné d’assister. 

 

EQUILIBRIUM
TEMPLE
18:35 > 19:35

Michaël : Equilibrium, c'est deux albums d'un « Folk Metal » riche et intense, mélodique et d'une puissance rarement égalée dans le genre, puis une lente descente aux enfers amorcée dès l'arrivée de Robse (époque Rekreatur) vers une musique ayant pour unique objet de faire sauter un public fan d'Heroic Fantasy qui porte des peaux de bêtes synthétiques. J'exagère un peu pour grossir le trait, mais le concert du Hellfest n'aura fait que confirmer l'orientation du groupe vers une musique ayant un unique objet : faire participer le public en l'invitant à sauter et à mosher. A des années lumières de ce qu'était la musique du groupe dans les premiers opus, laquelle était résolument plus recherchée. C'est donc toujours avec un petit pincement au coeur que je vois ce groupe se Eluveitiser vers une musique facile et convenue. Et ça l'est d'autant plus quand je vois que malgré le fait que les années passent, Robse est toujours incapable de glisser un discours intéressant à un public non germanophone. Je vais définitivement tirer une croix sur ce groupe qui m'avait pourtant fait vibrer comme rarement sur Sagas. Ô Rage, Ô Désespoir !

Malgré ça, à l'évidence, le groupe a de l'énergie sur scène et, en dépit d'un son pas terrible (avec des orchestrations quasi inaudibles à certains endroits), a réussi à faire bouger une tente bien remplie. Et c'est tant mieux, il en faut pour tout le monde.

NOSTROMO
ALTAR
19:40 > 20:40

Michaël  : Nostromo, c'est l'art de lâcher un Metal extrême et sans concession, de mettre à genoux un public à coup de riffs bien violents, et le tout avec le sourire. Si, là encore, le groupe n'évolue pas dans un genre qui me plaît, on ne peut que tirer un coup de chapeau à ce groupe qui n'a jamais usurpé son statut, et qui après un hiatus aussi long revient avec la banane sur scène pour en découdre. A en voir les visages sur scène et l'activité dans la fosse, le retour du groupe dans le game risque de faire des émules dans les années qui viennent.

BLUE ÖYSTER CULT
VALLEY
19:40 > 20:40

Sleap : Nous voilà arrivés à la principale raison de ma venue au Hellfest en cette année 2017. Blue Öyster Cult fait partie de mes groupes de Hard Rock préférés et je n’avais toujours pas eu l’occasion de les voir en concert. Tout comme Uriah Heep, ces derniers sont en effet assez rares en France comparés à d’autres groupes de l’époque. Fort dommage.

Entouré presque exclusivement de cinquantenaires, j’ai la certitude de me trouver parmi les éternels fans du groupe américain (qui fête d’ailleurs cette année ses cinquante ans de carrière). Et dès l’ouverture sur The Red and the Black – après une curieuse intro de Game of Thrones – les bras se lèvent et les « it’s alright » sont repris à tue-tête. Je ne parle même pas du classique Burnin’ for You chanté en chœur par la Valley toute entière. Eric Bloom a la voix très fatiguée, mais son éternel compère Buck Dharma possède encore un timbre d’une beauté incroyable. The Last Days of May est d’ailleurs le meilleur moment de tout mon week-end. En plus du magnifique chant, que je m’empresse de gâcher avec ma piètre voix de fin de festival, l’extraordinaire improvisation centrale me met à genoux. Les trois guitaristes enchainent les soli tous plus sensationnels les uns que les autres pour le plus grand plaisir du public. J’en ai les larmes aux yeux… Mention spéciale au troisième guitariste que je ne connais pas mais qui nous gratifie d’une impro absolument fantastique. Celui-ci opère d’ailleurs certaines montées dans les aigus lors de plusieurs passages vocaux du plus bel effet !

Après un Tattoo Vampire assez inattendu, la fin de set se concentre sur les hymnes Godzilla et évidemment Don’t Fear the Reaper où même les vigiles face à nous chantent toutes les paroles à l’unisson. Un moment d’exception ! La section rythmique reste finalement la partie la plus anecdotique de ce concert tant le trio de guitaristes-chanteurs-claviéristes est époustouflant. Car, en effet, en plus d’assurer les vocaux et les nombreux soli de guitare aux côtés de Buck Dharma, Eric Bloom et son jeune compère se chargent également des nombreuses parties de clavier, et ce avec une virtuosité toujours aussi impressionnante. Quel concert, mais quel concert, mes aïeux !

Après un rappel sur Hot Rails to Hell, je fonds une dernière fois en entendant Cities on Flame with Rock’n’Roll, l’un de mes tout premiers morceaux de Blue Öyster Cult ! L’occasion pour les musiciens de nous délivrer une dernière salve de sublimes soli avant de tirer leur révérence. Ai-je besoin d’évoquer le son de la Valley, tout simplement parfait dans les premiers rangs. J’enlève même les bouchons pour l’occasion tant celui-ci est cristallin. Un moment tout simplement magique en compagnie d’un des plus grands groupes de Hard Rock de l’histoire. Mon concert de l’année, ni plus ni moins !

 

Di Sab : Sleap a tout résumé. Etant placé un peu plus loin de lui le début du concert m’a franchement inquiété. Avec Slo Burn, Blue Öyster Cult était ma plus grosse attente du festival. Et le son franchement faiblard de The Red and the Black n’était pas de très bon augure. Heureusement, le tout s’est amélioré dès le second titre. Après, c’est toujours pareil quand tu es face à un groupe à la discographie aussi riche : la liste des titres absents est aussi impressionnante que la setlist et il faudrait un set d’au moins 2h pour être totalement satisfait : le groupe met toujours aussi peu en valeur Fire of the Unknow Origin (je donnerais énormément pour entendre Veterans of the Psychic War en live une fois dans ma vie), pas de The Vigil, pas de Dominance and Submission pas de Stairways to the Stars. Mais néanmoins, une version absolument monumentale de Then Came the Last Days of May et ses soli absolument exceptionnels, une fête en bonne et due forme sur Godzilla et encore plus sur Don’t Fear the Reaper et un final Hot Rails to Hell/Cities on Flame with rock n roll (dont le refrain est repris par une Valley encore une fois pleine comme un œuf). Bloom manque de puissance mais est très juste et les chœurs sont réellement de toute beauté. Espérons que le groupe passera plus régulièrement en France et surtout en salle histoire d’avoir un set d’un peu plus d’une heure. Magistral ! 

 

SCOUR
TEMPLE
20:45 > 21:45

Shawn : C’était une institution. Phil Anselmo, légendaire ex-chanteur de Pantera était là tous les ans depuis des années, glorifiant le Hellfest comme le meilleur festival du monde. On avait ainsi vu le bougre sur scène avec Down, Philip H. Anselmo & The Illegals, Superjoint Ritual, et encore parfois par surprise lorsque Down remplaça au pied levé Clutch sous la Valley. Oui, mais ça, c’était avant. Car depuis l’an dernier, le sieur n’a pas bonne presse depuis un bras tendu un peu trop redneck et aviné. Malgré la défection de Down à l’affiche de l’an dernier, il était impensable d’imaginer un Hellfest privé de son plus fidèle fan. C’est donc chose faite, puisque Phil Anselmo s’est renouvelé dans le Black Metal. N’allez pas nécessairement y trouver une logique mais les choses sont ainsi. Et il faut se rendre à l’évidence, le nom de Scour ne parle pour l’instant pas à grand monde. Peu étonnant ainsi de se retrouver dans une Temple quasi déserte, à croire que beaucoup ont dû être étonné de voir Anselmo tenant le micro sur l’écran géant.

Objectivement qu’en retenir ? Peu de choses, car si on excepte quelques instants l’homme tenant le micro, on se retrouve face à un Black Metal dont la qualité est toute discutable. Pas foncièrement mauvaises, leurs compositions n’apportent clairement rien de neuf dans un genre musical qui sature déjà depuis longtemps. Et une fois passé leur seul EP disponible joué en intégralité, la seule réelle surprise ne viendra finalement qu’en dernier. Ainsi, bien peu de monde attendait une reprise de Pantera. On avait effectivement eu droit à un très timide Walk lors de la session de remplacement de Clutch, mais le riff n’avait pas excédé les 20 secondes… C’est donc contre toute attente que Scour nous lâche un Strength Beyond Strength venu de nulle part, la petite surprise agréable de ce set, qui ne restera définitivement pas dans les mémoires.

Schifeul : Après avoir assisté à la première moitié du set d’Integrity, je vais voir ce que donne Scour du côté de la Temple. D'ailleurs mine de rien, ça sera pour moi l’occasion de voir enfin un des groupes de Phil Anselmo, au bout de 11 éditions alors qu’il est quasiment tout l’temps-là, le moment est enfin venu. Je passe donc ma ptite tête dans la Temple pour voir ce qui s’y passe et ça a l’air plutôt très bien !

Scour envoie un Black Metal qui m'a l'air bien prompt à balancer du mosh pit. Après 2 titres, Phil annonce qu’il va jouer une reprise d’un groupe que tout amateur de Black doit connaître et que si ce n'est pas le cas, ça sera une éducation, avant de balancer Massacre de Bathory. S’en suit une reprise de Pantera qui ravit beaucoup de monde avec Strength Beyond Strength et Scour quitte la scène, 15/20 minutes avant l’heure prévue. Merde ! Non seulement Integrity ce n'était pas mega ouf, mais en plus Scour avait l’air de donner une prestation plutôt cool et j’en vois qu’un tout petit bout. Mauvaise pioche.

Setlist :
Crooked
Dispatched
Piles
Bleak
Codes
Shake
Clot
Red
Barricade
Tear Gas
Massacre (Bathory cover)
Strength Beyond Strength (Pantera cover)

 

INTEGRITY
WARZONE
20:45 > 21:45

Lactance : Euh... Il me semble qu'on a un léger soucis là. Comment dire... où est donc passé le public ? Non non, comme moi, vous n'êtes pas en train d'halluciner : la Warzone est belle et bien déserte alors que Integrity s'apprête à débarquer d'un moment à l'autre sur scène. Pour qui, pourquoi ? La réponse se trouve en fait à plusieurs centaines de mètres d'ici, du côté de la Main Stage 1, qui accueille en même temps les Prophets Of Rage, ayant mis le grappin sur tous les coreux habituellement présents apparemment. Pas de chance pour le combo de Cleveland, même si ça se comprend d'un côté, vu comment Tom Morello et son crew ont tout défoncé au Download le weekend dernier.

Mais ce n'est pas ça qui va effrayer notre bon Dwid Hellion qui, avec toute la bravoure qu'on lui connaissait déjà, a le mérite de jouer le jeu devant ces quelques dizaines de spectateurs réunis devant la barrière – une grosse centaine tout au plus au milieu du concert - qui ont tout de même décidé de lui accorder une chance. Qu'importe, les absents ont toujours tort. D'autant plus quand Integrity commence sans ambage par la doublette Vocal Test / Hollow pour casser des gueules, complétée quelques minutes plus tard par un gros Misha des familles qui, reconnaissons-le, aurait pu foutre la fosse à feu et à sang si elle avait été plus remplie que ça. Même si le coeur y est et que chaque membre ne laissent transparaître aucun signe de déception, les maigres applaudissements font en tout cas beaucoup de peine à entendre sur le moment... De mémoire, je crois bien que n'avais jamais encore connu pareille déconvenue. On remet ça une prochaine fois les gars. Sans faute.

Schifeul : Le vrai truc relou quand t’es en mobilité réduite, c’est que te déplacer est très vite chiant, et qu’en plus de ça, le soleil tape très fort, dès que t’arrive quelque part, t’as plus trop envie de bouger. Voilà ce qui explique pourquoi j’ai complètement boudé la Warzone cette année, malgré quelques concerts qui s'annonçaient sympathiques. Je décide tout de même de m’y rendre afin de voir le concert d’Integrity qui commence son set devant... Bah quasiment personne quoi ! Bon durant le premier titre, ça va se remplir, mais ça ne restera tout de même pas bien folichon, la plupart des personnes préférant rester à l’ombre. Je ne sais pas si c’était la même pour la majorité des concerts, mais putain ça la fout mal !

Mais il en faut plus pour décourager Dwid Hellion et sa clique qui vont enchaîner les brûlots et remuer l’assistance qui, bien que peu nombreuse, à l’air de constituer un gros noyau dur de fans. De mon côté, la sauce prend partiellement. Bien que j'apprécie le concert, ce n’est pas non plus le méga kiff et une fois la première partie de set passée, je décide d’aller tout de même voir ce que Scour donne sous la Temple

METAL CHURCH
ALTAR
21:50 > 22:50

Shawn : S’il faut reconnaitre un élément, c’est bien que l’affiche 2017 était fort pauvre en Heavy. Alors effectivement, on a eu droit à Saxon, un peu de revival à la Motörhead avec Phil Campbell, du Rock’n’Roll avec Airbourne et Aerosmith, mais clairement, les groupes de pur Heavy n’étaient pas légion cette année. Et alors que les groupes du genre se produisent habituellement sur les Mainstage, la surprise est plutôt de taille lorsque l’on retrouve Metal Church sur l’Altar. Qu’importe, le groupe aux 37 ans d’ancienneté et aux 11 albums est bien là ! Quelle joie d’enfin voir sur scène cette petite pépite ! Au programme, beaucoup de vieux titres (Beyond The Black, Start The Fire…) mais également quelques titres plus récents, notamment le punchy « No Tommorow » et la très mid-tempo Killing Your Time. Même si les sonorités sont datées, on se replonge avec délice dans cet esprit du Heavy originel sorti du début des années 80, dans une période en pleine mutation ! Comme toujours, Mike Howe (chant) attire les regards, le bougre arpentant la scène en long et en large pour couvrir le maximum de surface. On notera par ailleurs la présence toute récente derrière les fûts de Stet Howland (ex-WASP) en remplacement de Jeff Plate, occupé avec Savatage et TransSiberianOrchestra. Peu de surprise ici, mais un moment agréable, c’est tout ce que l’on souhaitait ! En espérant que le Hellfest sera réceptif l’an prochain aux fans de Heavy pour nous offrir enfin un Grave Digger ou un Running Wild.

Setlist :
Fake Healer
In Mourning
Needle and Suture
Start the Fire
Date with Poverty
No Tomorrow
Killing Your Time
Beyond the Black
Badlands
The Human Factor

 

CLUTCH
VALLEY
21:50 > 22:50

Di Sab : En 2014, le groupe avait donné ce qui était pour moi le concert du fest malgré une concurrence conséquente. Et cette fois encore, Clutch prouvera qu’il est un des groupes Live les plus talentueux tous styles confondus. Entre un répertoire varié mais dont tout est vraiment taillé pour le Live, la force tranquille des musiciens qui contraste avec la façon dont Neil Fallon possède littéralement la scène (on a vraiment l’impression que le type est dans son salon tellement qu’il est à l’aise) et surtout, le talent du groupe (ces vocaux et surtout, surtout, surtout, cette batterie !!!!) il semble impossible qu’un jour, Clutch puisse donner un mauvais concert, comme si ils étaient un peu condamnés à perpétuellement plier leur public une fois qu’ils montent les planches. Arrivé sur Burning Beard, dès le refrain, repris en cœur par tout le monde, tu sais que voilà, ils sont en terrain conquis, qu’ils vont dérouler et qu’on va dérouiller. Sans être le plus gros fan de Psychic Warfare qui soit, tous les titres issus de cet album prennent une toute autre dimension en Live (Sucker of the Witch et Firebirds en tête), comme toute la discographie de Clutch en fait, dont on n’a pas tellement profité, tant le set était orienté Psychic Warfare/tubes. Mais voilà, des tubes, il en avait à la pelle. Initialement, avec un pote on devait rester 30 minutes, pressentant l’enfer pour rentrer dans la Temple et voir Emperor qu’on ne voulait rater pour rien au monde. A partir de la moitié, entre chaque titre, on se lançait un petit eye-contact en mode « mec, on y va ? » et à chaque fois l’eye contact finissait en mode « mais non, ce titre est trop mortel mec et puis on le connaît par cœur, on peut pas y aller, viens on y va au prochain ! » sauf que le prochain était tout aussi mortel et on le connaissait aussi par coeur et rebelotte, jusqu’à la doublette Electric Worry/X Ray Vision et donc la fin du show. Magnétique, on vous dit !  

FIVE FINGER DEATH PUNCH
MAINSTAGE 02
22:55 > 22:55

Michaël : Five Finger Death Punch sans Ivan Moody ce n'est quand même vraiment pas la même chose. Même si, à vrai dire, on pouvait s'y attendre vu le passif du bonhomme. Je n'ai pas de mal à croire que le groupe traverse une période un peu compliquée à cause de lui tant ce dernier à l'air un peu idiot et super dur à vivre (un Phil Labonte bis, en quelque sorte). Mais sans lui, les prestations du groupe ne sont plus les mêmes. Outre une voix vraiment solide, ce dernier a un charisme vraiment impressionnant comparé à son remplaçant du moment Tommy Vext (ancien de Divine HeresyBad Wolves). Et il fait perdre ce côté américano-beauf assumé du groupe, qu'on finit en réalité par apprécier. C'est donc avec une certaine déception qu'on a pu entendre les Coming DownBurn MF ou autres Under & Over It sans le grain de voix si appréciable de Moody. De quoi ternir un peu une prestation pourtant pas si mauvaise du groupe, bien aidé par des lights et un son franchement excellent. Ce n'est que partie remise ? Espérons-le, puisqu'une tournée avec In Flames s'annonce pour la fin d'année.

Setlist :
Lift Me Up
Never Enough
Wash It All Away
Got Your Six
Bad Company
Jekyll and Hyde
We Will Rock You (Queen cover)
Burn MF
Black Hole Sun (Soundgarden cover)
Wrong Side of Heaven
Coming Down
Under and Over It
The Bleeding

EMPEROR
TEMPLE
22:55 > 23:55

Sleap : Après leur fameux show spécial In the Nightside Eclipse en 2014 sur la Main Stage, Emperor revient en cette année 2017, sous la Temple cette fois, pour nous interpréter son second full-length Anthems to the Welkin at Dusk avec le line-up adéquat. Et, bien que je préfère largement le premier album, je suis impatient d’assister à ce set pour enfin voir Trym à l’œuvre derrière son kit. Batteur des premiers Zyklon et Enslaved, il est à mon sens bien plus intéressant à regarder que son prédécesseur Faust. Dès l’intro, je constate que les fans sont présents en nombre sous la Temple en ce dernier soir. Le fameux « I am the Emperor !!! » peu avant le début d’Entrancemperium est hurlé par presque toute la foule. L’ambiance promet d’être au rendez-vous !

Et dès ce premier missile, ma mâchoire tombe à terre en observant le jeu de Trym. Je ne vais d’ailleurs pas quitter ce dernier des yeux de tout le show. Quelle maitrise ! Le son des guitares, celle d’Ihsahn en particulier, est en revanche extrêmement brouillon. Sous la Temple, il fallait s’y attendre. Mais lorsqu’on connait l’album – ce qui est, je pense, le cas de tout le monde ce soir – cela passe un peu mieux. Les hymnes Thus Spake the Nightspirit ou With Strengh I Burn sont repris en chœur par presque tout le monde, autant pour ce qui est du chant Black Metal que des parties clean vocals. Quel plaisir d’être enfin entouré de fans, après le concert de 2014 où j’étais un des seuls « à fond » devant l’autre Main Stage en attendant Black Sabbath

Et, comme si ce show n’était pas assez génial, le groupe nous gratifie des deux derniers titres d’In the Nightside Eclipse pour une fin absolument sensationnelle ! Les chœurs d’Inno a Satana me trottent encore en tête. Quelle osmose ! Au final, même si je suis moins fan de ce second album, ce concert d’Emperor arrive donc à égaler les shows d’In the Nightside Eclipse auxquels j’avais pu assister il y a trois ans. J’ai déjà hâte d’en reprendre une nouvelle dose cet été !

Di Sab : Le traquenard Clutch nous avait fait craindre le pire, et pourtant c’est dans une tente loin d’être pleine et dans laquelle on peut circuler que le speaker s’apprête à annoncer « from terrible Norway, Emperoaar ». Ce Live Report sera court : ceux qui ont pu voir le groupe en 2014 ont constaté avec quel panache et quelle précision ils font revivre leurs titres sur scène. Ce soir, ce fut exactement la même chose. Anthems fut joué en intégralité dans l’ordre, forcément pour un résultat absolument grandiose. Là où In the Nightside Eclipse t’écrasait de sa grandeur et te faisait franchement frissonner malgré les 35°, Anthems forcément est beaucoup plus enivrant et a tendance à te faire lâcher prise à grands renforts de mélodies plus envoûtantes-tu-meurs. Chacun retiendra ses morceaux favoris, je préfère personnellement la doublette de début Ye Entrancemperium/Thus Spake the Nightspirit. Au terme de The Wanderer, Emperor exploite ses 20 dernières minutes pour un mini set best of : Curse you All Men ! de IX Equilibrium et les immanquables I am the Black Wizard/Inno a Satana. Le tout sera desservi par un son parfait (de là où nous étions mais ce n’était pas une constante manifestement) et un jeu de lumières du plus bel effet (majoritairement vertes, forcément). Les prochains albums (dans l’ordre chronologique) étant moins cultes, des tournées pour l’anniversaire de Prometheus et IX Equilibrium ne vont peut-être pas être mise sur pied, rendant le futur du groupe trouble. Un concert où l’absence de surprise fut proportionnelle à la majesté et à la qualité du groupe. Vivement août ! 

Schifeul : Ma véritable découverte d’Emperor, c’est-à-dire autre chose qu'un ou deux MP3 qui traînent, ce fut au Hellfest 2007. Sous une fine pluie, le groupe avait conclu le fest avec un concert magistral qui m’a fait tomber en admiration. Depuis, j’attendais patiemment de revoir le groupe à l’affiche. Ce fut chose faite en 2014, ou encore une fois le concert fut excellent, mais à la majesté un peu ternie par une prestation en plein jour. Chose qui fut entendue puis rectifiée, car c’est maintenant dans la Temple qu’Emperor va faire son office, le chapiteau et l’horaire leur offrant ainsi des conditions de jeu optimales. En contrepartie, cela les force aussi à jouer pour un public plus réduit… Bref du tout bon, si ça peut éviter des Jeans-Curieux Mainstage nuls.

Pour revenir à leur précédent passage de 2014, Emperor avait repris du service afin de fêter les 20 ans d’In the Nightside Eclipse en le jouant en entier. Cette fois, c’est donc au tour d’Anthems to the Welkin at Dusk, mon album préféré du groupe et sûrement mon album préféré de Black Metal d’ailleurs ! J’ai eu le déclic après je ne sais plus quel concert, alors que je procédais à la pénible marche nocturne et solitaire qui relie le métro à chez-moi. C’est là, alors qu'Anthems to the Welkin at Dusk tournait sur mon MiniDisc (la technologie que t’as pas connue) que la magie a opéré ! La nuit, les étoiles, les lampadaires dysfonctionnels qui n’éclairent qu’à moitié et With Strength I Burn et son envol après le passage narratif, tout s’est aligné et j’ai compris ! Bon, ça aurait été plus classe dans la forêt ou chépakoi, mais là, la ville mal éclairée a fait son petit effet.

Revenons au Hellfest et sa Temple qui baigne dans une lueur verte alors que l’on peut entendre Alsvartr (The Oath). Puis Ihsahn et sa dégaine de graphiste suivi de sa trompe arrivent sur scène afin de terminer cette intro puis d’enchaîner sur un Ye Entrancemperium qui va lancer cette série d’”Anthems” de la meilleure des manières pour une heure de Black Metal sophistiqué. Son parfait, chant juste et pyrotechnie, tout au long de cette prestation, Emperor va être affolant de maîtrise. Loin de jouer les statiques pompeux, Ihsahn n’hésite pas à parcourir la scène et haranguer le public où encore à lui demander de chanter avec lui ses hymnes tandis que derrière ça assure méchamment, avec le retour de Trym à la batterie qui déroule.

Puis vient With Strength I Burn et... Je ne sais pas, je ne pourrais pas décrire ce que je ressens à voir à nouveau ce titre en concert, mais c’est sûrement un de mes moments Live préférés. The Wanderer qui conclut l’album, Emperor enchaîne avec d’autres classiques, à commencer par le véloce Curse You All Men! Puis les Norvégiens lancent un I Am The Black Wizard ou Ihsahn demande à ce que les gens deviennent fous et bien évidemment ses désirs seront exécutés. Parce que oui, on peut mosher sur du Emperor, le tout, c’est de le faire quand il le faut. La prestation se termine sur un Inno A Satana qui me retourne tout autant que With Strength I Burn tant son exécution fut impériale (et je n'essaye pas là de faire un jeu de mot pourri) avec ce final repris par toute la Temple.

Encore une fois Emperor nous sort une prestation qui confirme son statut d’un des meilleurs groupes de tous les temps. Bien fort dommage qu’ils ne s’offrent en concert qu’en de rares occasions, mais encore une fois, ils concluent mon Hellfest de la meilleure des façons.

 

HAWKWIND
VALLEY
00:00 > 01:00

Sleap : Changement de registre avec un retour aux années 70 sous la Valley. Les légendes du Space Rock Hawkwind étaient également l’une de mes grosses attentes de la journée et j’étais assez curieux de voir ce qu’un tel groupe pouvait donner sur scène.

Les Anglais arrivent sur le vieux single Born to Go où le chant est principalement assuré par le batteur. Derrière la scène, l’immense écran géant diffuse des animations circulaires psychédéliques typiquement 60’s. Les amateurs de LSD doivent exulter. La tente est d’ailleurs étonnamment vide pour cette tête d’affiche de la Valley, dommage… La scène est en revanche blindée, c’est le moins que l’on puisse dire. Des ordinateurs, de nombreux claviers, il y a même un thérémine ! C’est le fameux Tim Blake, génial musicien de Gong, qui s’occupe de faire gémir cet instrument si particulier lors de certains morceaux. La setlist est d’ailleurs aux petits oignons pour moi, avec entre autres Better believe It, The Golden Void (Part. II) et surtout l’immense Magnu et son incantation centrale qui me met dans une transe indescriptible ! J’aurais bien aimé entendre Assault and Battery (Part. I) mais je suis déjà extrêmement satisfait de ce show. Le guitariste et unique membre fondateur Dave Brock fait quelques blagues entre les morceaux et s’occupe de certaines parties de chant, en plus du batteur, de Tim Blake et de Mr Dibs aux effets. Les différents chants modifiés et parfois superposés sont l’un des aspects intéressants de Hawkwind en live. Et, mis à part l’avant-dernier titre, j’adhère à l’intégralité du concert des Britanniques. Une jolie suspension du temps et de l’espace avant de finir le festival sur une énième dose de musique saturée…

 

SLAYER
MAINSTAGE 02
00:50 > 01:50

Sleap : Lorsque j’arrive devant la Main Stage 2, je m’aperçois que le show de Slayer a déjà débuté depuis plus de 15 minutes. Une chose extrêmement fâcheuse au vu de la setlist, bien supérieure à celle de l’an passé. Je n’assiste donc qu’à une fin de set en demi-teinte et à l’habituelle triplette finale du groupe. Car, en plus d’être arrivé en retard à cause du show d’Hawkwind, je m’aperçois que ces escrocs de Slayer quittent la scène plus de dix minutes avant la fin prévue de leur set ! Une bien belle arnaque pour finir le festival...

Shawn : Que celui qui n’a jamais vu Slayer au Hellfest lève la main. Jusqu’à présent c’était quasiment tous les deux ans, et cette année on passe carrément à « tous les ans », puisque le groupe était déjà à l’affiche l’an dernier. De là dire qu’on frôle l’overdose, il n’y a qu’un pas. Alors, effectivement c’est toujours un petit plaisir égoïste d’entendre encore et encore un bon vieux South Of Heaven ou un Angel of Death, mais force est de constater que depuis quelques années, le plaisir n’y est plus. On sent les musiciens en mode pilote automatique depuis le décès de Jeff Hanneman. Car si de son coté, Gary Holt s’en sort plutôt bien, il n’a pas le charisme et la technique qu’avait feu Jeff. Comme souvent, seul Kerry King sort son épingle du jeu, se montrant clairement plus inspiré et plus concerné que les autres. Pour le reste c’est service minimum, Tom ne prenant presque plus la peine de communiquer avec son public. On a pourtant essayé de rentrer dans leur show, bénéficiant de surcroit d’un son plutôt bon et de lumières particulièrement avantageuses, mais rien n’y fera. Dommage : quand on groupe n’y croit plus, le public n’y croit pas non plus.

Di Sab : Y’a un côté loterie chez Slayer qui peut être aussi frustrant que rigolo. Je m’explique : dans leur set, il y a genre 10 indéboulonnables (sur cette tournée tu as le final + Repentless / Disciple / War ensemble / Mandatory Suicide) et 3 titres variables, et ces 3 titres variables sont systématiquement les mieux. Etant en train de discuter devant Hawkwind, c’est bien à la bourre que j’arrive pour... Postmortem ! Sprint de 50m pour être dans la fosse avant le final apocalyptique. Et c’est encore essoufflé que retentit le riff de Spirit in Black, aka mon morceau favori du groupe. Il ne m’en faut pas plus pour me convaincre d’autant que cette année, le son leur rend réellement justice. Le reste du set sera le final classique de chez classique : Dead Skin Mask, cette putain de Hate Worldwide qui n’a rien à faire là tellement qu’elle est chiante, Seasons in the Abyss et la triplette finale South of Heaven / Raining Blood / Angel of Death. Et c’est là qu’intervient l’aspect surprenant du show : sérieusement, le groupe est en pilotage automatique, King et Holt semblent mettre du cœur à l’ouvrage mais vu qu’ils font ces mêmes gestes chaque concert, on commence à soupçonner le fait qu’ils aient développé une capacité secrète leur permettant de faire genre qu’ils s’amusent sans y mettre la moindre conviction. Araya ne se donne pas la peine de faire genre mais là où c’est vraiment fort c’est que ça reste absolument mortel. Araya a beau se faire chier, ses vocaux déchirent et sérieusement, tu te rends compte que leur répertoire parle pour eux car ils le jouent comme ils pointeraient à l’usine mais toi, comme un google tu es tout de même totalement à fond. Là où au Download il y avait tout de même quelque chose, un soupçon de foi, Slayer, pour clôturer ce Hellfest, s’est reposé sur ses acquis, acquis tellement immense qu’on leur a tous pardonné et qu’on leur a mangé dans la main, comme des cons. Bande de filous ! 

Setlist :
Delusions of Saviour
Repentless
Disciple
Mandatory Suicide
Hallowed Point
War Ensemble
Postmortem
Spirit in Black
Dead Skin Mask
Hate Worldwide
Seasons in the Abyss
-----
South of Heaven
Raining Blood
Angel of Death

 

PERTURBATOR
TEMPLE
01:05 > 02:05

Shawn : Il est tout de même cocasse de penser que 24 heures avant Perturbator, sur cette même scène, c’était Wardruna qui était à l’œuvre avec une musique inspirée de la culture Viking de l’an 1000. Un énorme bond dans le temps et nous voilà donc emporté par les sonorités Synthwave de l’artiste parisien. En effet, James Kent, de son vrai nom, nous porte à mi-chemin entre un futur poche et des sonorités Electro-rétro que ne renieraient pas les fans de bornes d’arcade du milieu des années 80. Certaines mauvaises langues râleront de l’absence de lien avec le Metal mais c’est oublier un peu vite l’activisme de l’artiste dans la scène Black Metal parisienne. Pour le reste, qu’importe, puisque c’est une foule plutôt compacte (surtout pour un dimanche soir, en général assez désert à cette heure-ci) qui se presse sous la Temple. Sur scène, peu de choses à raconter, puisque le décor futuriste occupe l’espace et cache quelque peu le DJ. C’est en revanche dans la foule que la magie s’opère, le metalleux se laisse emporter vers des sonorités encore trop rares à ses oreilles. C’est aussi ce petit côté frais apporté par cette musique, après 3 jours non-stop de musiques saturées qui reste appréciable. On notera quelques titres particulièrement savoureux, notamment ceux du dernier album, à l’image de Neo Tokyo ou Disco Inferno. Un moment rare : à refaire !

Lactance : Rendez-vous sous la Temple pour l'ultime concert de cette douzième édition (qui aura passé décidément très très vite). Cette fois-ci pas de guitares, ni de headbanging ou autres circle-pits, vu et revus tout au long du weekend. Place aux gros synthétiseurs première génération et aux pads électroniques en tout genre (une fois n'est pas coutume).

Ambassadeur du style aux côtés de Carpenter Brut ou de Dan TerminusPerturbator officie en effet dans une musique moins Metal (en apparence), dont vous avez sûrement entendu parler : la Synthwave. Une jeune pousse de la scène Electro actuelle qui fait fureur en France, comme partout ailleurs, en ravivant la flamme des années 80 avec plein de sonorités vintage (remises au goût du jour par des prod' modernes qui lâchent bien les watts).

Installé du haut de son pupitre, le DJ nous invite ainsi à bord de son univers rétro-futuriste haut en couleurs, qui puise autant son inspiration dans les jeux vidéos 8/16 bits, que dans les films de science-fiction de l'époque. Beats nerveux, nappes de claviers, ambiances envoûtantes... Les corps de décrispent et se mettent très rapidement à danser, transformant la Temple en véritable dancefloor le temps d'une heure, sous des jeux de lumières particulièrement dynamiques. Ambiance plus qu'au top pour changer un peu d'air, tout en profitant des dernières minutes du festival.

 

 

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Merci à tous d'avoir lu notre live report de l'édition 2017 du HELLFEST  !

Retour à la journée du Vendredi ou du Samedi.

 

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Crédits :

Textes par l'équipe Horns Up.

Les photos de Welicoruss, Ghoul, et Hirax par Julien Chazeaubénit, collaborateur de Metalorgie.

Photos d'ambiance et des autres groupes par Michaël et Shawn, équipe Horns Up.

Photos