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dimanche 5 mars 2017 - Sleap

Netherlands Deathfest 2017 - Jour 3

013 - Tilburg

Sleap

Benjamin. Live reporter et chroniqueur occasionnel dans divers genres (principalement extrême).

Jour 3

Jours 1 et 2.

Sleap : Il est déjà temps d’entamer cette dernière journée en terre sainte. Et, contrairement à beaucoup d’autres fois, elle sera étonnamment beaucoup moins chargée que les précédentes. Commençons sans plus tarder…

Corpsessed

Sleap : C’est dans une salle principale baignée de lumière bleutée que le premier concert débute. J’avais déjà raté les Finlandais de Corpsessed un certain nombre de fois, et c’est donc pour moi une très bonne façon de commencer la journée, surtout avec un son pareil !
Bien que leur musique soit également sombre et tourmentée, le groupe a plus de points communs avec l’école Incantation qu’avec celle de son pays natal. Mais nulle crainte pour les amateurs de Death finlandais, les cinq lascars connaissent leurs classiques et n’hésitent pas à nous gratifier de leads de guitare typiques comme lors de l’excellent Crypt Infester ou le lancinant nouveau morceau qui nous est interprété aujourd’hui.
Aucune communication, des lights dans les tons bleus du début à la fin, une attitude sobre mais non dépourvue d’une certaine prestance… Bref, un aspect visuel qui colle parfaitement à la musique du groupe. J’émettrais tout de même une réserve sur les vocaux du frontman qui sont tout de même beaucoup moins caverneux qu’en studio, dommage. Mais en dehors de ça le show des Finlandais constitue une très bonne entrée en matière pour cette dernière journée !

***

Sleap : Le temps de vadrouiller entre les stands de merch, de passer rapidement devant Embryonic Devourment (ce n’est définitivement plus ma tasse de thé), et je me pose un petit moment dans le fond de la grande salle pour revoir God Macabre. Et, malgré le statut du groupe, la salle principale est bien trop grande pour un groupe tel que celui-ci. Les membres ont du mal à occuper la scène et le public est bien trop épars. Le cadre de la seconde salle convenait bien plus lors du Neurotic Deathfest 2014. Le temps d’écouter la fameuse reprise de Carnage et le groovy Spawn of Flesh, et je me dirige vers la seconde scène pour le concert suivant…

Pseudogod

Sleap : Tout comme Corpsessed, j’aurais mis longtemps avant de pouvoir assister à un live de Pseudogod. Et là encore, cette première fois sera couronnée de succès !
Les Russes bénéficient d’un son excellent – bien que très fort dans les premiers rangs – et d’un public attentif. Mention spéciale au fan hardcore du groupe et à sa dégaine rangers, treillis, perfecto, capuche, lunettes de soleil et… caleçon Tortues Ninjas. L’aspect scénique est, tout comme pour Corpsessed, assez sobre mais classe. Aucune communication de la part du groupe mais une bonne occupation de la scène accompagnée d’un jeu de lights tantôt rouges tantôt blancs et stroboscopiques. Pour ma part, je note surtout une sonorisation de batterie excellentissime (ce son de toms absolument parfait !), certainement une des meilleures du week-end.
Le set des Russes se termine par le monstrueux Azazel tiré de leur unique full-length de 2012. Pas de reprise de Beherit, mais un concert tout de même très plaisant !

***

Sleap : Je vais volontairement condenser cette partie du report car elle est presque uniquement constituée de groupes que j’ai déjà pu voir une ou plusieurs fois, et qui globalement ne m’ont pas marqué plus que cela aujourd’hui.
Cela commence avec un set de Craft qui, comme la fois précédente, s’avère hyper mou et sans âme. Les musiciens ont presque l’air perdu sur scène, c’est triste à voir. Le temps d’écouter la triplette Earth a Raging Blaze / Fuck the Universe / Demonspeed, et je change de salle, déçu. Malheureusement, la seconde est pleine à craquer pour le show de Grave Miasma. Et, compressé contre le mur du fond, je ne parviens pas à apprécier le show des Anglais comme il se doit. Je me dirige donc vers la troisième salle après trois morceaux plus ou moins convaincants. En revanche, le Death ultra groovy de Vastum semble convaincre beaucoup de curieux venus assister à la prestation. Mis à part le micro de la guitariste / chanteuse qui ne fonctionne pas pendant une bonne moitié du set, le son est vraiment massif. Le frontman, plus que saoul, slamme à plusieurs reprises dans le public et n’hésite pas à déclencher lui-même des mosh pits dans la foule encore timide. Une très bonne prestation de la part des Américains !
Je passe ensuite dans la salle principale pour assister à la fin du show de Cancer. J’arrive lors de To the Gory End et, tout comme pour God Macabre, le cadre de la seconde salle convenait bien mieux au groupe lors du Neurotic 2014. Le power trio parait vraiment minuscule sur cette grande scène. Heureusement, la salle est bien remplie pour accueillir les Anglais. Le temps d’un Burning Casket – dédicacé à Demolition Hammer – et d’un final sur Hung, Drawn and Quartered et je m’éclipse vers la seconde salle pour Convulse. Le trio finlandais débute, comme à l’accoutumée son set sur la magnifique intro de World without God pour enchainer avec le fameux titre éponyme qui semble ravir l’assemblée. Mais malheureusement, je me rends compte que le concert que j’attends le plus du festival débute dans très peu de temps. Je m’en vais donc camper dans la salle principale après un excellent Blasphemous Verses

Demolition Hammer

Sleap : Nous y voilà. Après des années à espérer une reformation du groupe et un show au Neurotic, ce sera finalement le Netherlands Deathfest qui exaucera mes prières. Demolition Hammer. Mon groupe de Thrash extrême favoris. Je ne crois pas avoir été plus excité que maintenant lors de ce week-end – et pourtant, il y avait de quoi ! Les fans s’accumulent encore et encore dans la fosse pour scander et hurler le nom du groupe. Et lorsque les quatre New-yorkais foulent les planches de cette grande scène, c’est la débandade.
L’épidémie de violence débute, comme en studio, sur le tube intersidéral Skull-Fracturing Nightmare. Et dès les premières secondes, tout le public met en application le titre du morceau. Quelle puissance ! Mais quelle surpuissance !!! Un son parfait, des musiciens plus motivés que jamais, et une véritable fosse aux lions en guise de public. Je regrette toujours l’absence d’Alex Marquez derrière les fûts, mais son successeur se débrouille plutôt bien. La setlist est parfaitement équilibrée entre les deux albums du groupe (oui, le troisième n’existe pas). Des classiques comme Epidemic of Violence ou Infectious Hospital Waste, mais aussi des titres plus inattendus comme les énormes Hydrophobia ou Neanderthal. Le bassiste / vocaliste Steve Reynolds n’a pas perdu de son timbre ultra agressif malgré son âge certain. C’est presque surnaturel ! Il nous balance d’ailleurs de petits speechs entre chaque morceau nous incitant encore et encore à nous mettre sur la gueule. Ce que nous nous empressons évidemment de faire avec toujours plus d’entrain. J’avais déjà quelques courbatures après ce week-end de violence, mais c’est sans nul doute ce show des Américains qui m’aura infligé le coup de grâce.
Le seul bémol est la durée de set. Pour une exclusivité pareille et un groupe de ce calibre, avoir un slot aussi bas et court dans le running order est tout simplement honteux. Surtout que cela nous aurait permis d’entendre des missiles comme les ultimes Gelid Remains ou Envenomed… Mais bon, je ne boude évidemment pas mon plaisir, il s‘agit là de mon concert préféré du week-end, et peut-être même de tout ce début d’année. J’ai enfin vu Demolition Hammer, et fort heureusement, ce n’est que le premier show d’une longue série qui s’annonce. Merci, et à dans deux mois !

***

Sleap : Là encore, la suite du programme sera consacrée à une récupération de neurones et d’énergie, après le show le plus apocalyptique du week-end. Je déambule donc tranquillement entre la deuxième et la troisième salle pour tenter d’assister à un peu des deux prestations qui suivent. C’est en effet un autre clash qui a lieu à présent (improbable je l’avoue) : Black Dawn / Dead Infection.
Les premiers bénéficient du cadre parfait pour eux : la troisième salle et son fameux porche baigné de lumières rouges ou bleutées surplombant la scène. Le son est également cristallin, même depuis le fond de la salle. Le temps d’entendre trois ou quatre titres et je change radicalement de registre avec les Polonais de Dead Infection. J’arrive dans la seconde salle alors que le groupe entame Death by the Master’s Key et, comme je m’y attendais, c’est un joyeux bordel qui se déroule dans la fosse. Je n’y prends pas part vu mon état mais j’apprécie ce petit moment en compagnie du trio de Białystok. Le batteur Cyjan, unique membre d’origine, est très marrant à voir jouer. En effet, il fait notamment des petits sautillements sur son siège lorsqu’il blaste, le tout avec un sourire jusqu’aux oreilles. Le show s’achève sur Let me Vomit, extrait du premier album, et je me dirige ensuite à nouveau vers la salle principale…

Triptykon

Sleap : C’est déjà la sixième ou septième fois que je vois Triptykon en live, donc je vous épargnerai les sempiternelles mêmes paroles. Encore une fois, le son est ultra massif, encore une fois le public est totalement dévoué au groupe (scandant tous les refrains de Triptykon le poing levé), et encore une fois je passe un bon moment. Mais je mentionne tout de même le lancement de pit sur Circle of the Tyrants, qui reste toujours l’un des moments les plus mémorables des shows de Triptykon. Mais la véritable surprise de ce concert est le dernier morceau interprété. En effet, pour la première fois depuis que je vois le groupe en live, c’est le seul et l’unique Morbid Tales qui clôt le set des Suisse. Et malgré mon état physique, je participe une dernière fois à la mêlée générale qui a lieu pendant ce classique absolu. Un régal !

Impaled

Sleap : En l’espace d’un week-end, nous aurons eu droit à trois des meilleurs ‘Carcass-worship bands’ du monde. Exhumed le premier jour, General Surgery le second, et Impaled pour clore cette troisième et dernière journée. J’ai connu pire comme programme ! Et pour couronner le tout, le gang d’Oakland nous interprète ce soir tout le premier album en entier. J’avoue que j’aurais préféré des titres de Mondo Medicale, mais entendre The Dead Shall Dead Remain dans son intégralité, c’est tout de même quelque chose ! Bien que la plupart des festivaliers soient exténués en cette toute fin de week-end, certains ont encore la force de mettre une ambiance de folie dans le pit. Même si pour moi Impaled n’est absolument pas un groupe de ‘grind groovy pipi-caca’, c’est quand même bien marrant de voir s’agiter tous ces grands enfants plus ou moins alcoolisés dans la fosse. Déguisements, drapeaux, confettis, il fallait bien que cela arrive au moins une fois dans le week-end.
En dehors de ça, le show des Américains est excellent. À l’exception du batteur, les quatre musiciens à l’étroit sur le devant de la scène assurent tous certaines parties de chant. Et justement, les quelques passages à quatre vocalistes sont absolument incroyables à entendre en live – mention spéciale au morceau Back to the Grave, tout simplement terrible ! Bien qu’ils ne puissent pas trop se déplacer, cette alternance de vocaux ne laisse personne en retrait. Mais s’il y en a un qui ressort légèrement plus que les autres, c’est bien le gros Leon del Muerte – qui officiait entre autres dans Terrorizer LA, Nausea, Phobia ou encore Exhumed, rien que ça. Après un rappel sur Blood Bath, dernier morceau de ce premier album, les Californiens quittent la scène sous les applaudissements. Un show d’une qualité exemplaire qui clôt ce festival de la plus belle des manières !

***

Je passe tout de même dans la troisième salle assister un peu au show de Sargeist, que je n’avais toujours pas vu en live, mais je ne reste pas bien longtemps… Entre les poseurs qui préfèrent faire des triangles avec leurs mains ou faire mine de se tailler les veines plutôt qu’écouter la musique, et les trolls venus faire la chenille dans le pit pour emmerder les premiers, je ne sais pas où me mettre. Je ne crois pas avoir vu un public aussi moisi durant tout le festival. J’attends tout de même d’entendre Satanic Black Devotion, histoire de ne pas être venu pour rien, et je repars bien vite.

Une troisième journée finalement assez soft – chose plutôt agréable pour un festival aussi chargé que le Netherlands – qui clôt cette seconde édition à la perfection. Je ne crois pas être capable d’établir un top vu le nombre de tueries du week-end, mais je retiens principalement Demolition Hammer, Gorgasm et Myrkskog. Je mentionne également Wormrot et Cianide (quelles claques), le set spécial de Candlemass, Brodequin, Death Toll 80k (malgré le son) et l’habituelle branlée de Repulsion. C’est en tout cas une édition tout aussi réussie que la première, et qui confirme donc que le Netherlands Deathfest est pour moi le meilleur festival du monde. Un complexe agréable, un son (presque) toujours au top, un public de passionnés malgré quelques guignols, et surtout un line up tout simplement extraordinaire d’année en année. L’hôtel est déjà réservé pour la prochaine édition. Il est maintenant temps d’aller faire la fête au bar pour clôturer (in)dignement le week-end !

Jour 1
Jour 2